XXII DISCOURS
Il faudrait assurément n'être ni Français ni Chrétien, pour s'abuser sur les conséquences d'un système qui bouleverse la hiérarchie , détruit la discipline antique , viole dans son essence la constitution donnée a l'Eglise par son divin fondateur, attaque les fondemens de toute autorité civile et religieuse. Cétait là le venin caché dans son premier ouvrage sur l'indifférence. Les bons esprits ne s'y laissèrent pas tromper, et ne craignirent pas de manifester leurs défiances. La Religion d'un Dieu qui est vérité et charité, pouvait-elle se défendre par des paradoxes et par le langage du mépris et de la colère? Etait-ce ainsi que l'avaient enseignée et défendue les Origène , les Augustin , les Chrysostôme ? 11 n'est pas besoin d'examiner ici lequel , de l'indifférence ou du fanatisme , est le plus formidable dans un Etatj il suffit que personne ne puisse nier que l'un et l'autre sont pernicieux. Qu'importe que ce soit l'eau sta-
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gnante du marais, ou celle du torrent dévastateur, qui amène les ruines et creuse les abîmes.
M. de La Mennais lui-même n'a pu dissimuler les inquiétudes qu'avaient suscitées ses étranges théories (i).
Déjh plus d'un critique sévère avait interrogé ces doctrines, que leur nouveauté seule rendait suspectes 3 et i'épiscopai français n'avait pas tardé a manifester soii improbation. Si Rome n'avait pas encore parié , si la sentence du Siège Apostolique n'avait pas encore confirmé la censure
(1) J'écrivais ces lignes dans les premiers îi>ois de 1831 , trois ans avant que le livre des Paroi is d'un Croyant eût paru. Un journal a récenxment publié ce morceau {les Etudes religieuses, 9 mai .1834). Rendant compte, le premier de tous, des Paroles d'un Croyant , ce jourual observa que « s'il eut clé im- « primé à cette époque , ce porti'ait, jug'c cii quel- « que sorte prophéHque , eût été sans douie alors « taxé d'exagération ; mais aujourd'hui , que répou- « dre? Le dernier écrit de M. de La Mennais a de- « passé toutes les prévisions ^ le novateur a désor- « mais jeté le masque. »