‹ Histoire de la nouvelle hérésie du 19e siècle :; ou, Réfutation complète des ouvrages de l'abbé de La Mennais (volume 3)Chapitre 8 sur 44 · XXVI DISCOURS · texte numérisé non relu

XXVI DISCOURS

politiques. Voilh la mission que M. de La Mennais s'est proposée , et qu'il s'est vanté d'avoir remplie avec un succès supérieur a ses espérances 5 car il n'était que trop vrai, la funeste propagation de ces nouveautés s'était fait sentir jusque parmi le sacerdoce. L'un des hommes le plus a portée d'apprécier ces systèmes prétendus philosophiques, d'en calculer l'influence, n'a pas craint de s'exprimer en ces termes , dans une excellente réfutation qu'il en a publiée : « Nous i( aimions a considérer nos Séminaires « comme de pieux asiles où la vérité s'était « réfugiée , comme une terre de Gessen « oii le soleil de la vérité continuait à bril- « 1er et a éclairer les âmes des plus purs « rayons de la saine doctrine j et voilà un K faux Docteur qui s'élève au milieu de nous, i( lève l'étendard de la révolte contre les « évêques, et appelle a lui la jeunesse cléri- {( cale pour l'égarer dans les fausses routes « d'une philosophie absurde, d'une théologie

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« erronée, d'une politique scandaleuse (1). » Cependant , devait-on dès-lors en porter un aussi rigoureux jugement? et n'y avait-il pas pl«s d'une excuse légitime a faire valoir en faveur de l'écrivain et de ses ouvrages? Quelques erreurs parsemées ça et Ta dans le cours de plusieurs volumes, supposaient-elles un système ? Le dessein de l'auteur , en publiant son Essai sur V Indifférence ^ ne devaitil pas en faire pardonner l'emportement ? '< II K avait bien fallu châtier , par une logique (f de fer , l'insolence de la Philosophie du « jour (2). ^> Les téméraires assertions dominantes dans le livre de la Religion considérée dans ses rapports avec l'ordre civil et poliliijue , semblaient palliées par l'ardeur d'un zèle respectable jusque dans ses écarts* L'amertume , l'exaspération de ses réponses

(1) M. Boyer , Examen de la doctrine M. de La Mennais j p. 2G1. Paris , 1834.

(2) M. Lacordaire, Considér. sur le Système , etc. p. 36.

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a ses critiques retombaient sur ses imprudens agresseurs. Le rôle d'accusateur public que lui imposait son journal de l'Avenir permettait-il la modération de caractère et la mesure de langage? Avec cela , un amour si filial , si abandonné à l'autorité du saint Siège Apostolique , un empressement si résigné à soumettre ses écrits au jugement de l'Eglise et de son auguste chef ! Le danger de ses doctrines se trouvait couvert par l'humilité de ses protestations d'obéissance.

Telles étaient les apologies que l'on aurait opposées à nos pressentimens. Les Paroles d'un Croyant ne les ont que trop justifiés. La frénésie qui a dicté cette dernière production explique toutes les autres. Le feu couvait sous la cendre , jusqu'au moment de l'explosion où l'incendie s'est manifesté. La piété simple , ingénue , qui ne soupçonne pas le mal, comme dit l'Apôtre (1), avait

(l) ï. Cor. xiir, 5.

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pu se laisser aisément éblouir par la haute renommée de l'écrivain , par la pompe de son imagination , et par l'accent religieux dont elle paraissait empreinte. « On abon- « dait dans son sens , souvent avec plus de <f précipitation que de réflexion , et presque « toujours avec des idées plus confuses que K nettes et précises sur sa doctrine et ses « écrits (i). » Peut-être même le charme n'a-t-il pas été tout-a-fait rompu, malgré la fâcheuse impression que le dernier a excitée parmi ceux qui s'obstinaient a l'admirer même sa?is le comprendre/ témoin les défenses que l'on a osé en publier, et les palliatifs dont on a prétendu en colorer les blasphèmes.

:" S'il est nécessaire qu'il j ait des Hérésies y il ne l'est pas moins qu'elles soient démasquées et]confondues. « 11 ne faut pas croire, » nous dit l'oracle des siècles modernes ,

(4) M. ^oyev. supr.,Avant-Proj)os y \i. iv.

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