LA LIGUE. M. DE LA MEKÎ<AIS
Eglise nationale {Journal déclaration de 1682, adde Henri III, t. v, p. 97) hère à cette proposition : Le second, Curé de Saint- le souverain , doit , par Eustache , nommé à l'é- ordre de Dieu, être athée, vêché de Troyes , ne put en tant que souverain obtenir ses bulles , et fut (p. 229). obligé de donner sa démission [Ihid., p. 84; Lettres du card^ d'Ossat , liv. VIII, p. 303).
M. de La Mennais reproduit les calomnies des ligueurs contre ces deux prélats ( Religion , etc. , p. 343).
Procédure du parlement d'Aix contre l'Archevêque de cette ville , en l'année 1601 , pour raison de l'approbation donnée par lui à la bulle iu Cerna Domini du Pape Boniface VIII ( Rapporté dans Durand de Maillanne, t. I, p. 286).
Cette opinion était défendue par un très grand nombre d'ecclésiastiques.
Ils oubliaient avec quelle vigueur le cardinal de Lorraine avait défendu les libertés de notre Eglise de France et l'indépendance de nos rois , affirmant (ce fut sa propre expression) , qu'un forait
De la^ l'apologie de Boniface VIII, le démenti formel à tons les monuntens sur les étranges préfentions du rival de Philippe-le-Bel , l'afFectation de mettre au nom bre des Saints le Pape Grégoire VII , quoique l'Eglise ne lui ;iit ])as donné cette qualiHcalioii,
IIISTOIUE
plutôt mourir les Français que d'aller au contraire, marquant par là qu'ils en faisaient sans hésiter un point de Religion ; car il n'y a guère de personnes qui voulussent mourir pour une opinion seulement probable. ( Rapp. de M. de Totirnay , p. 68. )
Toutes ces prétentions ne se développèrent que successivement , tantôt insinuées avec douceur , tantôt accompagnées de iiicnaces. (Anquetil, page 471.)
M. DE lA MENNAIS.
De là , les mensongères interprétations données aux déclarations comme aux actes les plus authentiques de la part de Grégoire VII et de Boniface VIII , pour accréditer la maxime que la puissance temporelle est subordonnée à la puissance spirituelle , et détruire l'article fondamental de nos libertés, portant que « les « rois ne sont soumis à « aucune puissance ec- « clésiastique, par ordre « de Dieu, dans les cho- « ses temporelles. » De là, ces déclamations éternelles contre la Sorbonne et les parlemens , contre toute notre doctrine gallicane et ses défenseurs , tant anciens que modernes , accusés, par le plus odieux mensonge , de vouloir faire de l'Eglise de France une Eglise nationale, séparée du centre de l'unité (1).
(i) Un tles lueilteuvs livresqui aient étépubliés dans lestenips niotlernes, est V Essai historifjitc et critique sur la Stiprèmatie temporelle du Pape et d l'Eylise^ où l'auteur ( M. l'abbé A}re, vie. ^én. du dioc. d'Amiens) examine l'origine, les progrès et la décadence des opinions concernant les rapports de l'autorité relisieuse avec lesgouverneinens civils, et répond aux trois éciits : d'J De la Reliijion considérée dans ses rapports avec l'Ordre po-
Ce qu'ils demandaient encore , c'était le rétablissement des élections populaires , afin que l'autorité séculière fût dépouillée du droit de présenter les sujets aux charges ecclésiastiques.
Ils firent insérer dans les rituels de Vannes et de Clermont , une prière à cet effet. ( Hénault , Obs. chronol. à l'année 1584. )
Ce fut dans ces circonstances que Genebrard, fougueux ligueur, publia son traité des Elections poptdaires , qui depuis fut condamné à être lacéré et brûlé par la main du bourreau.
M. DE lA MENNAIS.
Quelques prêtres de la ville de Beauvais , se disant être tout le Clergé du diocèse , déclarent appeler de tous leurs vœux lejour où le Clergé pourra librement choisir ses chefs dans l'ordre spirituel, M. de La Mennais se vante d'avoir provoqué cette déclaration par ses correspondans. Il y voit Vinitiative du commun affranchissement de l'Eglise , et forme à son tour les vœux les plus ardens .
pour que cet exemple soit imité dans tous les diocèses. (^ Avenir ,r\.° ^ fi?). )
Les directeurs d'un séminaire ont rendu publique cette déclaration !
" Nous sommes ultramon- " tains , antigallicans , « tous dévoués à vos doc- « trines. »
litique ei civil ; 3" Dos Pvoijrès de la hévohition et de la ijuerre contre l'E(jlisf ;Z'^ Lettre u Mgr. l'archevêque de Paris[i yol. in-8''. Amiens, 4829.) Cet ou\rage , rnodèle d'une discussion sage, luniinense, impartiale, coniplctte les sa-vans traités de Bo;:suet , de l'abbé Coulon , de Fénelon, de M. l'évêque du Puy ( Lefranc de Pompignan ), etc., sur l'étendue respective , et les limites des deui puissances spirituelle cr temporelle. Le savant auteur aborde franchement des questions importantes, au devant desquelles M. de La Mennais semblait avoir placé une épée de fen pour repousser la controverse , et les résout de manière à fixer toutes les opinions et r.Tssiirer toutes les consciences.
72 rasTOiRE
tJi LIGUE, M. DK LAMKNNAI5.
On ne cessait de repeter , dans les journaux: el les brochures du parti , que la nomination aux charges ecclésiastiques , dévolue à l'autorité séculière par les concordats , était de sa part un pouvoir usurpé. « Le despotisme l'envahit , l'adulation le convertit en usage. Le pape Pie VII, transigeant avec Bonaparte , aurait pu et dû rétablir les anciennes élections.
Trompé comme les autres par de spécieuses apparences , il laissa l'ennemi en possession du droit de nommer aux évêchés et aux cures de l'empire. Ce qu'il n'a pas fait, il devient aujourd'hui indispensable de le faire.
Depuis que la liberté de conscience est devenue le droit commun des Français, on ne s'explique pa.s comment un ministère athée ou déiste , indifférent par devoir , aurait la prétention de nous donner ceux qui seront nos Pères. Le peuple et l'armée ont bien su reconquérir sur la tyrannie le droit de se nommer leur*^
( e que vouloient expressément les ligueurs , c'étoit d'abord que la sainte inquisition fût rétablie dans le royaume, que l'on v reconnût sans nulle réserve le concile de Trente , non pas seulement dans ses décrets de foi et de réformation , ce qui ne souffre aucune difficulté parmi nous , mais en tant qu'il investit le Pape d'une autorité absolue , qui l'élève par dessus les conciles, son infaillibilité, en fait un dogme de foi, etluiassujétitles puissances temporelles.
( Anquetil, p. 171.)
M. DE LA iîENNAlS.
chefs .• pourquoi le Sacerdoce en demeurerait -il privé ? Pour obéir à l'Église et à sa conscience , tout Catholique doit protester hautement contre quiconque aurait le courage d'accepter le titre d'Evéque de la main de nos oppresseurs. » ( Avenir, n° 53. Lettre de l'Agence-générale dans le Recueil de pièces , p. 3o.
Adresses des prêtres de Montauban , de Nimes , etc. )
( Serait - ce calomnier M. de La Mennais et son école , de dire que leur doctrine est celle de l'intolérance portée au plus haut degré ? Chacune des feuilles de VAvcnir en donne la preuve irrécusable , par l'acharnement avec lequel il ne cesse de poursuivre ceux qu'il regarde comme ses adversaires. Je ne l'accuse pas de proclamer l'inquisition. On dirait même qu'il s'indigne par fois des barbares exécutions qui firent l'histoire de ces tribunaux de sang.
Mais s'il n'en fait pas
H. DE L.i MENN.US.
l'apologie , pourquoi faitil grrâce à ceux qui les commandèrent ? Mais, il exalte les siècles qui les virent naître ; et c'est là, s'il faut l'en croire , qu'il faut aller chercher les témoignages de la plus hrillante époque de civilisation qui ait eu lieu «ur la terre , et le véritable âge d'or du Christianisme. L'écrivain qui, au xix^ siècle , s'acharne sur les restes de l'hérésie expirante , se serait-il montré au xrv^ moins ardent à pousser les hérétiques aux bûchers de l'inquisition ?
Demandez a M. de La Mennais les motifs de la haine furieuse , dont il se déclare animé contre certains individus coupables du seul crime de ne pas penser comme lui. Il n'a pas d'autre réponse à vous faire, sinon, qnéta7it libre , il est bien niait? e d'aimer et de haïr qui bon lui semble . (^Avenir y n° 390.) Il est forcé, dit-il, de leur reconnaître des vertus. — 'h bien !
nous leur permettons de les faire valoir pour l'au-
M. PE LA MENTiATS.
tre monde. {Recueil , etc. .
pag. 29. ) Voilà la logique et surtout la charité de ces régénérateurs du Catholicisme! C'était là l'auto-da-fé que demandaient à grands cris nos pacifiques inquisiteurs ; le cri de guerre de tous ces parleurs de liberté et de tolérance chrétienne !
X. Ce qu'il fallait penser X. Les protestations de de ses professions de foi. M. de La Mcunais sont-
elles sincères?
Toutefois ce grand respect que le parti affectoit pour les oracles du Siège Apostolique n'enipèchoit pas que l'on agit à rencontre , au risque de braver son autorité. On savait que Grégoire XIII ne donnoit point de confiance à la Ligue ; qu'il s'en était expliqué avec le duc de Nevers; et que, quelques jours avant sa mort, il avait dit au cardinal d'Est : « la Ligue n'aura « de moi , ni bulle , ni « bref , jusqu'à ce que je « voie plus clair en ses « brouilleries.«(Z'jÈioi/e^
Toutefois , fallait-il en croire sur parole à ces protestations d'obéissance la plus dévouée aux décisions du Siège Apostolique ? Pai" exemple .
on savait que le concordat stipulé entre le Pape Léon X et le Roi François I^% approuve par le concile général de Latran, subsistait dans toute sa vigueur, puisqu'il n'avait été révoqué par aucune des parties contractantes ; que la nouvelle Charte n'avait introduit à cet égard aucun changement , puisque les dispositions en étaient les
Journal de Henri III, 1. 1, p. M4).
Son successeur, c'était Sixte-Quint , mieux informé des affaires de la France , pénétré d'ailleurs d'une estime profonde pour le mérite du grand Prince que Dieu avait appelé à la couronne , avait fini par le reconnaître pour l'Oint du Seigneur. Il disait au même duc : « en quelle " école vos ligueurs ont- « ils appris qu'il faille « former des partis con- « tre la volonté du prin- '« ce légitime? ( /ôirf. , p.
« 447. et t. V, p. 64. ) »
et il PC craignit pas d'appeler la Ligue un complot pernicieux ( Daniel , p.
Le Pontife ne fut pas plus ménagé que le Monarque. Les factieux, accoutumés à ne garder aucune mesure , ne dissimulèrent point la peine qu'ils en eurent ; ils s'en vengèrent par des écrits sanglans (Daniel , t. ix, p. 446). A la nouvelle de la mort de celui-ci , un de leurs prédicateurs l'annonçant au peuple
M. DE LA MENNAI.';.
mêmes quant à la Religion ; on savait que celui de 1802 venait , il n'y avait pas si long-temps , de recevoir une nouvelle sanction par l'acte soleimel auquel avaient concouru les deux puissances , les plus augustes qu'il y eût sous le ciel. On le savait ; et voilà qu'un simple prêtre ose déchirer ces contrats sacrés; calomnier l'Episcopat tout entier, qui san.« eux n'existerait pas , et insulter, tant par d'audacieux manifestes que par de perfides réticences , au vénérable Pontife aux mains de qui la Providence a confié le gouvernail de l'i'glise chrétienne. Avec quelle insolente joie il étale sous les yeux du Saint-Père les Conquêtes du libéralisme chrétien , sur les vieux préjugés des peuples de l'Allemagne et de l'Italie!
[Avenir^ n. 73 ) l'épouvante qui s'est fait sentir au cœur de ces Prétoriens appelles par 1' 1 .tat Pontifical au secours de ses provinces ; le ])euple romain secouant le dernier anneau par lequel le chef