‹ Histoire de la nouvelle hérésie du 19e siècle :; ou, Réfutation complète des ouvrages de l'abbé de La MennaisChapitre 8 sur 24 · V. DE hk MENKAIS · texte numérisé non relu

V. DE hk MENKAIS

Vil. On essaie de réprimer VU. Tentatives pour ré-

Ips excès de la Ligue. primer les associations

séditieuses.

D'aussi violens excès M. de La Mennais con-

commcnçaientîiaccoutu- vient lui-même que ce

mer les peuples à enteri- qui avait perdu la Res-

drc tlire qu'il était indé- tauration, et ce qui avait

«eut (jue les ministres le plus violemment, excité

de la llelijfion parlassent la haine contre le Clergé,

dans les sermons des af- c'était le rôle politique

fiùres d'État , et fissent que l'imprudence du

retentir les chaires d'in- gouvernement avait don-

vcctives (Anquctil , t. H, né à quehjues ministres

j). 207). ffu Sanctuaire ( Relitfiov

Le Parlement de Paris essaya d'opposer quelque digue à un torrent qui menaçait de tout eiitrainer. Il s'assembla sous la présidence du célèbre Christophe de Thou, et prit quelques arrêtés , mais qui ne furent pas soutenus. L'édit de Poitiers de 1577, condamna toutes les ligues, associations et confréries faites ou à faire , sous quelque prétexte que ce fût. C'étaient des palliatifs plutôt que de vrais remèdes. Ils ne firent qu'irriter les factieux, et leur donner de nouvelles armes , en faisant croire qu'ils étaient persécutés pour la cause de Dieu et Ce la Religion.

Les ligueurs, sans s'embarrasser , allaient toujours leur chemin , faisaient sou smain leurs préparatifs, et surtout ils prirent leurs mesures à Rome pour engager le Pape Grégoire XIII dans leur parti (Daniel, p. 170). Ils allaient jusqu'à répandre le bruit que le Souverain Pontife était pour eux ;

M. DE Li. ME."<n.4IS.

considérée, etc., p. G4).

L'autorité ouvrit les yeux; elle crut que la morale publique outragée exigeait une satisfaction. Trois des principaux auteurs du scandale furent cités à la Cour d'assises, et eurent à se défendre par-devant la Chambre des ])airs. Le parti cria à la persécution , et eut l'air de demander le martyre ; parce qu'il savait bien qu'on ne le lui accorderait pas.

En attendant , pour se venger de la sentence rendue contre eux , ils allèrent ptibliant que la justice corruptrice de l'humanité avait été par eux contrainte d'entendre dévoiler sa propre honte. {l'Avenir, n. 11.3, 303, 395 , et Recueil des Pièces publiées par l'Agence générale de l'associatio7i, p. 37).

'< Nous sommes résolus de ne pas obéir , dût la persécution nous menacer de ses tortures' ( Avenir, n. 38). (La résistance jux exisgeances ministérielles est qualifiée un acte héroïque comjiara-

M. DE LA MESNilS.

qu'au surplus Sa Sainteté blc aux plus beaux siècle»

ne trouverait pas mau- de l'Eglise. (Ibid., pas-

vais qu'on se mît en état sim.) de la contraindre d'user de son autorité en faveur des catholiques (/5it?.) •

y m. Doctrines religieuses Vlll. Doctrines religieu-

de la Ligue. ses de M. de La Menn ais.

Il n'en est pas moins Censurés par les orga-

vrai que l'opinion de la nés de la loi, les ligueurs

Monarchie absolue, uni- du dix -neuvième siècle

verselle du pape , préva- se sont repliés vers le

loit dans tous les conseils Siège Apostolique, de la Ligue : opinion res- A la vérité, leurs espé-

peclablc dans .son prin- rances de ce côté sem-

cipc , et qui n'avait de blaient mieux fondées,

dangereux que l'abus que Un s'était, dès long-

l'on pouvait en faire. Et temps, assuré d'activés et

c'est ce (|ui ne pouvoit puissantes influences ; on

nian([uer d'arriver dans avait eu la précaution de

des temps de trouble. On s'en ménager la faveur

affecloitdc répandre que, par tf)utcs les déférences

suivant le bon ordre, c'é- qu'exige la foi catholi-

tail lEglisc ([ui devait que , par des concessions

distribuer les couronnes, qu'elle n'exigea jamais,

et juger les souverains , telles que la reconnais-

que tous les Princes chré- saneede soninfaillibilité,

tiens étaient vassaux de et l'expression repelée à

l'Eglise romaine , lui de- satiélc de la plus pro-

vaicnt prêter serment de fojide haine contre les

fidélité et* payer tribut ; libertés gallicanes , en

que c'étoit pour elle un effet , suspectes à la cour

droit et un devoir d'écar- romaine, mais qu'elle n'a

ter, à quelque prix qu<? pas toujours condamnées.

ce. fut, les médians Prin- L'on affectait de répan-:

ces , de venir au secours de la Religion des peuples , de délier à son gré les sujets de leurs sermens envers ceux quis'étoient rendus indignes de leur commander.

M. DE tX MENNMv

dre que plusieurs des Cardinaux dt Evèques résidaus à Rome s'étaient prononcés hautement contre le nouvel ordre de choses établi en Fran ce. Certain de leur appui , M. de La Mennais avait chanté déjà Thym ne du triomphe ; il affirmait que le Pape s'élait formellement expli- (|ué sur le fond de l'affaire ; qu'il avait déclaré à notre ambassadeur que, par la nouvelle Charte , les derniers concordats étaient anéantis , que le Clergé de France rentrait sous l'empire de l'ancien droit commun , que les premiers concordats

étaient abrogés, par la Charte de 1830 ( Avenir, n.'3).

( La haute sagesse de Grégoire XVI à déconcerté ces mensongères assertions , et les a réduites au tarcHf aveu d'une condamnation sitns apipeliAvenir, siipr. n. 8.

Constitutionnel du d7oct 1831.)

( Tous les écrits de* la nouvelle Ecole n'eurent pas d'abord d'autre sys^

lA HG'Ji:. M PK LA MENIVAIS.

lèine de politique que d'élever la Chaire pontificî^lc au-dessus de tous les trônes de la terre, et de créer pour elle une domination absolue, universelle , qui ne se contente pas de la suprématie nécessaire, incontestable qui lui est assurée par sa divine institution, dans les limites du pouvoir spirituel. On >cut que tout partage déroge à sa dignité souveraine. Pouvoir uni- (pic , tout autre lui est subordonné et n'existe ((ue par lui. Dieu dans le

Page 1