LOUIS MARTIN^ ÉDITEUR, RUE MIGNON, S
fflSTOffiE
DE
AVAOT- PROPOS.
€e qui commence ce volume devait ter-miner celui qui précède. L'extension qu'il a reçue de l'importance des maVières qui y sont traitées ne nous permettait plus^ d'y joindre ce chapitre, qui en est le corollaire naturel. Dans la pensée de chacun de nos lecteurs, il se liait, par les souvenirs historiques , aux observations exprimées à propos
8 HISTOIltE
de l'Acte d'union et de l'Agence générale, organisés par le journal de VAi^enir.
Ses premières publications en avaient hautement manifesté les caractères, les projets et les espérances. Jetées au milieu de l'effervescence générale excitée par les événemens de 1850, elles reproduisaient, dans un jour plus éclatant, et sous des formes plus populaires , les questions politiques et religieuses soulevéespar l'auteur dans sesprécédentesproductions , et jusque la étrangères k la polémique du Sanctuaire , renouvelaient les accusations intentées contre l'oppression sous laquelle l'Eglise, disait-on, gémissait depuis plusieurs sièdles , et signalaient particulièrement les BbesMtés gallicanes et la déclaration de 1683, comme le principal instrument à l'usage du despotisme, pour enchaîner les consciences, et immoler la société relîglecfêe à la société poétique.
Profilant deir inquiétudes et des prévenu tiofts pour aigrir tes m^contentemens , en-
venimer les défiances, elles y créaient un parti d'oppoMtion , hautement déclaré contre le nouvel ordre de choses , exaltant les imaginations ardentes par ces utopies^ plus faciles à promettre qu'à ratifier, et dont la perspective console un moment la malignité secrète, qui les adopte sans examen.
En tête des moyens nécessaires à Texécu- *
tiondeses grands desseins, l'Agence générale comptait principalement les Associations.
Elle ne savait que trop , disait-elle , combien risolement nuit aux meilleures causes , aux causes mêmes les plus populaires , tout ce qu'il y avait à craindre de la part d'hommes haineux et rétro grades y Ae vieillards voisins de la décrépitude y asservis à leurs doctrines routinières et bâtardes y qu'il fallait traîner malgré eux dans les y oies de la régénération, de citoyens pusillanimes, que la peur des dangers rendait étrangers les uns aux autres. Catholiques de nom, qui, par leur inertie, facilitent le système dH exclusion et dUnca-r
4 UISTOIRE
pacité politique. Il fallait faire entrer dans ces cœurs flétris quelques gouttes du sang qui fit autrefois les Maccabées.
Dans ce généreux dessein, M. de La Meunais ne se contentera pas d'adresser au ciel de ferventes prières pour arracher les oppresseurs et les opprimés aux maux incalculables qui résultent de cette léthargique indifférence j Tobjet, depuis vingt ans, de ses continuelles aggressions. Ge qu'il ambitionne, c'est moins de ranimer dans les âmes les étincelles de la foi chrétienne , de rallumer sur la terre le feu de la charité que le Sauveur y vint apporter, de déployer contre les vî|ces et les erreurs le glaive de la parole évangélique ; c'est la torche de l'incendie qu'il met dans les mains des Catholiques ; c'est le glaive de la puissance temporelle qu'il veut unir au glaive de la puissance ..spirituelle. Les vices et les erreurs qu'il combat , il les attaque moins dans leurs principes que dans leurs conséquences; ses
DE LA NOUVELLE HÉRÉSIE. tt
ennemis , ce sont moins les Protestapis et les philosophes que les Gallicans. L'athéisme^ que les premiers avaient introduit par leur ^rupture avec Rome, et les seconds parleur guerre déèlarée au Christianisme , avait été, pour la société , une plaie moins profonde et moins, vive que Tathéiame enfanté a leur suite par la guerre sourde et bien plus dangereuse (i ) faite à l'unité catholique par l'in^ vasion des maximes gallicanes. Nulle équivoque dans ses déclarations : dans l'impuissance où l'on est d'anéantir la Religion, « on (T combat son influence, on restreint son ac^ «r tion, on la fisiçonnek l'esclavage, pour en « faire , s'il se peut , un instrument du pou- « voir. On redoute, et Ton a raison de redoute ter, unelutte où l'Eglise, qu'on ne subjugue «( point, puiserait un nouveau courage et des <c forces nouvelles. A la place de la violence, tf on emploie contre elle la ruse et la séduc-
(i) Religion considérée , etc., p. 98, iODir.
ttlSTOniB
« tionX'kabituer à la servitude, voilà tout ce «r qu'on cherche (4). »
La haine qu'il a vouée an pouvoir, quel qu'il soit , dissimulée d'abord par de pra* , dentés réticences, bientôt mai^estée par les plus violentes explosions, anéantit dans sa pensée le souvenir de tant de siècles unanime» dans leur profession d'un symbole également loin de la servitude et de la licence. S'il faut l'en croire : r Hypocrite dans tf son langage , le poir^oir, pour tromper ic le» simples, séparant, contre la nature « même des. choses, l'ordre politique de « l'ordre religieux, brisa , Fun après l'autre, « tous les- liens de la subordination; il 6e « déclara indépendant de Dieu, de ison <( Eglise eM de sion chef* Que n'a point tenté « la puissance sécuUère pour assujétir l'E- « glise à ses volontés? quel est le genre d'at- « taque que l'on n'ait pas employé contre « elle? que ne lui a-t-on pas ravi? »
(1) Essai sûrVIndifér., p. 26. Religion considérée jji. d8. Avenir f passim.
DE LA NOVVKUJ& HGiUKIB. 7
Implacable dans ses ressentimens y M. de La Mennais ne se souvient qaù des niéchans princes , et confond les meiUe«rs «rec eux :
Sauâ les princes , mSme religieux' y la Relir gion fut captive. Il pardonnerait plt» volontiers aux excès du plus violent dospotisnâe exercé contre les droits de l'humanité. Noos ne calomnions point , par cette a^erlioii , Técrîvain qui a pu dire : « Le Traité de West^ 4r phàlie imagina, entre les Etats européens; fc uiie balance dérangée toujoul^s^ et taM p urt ; tf cfaei^bée. Jamais peut-être n'y eut -^ il «c plus dfe guerre , ni de pkmrm plus^ saix*- <r glante^, ni des wurpations 'plus iniifMs <c et phis audacieuses , que depuis rintett" ^ tien de ce système, destinera le$ prërre^ i< mr(1)4 » ■ '
Leplufi^ simple raisonnement eàtà^ pour renverser ce paradoxe. 11 est réfuté par la seule dénomination de Hois très- chrétiens
(i) Religion eofisid.f p. 148.