‹ Histoire de la nouvelle hérésie du XIX siècle: ou, Réfutation complète des ouvrages de l'Abbé deChapitre 2 sur 30 · mSTÙfKE · texte numérisé non relu

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donnée à Aoâ Monarques français ^ et qui rappelle tout ce qu'ils ont fait , dans tous les temps, pour le soutien de t Eglise j et pour Tomement du Siège- Apostolique eu particulier (1). Us ne l'avaient pas oublié, ces saints Evêques des premiers temps de la monarchie , qui n'avaient jamais ni assez d'éloges, ni assez de bénédictions à rendre à la piété désintéressée de ces perpétuels défenseurs de V Eglise et des pai^i^resj comme les a^ppelait le saint Apôtre de la France (2); ni ceux des âges postérieurs, qui, sous les règnes glorieux des Pépin , des Gharlema^ gne, des saint Louis , ont célébré à l'envi la royale munificence et la piété filiale des Monarques firançais envers le Siège- Apostolique. Ils ne l'avaient pas oublié davantage, ces illustres Pontifes , les dignes successeurs

(i) Paroles du pape Anastase II j {Ep- u adregem Clodov, , Cùnc. t. IV.) fiossuet, Serm. sur l'Unité, t. y, édit. in-d», p. 604.

(2) Saint Remy, dans son testament ; Voyez Bibliothèque choisie des Pères, t. XXIII, p. 90.

DE LA NOinrBLUS HERESIE. V

des Grégoire et des Léon , qui se plaisaient k reconnaître dans nos Rois les fils aînés de rSglise , autant au-dessus des autres souve^ rainSf que les souverains sont au-dessus des particuliers (1 ). Combien ils étaient dans Terreur ! Ce qu'ils appelaient le Royaume chéri et béni de Dieu (iî), ce n'était que l'atelier de la ruse et de la séduction, d'où sortaient des chaînes que, depuis, Louis XIV a rivées plus étroitement !

Comment accréditer une pareille doctrine. Ce n'était point par des voix isolées que l'on pouvait espérer de contrebalancer le poids d'aussi imposans témoignages. Pour opérer la complète régénération du Sacerdoce, il fallait imposer silence à tous les souvenirs , anéantir tous les monumens , faire oublier les Pères ^ pour associer les- jeunes frères au passé et à V avenir. « C'est dans ce

(j) Saint Grég.^lib. v, epist,, VI.

(2) Alex, III t epist. 30, cité par Bossuet, Serm • sur rUmté, suprà, t. V, p. 508.

iO UISTOlBfi

« but que TAgencc générale s'est eflForcée , « dit-elle , de jeter, dans dÎTerses provinces, «r les fandemens d'Associations locales , qui «r embrasseraient toutes les classes catholi* <c ques , même les plus pauvres , et dont elle « serait le foyer principal, et le lien.récipro- « que(i). Serrés les uns contre les autres, et « disant anathèmè au lâche qui se séparerait « de ses jGrères, nous défendons, dans la cause ce de chacun de nous , la cause de tous les « Catholiques (2). »

Son vœu le plus ardent , son refrain journalier, c'est que l'esprit d'Association s'é^ veille et se fortifie chaque jour parmi les Catholiques , « afin que , se tenant tous en* (c semble par la main , ils puissent se résous ¥ dre à veiller tous ensemble au maintien c( des droits religieux et civils dé chacun « d'eux, et a en poursuivre la moindr<e. vio-

(1) Avenir^ n. 345.

(2) Ibid. Compte^endu des travaux de V Agence générale. Voyez tome II de cet ouvrage , p. 424 etsuiv.

DE LA NOUVBLLB HÉRÉSIE. il

t< lation avec toute Ténergie de rhomme « libre (1). »

Etaient-elles sans danger, et les dépositaires de l'ordre public ne devaient-ils pas s'en alarmer ? Pour répondre à cette ques* tion , il suffisait d'interroger l'histoire. Dans la foule de monumens qu'elle présentait k l'instruction des peuples , l'un des pluA mé* morables était cette fameuse Ligue , dont le déchaînement contre notre roi Henri IV poussa la France sur les bords d'un abîme .

Un tableau comparé entre l'Association proposée par M. de La Mennais , et celle que le fanatisme de Ik Ligue réussit à rendre si désastreuse, portera la confrontation au plus haut point d'identité (2) . L'histoire du passé fut toujours la prophétie de Tavenir:

Pourquoi i^ut-ilque ses sévères leçons soient, pour la plupart du temps, en pure perte?

(1) Avenir et passim,

(2) Nous l'avons annoncé au yôlume précédent , page 398, avec des réflexions à ce sujet , jusqu'à la page 404.

Ce n'est pas que nous regardions toute Association comme criminelle. Lorsque la discussion s'est ouverte sur cette matière dans les Chambres , a l'occasion de la Société des Droits de V homme y nos Orateurs ont fixé les principes avec une rigoureuse précision , et les ont développés avec un talent qui a rappelé les beaux jours de l'Assemblée Constituante.

Personne , en effet , ne contestera que le droit général d'association ne tienne à tous les élémens de l'homme physique et moral , qu'il ne soit une nécessité pour tous les peuples libres et les Etats représentatifs, le principe générateur de nos libertés, Taliment le plus fécond de l'industrie, du commerce et des arts , le foyer où se produisent les inspirations n.obles et généreuses , les institutions secourables à l'humanité, ou protectrices de l'émulation. Mais tous les bons esprits ont également senti les funestes conséquences qui suivent de l'abus du principe ,

DE LA NOiniHiLE HÉRÉSIE.

alors que ces mêmes Associations s'emportent au-delà des limites où les enferme l'intérêt de la société ; ce qui devient à peu près inévitable , quand elles ne sont pas soumises à la surveillance du magistrat , ou peuvent impunément en braver l'autorité; quand, égarées par de perfides instigateurs, par des passions exaspérées ou par un zèle mal entendu , elles dégénèrent en foyers d'anarchie ou de conspiration , organisent la révolte ou la propagent , entretiennent un système d'hostilité permanent contre l'ordre de choses établi et sanctionné par la loi.

Or, ce sont là les graves reproches qu'a encourus celle que M. de La Mennais était venu a bout d'organiser par son Acte d^ union et son Agence générale. La Religion en fut le prétexte ; la liberté de conscience, décrétée en faveur de tous les cultes, était, disaitil, un solennel outrage à la vérité catholique. Un Etat qui sépare l'ordre religieux de l'ordre politique est lin Etat sans Religion ,

t4 imTOBUB

,sBns gouvernement, sans société. Ce n'est plus qu'une aggrégation d'indÎTidus sans foi, sans morale, sans humanité, toujours suspendue entre les deux fléaux du despo-tisme et de l'anarchie ; où la seule loi qui dominé est un athéisme iiÉGÂt. , c'est-à-dire l'absenee de toute loi. Rétablir Funité religieuse dans son indépendance et son intégrité , tel doit être le vœu de tous les Catholiques ; vœu qui ne peut s'accomplir que par une vaste confédération de tous les peuples du monde, a commencer par la France.

La Ligue n'avait pas , disait-elle , d'autre dessein. Elle n'était entreprise que pour la défense du culte catholique , pour l'extirpation de l'hérésie , pour la sûreté de l'Etat et de la couronne (1).

Son vrai mobile , rép<mdent tous les historiem,fiit l'esprit de domination (2). Quand

(4) Maimbourg, Hist, de la Ligue, p. 2. iii-4®., (2) DaDiel , Hist. de France , t. IX, in-4, p. 57.

Forgueil et la haine du pouvoir, ces deux terribles passions qui , /de tout temps , ont produit les effets 1^ plus tragiques dans le monde, se joignent a tous les écarts de Tima-

gination , elles préparent en secret une explosion d'autant plus terrible qu'elle a couvé plus long-temps (1). La Ligue a commencé par des Associations, sous prétexte de la conservation de la Religion catholique (2).

Je veux croire que ceux qui les fondèrent étaient animés des intentions les plus louables ; ils ne se défiaient pas de l'avenir. Us aimaient à se reposer sur leurs propres vertus, sur la docilité des adeptes, surTespérance de maîtriser lesévénemens. k Ulualon !

• a répondu un de nos plus savans Légida- « teurs ; il y a , dans la condition de toute <r réwiion d'hommes qui n'est pas soumise « à l'autorité de la loi vivante , de rompre (c toutes les barrières non-seulement de la

(1) Ferrand , Esprit d^VHist.^i. lU, p, 149.

(2) Létoile, Joutn, de Henri III, 1. 1, p. 439.

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«r raison, mais même du possible. » Une force irrésistible vous pousse et vous emporte malgré vous au-delà du but; les circonstances entraînent, les obstacles irritent, l'exemple enflamme et précipite les esprits les moins ardens. U faut réussir à tout prix; l'intention absout tous les moyens. On veut des auxiliaires ; on s'en crée par de monstrueuses alliances avec les partis les plus extrêmes, par de réciproques concessions , par une complicité, enfin déclarée, avec les doctrines les plus anar chiquer .

Eh ! n'est-ce pas là ce que nous voyons être arriva à la Ligue? Elle n'avait, àTen croire, d'autre mobile , d'autre intérêt que le pur zèle de la Religion. Ses premiers Apôtres étaient des hommes recommandables par leurs lumières , comme par le rang qu'ils occupaient dans la société. Elle était , dans l'opinion des peuples, la sainte Ligue. Bientôt amenée, par la nature des choses, à recevoir dans son sein des factieux, tou-

jours habiles à se déguiser, vous n'y 4écau« vrez plus qu'une sanguinaire conjuration»

où s'aiguisele poignard des Jacques Clément et des Barrierre.

M. l'abbé de La Mennais avait vu , dans

la Réforme de Luther, le principe de tous

les bouleversemens dont l'Europe est encore

aujourd'hui agitée; il a consacré à cette

démonstration les plus belles pages de son

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