‹ Histoire de la nouvelle hérésie du XIX siècle: ou, Réfutation complète des ouvrages de l'Abbé deChapitre 17 sur 30 · QUATRIÈME PARUE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARUE

Dll UtRft iWtiVUté \ f AltiLttS H'om GltOYANT.^

Un livre a paru sous le titre : J^arote9 d'un Cro/ant, sans nom d'auteur- à la vé^ rite; mais pouvait-oiTs'y méprendre y quand la voix publique le déférait à M. l'abbé de La Mennais, comme au seul écrivain capable de l'avoir produit ; quand lui-même , bien loin de le dissimuler, l'a manifestement reconnu , tant par son silence que par la

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résolution exprimée d'en soutenir opiniâtrement toutes les maximes (1 ) ? Livre peu considérable par le volume , immense par sa perversité (2) , a dit le vénérable pontife qui occupe si dignement la chaire éminente, mère et maîtresse de toutes les Eglises ; livre qui n'est , au reste , que le sommaire de ses précédentes productions , et surtout de son Avenir j continué, ainsi qu'il l'avait annoncé dans l'acte de suspension de ee journal (5).

Le livre ^se compose de quarante et un chapitres , dont nous allons exposer l'analyse.

(1) Lettre de M. de La Mennais , à M. de Tertan- ^y , dans VUnkiers,, religieux, n. 185.

(2) Encyclique du 25 juin de N. T. S. P. le pape Grégoire; XVI. Rapportée à la fin de cet ouvrage.

(3) Avenir^ n. 395, *

La première parole éclu^pée à récrivain , c'est l'hymne de la foi chi^étienne , la j^oclamation du plus auguste de nos mystères , Tinvocation à l'adorable Trinité ; la parole par laquelle l'Apôtre veut qu'il soit préludé à tous les actes de la vie (1). « Au nom dU

« Père , du Fils et du saint Esprit ( p. 3 )..»

(1) iCor.,x,3i. ^'> ;r '

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A ce nom sacré, ajoutait saint Paul, toujC genou fléchit au ciel, sur la terre et dans les enfers (1). M. de La Mennais s'estiil montré docile aux sublimes inspirations qu'il communique? Ses lecteurs , transportés par lui près de la crèche duSauveur, assistent à la seconde création^ qui signala Theureux avènement annoncé au monde par le divin cantique :

(f Gloire a Dieu dans les hauteurs des cieux , « et paix sur la terre aux hoatmes de bonne « volonté ! (2) ^ Est-ce encore Fambassadeur du Très-Haut, un nouveau député de la milice céleste qui vient le faire retentir à nos oreilles? « Que celui qui a des oreilles en- « tende; que celui qui a des yeux les. ouvre tr el regarde ) car les temps approchent (5). y^

L'Archange , envoyé sur la terre , appor^ tait mw naui^lle qui allait être pour iùut le peuple un grand sujet de joie : (A) « Le Vei4>e

(l)Pliil.,ii,10.

(2) Luc, II, 14.

(3) Paroles d^un Croyant, p. 4. Matth., xi, iô.

(4) Luc^n, 10.

BE LA NOnOVELLB HÉRÉSIE. 89

<r fait chair Tenait répandre la semence di-»

« vine , ftcondée par son Esprit saint. Le^

«r hommes l'ont vue fleurir ; ils ont goûté de

cr ses iraits , des fruits de Farhre de vie , re*fc planté dans leur pauvre 4emeure (p. 4), j»

avec l'assurance d'une immortçUe durée. En effet la divine semence , faible au commencement , est; devenue tout a coup un grand arhre , où toutes les nations du monde , qui d'abord l'avaientméconnu. sont venueschercher un oi|ibrage hospitaliei* (1). Plusieurs, il est vrai ^ l'ont déserté ; le plus grand nombre n'a pas cessé de se reposer sous ses rameaux. L'oracle l'avait prédit, que l'Eglise naissante k^éthléèm.avec son tout^t^is^ant Fondateur, serait bâtie sur la ci^e d'une ba^te montagnç , d'où elle serait accessible à tous le^ rçgards, et que vainement les flots déchaînés %^ soulèveraient contre l'é^îA^e immortsil. De Va s'était répandue sur toHs les peuples du monde la lumière de la vérité, toujours vive, inaccessible a l'erreur,

(1) Matth. xni,32.

fondée sur la parole qui a dit que les portes de f enfer ne prévaudront jamais contre elle{i )• Promesses illusoires! Nos pères ont i^u le soleil décliner; la terre est redei^enue ténébreuse et froide (pdg. 5). La nuit a succédé au jour le plus brillant ; nuit sombre , où Luther et Calvin entrevirent encore quelques restes des primitives clartés : le Croyant n'y découvre je ne sais quoi {juin* a pas de nom, avilie qu'elle est ^ par un long esclavage : Eglise des temps modemes qui , dans nos folles espérances , nous apparaissais brillante de jeunesse et de beauté , a jamais exempte de ride et de tache (2), Eglise qu'illustrèrent Tes vertus et le génie des Charles Borromée et des François de Sales , des Vincent de Paul , des Bossuet et des Fenélon , des Gerdil et des La Luzerne, des Benoît XIV, des Clément XI et des Pie VI ! voilez votre front, et allez vous

(i) Isa., II , LX. Matth., xi , 18.

(2) Eph, v,27.

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enseTdir tout entière dans le sépulcre où dort le Dieu qui vous promit son assistance jusqj/à la consommation des siècles.

A la suile d'une révolution qui avait trans^ porté la couronne impériale dans une autre Êimille , le Pape saint Grégoire-le-Grand , écrivant au nouveau Prince , commence sa lettre , ainsi que M. de La Mennais a fait son livre , par ces paroles : «r Gloire à Dieu ir dans les hauteurs des cicux, et paix sur la « terre aux hommes de bonne volonté (1).»

La vMx du Vicaire de Jésus-Christ s'unit aux chants des Esprits bienheureux , pour adorer les conseils de la divine Providence dans ces grandes catastrophes qui changent la jTace des choses humâmes, pour ramener tonte gloire à celui**là seul à qui appartient toute puissance , et ralUer toute bonne vo-hnté dans^un même sentiment de paix et d'oubli du passé. Le Prêtre du xix® siècle imitera-t-il cet exemple? M. de La Mennais

(4) Epiât. XLVi, t. II, Oper. Col., 1514.

ne rappelle ces augustes paroles que pour en feire des brandons de discorde ^ et accuser les conseils de la divine Providence dans l'inégale distribution qu'elle a fait^ 4e^ biens de ce monde , armer les pauvres ooiitre les riches , et amséqnemm^it les riches contre les pauvres ( que pour donner le démenti aux promesses que Jésus-Christ a.faîtes à.^on Eglise, et^ dans la personne d^ saille Gvégoire*le-*Grandv outrager et tous lesJPQi)t:ii{!ps, et tous les Docteurs de la paix et de U çl^Hté évangéhques. Un de ses panégyriste^ » rendant compte de ses' Paroles d^un Cii^ya^ts en convient , et va jiiaqu^à lui eR faîi^ç. |i^ titre de gloircv u La pttasion vpk l'anima, » nous dit M. L'HeBonniâr^ «r fe. retuplif .4â ic -fiireor contre les hommes. C'fsël; ^rès . « avoir usé ses genoux ei rtmgé ^âit c^urj <c qu'il s'est levé pour dontier d^s mûfi^^k dfï (f colère e^t de v^og^anoe à spa aâaidlif 4^ a hommes et de Dieii (1 ). ». i

(1) Revue des denx Mafiies, 1«< sept. 1834, p. 662.

D£ LA NOUVSLLE HÉRÉSIE. 95

Dès le début de cet ouvrage , M. de La Mennais , parodiant les paroles sacrées de l'Ecriture, s'enveloppe de paraboles, d'allégories, d'expressions figurées, empruntées aux livres de F Ancien-Testament, et transportées à d'autres sens ; artifice fimiilier aux novateurs de tous les temps, comme Tertullien, saint Irénée, saint Bernard , l'ont reproché à ceux du leur. Il joue l'inspiré, et , de son antre mystérieux, va fiiire sortir pêlemêle les hurlemens de la rage et les accens de la piété, les^ malédictions et les espérances. Abus sacrilège , s'écrie le digne vengeur de la majesté de nos saintes écritures, lequel transforme les oracles de la vérité éternelle da|i$ le langage de la sédition et de là révolte (4)!

Le seeimd chapitre est une vision.

(1) Per impium Verhi Dei abusum j^puli carruftipuntur, md sediHones in imperiiê excUaudas. (Encyclique du 25 juin. )

Un bruit confiis , vague , étrange , q[ui se fait entendre de tous côtés, a frappé l'oreille du Croyant, f( La terre a tressailli; Dieu est en travail, (pag. 7,8). La nature se bouleverse ; tout s'ébranle , se meut ; tout prend un nouvel aspect. Des totu'billons de poussière qui se choquent , se mêlent et se confondent , enveloppent les cités , et , passant sur elles, ils en ont fait disparaître jusqu'aux

HBTOIBE DE LA NOmOBLLE SERESIB. 9K

ruines. Guerre à mort entre les peuples et les rois. Plus d'un trône est brisé , dont les débris gisent dispersés sur la terre. Lutte d'un grand peuple contre un ennemi couvert d'une épaisse armure ; c'est un combat pareil à celui de l'archange Michel, combattant contre Satan; il semble firappé a mort.Kon,

il n'est que blessé ; Marie , la vierge Marie l'enveloppe de son manteau, en lui souriant, et l'emporte, luin^ce grand peuple tout entier), dans son manteau, pour un peu de temps , hors du combat. » ( p. 9 ,. 10. )

Que M. de La Mennais ait reconnu dans ce bouleversement du globe , dans ce nuage livide formé à l'horizon, entouré d'une lueur rouge comme le reflet d'un incendie, dans ces trônes brisés, et l'inutile résistance de ces rois pâlissant sous leur diadème , à l'aspect des peuples se levant en tumulte ; qu'il y ait , dis-je , reconnu l'histoire de la sanglante révolution de 1790, cela peut être; nous ne prétendons pas

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donner la ftolution de toutes les énigmes qa'il propose. Dn moins, peut- on con*jeoturer avec plus d'assurance que Tautre partie du tableau s'applique à la révolu*' tion de 1S30, et fait allusion k V enfant du mirachy emporté hors du xombat^ par son glorieux patron, rarchange saint Michel, et réservé /70ur un temps meilleur, dans quelle espérance? si ce n'est pour fessaisir les débris du trône dispersé , et'j^iar «là grossir la liste de ces Tyrans oppresseurs de leurs peuples y affamés de leur sang et de leurs tré-^ sors (1). Heureux présage, en vérité, et pour lui et pour nous !

Quoi qu'il en smt, l'espoir de ce retour fortuné adoucit pour un moment l'aigreur de ses préventions , et fait luire à ses yeux l'aurore du merveilleux changemaoït qu'il décrit au chapitre suivant.

Mais quel est ce peuple , portant le signe du Christ sur le cœur? (pag. 10.) Quel est

(i) ParoUs d'un Croyant, pag. 15, 69, 117.

DE ÏA NO0VHJIB mBRfiSIB. StT

ce Yaste édifice élevé à une grande hauteur dans les. airs, et surmonté de. ce même si** gne du Christ qui se distingue à peine, parce qu'il - est couvert d'un voile noir« Que nous désigne«t-on par ces mystérieuses paroles? Est-ce la France? est-ce l'Espagne? est-ce l'Italie? car certes » dans la pensée de M. de La Mennais , ce ne peut être ni la France , ni l'Angleterre , ni l'Allemagne , ni le nord de l'Europe , dévorés lentement par le despotisme , Tanarchie et l'athéisme, qui partout ont desséché les sources de la vie sociale et reli^euse? Davus sum^ non OEdipus.

Je ne devine pas davantage quel est ce troisième peuple sur lequel six rois ont mis le pied ; et toutes les fois qu'il fait un mouvement, six poignards s'enfoncent dans sa gorge (p. 10), sans que tant de blessures l'arrachent à la vie. Réminiscence de la fiction célèbre qui expliquait les éruptions de l'Etna par chacun des mouvemens que le

§éMft EnceàMd^ , emckmié «eus k ip^Imb , impiim« à la Sicib.

Biaïf tant b voile se «eiilè««. *^ Fik 4i| rkamme i[ue voU-tu enoore}'^!! a vn POU fient i^ia #« tPùubie en lui*m0mê. A Vaipeel de yes anticpuv palais ipit s'éeroident , etdki sas TÎeiix twq^bs qui tombait en poucbe ^ H cbef oha d'antues grandwrs et un autan E&fiu {Ibid.). Yeut-OQ dira cpie l'emiubra du Qraisi4iit chancelé, q[ae rîslaniiste est

L'QmdeiK» le Séptentrîo», i^gâA^réa ion

nouvelles , pareilles à ceUa ^M U fatlU Uik «aîtas^ de« dent» du iii§astv§ imni^lé par Cadi»«3 , PopuU ù^çtv^^ntafimH (1 )t

Av Midi) d$s rgcf« affaissée» ^pi^/^ m ^m qmlk jml4ihUQn (3) y m r^è^aiit «om )#

(2) Pour le conpaitre , i\ lui aurait suffi 4e lire le livre de la Genèse ; il y aurait lu la malédiction por« Aoaoée par Staë coatee k poatértia de Ohain : » Qm

m fiii «st de 4q»^ $9rt?«f 49m9ndé^ '% 1{( fpU

yçfrf r^o^f wHite^ 4^ps le tenfips, et après les temps. Dans le temps, par la ^ei^mnaia«i sance de sa Divinité et la propagation de son Evangile dans tous les lieux du monde , Tobéissance à ses saintes lois , et la soumission de tout notre être à son souverain empire. Après les temps, nous demandons que tous ceux qui lui auront obéi sur la ^rre , conmde fidèles sujets, soient réunis tous ensemble avec lui dans son éternel royaume.

Voilà, disons-nous avec les Pères , le règne de Jésus-Christ qui a été préparé pour les siens dès V origine du monde(\ ); et chaque jour nous exprimons le vœu qu'il arrive, et qu'il ne se

« Chanaan soit maudit, et quU soit VesPob^ve^des es- « claves envers ses frères» » ( Gen. , ix, 25. ) (1) Malth., XXV, 34.

100 HISTOIRE D£ LA NOllVEtLB HÉRÉSIE.

fasse pas attendre. Mais nous croyons aussi que l'avènement de ce règne de gloire , réservé a l'éternité, sera précédé par des signes avant-coureurs, qui nous sont prédits par les saints oracles(1 ). De bonne foi , ceux dont nous parle M. de La Mennais sont-ils ceux que nous annoncent les Prophètes et les Evangélistes?

(i) Matth., xni, 7 et seq.

Origine de la royauté. « Les habitons dp ff la terre étaient heureux ; ils vivaient en ir frères , quand le Serpent séducteur de la fc première famille, et corrupteur de la rac^ ir humaine, se {^ssa au mUieu d'eux : il fixa ir sur plusieurs son regard puissant , et.leur te parla k l'ori^ille. Après avoir écouté la pa<i- « rôle du SecpeiM^, ils se levèrent et dirent : % JUm» ranimes rois. jËt le soleil pâlit , et la

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« terre prit une teinte funèbre , comme celle « d'un linceul qui enveloppe les morts. Ce «'fut comme un jour où l'abîme rompit V ses digues, et où déborda le déluge des « grandes eaux. Et ceux iqui dirent : Nous « sommes rois, prirent un glaive, et sui« « virent la Peur de cabane en cabane. Les « peuples tremblans^ glacés par la peur, « se laissèrent- charger de fers , eux , leurs ce femmes et leurs enfans ; et ceux qui avaient « dit : Nous sommes rois, creusèrent comme cf une grande caverne , et ils y enfermèrent « toute la race humaine, ainsi qu'on en*

Métm M; âè hÊ misÀïtài m ftémtéë d« t8ltiëè'lëft'BiitélraMS&d^tdtt«^le#ffi9Én^^

DE LA NMtÈtXB HERESIE. iM

rimage dé l'imiMetieé M dé lu fiHkité prf^ iiâthrtis éoM ht itléltioiM ë'est cémètftt ààM l«ft ékknM 4ë la poésie ^ M«ë le fi«tt d'tf^ ^és^/-. Dépè«(Mé6 dtf pdpddis dit lé Mgdetir l'atflite placée , la première fainitté AvL genre btttnaifi né tarda paa k âiibir tôiM Iw effet» en terrible iiiathfèifté protêt par «a rebidlieif . Vh hmiciàe etmùïêMé eené krtigfie chaift è de SottAtê et de <;alâH

âiteéi ^ èêiopesent 9e« afinàle» et fattgtieiit

la eléffienee dtt ciel. Etait-il pénible à'mbUer qtie mi jas^idè lîit e^ontMnte dé ehî^ët par l'hkMdàtkmt tiMter^ile lé dAiige dé ctf hiiee tenjcniia c^ektatts dent k raee btfiaaiiie était sMfilé«(4)? Jetée hora éetottle règle par Vaiiarcliiè de» p^î^ikma , U Mtiêlé iteittit le be^eiii de t eiioiicér )i ¥Wsagè liftmité de sa Tolonté pour mieux assurer son indépendance, €?< k éé? donhe^, ^*<^éc des lois ,• une forme de gouvernement. La première d«h* ii aéit parlé daM l'iwtèh^ ^ éét

(1) Gcn. , Vf, iî.

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