AFFAIRE DE LOUIS DE BAVIÈRE
400.000 florins (1), à la charge pour ce dernier d’équiper une armée avec ce subside et de faire la gueiTe à Philippe.
Cependant, avant que ces négociations eussent abouti, Benoît XII était parvenu à décider le roi de France à se rapprocher de Louis de Bavière. En effet, des envoyés français, que l’histoire ne nomme point, se rendirent à Avignon pour agir conjointement avec Robert, comte palatin du Rhin, cl Guillaume, comte de Juliers, nouveaux ambassadeurs de Louis. Ces derniers firent leur entrée à Avignon le dernier jour de janvier I3?l7, et le pape leur donna audience le même jour. Les choses parurent un instant prendre une marche favorable. Mais tout fut arrêté par le traité de Renss, et les deux comtes reçurent l’ordre de revenir en .Allemagne (2).
La conduite de Louis ne se ressemblait plus. Depuis son dernier échec, il prenait à tâche de justifier les refus qu’il avait éprouvés en cour de Rome. Les moines schismatiques avaient retrouvé leur influence auprès de lui, et il s’abandonnait de nouveau à leurs perfides conseils. Comme tous les hommes que l’orgueil a fait dévier, Michel de Césène, Guillaume Occam, Uberlin de Casai, .Jean Jandun, persévéraient dans leur criminelle opposition à l’Église. Ni la vanité de leurs protestations, ni leur schisme tué par le ridicule, ni l’isolement dans lequel ils végétaient, ni le temps, n’avaient pu les éclairer sur leur funeste égarement, Ils ne persistaient pas moins à en appeler au concile général des sentences qui les condamnaient. La cour de Louis étant leur unique asile, ils sentaient fort bien qu’ils seraient perdus si ce prince rentrait dans la
(t) Ce chiOro est de Rebdorff', p. 426. — Albert de Strasbourg dit