‹ Histoire de la papauté pendant le 14. siècle avec des notes et des pièces justificatives par l'abbé J. B. Christophe (volume 2)Chapitre 25 sur 146 · MORT DE BENOIT XII · texte numérisé non relu

MORT DE BENOIT XII

et OÙ on lui éleva un mausolée que le temps a détruit (I). Il lui en a été dressé dans la muraille un autre, modeste comme sa vie. Son trépas fut justement pleuré des peuples, car sa charité s’était fait sentir à eux, et on le regarda comme un saint. Benoit XII a laissé peu de trace dans l'histoire; le génie lui manqua, mais il eut la vertu, qui vaut mieux que le génie.

C’est à ce pontife si simple, si modeste pourtant, que la Papauté doit le complément de la tiare ou sa troisième couronne. La coiffure des papes avait été de prime abord un bonnet pointu, sans ornements, semblable aux mitres phrygiennes. Vers la fin du cinquième siècle, le pape Symmaque y posa la première couronne, Boniface VIH y ajouta la seconde, comme un symbole de la double autorité du pape sur le spirituel et sur le temporel. Benoit XII enfin y plaça la troisième, pour exprimer par là, à l’égard du vicaire de Jésus-Christ, les trois puissances royale, impériale et sacerdotale (2).

(1) Teyssier, Ilist. des pontifes, p. 144.

(2) Nous suivons ici l’opinion de Macri sur la signitication de la tiare, quoique cet auteur se trompe sur l’origine de celte triple couronne : Antiquitus boc regnum (couronne pontiOcale) unica corona ciiigebalur; sed Bonifacius VIII addidit reliquas dnas ut denotaret triplice ponliflcis dominiuin, regium nempe, impériale et sacerdotale... Quando primus diaconus cardinalis ponit prima vice novo pontifici camaurum (la tiare), dicit hæc verba : Accipc thiarram tribus coronis ornatam , et scias te esse patrem pr'mcipum et regem , cl scias te esse paslorem orbis in terra , vicarium salvatoris nostri J. G., cui est honor in sæcula sæculorum. (Jrro kxicon, au mol Mitra.)

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