‹ Histoire de la papauté pendant le 14. siècle avec des notes et des pièces justificatives par l'abbé J. B. Christophe (volume 2)Chapitre 49 sur 146 · DEUXIÈME INVASION DU ROYAUME DE NAPLES · texte numérisé non relu

DEUXIÈME INVASION DU ROYAUME DE NAPLES

1m produit de la vente d’Avignon, joint à un subside que votèrent les états de Provence et à un emprunt hypothéqué sur les joyaux de la couronne, mit la reine en état de lever une armée (1). Le Florentin Nicolas Acciajoli, naguère gouverneur du prince de Tarente et devenu grand sénéchal du royaume, prit les devants pour examiner l’étal des choses et préparer les voies. Jeanne et son époux ne tardèrent pas à le suivre. Ils partirent de Marseille, à la fin d’août 1348, sur dix galères génoises, et, après une heureuse navigation, ils prirent terre à Castel del Carminé, où les barons du pays accoururent en foule pour rendre hommage à leur souveraine. Son entrée dans la capitale fut triomphante; les Napolitains saluèrent le retour de Jeanne avec d’autant plus d’enthousiasme qu’ils avaient à se reprocher un plus lâche abandon de sa cause (2).

Cependant, au milieu de ces sympathiques démonstrations, Jeanne n’était pas maîtresse paisible de Naples; les forteresses de celte ville se trouvaient entre les mains de ses ennemis. Elle fut môme obligée, pour rentrer dans son palais, de le conquérir sur les Hongrois. Heureusement, h son arrivée, elle avait trouvé une armée prête. Acciajoli avait soudoyé un certain nombre de troupes mercenaires avec lesquelles le prince de Tarente put s’opposer sur-lechamp à Conrad Wolfarl et au wayvode de Transylvanie. Il serait fastidieux de relater des opérations militaires accomplies sans talent, dans lesquelles d’ailleurs les succès et les revers furent également partagés. La guerre, telle qu’on la faisait alors en Italie, était surtout une guerre de ravages et de déprédations. Le cardinal de Ceccano, légat du pape à Rome, suspendit un instant ces brigandages en

(1) Bouche, t. H. p. 574.

(2) Dom. de .Grav., p. 587.

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éloignant, au moyen de ^ 20,000 florins, une compagnie de mercenaires allemands, qui remirent entre ses mains tout ce qu’ils avaient occupé dans la Terre de Labour et les Abruzzos (1). Cette heureuse intervention procura au prince de Tarente un avantage : celui d’affaiblir les chefs hongrois, qui, réduits dès lors à leurs seules forces, durent se borner à faire une guerre de partisans. Mais, en 1350, le roi Louis reparut de nouveau en Italie et débarqua à Manfredonia, amenant avec lui dix mille chevaux. Ces forces, jointes à celles qui restaient au vvayvode de Transylvanie et à Conrad Wolfart, portèrent l’armée hongroise à quatorze mille chevaux. Le prince de Tarente n’avait rien à opposer à de pareilles forces, .\ussi le roi Louis se rendit-il en peu de temps maître de Bari, Bitonto, Baroli, Canosa, Melfi, Mattalona, Trani, Salerne, enfin de toute la Terre de Labour, à l’exception d'Aversa. Une seconde fois Jeanne, réduite aux seuls murs de sa capitale, prit le parti de la fuite et se sauva à Gaëte. Heureusement pour elle, le roi de Hongrie perdit beaucoup de monde au siège d’Aversa. Son ardeur conquérante se ralentit ; il commençait à se lasser de ces expéditions lointaines qui épuisaient ses trésors et u’étaient suivies en réalité d’aucun résultat. Deux circonstances dans lesquelles sa vie courut de sérieux dangers achevèrent de le dégoûter, et il prêta aisément l'oreille aux propositions d’accommodement que vint lui adresser, de la part de Clément VI, le cardinal Gui de Bologne (2). On arrêta d’abord une trêve, puis on statua que les choses resteraient dans l’état où elles étaient depuis le mois d’octobre 1350 jusqu’au 21 avril 1351; que.

(1) Dom. dp Grav., p. 679. — Matt. Villani, I. I. c. i..

(2) Miiratori, Annali dTlalia, ad ann. 1M0. — Tliwroci. Cliron. Uiingar., pars III, a rap. siii usqiic ad r. xiv. — Bonlini , Rer. liiiiigar., l. X, dec. n

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