CONGRÈS DE PISE
daûs le Patrimoine, incertaia de ses projets, et achevant de se rendre odieux par sa cupidité et sa mauvaise foi» Enfin, le iO septembre, il se dirigea de Corneto vers la cité de Pise, où il avait convoqué, pour le 13 décembre, un congrès de Gibelins. Ce fut dans le trajet de Corneto à Pise, par les Maremmes, que Louis perdit un de ses plus grands appuis par la mort de Marsile de Padouc, Fauteur du Défense ur de la paix, ce livre qui avait si fatalement égaré Louis. Déjà, quelques jours auparavant, *Ia mbri avait emporté Castruccio Castracani. Le ciel semblait se déclarer ouvertement contrôles schisraatiques (1).
Le congrès indiqué s'ouvrit à Pise le 4 S décembre. Les grands de la ville tant laïques qu'ecclésiastiques y assistèrent. On s'attendait sans doute h y voir agiter les questions politiques qui intéressaient l'Italie ; on ne s y occupa que du schisme et des moyens de le soutenir. Michel de Césène, qui venait tout récemment d'arriver à la cour, y débita contre Jean XXll une longue diatribe, laquelle n'était qu'un ramassis de faits calomnieux et de faux raisonnements pour établir que ce pontife était décidément hérétique et indigne de la Papauté. A la suite de ce discours, Louis fulmina' contre le pape une seconde sentence de déposition, accompagnée de la défense de lui obéir, et de le reconnaître pour légitime successeur de saint Pierre (2). Tous les prélats, seigneurs et officiers de ÏEmpire eurent ordre de publier cette sentence dans les lieux soumis à leur juridiction. Mais en même temps, et avec bien plus de succès, Jean XXU, à Avignon, renouvelait ses procédures contre Louis, le signalait en plein consis* toire comme hérétique^ persécuteur de l'Église, le dé-
(4) Gîo?. VUl., î. X, c. en.
(2) Joann. Minor., ap. Baluze, Miscell., t. III, p. SM4.
380 HlSTOifi£ D£ U PAPAUTÉ, LIV. V.
pouillail de toutes ses dignités, États, seigneuries, et ordonnait à tout inquisiteur d'informer contre sa pe^ sonne (1).
L'antipape Bainalluccio n'assistait point à ce congrès,
il n*arriva à Pise que le 3 janvier 1329. Pour complaire à Louis, le clergé, les religieux et le peuple vinrent le recevoir en procession. Au dehors, on lui rendit de ma* gniûques honneurs, mais dans le fond on n'avait pour sa person&e que de Thorreur; la crainte seule empêchait de la manifester. On vit bientôt se renouveler à Pise les scènes indécentes qui avaient souillé la ville de Rome. L'antipape ne voulut pas rester en arrière de procédure contre Jean XXU, îlle condamna de nouveau, et accorda une indulgence plénière à quiconque renierait ce pontife et le déclarerait indigne de la Papauté. Puis, sur la requête de Louis, Rainalluccio donna le chapeau de cardinal à Giovanni Viscomti, un des fils du célèbre Hatthseo; Louis à son tour confirma la seigneurie de Milan à Azzo Yiscomti, moyennant une promesse de ^ 25,000 florins, somme qui ne fut jamais comptée (2). L'antipape fit aussi plusieurs évéques et envoya des légats en Corse et en Grèce. Le 18 du mois de février, au milieu d'une assemblée solenndlement annoncée, il prononça une dernière sentence d'excommunication contre son rivai, et comprit dans cette sentence le roi de Naples, les Florentins et leurs partisans. On rapporte qu'au momeiU où la séinicc allait s'ouvrir il survmt tout à coup un furieux orage; 1 ouragan mugissait avec violence, et la pluie tombait par torrents. Conune • cet accident retenait les membres du congrès dans leurs maisons, le maréchal de Tempereur reçut Tordre de
(ij Giôv. ViJI., 1. X, c. Lxm.
(8) Id., 1. X, c. cxiY et cxvn
FïlN DU SCUISMt:. 3Si
parcourir les rues avec une nombreuse patrouille, et de
contraindre les gens â répondre à la convocation. Toutefois, malgré cet emploi brutal de la force, le lieu de rassemblée fut presque désert (1).
Une comédie si honteuse touchait enfin à son dénoûment. Louis de Bavière, rappelé en Lombardie par le besoin d'y affermir son autorité, ou peut*être pressé de partir pour se soustraire aux embarras de sa position, quitta Pise le 1 1 avril, chargé de la haine des habitants; il laissa pour Fy représenter Tarlati d'Arezzo. Ce dernier, dont la seigneurie de Pise aiguillonnait Tambition, ne vit pas plutôt le prince bavarois éloigné, que, profitant de sa position, il chercha à se rapprocher de l'Église romaine et de Florence. Les Pisans eux-mêmes, dont l'aversion pour Louis était au comble, prêtèrent les mains à ce rapprochement. L'antipape, privéd'appui, fut alors congédié. Obligé de sortir de la ville, il sollicita de Tarlati un sauf-conduit pour se rendre en Lombardie auprès de Louis : Tarlati refusa ce sauf-conduit. La situation du faux pontife devenait criUque. Bientôt il ne vit d'autres ressources, pour se dérober à l'indignation générale, que de se remettre secrètement entreles mains du comte FazioDonoratico,qui le fil conduire pendant la nuit avec un de ses cardinaux, Paul de Yiterbe, au château de Burgaro, situe dans les Mareinmes, et éloigné de Pise de trente-cinq milles* Les deux fugitifs y restèrent cachés durant près de trois mois. On n'entendait plus parler de l'antipape, et sa disparition subite excitait vainement la curiosité publique, quand tout à coup une armée florentine se montra aux environs de Burgaro. Le comte, inquiet pour son prisonnier et craignant qu'on n'eût éventé sa retraite, le ramena clandestinement à Pise, et le logea
(i) tiiov. Yill., 1. X, c. cixi.
86a Hl^iOm£ DË U PÂPAUTK. UV. V.
dans sa propre maison, où il demeura encore ignoré jusqu'au mois d'août de l'année 1550. Mais alors, soit que des paroles indiscrètes eussent été proférées» soit que les précautions mêmes qu'on prenait pour entret^r le mjs^ tère de sa retraite éveillassent les soupçons, le bruit se répandit que T antipape était caché dans la maison du comte Fazio. Sollicité par Tarchevêque de Pise de rendre Bainalluccio, le comte nia d'abord qu'il l'eût chcK lui ; mais à la fin, cédant aux importunités de ses amis, à la crainte qu'une plus longue résistance n attirât sur sa personne et sur sa maison les censures de l'Église, il se décida à le rendre, et écrivit à Jean XXII qu'il était prêt à le lui envoyer au premier ordre qu'il recevrait de Sa Sainteté (1), Pendant la longue durée de sa réclusion, Rainalluccio avait réfléchi sur lui-même, les illusions de sa fausse digiiité s'étaient évanouies, et le repentir avait parlé à son cœur. U écrivit au pape une lettre dans laquelle il confessait son erreur» le crime de ses schismatiques prétentions, réclamait l'indulgence du Père des fidèles, et s'offrait à faire une renonciation publique partout où on le jugerait à propos. Jean XXII répondit avec bonté à cette lettre suppliante, donna quelque consolation au pénitent, l'éxhorta à ne point s arrêter dans la carrière du repentir, à en apporter lui-même l'expression aux pieds du Saint- Siège apostolique (â). U expédia en même temps à Tarchevêque de Pise et à l'évêque de Lucques la commission d'absoudre Rainalluccio des censures qu'il avait encourueSi s'il voulait s'expliquer d'une manière satisfaisante sur cer tains articles et revenir de bonne foi à Funité de 1*É> glise(5). Rainalluccio Iil nou-seulemeat en prébcuce des
(1) Baîuzp, Vîtn?. t. 1, p. -143 cl seq.
(2) rUyu.Ud. jiiiij. 1330, a"* 3 et 4.
(5) Baluze, loc. cil.
m m SCHISME. S8S
commissaires de Sa Sainteté, mais encore à là vue de toute la ville de Pise, qu'il Tonlut rendre témoins de la sincérité de sa pénitence, F abjuration de ses erreurs, et regut immédiatement l'absolution des censures (1). Avant de donne»* son consentement à l'extradition de son prisonnier» le comte Fazio avait stipulé qu'il aurait la vie sanve» et qu'on pourvoirait honorablement à sa subsistance par une pension annuelle de 3,000 florins. Jean XXli ne refusa rien (2). En conséquence» le 4 août 1530, Fantipape fut remis entre les mains d'un clerc de la maison du pape, et embarqué sur une galère provençale, sous la garde des soldats pontificaux. Deux jours après, il abordait à Nice. De là, on le conduisit par terre à Marseille. Dans toutes les villes qu'il traversait, on Tentendait confesser publiquement ses erreurs ; et toutefois, malgré ses humbles aveux, les pépies le chargeaient de malédictions (5), tant était grande rhorreur que son schisme avait inspirée 1 11 arriva le 24 août à Avignon. Le lendemain, il parut au milieu du consistoire assemblé, en habit de Frère Mineur, la corde au cou, et, fondant ai larmes, se précipita aux genoux du pape. Il voulut parler pour confesser de nouveau son crime et en implorer te pardon, mais, suffoqué par la douleur au bout de quelques phrases, la voix lui manqua et Ton n'ent^dit {dus que ses sanglots. Le pape le releva avec bonté, détacha lui-même la corde qu'il avait au cou, l'admit au baiser des pieds, des mains et de la bouche, au grand étonnment de» témoins de cette scène attendrissante. Puis il entonna le Te Deiuii, qui l'ut suivi d'une messe solennelle d'actions de grâces. Dans un second con-
(1) Baynald, ann. 1380, d** 10.
(2) Id.,nn.
(5) Ubique ia toto itinerc ab omnikn po|Nilii in viUis et in eintotilmg maledîcebatur mtipapa* (BBiuie, ViUB, p. 144.)
884 HISTOIRE DE lA PAPAUTi, UY. V.
sistoii e, Rainalluccio prononça le reste de sa confession, et reçut de nouveau l'absolution des censures. On lui donna ensuite pour prison un appartement dans le palais même du pape. Là, éloigné du public, auquel il ne cessait pas d'être odieux, il selivra aux travaux de la pénitcuce et de l'étude, et y trouva des consolations qu'il avait en vain cherchées dans les iDusions de sa dignité usurpée. Jean XXII lui envoyait des mets de sa table, et le traitait avec la plus grande douceur. Il vécut de la sorte un peu plus de trois ans. Après sa mort» il reçut une sépulture honorable dans l'église des Frères Mineurs d'Avignon (i).
Pendant que Louis de Bavière voyait les efforts qu'il avait faits pour troubler l'unité de l'Église se briser si honteusement pour lui, il éprouvait d'un autre côté com* bien sont fragiles les confédérations qui n'ont d'autre lien que les passions d'un parti. Rappelé en Allemagne par la mort de Frédéric, il s'était retiré de la Lombardie au commencement de Tannée 1350; mais déjà, avant que son armée eût franchi les Alpes, Azzo Viscomti, récemment confirmé par lui dans la seigneurie de Milan» avait déserté sa cause, et, guidé par de sages conseils, avait envoyé à Avignon des auibassadeurs chargés d'exprimer au pape le repentir des Milanais de s'être révoltés contre l'Église, d'avoir adhéré à un empereur condamné, souffert qu'il fût couronné dans leur ville, et favorisé le schisme abominable de Pierre de Corbière ; de lui jurer obéissance, respect et fidélité, et, à ce prix, d'obtenir la paix et l'absolution des censures, sous le poids desquelles ils gémiss iient depuis quinze ans. Les mêmes ambassadeurs devaient demander l'évêché de Novarre
(i) Baluzc, Vitaî, 1. 1, p. 144 et soq., et p. 712, ad notas. — Giov. YiU., 1. X, c. cuu.— Haynald, ann. 1330, of^ 2a et 26.
Fir^ DU SCmSME. 585
pour Giovanni Viscomti, qui venait de dcposer le cardi-»
nalal des schismatiques. Jean XXII accueillit avec joie, le 26 septembre, les envoyés porteurs de cette mission pacifique, et, considérant de quelle importance était pour TÉglise romaine un Etat qui, bien plus que tout autre, pouvait devenir le boulevard de Tltalie contre les entreprises futures de Louis de Bavière, il se hâta de retirer ses anathèmes. Le peuple milanais fit éclater une vive allégresse à la nouvelle de cet heureux préliminaire (I). Toutefois la paix définitive ne fut ratiiiée qu au bout de deux ans.
De son côté, Pise, en même temps qu'elle s'était débarrassée de F^ainalluccio, avait également sollicite et obtenu sa réconciliation avec TÉglise (2). A leur tour liinaldu et Obizzo d'Esté, marquis de Ferrare, portaient aux pieds du Saint-Siège leurs plus humbles soumissions (5). Au milieu de ce mouvement de conversion, Rome ne voidul pas rester en arrière ; non contente d'avoir ignominieusement expulsé les schismatiques de ses murs et d y avoir reçu, avec les plus grands honneurs, le représentant de Fautorilé pontificale, cette ville envoya une solennelle ambassade à Avignon pour témoigner au vicaire de Jésus* Christ i aiiliction qu'elle ressentait d'avoir adliéié un instant à Louis, ainsi qu'à son faux pontife. Cet exemple fut imité par Viterbe et Pistoie. Toutes ces villes obtinrent leur pardon (4). Ainsi Tordre renaissait partout commode lui-même, et de ce terrible orage qui avait éclaté sur l'Italie» il ne restait plus qu'un douloureux souvenir.
Bientôt parut en Lombardie un prince qui y déploya
(1) Guftlv. Hamma, Gest. Azzon., Murât , Rer. itoh, t. }UL*-Giov. ViH., 1. X, c. cxLiv. — Raynald, ann. 1329, 15,
(2) Raynald, ann. 1530, n*» 27.
(3) Chron. Estense, Murât., t. XY.
(4) RAynald, ann. 43SM>, n"* 40.
m HISrOlRE DE LA PAPAUTE, LIV. V.
autant de désintéressement que Louis de Bavière y avait
montré de cupidité. Ce prince était Jean de Luxembourg, fils de rempereui' Henri VIL Son père, en 1540, avait mis sur sa téte la couronne de Bohême, après lui avoir (ait épouser Élisabeth, fille de Wenceslas If, dernier souverain de ce royaume (1). Il n'y résidait punit. Etranger à ses sujets par les mœurs autant que par le sang, il n'en était pas aimé et leur préférait les Luxembourgeois. Du reste, l'Europe entière était sa résidence, il la parcourait sans cesse d'un bout à l'autre, soit pour secourir ses amis, soit pour réconcilier des ennemis. Jean n'avait point ces talents et ces vertus qui rendent un souverain précieux i ses peuples, mais il possédait au plus haut degré les qualités qui font les brillants chevaliers. Beau, galant, aussi noble de cœur que de physionomie , actif, infatigable, se jouant des dangers et des obstacles, il lui fallait des luurnois et des champs de bataille. C'était là qu'il régnait véritablement et qu'il s'était acquis une considération qui le rendait le monarque le plus influent de l'Europe.
Jean se rendit à Trente vers la fin de 1330, pour y faire épouser à l'un de ses fils la fille de Henri, duc de Garinthie et de Tyrol, Marguerite Maultach, sa cousine et rhéritière de ce riche domaine (2). Comme il séjournait à Trente, il reçut des députés de Brescia qui lui ollrirent la seigneurie de leur ville sà vie durant, à la condition qu'il la protégerait contre les entreprises de Mastino délia Scala, qui, secondé par les Gibelins, la réduisait à T extrémité. Jean accepta l'offre que lui faisaient les ambassadeurs, détacha avec eux trois cents chevaux, et envoya dire à Mastino dellu ;Scala que, Brescia appartenant au roi de Bohême, il
(1) Dubrawii Uisl. Bohcmica, l. XVUI.
(2) Bonincoiilrius, Chron. Moed., Murât., t. Xit.
JEAN D£ LUXËMBOUAG. 387
eût à se retirer. Mastino céda, incapable de résister à la puissance de ce nouvel adversaire, et Jean, accompagné de quatre cents chevaux, se rendit le dernier jour de décembre i Brescia, où il fut accueilli aVec les plus grands honneurs, et où il rétablit çomme par enchantement la paix et la prospérité (1).
La présence du roi de Bohême enivra bientôt les populations lombardes. Presque toutes les villes voulurent imiter Brescia. Bergame la première donna l'exemple, et reçut Jean pour son seigneur (2). Crème, Crémone, Pavie, Verceîl, ^ovarre, vinrent ensuiLc se donner à lui (5), Panne, Modène, Mantoue, Reggio, Vérone, lui ouvrirent leurs portes (4), Partout il rappelait les exilés, réconciliait les partis, et effaçait jusqu'aux traces de la discorde (5). Azzo lui-même s*empressa d'aller lui rendre hommage, de renouveler les anciennes liaisons de la maison Yiscomti avec celle de Luxembourg ; et, craignant, s'il n'imitait ses voi* sins, de s'aliéner son peuple, il offrit au roi de Bohêmi» la seigneurie de Milan, et se résigna à exercer le pouvoir sous son nom (6). Le triomphe de Jean était complet.
On fit dans le monde politique mille commentaires sur l'apparition du roi de Bohême en Italie. Ceux-ci voulaient qu'il fût venu pour Louis de Bavière, ceux-ià pour le pape. Les uns et les autres se trompaient, et les événements prouvèrent que Jean, dans cette expédition, n avait été guidé que par la générosité de son caractère. Cependant, comme
(1) Hurat., Annal, dilalia, aim.1S80.*Dobrawu Hist* Bobemica, 1.XX. ad calcem.
(2) Giov.Vill., 1. X» c. cLxvin.
(3) Gaiata, Ghroa. Regiens., Murât., t. XYIO, p. 45.
(4) ChroD. HuUneasfi, Hurat, t. XV, p. SOS.»Dubrawiqs, I. XXI.
P9 Ghron. Benesiî de WeUinil, ap. Rer. bokem. acript., Pebel, 1. 11^ p. 960.
(6) Gualt. Flauuna, Gest Azon., t. XH.
986 HISTOUl£ DË LA PAPAUTÉ, UV. V.
les Florentins en prirent de l'ombrage, Jean XXII se crut obligé de leur écrire une lettre par laquelle il affirmait que le roi de Bohême n'avait point sollieité son consaitemeBl pour entrer en Lombardie (i ) . Mais Jean XXII était trop sage pour ne pas tourner au proiil de l'Église la populan rité dont jouissait Luxembourg. Pendant qu'on Usait ses protestations en présence du peuple à FIoFenee, il sTëntendait secrètement avec le monarque, et, le 16 avril 4531, le légat Bertrand du Poyet et Luxembourg avaient ensenble, à Castel-Franeo, une entrevue qui se répéta le main à Piumazzo. Rien no transpira, il est vrai, de leur entretien, mais on remarqua qu'ils s'étaient séparés satisfaits l'un de Tautre (2).
C'était peut-être le moment pour le pape, l eLiré depuis si longtemps au delà des Âlpes, de revenir dans la dté des apAtres. Les Guelfes victorieux, les Gibdins ruinés et dégo^ tés de FEmpire, l'influence de Louis de Bavière perdue, la présence en Italie du roi de Bohême, dont l'obéissance au Saint-Siège ne pouvait être douteuse» tout sablait inviter Jean XXII à restituer son siège naturel à la Papauté. Jean XXII en eut effectivement plus que la pensée. Ses lettres nous apprennent qu'il était résolu» en 1 352, de transporter sa résidence à Bologne, et que le légat Bertrand du Poyet, instruit de celte résolution, faisait bâtir en toute hâte et à grands frais une forteresse destinée ù servir de palais au souverain pontife. Uattenle d'une ambassade de la part du roi de France, et le désir d'arrêter avec ce prince le plan d'une expédition sainte, lui firent différer son départ (3). Cependant» il ne l'oublia point, et en 1333 il était plus disposé que jamais à racconqplir.
(1) Giov. Vm , 1. X, c. ctxuii.
(2) Id., 1. X, c. ciuvm.— nist. Gorlus., Murai., t. XII.
(3) Raynald, ann. 1352, a«4 ^8*