‹ Histoire de la papautë pendant le XIV" sic̀cle, avee des notes et des pièces justificativesChapitre 47 sur 66 · C. Yf, B* SI.) (3) Ibid., c. VI, 54, 55 et · texte numérisé non relu

C. Yf, B* SI.) (3) Ibid., c. VI, 54, 55 et

980 mSTOIBB DB LA PAPAUTÉ» UV. X.

courir, et celte fois non plus avec le simple titre de nonce, mais avec celui de^légat a latere* Pierre Thomas se remet en route avec une nouvelle ardeur, rallie les galères vénitiennes, celles des chevaliers de Rhodes» visite avec elles Smyme et les autres villes maritimes de sa légation, ra^ nime parmi les populations chrétiennes le courage et l'espérance, et arrive enfin à Conslantinople, où il est reçu avec des transports d'allégresse.

Jean Paléologue soutenait contre les Turcs une guerre qui n'était pour lui qu'une suite de désastres. Pierre Thomas joint ses galères aux siennes, offrant ce premier secours comme Fannonce d'un plus puissant qui s organise, et remet l'activité dans les opérations militaires. Les Turcs att,j(|uaiont, il les force h se défendre, et les chrétiens retrouvent la victoire. La flotte confédérée était en vue de Lampsaque, dont les Turîss avaient fait une place fortifiée. J.'iiitrcpidc légat, sans calculer le nonihrc de ceux qui la défendent, en ordonne l'attaque; les chrétiens l'escaladent et la dévastent. Après ce hardi coup de main, Pierre Thomas regagnait tranquillement la flotte avec ses gens lorsqu'un corps de Turcs s'élance d'une embuscade et se jette sur sa troupe. Les chrétiens, surpris, prennent la fuite; le légat reste seul avec cinquante chevaliers de rUôpital et quelques hommes d'élite. Sans s'émouvoir, il se retourne contre les Turcs, fait tête à leur multitude avec cette poignée de braves. Reculant et combattant, ne cessant de se défendre que pour attaquer à son tour, il rejoint enfin la flotte, après avoir fait mordre la poussière à trois cents Turcs et à leur chef (1).

L'activité de Pierre Thomas ne connaissait pas de bornes. 11 prêchait, baptisait, combattait à la fois. Sin^rue, Cuii-

(I) ViU B.| c. vn, SO et 40.

MORT B'nmOCBNT vi. m

staminople» les jles de Rhodes, de Chypre, de Crète, tirent tour à tôùr en loi Tapôtre infatigable, Je politique habile, .le chef intrépide. Toujours en action, par les frimas de rhiver comme par les ardeurs de l'été, tantôt avec une flotte entière, tantdt avec quelques galères; bravant tous les périls, ne s'effrayant d'aucune difficulté, ne se lassant jamais, il se montra constamment supérieur aux Turcs, et rradit même tributaire un de leurs émirs. 11 6t plus : i! éteignit Thérésié en Crète, réduisit les schismatiques de Chypre à reconnaître la suprématie romaine, et se montra la providence des peuples durant une contagion terrible qui désola ce dernier pays. Animé par les excitations de cet homme apostolique, le roi de Chypre résolut de se transporter lui-même en Occirleat pour y organiser un passage général en Orient. Pierre Thomas accompagna le mon«N» que (1); mais il ne devait plus trouver Innocent yh Ce pontife avait succombé à Tâge et aux infirmités le 22 septembre 1562, dans la dixième année de son pontifi* cat (2).

Nous n'ajouterons rien à ce que nous avons déjà dit d'innocent Yi. Ce fut un bon pape; il lui manqua le génie qui fait les grands papes. Le palais apostolique d'Avignon lui doit la construction de la grande chapelle haute et du corps de logis formant la portion méridionale de l'édilice (3). Mais, quoiqu'il ait largement contribué à Tédification du Vatican avignonais, Innocent VI avait à Villeneuve un autre palais qu il affectionnait davantage. 11 était situé dans remplacement où est aujourd'hui le cloître supérieur de la Chartreuse, dont la fondation lui appartient. Il aimait à y résider, et une grande partie de ses lettres

(1) VilaB.,c. vil, n«*40, 41, 45 et 4o; c. vm,n«5l; ex, c. xi, n 01 el02.

(2) Bahize, 1. 1, p. 544.

(5) Joudou, AviguoD, ses papes, etc., p. 421.

Diyil

33S fllSTOiRE DE LA PÂPÂCTfi, UV. X.

sont datées de ce lieu privilégié, qu'il fit appeler la Vattée de benédicliOH (i). Nous avons va sa chapelle qui existe encore; elle e&L conliguë au réfectoire de la Chartreuse., Ses murs sont couverts de (resqnes dégradées* Le peintre qui les a exécutées a dû être un des artistes distingués de répoque; son nom nous est inconnu. Innocent VI voulut être inhumé dans le lieu qu'il avait tant affeciiontié pendant sa vie. Les religieux lui élevèrent, dans Téglise du couvent, un mausolée gothique de la plus grande magni* ficence. Mais aujourd'hui il ne reste plus que de vénérables souvenirs dans i habitation splendide du bon pape; son tombeau même en a été enlevé; il est dans l'église de l'hôpital, où le voyageur vient encore en admirer Télégante structure, quoique mutilée par le temps et le vandalisme des révolutions.

(1) Balaze, p. 54S et 99B. — TejMier, HUt. des MMTMr^ pootife*, etc., p. m

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