‹ Histoire de la paroisse d'Yamachiche [microforme]Chapitre 117 sur 121 · DUREE · texte numérisé non relu

DUREE

.H1STOIRE D'YAMACHCHE 267

Le.comté de Laval l’envoya. réprééenter ses intérêts au pure lement de Québec, depuis 1875 jusqu'en 1882:

Ayant perdu sa première épousé, il se remaria, quelques années plus tard, à Madame Varin, née Antoinette Valois.

La réputation de M. le Juge L. ©. Loranger ent bien établie. Avocat habile, orateur distingué, jurisconsulte impartial, il est une des plus belles figures de notre époque. Disons, en terminant, que les honneurs ne l'ont jamais:empêché de vouer un culte tout spécial d'affection à la paroisse qui l’a vu naitre. Chaque année il revient visiter les lieux aimés de son enfance et serrer la main de ses vieux amis d’Yamachiche. Avec feu le grand-vicaire Desaulniers et. ses deux frères Thomas et Joseph, on peut dire qu'il figure au premier rang parmi ceux.que les honneurs n’ont pas empêché de conserver un attachement tout particulier au elocher du village natal. Dernièrement. encore, M. le juge L. O. Loranger suggérait au poëte Nérée Beauchemin, l’idée de faire élever un monument à la mémoire du vénérable curé Dumoulin. Ce dernier trait donne la mesure des sentiments affectueux que que garde toujours M. Loranger pour Yamachiche et ses souvenirs du passé,

LA REVDE,. Sœur Lamy.

(née Adèle Lamy).

Parmi toutes les religieus.: v£es à Yamachiche, Sœur Lamy et la révde Sr. Sabine (née Philomène Lesieur) figurent au premier rang. À l’occasion de sa mort, arrivée en janvier dernier, un ami a publié les lignes snivantes, dans le Monde, de Montréal:

Les sœurs Grises viennent de perdre une de leurs plus dévouées missionnaires, dans la personne de Marie Adèle Lamy, en religion Sr Lamy, décédée à l'âge de 57 ans. Outre ses chères compagnes et son vieux père, elle laisse, à Yamachiche, plusieurs frères et sœurs pour regretter son absence de ce monde, après avoir peuré longtemps son absence du pays. Une de ses sœurs, qui lui survit, a été sa fidèle compagne de religion : Sr, Caron. La mère de Sr Lamy était la fille do Charles Caron, plusieurs fois élu député, au parlement de Québec, pour le comté de Saint. Maurice, et la petite fille de Augustin Rivard Dufresne, premier eprésentant du mêine comté à Québec, en 1792.

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La position de sn famille, ses manières engagcantes et les qualités remarquables de son cœur, promettaient à Sr Lamy un avenir souriunt. Elle eut pu vivre richement et honorée, au milieu des siens. Mais la Providence avait d'auties vues sur elle : une voix intérieure lui anonge qu'elle devait se consacrer au Soigneur. Soumise à cet appel, elle entra chez les sœurs Grises, lo 8 février 1856.

Lo 17 septembre 1857, cile quittait la maison mère de Montréal, en compagnie des sœurs Emery et Alphonse (demoiselle Jacques) pour aller fonder une mission dans les lointaines prairies du Nord-Ouest, sur les bords de la rivière Saskatchewane. Le chemin de fer les conduisuit jusqu'à St-Paul, Minnesota et, le 29 septembre, après une marche de six semaines, elles laissaient cette ville pour se rendre, d’abord à la Rivière Rouge, avec une caravano qui devait les accompagner jusqu'au terme de leur long voyage. De St-Paul à la Rivière Rouge, ces jeunes et délicates religieuses n’eurent à leur disposition qu'une humble voiture à bœuf, que chacune d'elles devait diriger. Le 29 octobre, elles arrivaient à Saint-Boniface. Les misères de cette première partie du voyage et surtout le froid enduré, à cette saison rigoureuse, leur firent apprécier davantage l'hospitalité de leur co-religieuses de là, avec lesquelles elles passèrent tout l'hiver. Le 4 avril 1859, elles firent un adieu, peut-être éternel, à leurs amies et reprirent la voiture et les bœufs pour se rendre au terme de leur voyage, le 24 septembre. Une fois installées dans leur mission, leur premier soir fut d'étudier la langue crise et de faire la classe à 30 ou 40 enfants sauvages, de visiter les maladcs, de se hvrer enfin aux travaux les plus péuibies, dans :1n pays où tout était à créer. Mais, quelle ne fut pas cette terrible épreuve pour ces jeunes sœurs, dès leur arrivée ! La chasse ayant manquée, pendant plusieurs mois, elle n’eurent à manger que de l'orge pilée et bouillie et du lait cuillé. Qui le croirait ? Plusieurs années durant, leur unique nourriture fut le pémigan (viande séchée et pilée) et le poisson. Après douze années de cette pénible vie, de ce triste séjour à Saint-Albert, Sr Lamy fut transférée, en 1871, au lac Labiche, comme supérigurc. Inutile d'ajouter que c'était une mission chez les sauvages. Au printemps de 1873, elle revint à la maison mère de Montréal, muis n'y s’éjourna qu’un mois ou deux.

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Entrainée par son zèle, son dévouement et son affectucuse charitépour “ ses petits sauvages, ” Sr Lamy fit de telles instances, qu'il fallut lui accorder la permission de retourner à ses chères prairies du Nord-Ouest. Elle partit donc, à l'automne de ls même année, pour la mission de Saint-Boniface, où elle occupa successivement les charges d’assistante, de maîtresse des novices et de supérieure vicaire,

En 1887, après vingt anées d'une vie de misères, de privations ct de sacrifices multipliés, elle fut enfin rappelée à la maison mère, pour assister au chapitre général de l’Institut. Depuis lors, elle demeura à la communauté, se rendant toujours utile, malgré une santé chancelante, suites de ses glorieuses missions. Le 16 janvier dernier, chargée de bonnes actions, honorée de ses compagnes et laissant à tous un exemple des plus grandes vortus, elle est allée au Ciel, recevoir la récompense de son illustre apostolat. Les peuplades d: Nord-Ouest beniront longtemps le nom de la vénérable sœur Lamy.

M. L'ABBÉ Josepn BLaïs.

M. le curé actuel de Saint-Guillaume d'Upton, diocèse de Nicolet, mérite de figurer parmi les prêtres remarquables qui ont consacré la plus grande partie do leur vie à l'œuvre ingrate et pourtant si méritoire de l’enseignement.

Né à Yamachiche, le 4 novembre. 1834, du mariage de Joseph Bluis et de Lucie Gérin-Lajoie, il étudia d’abord à l'école des frères des écoles chrétiennes, aux Trois-Rivie:es. A l'âge de seize ans, ses parents l’envoyèrent au collége de Nicolet, où il fit un excellent cours classique. Parmi ses confières de classe figuraient le lieutenant-gouverneur actuel de la province, l'hon, A. R. Angers, l'hon. Sévère Rivard, MM. les abbés Ir. Douville, Elie Dauth, Thomas Maurault et Pierre Bellemare. Ces quatre derniers prirent l'habit ecclésiastique en même temps que lui, en 1857.

M. le curé Blais enscigna d'abord la syntaxe, L'année suivante, la troisième; on 1859, l’architceture, l'astronomie et la minéralogie. Ordonné prêtre le 23 septembre 1860, il enseigna la même classe, puis celle de rhétorique, l’année suivante. De 1862 à 1868, il fut professeur des mathématiques, passa ensuite

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une année à Stanfold, comme directeur du collége temmercial fondé en cette paroisse, puis revint à Nicolet, où il -enseigna la théologie, pendant une année ; ensuite les mathématiques et l'astronomie; puis enfin la théologie. On le nomma directeur des élèves, en 1872, charge qu'il n’a abandonnée qu'en 1886, alors que Mgr l’évêque de Nicolet l’appela à la cure de Bécancour.

Tous les élèves qui ont connu M. l'abbé Blais au collége de Nicolet, se pluisent à reconnaître qu'à ses grandes aptitudes pour les hautes branches de l'enseignement, il joignait un esprit de doucenr et de bonté qui le faisait chérir d'avantage. Même quand il semblait irrité on savait qu'il était peiné d'avoir à reprimander, Après avoir vécu si longtemps au séminaire de Nicolet, M. l'abbé Blais a dû laisser cette institution bien à regret, Excellent professeur, directeur aimé des élèves, il est maintenant l'idole des braves paroissiens de Saint-Guillaume d’ Upton.

L'HON. SÉVÈRE RivaRp.

Les ancêtres de l’hon. Sévère Rivard, venus de Frunce, se fixèrent en Canada, avant le premier recensement de 1866, alors que la population de la Province n'était que de 4,312 âmes. Comme on le voit, la famille Rivard est une des pe anciennes du pays.

M. Rivard naquit à Yamachiche, le 7 avût 1834, du mariage de Augustin Rivard Laglanderie et de Marguerite Rivard Dufresne. A l’âge de treize ans, ses parents l’envoyèrent au collège de Nicolet, où il fit un cours d'études classiques brillant, Parmi ses confrères de classe se trouvait l'hon, A. R. Angers, aujour: d’hui Lieutenant-Gouverneur de la Province de Québec. En rhétorique ces deux jeunes élèves luttèrent ensemble pour le prix d'élocution et Sévère Rivard ne fut vaincu que par quelques voix. Reçu avocat, en 1859, M. Rivard épousa à Montréal, en 1863, Melle Delphine Choquette. * N'aimant pas les luttes politiques il refusa Constamment de se présenter dans plusieurs comtés, mais s’occupa beaucoup des affaires civiques, à Montréal. Il fut-échevin uecette grande ville, pendant neufans, En 1879, il eut l’insigne konreur d’être élu maire de Montréal, en opposition à la candidature dc feu l’hon. Jean Louis Beaudry, réputé: invincible jusque là, puis réélu maire par acclamation, en 1880. Lors de l'arrivée au pouvoir .du cabinet. Rosse-Taillon, en 1886, l'un des

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premiers actes de ce gouvernement fut d’appelgr M. Rivard au cohseil. législutif, en remplacement de feu l’hon, J. L. Beaudry, son ancion adversaire, pour la mairie de Montréal. En 1887,

‘’hon, M. Rivard, de concert avec feu Joseph Loranger C. R., agissait comme trésorier du parti conservateur (district de Montréal), aux électione pour les Communes d'Ottawa,

Parti d'Yamachiche, sans Ja moindre fortune, pour aller étudier le droit à Montréal, en 1656, l'hon. M. Rivard, par un travail constant, sa grande énergie, autant que par ses talents distingrés, a pu maitriser la fortune et arriver jusqu’au poste si élevé de maire de la grande métropole commerciale du pays. Ces quelques mots suffisent pour faire son éloge.

L'hon, M. Rivard est mort, en 1888, laissant une jolie fortune à sa veuve, Coïncidence singulière il a été inhumé le même jour que son vieil ami d'enfance feu M. Sévère L. Desaulniers, le plus jeune frère des célèbres abbés François et Isaac Desaulnicrs, professeurs à Nicolet et à Saint-Hyacinthe.

. Avec l'hon. jugo T.J.J. Loranger et M. Raphaël Bellemare, J'hon. M. Rivard fut l’âme de la grande fête de Nicolet, en 1866, de même qu'il aida à la mémorable fête des cloches d'Yamachiche, en 1876. Il fut aussi l’un de ceux qui, en 1870, encouragèrent le noble mouvement. des zouaves pontificaux, pour la défense du pouvoir temporel du Saint-Siège,

L'Hon. ELZEAR GERIx.

La Minerve, le 20 d'août 1886, au lendemain du décès de l'Hon, E, Gérin, publiait un article éditorial, évidemment dû à Ja plume de M. Arthur fansereau, maître de poste actuel de Montréal et l’un des plus intimes amis de Gérin, En voici les principaux extraits :

. “Jeune encore M. Gérin s’engagea dans le journalisme ou il ne tarda pas à se Co C'était en 1862 ; il n'avait alors que 19 ans.

‘ Comme les püléiiques de chaque j jour ne sufisaient pas à son activité il trouvait le loisir de collaborer à plusieurs publica: tions périodiques. C’est. ainsi qu'il publia vers cette époque, dans la Revue Canadienne, une série d'articles sur les relations commercCiales du Canada avec les Etats-Unis. Aujourd'hui que cette

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question est plus que jamais d'actualité il ne serait peut-être pas sans intérêt d'exhumer ces écrits, autant pour connaître les idées préconisées à cette époque, qui semble déjà reculée, que pour saisir l’un des côtés trop peu connus de son multiple talent de publiciste. Ce fut aussi pendant ses loisirs que M. Gérin, en 1864, publia l'HITOIRE DE LA GAZETTE DE QUÉBEC, œuvre qui lui coûta cependant bien des recherches.

“ En 1865 on le retrouve à la rédaction du Canada, d'Ottawa : c'est dire qu’il fut l’un des pionniers de la presse françaisc dans Ontario. L'année suivante il entrait à la rédaction de la Minerve. La droiture d'intention s’alliait chez lui à une certaine circonspection qui donnait à son commerce un charme tout particulier,. Digne sans raideur, franc sans brutalité, affable sans obséquiosité, tel il s’est toujours montré, dans son entourage intime.

“ Hardi dans le. mêlée il n’a jamais fourn!, cependant, à :es adversaires, l'occasion de se plaindre ni d’une bette secrète ni d’un coup de jarnac. Peu d'écrivains ont eu, plus que lui. le sens de ce respect que l'on doit encore aux personnes dont on combat les idées, Ce n'est pas qu'il fut sceptique à l’article dv ses professions de foi politique, Chercheur infatigable, doué d'un talent de critique rare, il n’en était pas moins profondément conservateur, attaché pour la vie à nos traditions religieuses et nationales.

“ Au sujet de sa délicatesse dans ses rapports avec des adversaires, il y a lieu de rappeler ici un trait qui donne bien la note de ce tempérament chevaleresque. On suit qu'au physique M. Gérin était plutôt malingre. Sous ce rapport, il avait un point de ressemblance avec feu Eric Dorion, “ l'Enfant Terrible ”. Or, il advint qu'un jour, à la suite d’une attaque des plus lâches commise pur des organes libéraux contre quelques-uns do ses amis, il alla demander satisfaction au fameux Enfant Terrible, alors député. La scène se passait à Québec, pendant la session. Il y eut prise de corps et, pour se consoler du châtiment qu'il avait reçn, M. Dorion fi livrer son assaillunt en la puissance du sergont d'armes.

‘“ A la Minerve, comme au Journal de Québec et au Canrda, M. Gérin tronvait le moyen d'exercer sa plume à dos productions toutes littéraires. Combien de lecteurs ont goûté des bluet-

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tes publiées alors suns se douter que le style qu'ils trouvaient alors ei serein, si léger, coulait d’uue plume qui tout à l'heure, dans une polémique quelconque, frappait comme une épée.

“ Bientôt cependant M. Gérin dérerta le journalisme canadien pour un théâtre plus vaste. En 1867, il s’embarquait pour l’Rurope et entrait à la rédaction du Journal de Paris, où il fut le Collaborateur de M. Wviss et de M. Hervé, aujourd'hui académicien et directeur du Soleil. Les deux années qu'il passa ainsi à l'étranger, il les consacra à des études sur les institutions politiques de France et d'Angleterre, À son retour d'Europe, M. Gérin s'établit aux Trois-Rivières où, tout en se livrant à sa profession d'avocat, il fit du journalisme dans le Constitutionnel qu'il avait fondé lui-même, Ses succès, dans l’une et l’autre carrière, firent honneur au journalisme et au barreau, mais auraient été encore plus marquants si sa santé chancelante n’en eut, à tout instant, entravé le cours.

‘“ Candidat malheureux dans le comté de Saint-Maurice en 1868, aux élections fédérales, il se fit élire à la chambre provinciale, dans le même comté, aux élections générales de 1871 ct il fit un parlement.

“ Enfin, le 21 du mois d'août 1882, il fut appelé au conseil législatif qui perd en lui l’an de ses membres les plus éminents.”

À la page 179 de ce volume, chapitre des députés du comté de Saint-Maurice: il y a quelques notes sur Elzéar Gérin. Ce qui précède est reproduit ici pour payer une dette de reconnaissance personnelle à la mémoire de ce canadien distingué, trop tôt enlevé àson pays. Gérin était le frère de l’illustre Antoine Gérin- L joie etde l’ abbé Denis Gérin, curé actuel de Saint-Justin, diocèse des Trois-Rivières.

Le Rév. FRÈRE CHRÉTIEN.

(né Joseph Panneton).

Dans toutes les branches de la société, Yamachiche a fourni des sujets qui lui ont fait honneur. L'Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes compte environ tren‘e de ses mémbres nés à Yamachiche. Parmi ces trente frères, plusieurs ont occupé des charges importantes, entr'autres les RR, FF. Victorien, Servilien, Paphylinus, Mathieu, Thurien, Fubricien et Mathias qui, tous,

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ont été supérieurs’ ‘de missions ou le sont encore. Mais le plus remarqwable, ést sans contr edit, celui dont lé nom figure en tête de cette biographie. Ft

Le Rév. F. Chrétien naquit le 4 d’ août 1844, du mariage de Joseph Panneton et de Pélagie Lefebvre Boulanger. Son père, un dés plus respectables cultivateurs de nos campagnes, vit enco. re. Après avoir réçu une éducation élémentaire à l'Académie des Frères il entra, en 1861, dans l’Institut des frères des écoles chrétiennes, lo même jour qu'un autre enfant d'Yamachiche distingué, le Rév. frère Paphylinus (né Théophile Pepin). ,

Pendant nombre d'années ses supérieurs lu confièrent. la charge de directeur du noviciat, à Montréal, Sbn amour du travail, ses tuients remarquables, autant que sa profonde piété, lui valurent l’i insigne honueur d'être nommé Visiteur du district de Baltimore, en 1578. Dans l'été de 1856, il fut nommé Visiteur du, district do Montréal, charge qu'il occupa pendant cinq années, Enfi, il fut appelé à un poste encore plus élevé, celui de Visiteur du grand district de New-York. C’est à ce poste qu’il est encore aujourd’hui, Mais, il vaut mieux laisser parler une voix étrangère. Les liens d'amitié qui unissent le Rév. Fr Chrétien à elni qui écrit ces lignes, sont trop intimes pour faire convenablement son éloge, Ajoutons, seulement, que la grand'mère du Fr Chrétien, Antoinette Rivard Loranger, était la tante des célèbres juges Thomas et Onésime Loranger. Le Monde, du 27 janvier 1891, publiait l’article suivant à l’occasion du départ, pour New- York, du très révérend frère Chrétien :

“ Les journaux ont annoncé sommairement le départ de M. Jos. Panneton, en religion F,ère Chrétien qui vient d’être appelé à New-York par le général de son ordre.

Le Frère Chrétien a été visiteur des écoles chrétiennes, au Canada, durant les cinq, dernières années. Il à fait le bien, sans bruit, sans éclat et son passage chez nous, a été marqué par des œuvres utiles, durables.

Comme témoignage de reconnaissance envers le Rd. Frère Chrétien, dont la modestie égale le grand mérité, nous. traduisons les extraits suivants d'un journal de New- York extraits que les amis de l'instruction liront avec intérêt, .

&« Le Révd Frère Chrétien des Frères de Ja doctrine chrétienne, vient d'arriver au Collège Manhatte, comme visiteur de

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cet important district. Nous souhaitons la bienvenue à ce vétéran de l'enseignement populaire dont la plus belle partie de sa vie s'est pes au milieu de la jeunesse du Hargiaoë et de la Pensylvanie.”

Le brave homme qui a écrit ces lignes aurait pu ajouter : et au milieu, aussi, de la jeunesse canadienne,

Le confrère continue : “ Siles œuvres que sa forte tête a consries et qu’il à fécondées de toute la force de son énergie et de son zèle, lui ont valu les plus beaux éloges de la part des autorités religieuses et civiles de l’Union Américaine, le Canada, siége de ses dernières opérations, ne lui est pas moins reconnaissant, si nous jugeons des autres journaux par l'extrait que nous détachons du petit satellite Pince-bec, journal humoristique de La métropole :

“ Le Révd Frère Chrétien, qui vient de quitter le district de Montréal pour celui de New-York, est un esprit aussi ferme et droit que cultivé, ce qui n'est pas peu dire, dans ces temps de défaillance et de douleureux laisser aller. Il ne connait ni les ambuges ni les fourches caudines d’une politique cocasse, haîneuse, ou. au besoin, de bascule, C’est un homme de principes dans toute la force du mot, un ami sincèrement dévoué aux intérêts de la jeunesse canadienne,

Poursuivre avec humilité et ne gie l’œuvre de régénération ébauchée par le Bienheureux de La Salle, au moyen d'une éducation profondément chrétienne et utilement variée, semble être le motif déterminant de ses nobles aspirations. La maison de retraite qu'il a fondée à Hochelaga, pour la formation des jeunes maîtres ; le pensionnat de la rue Sherbrooke, qui n’a pas encore deux ans d’existence et: compte plus do 400 élèves ; l’idée de l’établissement d'une ferme modèle à laquelle il e pérait donner suite, afin de relever le niveau de la classe agricole, sont autant de témoignages non équivoques d’une action aussi utile qu'efticace sur le régiment udmirable des quatre cents institutions sur lesquel . il avait le conirôle, en cotte nrovinee. :

11 fut nommé supérieur du distriet de Montréal, en 1886, Ib y arriva en un temps où un bon no’abre d'esprits, parmi le: cler: gé et le personnel de l'instruction publique, étaient froissés par les Scrits de son prédécesseur, le frère Reticius, homme érudit, pédagogue à l'encontre de Pestalozzi, mais complètement : étran:

ger à nos mœurs ct à nos usages. Aujourd’hui que tout est rentré dans le calme, le public apprendra avec regret le départ de cet homme éminent et dont les rervices sont désormais acquis au district des Frères te New-York. ”

M. ARaM J. Portes.

Voilà un jeune canadien qui fait grand honneur à son pays sur le sol américain. Fiis de M. Jules Pothier et de Domitille Dallaire, M. Pothier n’a que trente sept ans, étant né en 1855. I] étudia d’abord à l’Academie des Frères des Ecoles Chrétiennes, à Yawachiche, puis commença ses études classiques à Nicolet, et les termina au collège de Niagara. Sa famille émigra à Woonsocket, en 1870. Dès l’année 1875, le jeune Pothier fut accepté comme clerc dans les deux puissantes institutions financières de ga ville d’adpotion : la Woonsocket Institution for savings et la W. National Bank, dont il est, maintenant, l’un des employés supérieurs. Ses succès ont été si rapides que, deux fois Woonsocket le choisit pour son député au parlement de l’Etat du Rhode Island. Ses occupations multiples ne lui permettant pas de se livrer aussi exclusivement à la politique, M. Pothier refusa la candidature une troisième fois et accepta la charge d’auditeur des comptes de la ville, position qu’il occupe encore aujourd’hui,

En 1889, le gouverneur Taft le nomma délégué du Rhode Island à l’exposition universelle de Paris. Il fit, au retour de sa mission, un rapport officiel tellement bien élaboré que le gouverneur Taft y fit allusion, dans son discours d'ouverture du Parlement, à Providence. Parlant du voyage de M. Pothier à Paris, l'Indépendant de Fall River écrivait, le 15 mars 1889: ‘“ L'hon. Aram J. Pothier, de Woonsocket, député à la législature, vient d'être nommé commissaire à l’exposition &e Paris. Tous les canadiens français des Etats-Unis sont honorés de cette haute marque d'appréciation des talents de l’un de nos hommes d'élite. Petit fils de la France ilira dire à notre mère, qu'il y a des milliers de cœurs qui l’aiment toujours. Citoyen de la république américaine, il fera connaître la libéralité de ses institutions, les progrès de son industrie et l'expansion étonnante de sa population et de son commerce,

Le 28 juin 1889, on fétait la St Jean-Baptiste, à Paris. Le soir, il y eut un banquet auquel M. Pothier assista, Dans le

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