M. RAPHAEL BELLEMARE
La présente biographie est traduite d'une publication anglaise intitulée À Cyclopediu of Canadian Biography :
Raphaë! Bellemare, l'inspecteur du revenu do l'Intérieur du district de Montréal, descend d’une ancienne et honorable Yamille française émigrée au Canada vers l’année 1650. Sor père, Paul
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Bellemare, d'Yamachiche; avait épousé Marguerite Gélinas, de la même paroisse et de la même famille, Raphaël a vu le jour le 22 février 1821, et fut envoyé au collège’ de Nicolet pour y suivre son cours d’études classiques, après avoir fait seul son instruction élémentaire, à là maison paternelle. Par la suite, de 1845 à 1847, il professa. les Belles-Lettres dans cette illustre institution. Sorti du collège, il se-rendit à Montréal pour y étudier le droit, dans le bureäu de feu M. P. R. Lafrevaye, ©}, R., et plus tard, dns celui du juge Coursol, Dans le même éme, et pendant la période de 1847 à 1855, M; Bellemare fut le rédacteur de LA MINERVE, le principal organe d'alors du parti Lafontaine- Morin, ou de la réforme. Comme écrivain, il a montré qu'il était très heureusement doué, et ses écrits se distinguent toujours par la force et la vivacité du styleet une logique sévère. Dans toutes les grandes questions, comme celles des écoles publiques, de la sécularisation des biene du clergé, de la représentation basée sur la population, qui passionnaient alars les esprits, La MINERVE avait à diriger la discussion, et la plume habile de M. Bellemare ne restait pas inactive. Tujurié par les journaux du parti adverse, l'AvENIR, le MoniTeuRr et le PAys, M. Bellcmare conserva son sang-froid, demeurs ferme et eombattil avec une dignité et une habileté qui lui gagnèrent l'admiration et la gratitude de «es amis. Fils dévoué de son église, 1l voulait le maintien de l'instruetion religieuse à l'école, croyant et prétendant qu'autrement la nation finirait par perdre sa foi. Et M. Bellemare avait très probablement raison,
Admis au barreau, M. Edllomors n'a jamais pratiqué sa profession ; le journalisme, qui l'avait conquis, lui avait déjà fourni l'occasion de lutter vaillamment et avec grand éclat. Lors de la confédération des provinces, il fut nommé au poste qu’il occupe encore, et jamais, pendant toute la durée de sa vie officielle, on n’a entendu une plainte contre lui, le fonctionnaire zélé et capable. M. Bellemare possède le diplôme de membre correspondant de la Société des Antiquaires, de Normandie, Il a été l’échevin du quartier Saint-Louis, de Montréal, peadant six années, à la grande satisfaction de ses concitoyens. M. Bellemare a été l'an de coux qui formèrent le projet de réunir:les anciens élèves du collège de Nicolet en 1866, et il fut le sétrétaire de l'organisation, Aussi membre du comité des zouaves'éanadiens et secrétaire, pendant de nombreuses années, de‘la société Sairit-Joun: Baptisté. M. Belle-
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mare est, de plus, mernbre du conseil dé la Fabrique dé Notre- Dame, vice- RTE du conseil de direction dé la Batique d E-
Ni, Éellemaré n n'a jamais entièrement rompn avec lei journalan et ses écrits peuvent toujours. se reconnaitre au style particulier Ge T'écrivain, Il a été l'un. des. fondateurs de la société histori ique de Montréal, et l'on connait son goût pour les recherches historiques et pour la collection de livres rares et précieux. Sa bibliothèque des ouvrages sur l'Amérique est une e des plus complètes du pays. Ve
En 1849, M. Bellemare a épousé Anastasie Geoffri ion, fille de Romain Geoffrion, de Boucherville. Elle est morte en 1882. Cinq enfants sont is de ce mariage : trois garçons et deux filles. Les deux filles seules survivent: Mathilde, l’amée, cst l'épouse de D. L. Desaulniers avocat, présentement traducteur français, aux Communes ; Joséphine à épousé M. P. A. Jodoin, de Bélœil. En mai 1885, M. Bellemare s’est remarié à Maisue M. L. Euchariste Normanlin. la veuve de feu M. Alfred Normandin, marchand de Montréal. |
Une personne, bien amic de M. Bellemare, nous comtunique de nouveaux détails. Ils complèteront la Diogrenhi qui précède. Les voici, textuellement : |
“M. R. Bellemare fut marié deux fois. La premiere fois, le 18 septembre 1849, à dame Anastasie Geoffrion dit St-Jean, dans l'église Notre-Dame de Montréal, par ie Rév. M. St-Pierre, sulpicien, alors euré de cette paroisse. :
‘ Cinq enfants naquirent dece mariage, trois garçons et deux filles, L'ainé, Georges Alphonse Raphaël, fut baptisé le 21 d'août 1850, et mourut le 16 décembre 1872 (à vingt- deux an&). Il avait terminé son cours de droit et, durant ses loisirs, avait déjà cultivé de très heureuses dispositions pour la saine littéruture, en publiant des essais dans l'Echo du Cabinet de Lecture paroissial et dutres journaux, Un second fils, Philippe Oreste Marie, baptisé le 30 avril 1852, no vécut que treize mois ; et le troisième, Marie Louis. Hercule, baptisé le 14 septembre 1856, mourut à Bélœil, 16 20 d'août 1881. La maladie l'avait empêché de suivre un cours d'études complet. L'ainée des filles, Marie- Mäthiklé Anästäsie, füt baptisée le 24 février 1854. Elle fut ma-°
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riée le 15 novembre 1877, à M. Diouis L, Desaulniers, avocat, de Montréal, et maintenant d'Ottawa. La seconde, Marie Sophie Joséphine, fut baptisée à Montréal, le 3 décembre 1858. Elle épousa M. P. À. Jodoin, le 10 mai 1877. Elle réside à Bélæil.
Madame R. Bellemare, après trente trois années de mariage, finit sa Carrière terrestre, en novembre 1882. Cette très digne et vertneuse époure, cetie mère affectionnée et tendre, cette femme modèle, avait eu le malheur de perdre ses trois fils, et, plus tard, la consolation de voir ses deux filles alliées à des familles honorables,
En secondes noces, M. R. Bellemare épousa dame Léonine Euchariste Normandin, le 11 mai 1885. La bonne santé fait disparaître la diff’rence d'âge qui existe dans cette heureuse alliance, ”
, Moxs1anor IsAAC GÉLINAS, V.-G.
Au nombre des prêtres remarquables, nés à Yamachiche, feu le grand-vicaire Isaac L. Desaulniers ct Monsignor Gélinas sont au premier rang.
Celui dont le nom figure en tête de la présente esquisse, naquit dans cette partie do la paroisse d'Yamachiche détachée jadis et qui forme aujourd’hui, la florissante paroisse do Saint- Barnabé, la scronde, en importance, de tout le comté de Saint- Maurice.
La généalogie de la famille Gélinas fait connaître la date de naissance de Mgr Gélinas, a,asi que ses titres. Il eut ponr père Joseph Gélinas et pour mère Théotiste Hudon-Beaulieu.
En nommant feu l'abbé Philippe Octave Gélinas, !: rév. père jésuite Raphaël Gélin:s (du collège St. François-Xavior, de New-York), M. Pierre Géliras, ancien député du comté de Richelieu au parlement de Québec, le célèbre Evariste Gélinas (si bien connu sous le pseudcnime de Carle Tom, dans les chroniques de la Minerve) c’est assez dire que Mgr Gélinas appartient à une famille honorable et fort distinguée.
Elève de Nicolet, en 1844, il eut feu le grand-vicaire Luc Desilets, parmi ses confrères de classe. Séminariste, en 1852, feu Mgr Thomas Cooke l'ordonna prêtre, en 1858. On lui confia l'enseignement de la classe de rhétorique, de 1857 à 1860, puis
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celui de la théologie, pendant quatre années. Il fut préfet des études, de 1865 à 1882, et aussi professeur, de 1887 à 1892, M. Gélinas cut, deux fois, l'honneur d’être choisi comme supérieur du Séminaire de Nicolet. La maison mère des religieuses de l'Assomption a eu l’honneur de l'avoir pour chapelain pendant seize ans, de 1872 à 1888.
Lors de l'érection du nouveau diocèse de Nicolet, en 1885, Sa Grandeur Mgr Elphège Gravel choisit M. Gélinas pour l’un de ses deux grands-vicaires. Son nom fut même, assure-t-on, envoyé à Rome parmi les trois candidats soumis à l'approbation du Saint-Père comme titulaire du nouveau diocèse, Ce seul fait constitue, à lui seul, un titre suffisant pour que l’humble professeur de Nicolet soit compté au nombre des illustrations du clergé trifluvien,
Mais un nouvel et insigne honneur était encoro ré-ervé à M. le grand-vicaire Gélinas. Par décision de la Cour de Rome, le 26 janvier dernier, M. Gélinas se voyait élevé à la haute dignité ecclésiastique de Prélat Romain, faveur qui n'a été accordée, jusqu'ici, qu’à un tiès-petit nombre de membres du clergé canudien.
Aussi, cette distinction a-t-elle réjoui tous les admiruteurs et amis de Monsignor Gélinas. Avec le vénérable Monsignor Charles Olivier Caron (une autre illustration nicolétaine) le clergé trifluvien se trouve, maintenant à avoir, |armi ses membres, deux Prélats Romains. Le grand père de Mgr Caron étant né à Yamachiche, Mgr Gélinas étant lui-mêine né ici, notre vieille paroisse peut donc se glorifier à bon droit de ces grands honneurs accordés à deux personnages religieux remarquables qui lui sont chers à plus d'un titre.
Plusicurs fois déjà, depuis son installation comme évêque du nouveau diocèse de Nic let, Monscigneur Gravel donna, à son digne grand-vicaire, une preuve non équivoque de confiance, en lui confiant l’administration des affaires diocésaines, pendant ses absences, en Europe et aux Etats-Unis.
Disons enfin, qu'après avoir largement contribué à toujours maintenir, à, augmenter mêre, la grande rerommée du collége de Nicolet, Monsignor Gélinas y demoure encore, jouissant d'un légitime repos, après tunt d'années passées au rude labeur de l'enseignement.
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Cette note biographique « est trop courte, bien trop. courte même, ei surtout fort incomplète, Tout de même, il ’en sera pas moins reconnu que Mgr Gélinaf, en “honorant la maison de Ni ico- Jet, n’en a pas moins h: noré sa vieille péroisse natale qui, sCra toujours fière de Je compter au nombre de ses en ants les “plus distingués.
L'Hon. Juce L, O. LoRancer.
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Ceux-qui ont suivi de près les événemérits politiques, au parlemens de Québec, de 1875 à 1882, savént la part brillante qu’y a pris celui que l’on nomme aujourd’hui l'honorable Louis Onésime Loranger, juge do la Cour Supérieuré, à Montréal, En 1878, il était le lieutenart de l’hon, M. Chapleau qui lui confia le portefeuille de Procureur-Général dans son adntinistration, en 1879.
M. Loranger naquit à Yamachiche, le 10 avril 1837, du mariage de Joseph Loranger et dé Louise Dugal. Après avoir commencé ses études classiques au collège de Montréal, il les termina à celui des RR. PP. Jésuites. Admis au barreau, le 3 mai 1858, il entra de suite en société avec ses deux fières feu l'hon. Thômas Jean Jacques Lorarger, juge de la Cour Supériuré, ét Joseph Loranger, conseil de la Reine. A la mort de son frère niné, il exerça ‘la profession légale avec son autre frère, juequ'à FApeuue a sa promotion au banc de la magistrature,
Elu membre du conseil du barreau, on 1876, iln'a cessé d'en faire partie, tant qu’il a pratiqué comme avocat. M. Loranger a ‘été élu échevin du quartier Saint-Louis, l'un des plus Happriaus de Montréal.
. Il épousa, en 1867, Demoiselle Rosalio Laframhoige fille da juge L. Laframboise, et eût, de,ce mar iage, huit enfants. L'an dernier, une de ses filles épousait le fils ainé de l'hon. M.L,R. Masson, ancien lieutenani-: gouverneur de la province de Québec.
Comme politicien, M. Loranger . a joué.un rôle qui, pour avoir été de courte durée, n’en a pas moins été actif el moins brillant. Jusqu'à l'an dernier même, plusieurs de ses admirateurs et amis ont fait des instances pour lui faire. abs ndonner Ja magistraturo et lui confier la direction du parti. conservateur, dans la province de Québec.