‹ Histoire de la paroisse d'Yamachiche [microforme]Chapitre 21 sur 121 · INTÉRIEUR · texte numérisé non relu

INTÉRIEUR

Après ce coup d'œil rapide jeté sur l'extérieur, pénétrons dans ce sanctuaire béni et chéri du pèlerin,

Mais quels sont ces objets que j'aperçois à travers un demi jour ? se dira le visiteur, encore engagé sous les galeries, Quel est cette balustrade, étincelante d'or, qui semble défendre l'approehe de quelque précieux dépôt ? De quelle matière sont ces piedestaux, ces piliers, ces murs, ces pilastres, aux couleurs si vives, si variées ? Puis, d'où vient cette lumière qui se fait de plus en plus vive à mesure qu'il avance et qu'il élève ses regards ? Quels sont ces personnages qu'il aperçoit dans le lointain, qu'il croit voir à travers la voûte même de l’église, comme si elle n’existait pas, par endroits ? Ne lui semble-t-il pas qu’il ait cessé, pour le moment, d'occuper un point de Ja terre ? qu'il ait été transporté, instantanément, dans un endroit enchanté ? qu'il y soit arrivé au moment même où devait se dérouler sous ses regards des scènes qui n’appartiennent pas à ce monde, mais qui sont plutôt une image de ce qui ne se voit que dans la Jérusalem Céleste ? Ah ! c'est qu'il a aperçu les peintures qui décorent les pendentifs, qu'il a devant lui le grand sujet que Signor Cappello a traité, de main de :naître, au haut de la grande coupole,

Miis, soyons plus positif et rendons au lecteur un compte détaillé de ce qui fait la reauté de l'église d'Yamachiche,

En entrant par le grand portique, étant encore sous la galerie principale, vous pouvez apercevoir la voûte du chœur. Elle est à plein cintre etse prolonge jusqu'au dessus du portique, étant interrompue, toutefois, par l'ouverture de la grande coupole, Elle est la tige d'un croix dont la voûte du transept, absolument de même forme, est les croisillons, L'entablement, d'ordre corinthien, qui règne tout autour de l’église dessine parfaitement cette croix,

88 HISTOIRE D'YAMACHICHE

Dans les endroits où l’entablement déborde seulement le mur, il paraît supporté par des pilastres corinthiens. Dans les endroits où il est entièrement dégagé, il est supporté par des piliers carrés, de trente pouces de face. Chacun de leurs quatre côtés est orné d’un pilastre corinthien. La disposition de ces pilastre et la. réunion de leurs chapitaux ‘en font des piliers d’une rare beauté.

En dehors de la croix, dans chacun des quatre angles que forment ses bras, se trouve une coupole plus petite que celle du centre, mais recevant aussi la lumière du dehors, par son sommet.

Les quatre petites coupoles sont en plâtre. Les surfaces unies do la grande coupole et des voûtes sont aus i en plâtre. Toutes ces. surfaces unies, ainsi que celles des petites coupoles sont peinturées: avec du blanc légèrement safrané. Les arcs doubleaux, les corniches et toutes les saillies de la grande coupole et des voûtes, l’entublement corinthien, les plafonds et les balustrades des galeries ainsi que toutes les sculptures y compris les chapitaux sont en bois. Toutes ces boiseries sont peinturées en blanc. Les murs, les piliers et les pilastres à part leurs chipitaux, sont revêtus d’un stuc que les Italiens appellent scagliola. C'est une excellente imitation de marbre, qui en prend l'apparence et le poli. Les murs sont une imitation d’un marbre d'Afrique, de couleur jaune avec veines rouges. Cette couleur s'harmonise parfaitement avec celle des panneaux des voûtes et des coupoles. Les autres marbres que l'on a imités sont le jaspe pour les blocs qui remplacent les piédestaux, la brocatulle d'Espagne pour les piliers et le Carrare de seconde qualité (1) pour les pi'astres.

Les travaux en stuc ont été exécutés par Monsieur Gaétan Baccerini, de Montréal, qui en avais obtenu l’entreprise de Messieurs Joseph et George Kéroux, d'Yamachiche, les entrepreneurs en premier lieu.

Les deux niches de chaque côté du chœur renferment une statue de Notre Seigneur Jésus-Chriet prêchant et une statue de la Sainte-Vierge portant l'enfant Jésus, toutes deux comp'ètement blanches.

(1) C'est-à-dire qu’au lieu d’être entièrement blanc il a quelques veines grises.

HISTOIRE D’'YAMACHICHE 89

Page 1