‹ Histoire de la paroisse d'Yamachiche [microforme]Chapitre 28 sur 121 · PETITE ACADIE · texte numérisé non relu

PETITE ACADIE

Charles Vincent, Pierre Pellerin, Joseph Pellerin, François Proulx et un autre dont le nom nous échappe aussi.

L'endroit qu'ils avaient choisi se trouvait en pleine forêt, le rang de Vide-Poche n’existant pas evcore, et il n'y avait pas même de chemin pour aller do l'église à la nouvelle colonie.

Ils se mirent à défricher, non sans regretter souvent leurs beaux pâturages de la vieille Acadie : ; mais ils travaillaient courageusement, car leurs âmes étaient assez fortes pour 80 mettre au dessus du malheur, et leurs corps étaient assez robustes pour supporter le ravail et les fatigues. On remarque que les descendants de ces familles sont tous aujourd’hui dans une aisance enviable, La paroisse d'Yamachiche avait fait une acquisition des plus précieuses ; ces fugitifs avaient à un dégré éminent toutes les vertus qui font les bons citoyens: caractère paisible, probité proverbiale, foi sans nuages, mœurs sans taches, persévérance incomparable pour mener toutes leurs entreprises à bonne fin.

Les détails que sous avons donnés nous ont été transmis en grande partie par M. Joseph Trahan, père de Messieurs les Abbés Luc Trahan et Hyacinthe Trahau. Ce vénérable vieillard avait d'une manière étonnante la mémoire du passé ; tous les événe. ment se trouvaient parfaitement classés dans sa tête, et ceux que nous avons pu constater par les registres ou les vieux contrats se sont trouvés justes,

Il nous a conté par rapport à sa famille, qu'un de ses oncles se déplaisait beaucoup sur les terres de l’Acadie. Nos hivers lui paraissaient insupportables.

En 1774, lorsque les Américains se dirigeaient sur Québec» il se mit dans un des régiments ; et à leur départ, il s’en alla avec eux à Philadelphie. Il s’y établit, amassa une jolie fortune, et donna origine aux Trahan qu'on y voit encore aujourd'hui, mais qui ont plus ou moins anglicisé leur nom.

Les habitants de l’Acadie sont les dignes enfants des braves qui nous étaient venus de Boston, ce que nous avons dit de leurs pères devra les persuader qu'ils peuvent être fiers de leur origine.

Depuis que nous avons cherché l’histoire de ces braves familles, le rang de l'Acadie a pris de l'importance à nos yeux, nous le considérons même comme le plus intéressant de la paroiss d’Yamachiche, et nous croyons que plus d’un lecteur seront de notre avis.

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