‹ Histoire de la paroisse d'Yamachiche [microforme]Chapitre 9 sur 121 · BEGON · texte numérisé non relu

BEGON

Depuis ce règlement, Yamachiche fut toujours desservie régulièrement, d’abord comme mission, puis ensuite comme paroisse,

Les premiers missionnaires résidaient à la et

(1) Le fief {7ros-Bois n'a qu'une lieue et demie de front. .

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Où il y avait un curé; ils venaient une fois par mois, ou plus souvent peut-être, arrivaient le samedi et repa.taient le lundi suivant, Mais la population augmentant avec rapidité, il ne s'é- <oula pos un grand nombre d'années avant qu'on fût obligé de mettre un prêtre résidant.

Le premier baptême enregistré à Yamuchiche (sans compter celui de 1718) fut celui d'Agathe, fille de Pierre Héroux dit Bourquinville et de Françoise Benoist, Parrain, Pierre Héroux ; Marraine, Angélique Carbonneau,

Voici le premier acte de sépulture, tel que nous le trouvons Aux registres :

Ce 10e Xbre 1725. Je soussigné certifie avoir inhumé dans l'église de Ste, Anne de Machiche avec les cérémonies ordinaires le corps de Pierre Bourquinville âgé d'environ 6 mois.

P. Augustin QUINTAL.

Récollet Miss.

Certes, nous en voudrions au bon Père s'il eût continué à rédiger ses actes avec un pareil sans-façon ; mais heureusement ce fut une première et dernière faute.

Si maintenant nous voulons trouver lo premier acte de mariage, il faut remonter à l’année 1727; au vingt-cinq février nous trouvons que lo Père Augustin mariait Pierre Héroux, fils de Pierre Héroux dit Bourquiuville et de Françoise Benoist, avec Angélique, fille de Jacques Carbonneau et de Geneviève Martin.

Comme on peut le voir, les HéRoux jouaient un grand rôle . dans les premiers temps de cette paroisse ; on doit les compter, avec les LESIEUR et les GÉLINAS, parmi nos premiers et nos plus braves défricheurs, car Pierre Héroux était fixé à Yamachiche, avec sa famille, dès l'année 1705. Jean Héroux, père de ce pion nier, était né en France.

Jeune encore il quitta le vieux continent et vint s'établir au “Canada, dans lu ville des Trois-Rivières, où il épousa Jeanne Pepin. Il mourut dans la même ville en 1687, laissant plusieurs enfants qui ont multiplié sa race au delà de ses légitimes espérances,

Parmi les autres noms qui apparaissent aux premières pages des régistres, nous remarquons Jacques Blaye, époux d'Angélique Cartier, ie premier qui «ait rempli les fonctions de marguil-

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lier dans cette paroisse ; Mathieu Milet, époux de Geneviève: Banbhiar, Jean Charles Vacher dit Lascrte, époux de Claire Bergeron ; Etienne Lamy, époux de Marguerite Blaye ; Julien Rivard dit Laglanderie, époux de Catherine Gailloux ; Joseph Rivard dit Dufresne, dit aussi Bellefuille, époux de Marie Françoise Lesieur, Tous ces défricheurs +ont devenus les pères de nombreuses familles qui sont encore aujourd’hui le soutien et la gloire d’Yamachiche, et qui se sont étendues dans toutes les paroisses environnantes.

On a vu que nos ancêtres eurent des Récollets pour premiers. missionnaires, à notre avis ce fut une grande bénédiction pour eux,

Les fils de saint François d'Assise se trouvent à l'origine de: la plupart de nos vieilles paioisses, et on a trop oublié l'immense influence qu'ils ont exercée ainsi sur notre peuple, Nous pouvons le dire sans crainte, c’est d'eux que nous tenvas en grande partie cette foi vive, cette simplicité et cette pureté de mœurs qui ont fait notre gloire jusqu'aujourd'hui ; qui nous ont toujours distingués des autres peuples, et qui continueront, espérons-le, à nous distinguer encore, malgré les changements que produit nécessairement sur nous le contact des nationalités étrangères.

Mais le temps ne serait-il pas venu de rappeler les bons Pères Mineurs sur cette terre du Canada qu'ils ont arrosée de leurs sueurs ? Certes, voilà une idée qui devra attirer l'attention de nos supérieurs ecclésisstiques, et nous voulons croire qu’ils rendront un jour à notre population les missionnaires qui l'ont tant édifié& autrefois par leur simplicité et par leur zèle infatigable, (1)

. Nous tenions à faire ces quelques remarques à propos des Récollets, avant de donner les détails biographiques que nous. avons pu recueillir sur chacun des missionnaires ou curés qui se sont succédés à Yamachiche,

Le père Chérubin DENtrAU, celui qui vient le premier en date, fut ordonné prêtre à Québec le 3 décembre 1700, On voit qu'il était missionnaire à Beaumont en 1715, puis en 1718 il fut. envoyé à la Rivière-du-Loup, où il était employé comme missionnaire. Il paraît y avoir demeuré presque continuellement depuis

{1) Ce souhait est accompli depuis 1888, Ily a maintenant des fils. de saint François aux Trois-Rivières, à Montréal et à Ottawa. Note de 1892.

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le mois de juin 1716 jusqu'au mois d'octobre 1728, C'est de là qu'il venait «xercer le saint ministère à Yamachiche, I] mourut à Montréal le 11 janvier 1732, âgé de 65 ans, il fut inhnmé dans l'église paroissiale, Notre population n'a gardé aucun souvenir du père Chérubin, mais via en a gardé du père Augustin Quintal, son successeur,

Celui-ci fut curé de la Rivière-du-Loup pendant 7 ans, et fut chargé de desservir comme missions, Maskinongé et Yamachiche, D'après l'opinion que le peuple a conservée, c'était un saint et un homme d'une admirable énergie.

On a montré jusqu'à ces derniers temps le chomin qu'il suivait duns la forêt en allant, toujours à jied, dire la messe dans Ja mission de Maskinongé. Le long de ce chemin, les objets rap- . pellent à l’envi la mémoire du bcn Récollet ; ici vous entendez murmurer une fontuiu, c’est la fontaine du père Augustin, celle sans doute où il se désaltérait pendant ses courses apostoliques, Plus loin, un coteau de sable surgit au milieu d'un terrain marécageux, c’est le coteau du père Augustin, ete. Zn memoria œterna <rit justus !

En 1724, le bon Père enregistra le document suivant : Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit.

“ Nous, soussignez, seigneurs des Rivières de Hyamachiche et habitants du d, lit, nous obligeons et promettons à Dieu, à la Très-Sainte Vierge, à Ste, Anne sa mère, patronne de notre église paroissiale, et au père Augustin Quintal de ce présent et acceptant en qualité de curé de fournir à notre propre et privé nom chacun une toise cube de roche bien toisée rendue sur le pied de l’œuvre et deux tomberées de bonne pierre à chaux, c’est à-dire quatre bariques rendues dans le même endroit,

En outre, nous promettons aussi de remettre dans le même temps chacun une pistole entre les mains du d. Père et de ses marguilliers, pour estre employez à ce que le d, Père jugera estre le plus convenable, promettant de son côsté autant qu'il est en luy, sous le bon plasir de ses supérieurs, travailler de toutes ses forces et selon son talent à conduire cet ouvrage jusqu’à la fin, et ne nous point abandonner que l’église ne soit en état d’y célébrer de céans la sainte messe, promettant au surplus au d, Père de semer le printemps prochain au profit de l’église autant de bled que no.

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tre zèle et notre pouvoir pourra nous permettre, Lequel dit bled, roches, étant donnés avec la pistole une fois seulement nous tiene dre quittes de nos obligations, Fait à Hÿamachiche, maison de Mons, Lesieur, ce 10e Xbre 1724, Promettors au surplus à Ste Anne les canots que nous ferons pour charoyer la pierre, P, Augustin QUINTAL, Joseph Rivanrp, Jean-Baptiste LESIEUR, Ont fait leurs marques ; Miche] RivaRp», Jucques BLAYE, Antoine LESIEUR, ' Pierre LESIEUR, Etienne GÉLINAS, Pierre BELLEMARE, Veuve GÉLINAS, Mathieu Mizer, Pierre BOURGUIN VILLE, Joseph BoURGUIN VILLE, BOURGUIN VILLE, BEAUCOUR, BELLEMARE, Maurice BELLEMARE,

Le même jour, par un acte spécial, Charles Lesieur, seigneur de l'endroit, s’engageait à donner 4 barriques de pierre à chaux, une toise cube de roche, et dix livres en argent, puis il promettait de semerun minot de bled au profit de l'église. On voit qu'il n’est pas fait mention du terrain sur lequel la nouvelle construction devait être faite; cela vient probablement de ce qu'on bâtissait au même lieu où s'élevait la première chapelle, et qu'ainsi l'on était déjà en possession du terrain nécessaire. La nouvelle église fut bâtie avec rapidité et dans une grande union; elle s'élevait sur le coteau de sable qui borde le lac et va aboutir tout près de la grande rivière. On voit encore aujourd’hui, au millieu des arbustes, la place des fondations de ce vieux temple.

Au temps où nous reportons nos lecteurs, le chemin du roi venait d’être fini par le baron RoBin£au de BécancouR, il passait sur le coteau près de l’église, et près du manoir de Charles

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Lesreun, sur la propriété duquel ce coteau se trouvait, On travorsait la grande rivière dans un bac avec deux cordes, puis le chemin se continuait, toujours en longeant le fleuve, Il y avait tout un groupe de maisons sur le coteau ; mais plus tard on se vit obligé de fuir devant des inondations toujours croissantes ; chemin et muisons furent transportés à l'endroit où se trouve actuellement le village de la Grande-Rivière, Les eaux alors, tout en s'élevant au dessus du coteau de l'église, ne se rendaient pas au niveau des terres du village,

Cependant les seigneurs voulurent se montrer généreux, et assurer une subsistance honnête au prêtre qui viendrait faire le servico de la nouvelle église ; en conséquence Charles Lesteum et Simone BLANCHET, vouve de Julien Lesieur dit Duchôêne, dounèrent au Père Augustin, et aux sieurs François Laglanderie dit Beaucour et Pierre Héroux dit Bourguinville, marguilliers en charge, une terre de trois arpents de front située sur les limites du fief Gatineau, et allant aboutir aux terres de la Petite-Rivière, Puis le sieur Louis Gatineau étant comparu à son tour, donua un arpent de terre de son fief, sur la même profondeur que les trois arponts susdits, ce qui forma une propriété d’une valeur assez considérable, Ces quatre arpents de terre furent cédés à la seule redevance de faire dire dans la dite église de Ste-Anne autant que faire se pourra, par chaque année à perpétuité, quatre messes basses pour le repos des âmes des dits seigneurs bailleurs et de ceux de leur famille qui sont décédis et dicèderont par la suite, et ce dans l'octave de la Toussaint, si cela se peut.

Ce contrat de concession fut passé devant maître P. Poulin, notaire royal en lu jurisdiction des Trois-Rivières, le ler mui

Le père Joseph Augustin Quintal, qui fit construire la première église en pierre à Yamachiche, fut ordonné prêtre à Québec, le 8 octobre 1713. On le trouve, cette même année, dans la mission de la Rivière Saint-Jean-Baptiste, c'est-à-dire à Nicolet. En novembre 1714 il arrive à la Rivière-du-Loup, et y exerce le saint ministère, presque sans interruption, jusqu'en septembre 1718. Il revient dans la même paroisse en février 1724, et y demeure jusqu'en juin 1727. C’est pendant ces années qu'il allait donner des missions à Yamachiche et à Maskinongé, comme nous l'avons dit.

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Cependant ses supérieurs ont remarqué ses talents et sa vertu, et ils l'appellent à dos charges plus importantes, De 1720 à 1736, il dessert la ville des Trois-Rivières, En 1739, il est nommé aumônier des Forges royales de Saint-Maurice ot premier vicaire de la ville des Trois-Rivières. Do 1740 à 1743, il réside aux Forges Saint-Maurice et y oxerce les fonctions de curé, En 1744 il est nommé supérieur des Récollets des Trois- Rivières et curé de la ville, et il exerce ces deux fonctions jusqu'à l'automne de 1753, En 1754, il exerce encore le ministère aux Trois-Rivières, et en 1755, on le nomme de nouveau supérieur et curé ; il garde cette charge importante jusqu'en 1758. On le trouve au Cap de la Madeleine dans les trois derniezs mois de 1762, Il mourut le 17 novembre 1776,

Le Père Augustin est le plus célèbre des récollets qui ont passé à Yamachiche ; les autres ont travaillé tout humblement, et n'ont laissé pour souvenir que les actes do baptêmes, de mariages et de sépultures qu'ils ont signés de leur main, Pour ceux-ci, ainsi que pour M. Matis et M. Gasnault, nous nous contenterons, ou à peu près, de citer ce que l'abbé TANGuAY nous donne dans son Répertoire général du Clergé Canadien,

Salvien Bououer, Récollet, ordonné à Québec, le ler octobre 1725, fut missionnaire à la Rivière-du-Loup du 7 nov, 1728 au 26 oct, 1733, et desservit de là Yamachiche, Il desservit Sainte- Croix de 1738 à 1744, et exerça le ministère aux Trois-Rivières de 1751 à mai 1757. 11 mourut le 5 novembre 1761.

Jean-Baptiste LAsus, Récollet, ordonné le 24 août 1727, fut aumônier du Fort Saint-Frédéric, en 1732 et 1733, après avoir été missionnaire à Ste-Croix et à Lotbinière depuis octobre 1729 à septembre 1730. Curé de la Rivière-du-loup du 8 novembre 1733 au 14 août 1734, il desservit en même temps la mission d'Yamachiche, Il fut nommé, en 1761, Supérieur des Récollets, et mourut le 24 juillet 1767.

Mathurin GAsNAULT, Sulpicien, desservit aussi Yamachiche pendant l’année 1734, mais en passant seulement, 11 naquit le 26 décembre 1693, au diocèse d'Angers, fut ordonné le 20 mars 1720 et arriva le 28 octobre suivant, Il desservit Repentigny eu 1721, et mourut à Montréal, le 15 avril 1749, âgé de 55 ans,

Jean Maris, prêtre de St-Sulpice, né le 30 mui 1701, au diocèse de Rheims, fut ordonné en 1726, et arriva au Canada le

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28 août de la même année, Nommé à la cure de la Rivière-du- Loup daus l’autonne de 1734, il y demeura jusqu'au 24 juin 1735, ct desservit en même temps Yamachiche. Il fut employé comme missionnaire dans plusieurs paroisses de Montréal, surtout à Ste- Anue, à St-Laurent et à Saint-Sulpice . Il mourut dans cette dernière puroisse, le 4 janvier 1769, à l’âge de 68 ans.

Charles PocqueLEAU, Récollet, fut ordonné le 18 octobre 1734 et desservit simultanément, de 1735 à 1741, la Rivière-du- Loup et Yamachiche ; de 1743 à 1748 il était à Ste-Geneviève de Batiscan, 11 quitta le Canada en octobre 1748.

Le premier prêtre séculier qui ait administré la paroisse: d'Yumachiche est M. Chefdeville, que les vieillards appellent M. Chenneville,

Jacques Maxime Chefdeville de la GARENNE, fils de Jacques. de-la Garenne et de Marie-Anne Caillé, [naquit à Québec le 28. mars 4714 et fut ordonné le 23 septembre 1741.

La paroisse était encore bien petite lorsqu'il vint en prendre la desserte, mais pendant sa longue carrière pastorale, qui dura 37 ans, elle prit de grands développements, et cessa même de compter parmi les simples missions pour prendre rang parmi les paroisses canoniquement constituées. M. Chefdeville signe, pour la première fois, comme curé, au bas d’un acte daté du 15 octobre 1758.

Comme tous ses prédécesseurs que nous venons de nommer, M. Chefdeville résida tout d'abord à la Rivière du loup, dont cn lui avait confié la desserte aussitôt après son ordination, en 1741. Mais en 1743 il quitta la Rivière-du-loup, et Yamachiche eut, pour la promière fois depuis sa fondation, un desservant résidant, un prêtre pour elle seule. Après 40 ans d’existence, il était bien juste que cette paroisse aqnittât enfin ses langes et entrât dans l’âge de puberté,

.M. Chefdeville a formé et élevé la paroisse d'Yamachiche ; et quand on a vu, comme nous, l’héritage de foi et de vertus conservé dans les anciennes familles de cette paroïsse, on se sent rempli d'admiration par le pasteur qui avait formé un si excellent troupeau.

Nous citerons le premier acte de baptême qu'il a signé dans

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les registres, afin de donner à nos lecteurs uno idée de sa manière qui ne manque pas d'offrir quelque chose de fort singulier.

‘“ Aujourd'hui, dix-neuvième jour de Novembre mil sept cent quarante-un, a été baptisé par moi, prêtre missionnaire soussigné, Jean-Baptiste la Cource, fils de Jeanbaptiste la Cource et de Marie Joseph la Certe, ses père et mère muriés ensemble. Le parein à été Alexis laCerte, la mareine Marie Bellemare ; lesquelles ont déclarés ne sçavoir signer, de ce enquis, suivant l’ordon-

nance, J, CHEFDEVILLE, Ptre.

On peut bien présumer qu’il n'avait pas ruiné sa santé à étudier la grammaire, ce qui ne l'empêchait point d’être un digne. et vénérable prêtre. Il tint ses registres avec soin et propreté. jusqu’en 1778, époque où il commence à se négliger d’une maniè-. re déplorable, On serait d’abord porté à s'indigner de cette conduite, mais les reproches expirent sur les lèvres, lorsqu'après ces actes boiteux on trouve son propre acte de sépulture. On compreod que la paroisse étant devenue très populeuse, et la rareté des prêtres ne lui permettant pas d’avoir de vicaire, il se trouvait obligé de se traîner à l'église malgré ses souffrances pour répondre. à sa lourde besogne. Son acte de sépulture offre quelque chose de touchant qu’on n’est pus accoutumé de trouver dans les registres.

“ Le second novembre mil sept cent soixante-dix-huit a été inhumé dans le sanctuaire de cette église du côté de l'Evangile le. corps de très digne et très respectable Monsieur Chefdeville de la GARENNE, curé de la paroisse Ste. Anne d’Yamachiche, âgé de soixante et quatre ans; après avoir reçu les sacrements de l'église, est décédé comme lit est plein de jours et de mérite, A l'inhumation furent présents le R. Père Dominique, Augustin Girardin, Michel Laglanderie et plusieurs autres, une partie a signé l’autre a déclaré ne sçavoir signer,

J. Dominique PETRIMOULX GIRARDIN, St. ONGE, Vicaire-Général, M. Chefdeville eut pour successeur M. Laurent Joseph BEr-

1RAND. Le nom de M. BERTRAND appparaît aux registres du 1er Janvier 1779. Il avait été ordonné le 18 août 1776, et avait exer-

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cé le saint ministère à Saint-Joachin de la côte de Beaupré. En partant d'Yamachiche il s'en alla comme curé à la Rivière-du- Loup, où il mourut le 13 octobre 1813, à l’âge de 69 ans.

Les années que M. Bertrand passsa à Yamachiche furent fertiles en évènements remarquables. De son temps commença, ainsi que nos lecteurs d'Yamachiche le savent, ce que l’on est ‘convenu d'appeler la grande chicane. Il nous en coûte d'aborder cette question délicate, mais elle occupe trop de place dans l’his toire de cette paroisse pour que nous puissions la passer sous silence. D'ailleurs d’autres écrivains l'ont déjà fait connaître en partie, et beaucoup de particuliers en gardent fidèlement tous les détails dans leur mémoire ; à quoi servirait de vouloir l2 cacher ? Nous raconterons donc les faits simplement comme nous les connaissons, et nous donnerons les documents officiels, au lieu de faire des commentaires qui pourraient n'être pas très justes.

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