CHAPITRE V
Commencement de la Grande Chicane.
N triste et singulier évènement se passait en 1780; par un jour d'hiver, le 19 mars, la foudre éclatait tout à coup et mettait le feu à l'église. Dans ce temps, on célébrait encore les fêtes de paroisse ; le 19 mars se trouvant être la fête de la paroisse de Maskinongé, beaucoup de personnes d’Yamachiche étaient allées prendre part à cette solennité, A leur retour elles ne
trouvèrent de leur église que des cendres et des murs enfuméi.
Il no fallut pas songer à rebâtir sur le coteau; les inondations toujours croissantes du printemps rondaient ce terrain impropre aux constructions de quelque importance; c'était un autre malheur, car le changement de place d’une église est ordinairement la cause de difficultés sérieuses.
La consternation était grande chez les gens paisibles de la paroisse ; un bon vieillard, entre autres, C'isait en pleurant: “Je ne verrai pas la nouvelle église, ” car il entrevoyait la division qui allait éclater entre les habitants de la Grande-Rivière et ceux de la Petite-Rivière. Ses prévisions se réalisèrent malheureusement, et lorsqu'au bout de sept ans on vit enfin s'élever un clo- Cher dans la paroisse, lo vieillard reposait au cimetière.
Un an après l’incendie, le 27 mars 1781, Pierre Ducxënes, seigneur de Gros-Boix, et François Lemaître DUAIME, seigueur
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de Gatineau, donnaient à M. Bertrand, et à Jean-Baptiste Carbonneau, Alexis Rivard et Charles Lacerte, marguilliers, une terre d’un arpent de front sur onze arpents de profondeur, à la condition expresse que la nouvelle église y serait construite, Cette terre se trouve le long du chemin qui conduit de la Grande- Rivière à celui de la Petite-Rivière, et appartient aujourd’hui à M. Emmanuel Gélinas.
La donation du seigneur Duchêne fut acceptée, le 10 juin 1781, par M. le Grand Vicaire SAINT-ONGE, qui décida que l'église serait placée dans cet endroit, et donna ordre de commencer immédiatement la construction du presbytère. Le 7 juillet suivant, François Lavergne et Jacques Drapeaux étaient élus syndics de la nouvelle bâtisse.
Il est bon de remarquer aussi que Mgr Mariaucheau Des- GLI8 confirma, plus tard, tout ce qu'avait fuit M. Saint-Onge.
La division, cependant, s’accentuait de plus en plus parmi les habitants d'Yamachiche. Un grand nombre prétendaient. que la Grande-Rivière n'était plus un endroit central pour: y placer l'église, et ils soutenaient de plus que le terrain donné par le’seigneur Duchêne était impropre à une construction de cette importance. Dès le 26 février 1781, les habitants du Petit Machiche avaient choisi deux syndics, Charles Lesieur-Désaulniers et Joseph Carbonneau, pour s'occuper des intérêts de leur section. Ils se virent obligés, sous peine d’être privés des sacrements et d’être poursuivis en justice, de contribuer à la construction du presbytère de la Grande-Rivière ; mais ce contre-temps qui semblait ruiner toutes leurs espérances ne les découragea point.
Mgr de Québec avait ordonné de choisir avec soin un ‘endroit convenable à la construction d’une église; or il se trouvait qu'on avait fait un mauvais choix en prenant le terrain donné par le seigneur Duchêne, car le presbytère qu’on venait d'y construire semblait déjà menacer ruine, et le maître-maçon déclara que pour faire une église solide, il fallait la mettre sur des pilotis, ce qui exigeait des dépenses extraordinaires,
Les habitants de la Petite-Rivière ne manquèrent pas la bonne occasion qui leur était offerte de faire valoir leurs prétentions.
Le jour où le terrain fut répudié, ils proposèrent de se rendre immédiatement à la Petite-Rivière, sur un terrain appartenant à
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Charles Lacerte, et dans le cas où le sol serait trouvé favorable, de convenir que lu paroisse travaillerait à y faire placer l'église, si la majorité des habitants y consentait.
Le seigneur Duchêne avait d'abord, paraît-il, accepté cette proposition ; mais voyant ensuite que les partisans du Petit Machiche étaient plus nombreux, il refusa de faire la visite proposée. On n’en procéda pas moins à cette exploration, et comme on trouva un bon terrain, dans un lieu central, il fut résolu de travailler plus fortement que jamais à y amener l'église,
Des requêtes furent envoyées à Mgr Desglis età M. Saint- Onge, V. G. Voici en quels termes on s’adressait à ce dernier :
‘ Supplie très-humblement ; les soussignés, habitants de la paroisse de Machiche, tant pour eux que pour les tenanciers mentionnés en la liste qui vous a été représentée, ont l'honneur de vous représenter très respectueusement que par la réponse gracieuse qu’il plut à Mgr l’Evêque de faire à leur requête du 29 octobre 1780, par laquelle il leur prédit qu'ils seraiont beaucoup traversés dans leur entreprise pour la bâtisse de l’église de la dite paroisse ; ce qui estarrivé, puisqu'il est réellement vrai que par menace d'être privés des sacrements et d'être produits en justice, on a obligé les suppliants de bâtir un presbytère dans une place qui, aujourd’hui, est répudiée des maîtres-maçons cet cntrepreneurs, qui déclarent publiquement que le terrain ne vaut rien pour bâtir une église. D'ailleurs, par la gracieuse réponse de Monseigneur qui s'explique en termes bien formels, disant qu'il fuu- : drait avec maturité de jugement choisir une meilleure place que la première, ce qui n’a pas été exécuté, puisque cette place où est actuellement bâti le presbytère est totalement répudiée, Voilà donc tous les travaux que les suppliants ont faits jusqu’à ce jour qui sont perdus.
‘ Quoiqu'il en soit, les suppliants sont inébranlables et ne se décourageront jamais dans cette entreprise pour construire un temple au Seigneur, Ils réclament votre justice et cette grandeur d'âme avec laquelle vous vous faites étude de prendre soin des troupeaux qui se renfermeut dans votre bercail, en vous suppliant d’ordonner que la dite église soit bâtie au centre de la paroisse suivant le plan figuratif qui vous a été remis en maius ou aux environs, pour lors ils feront tout ce qui dépendra d’eux pour y travailler avec zèle de tous lours pouvoirs et capacités, Il ap-
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pert que M. Duchêne, seigneur en partie au dit lieu, veut entièrement s’attribuer le droit de placer l'église dans une pointe de terre qui est devant sa porte, et pius é’oignée de toutes les différentes concessions que n'était la première, ce qui n’a nulle communication avec le bon sens, puisqu'il faut que chaque tenancier contribue égalemont pour cette entreprise, D'ailleurs, le jour d'hier, quinze du moiscourant, après que la place où est le presbytère a été répudiée, il a été convenu publiquement que l'on irait visiter les places de chez le nommé Charles Lacerte et sieur Duchêne, disant que si elles se trouvaicnt bonnes toutes les deux que la pluralité des voix déciderait, ce qui a été révoqué par le dit sieur Duchône, disant qu'il ne voulait pas y consentir parce que les suppliants étaient plus forts de monde, et que par ce moyen ils emporteraient sur les voix,
“ Tout considéré, Monsieur, vu l'exposé, il vous plaise faire droit aux dits suppliants en ordonnant que la dite église soit bâtie suivant le plan figuratif, autant que faire se pourra, et à la pluralité des voix, ce faisant ils ne cesseront de prier le Très- Haut qu'il récompense vos vertus d’une couronne immortelle, et. ferez bien.”
Signée : LEROI, notaire.
Joseph CARBONNEAU, syndic.
Churles LACERTE, marguillier.
Joseph BELMARD.
Pierre PELLERIN.
Mirror.
Le 21 août 1783, par contrat passé devant Maître BA- DEAUX, dans la ville des Trois-Rivières, Charles Lacerte donnait à M. Saint-Onge et à M. Bertrand, représentant la Fabrique d'Yamachiche, le terrain dont il est parlé dans la requête ci-dessus ; Joseph Carbonneau donnait par le même contrut un terrain contigu au premier et d'égale grandeur, ce qui formait une propriété de six arpents en superficie.
C'est le terrain sur lequel se trouve l’église actuelle,
Les habitants de la Petite Rivière étaient plus décidés que jawais à refuser leur contribution à l’église du Grand Machiche ; et les esprits s'échauffant de plus en plus, on dut même en arrivel: au procès,
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Les dispositions des Anglais à l'égard des catholiques étaient alors des plus menuçantes, Ils prétendaient que l'Etat devait dominer l'Eglise; le Gouverneur voulait nominer aux cures, ete. Dans les circonstances où le pays so trouvait, il était. donc très dangereux de s'adresser à la Cour pour obtenir un jugement sur une question d'église ; c'était donner aux autorités civiles l'occasion d'exercer une juridicdion indue, c'était faire servir les Catholiques mêmes à l'asservissement de l'Eglise catholique. Mais à Yamachiche, dans l'excitation où l’on était, chacun ne considérait que le succès de sa cause, sans songer aux Conséquences.
Le premier jugement fut favorable aux habitants de la Grande-Rivière, Voici le texte de ce document :
ExrTraiT des Registres de la Cour des plaidoyrrs communs, district
de Montréal. À tous ceux qui les présentes lettres verront, Salut :
“ Nous, Heriel, de RouvizLe et Edouard SourHouse, écuyers, juges de la Cour des plaidoyers communs, districc de Montréal, savoir faisons, qu'entre Antoine et Pierre Lesieur, seigneurs d’'Yarmachiche, les habitants de la Grande Rivière aux Glaises. comparant par M. Walker, avocat, demandeurs, d'une part, et François Tavergne et Joseph Carbonneau, syndics de la bâtisse du dit lieu d'Yamachiche, le dit Carbonneau comparant par Mtre Mezières, avocat, ot Frs Lavergne comparant en personne, dé. fendeurs d'autre part. Vu notre erdonnance du troisième juillet dernier, le procès verbal dressé en vertu d’icelle, le dix-neuvième s’ensuivant, par Joseph Morin et Jacques Beausang, maîtres-macons, arbitres nommés d'office par la Cour, serment par eux préalablement prêté, ensemble les pièces produites à la Cour par M. Walker, avocat des demandeurs au soutien de leurs demandes, consistant : Premièrement, en une ordonnance ou mandement de- M. Saint-Onge, grand vicaire, du dixième juin mil sept cent quatre-vingt-un, par lequel il approuve la bâtisse de l’église et pres— bytère de la paroisse d’Yamachiche et donne acte d'acceptation aux dits demandeurs du terrain qu'ils donnent pour l'érection d’iceux ;
‘# Deuxièment, l'acte de donation du dit terrain, reçu par Mtre Badeaux, notuire, le cinq juillet dit an ;
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“ Troisièmement, le procès-verbal dressé par Nicolas Bélan, maçon, qui, à la réquisition de M. Bertrand, prêtre curé du dit dieu, de François Lavorgne et Jacques Drapeaux, syndics élus pour la dite bâtisse du septième du dit mois de juillet, pat lequel il appert qu'il a visité et fait creuser le terrain de quatre pieds et demi de pr'fondeur, en leur présence et en celle de plusieurs habitants dénommés au bas du dit procès-verbal, qu'il s’y est trouvé un fond de terrain très propre à l'érection des édifices proposés ;
‘ Quatrièmement, l'acte d'assemblée‘et délibération des habie tants du dit lieu pour la dite bâtisse du vingt-quatre novembre mil sept cent quatre-vingt-deux, homologué en Cour le dix-neuf juillet mil sept cent quatre-vingt-trois ;
‘“ Cinquièmement, un mandement de Mgr l'Evêque de Québec, en date du vingt-six janvier mil sept cent quatre-ving-trois, par lequel il a reconnu la donation faite par les seigneurs d'Yamachiche et l'acceptation qu'en a fuite mon dit sieur Saint-Onge, en sa qualité, donne son approbation à l'acte d'assemblée susdaté et autorise les curés et syndics de la dite paroisse à en poursuivre l'homologation ainsi que la répartition qui sera faite afin de commencer et poursuivre les dits ouvrages, etc ;
“ Sixièmement, le marché pour les dites bâtisses reçu devant Mtre Charles Bailly, prêtre, curé à la Pointe aux Trembles, du vingt-sept mars mil sept cent quatre-vingt-trois, entre le nommé Noël Lamotte, maçon, et le nommé François Lavergne, un des syndics de la dite paroisse d'Yamachiche. Les défenses fournies par les défendeurs et y annexées les pièces au soutien énoncées au dit écrit, finalement les débats respectifs des parties ct notamment les dires verbals de Mtre Mezières pur lesquels il s’oppose formellement à l’homologation du procès-verbal déposé au greffe pour les raisons contenues en son plaidoyer et les pièces et soutien d’icelui, n'ayant point acquicscé à la nomination d’arbitres se renfermant en ses conclusions, le tout considéré la Cour, saus s'arrêter aux transactions faites à la requête ou instigation de Joseph Carbonneau, en sa qualité de syndic, notamment un acte d'assemblée tenu chez le Roy, notaire, le sept juillet mil sept Cent quatre-vingt-trois, un autre acte des mêmes jour et an portant pour titre, dédit entre les habitants de Machiche. Ensemble une déclaration par le dit Carbonneau en sa qualité de
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syndic, stipulant pour les habitants du Petit Machiche, portant refus d'usssister à la visite ordonnée en date du dix-neuf juillet dernier, tous lesquels actes la dite Cour regarde comme informes et passés contre les règlos- Et attendu les frais énormes qu'occasionneraient les démolitions, transports et réédifications du presbytère et cela sans nécessité, étant constaté par le procèsverbal de Morin et Beausang, homologué en ce jourl'hui, qu’une église peut être solidement bâtie à l'endroit présenté par les demandeurs, approuvé du seigneur Evêque, de M. son Grand Vitaire et de tous les habitants de la paroisse, ordonne que l'église sera bâtie sur le dit terrain où est érigé le presbytère conformément à la première délibération des habitants, approuvée comme il est dit ci-dessus, Enjoint aux dits habitants d'y travailler sitôt que la saison le permettra et de se conformer à leur délibération homologuée le dix-neuf juillet mil sept cent quatre-vingt-trois, sous les peines de droit ; condamne le dit Carbonneau à tous les frais liquidés à la somme de sauf son recours contre se3 adhérents, Fait défense au dit Carbonneau de solliciter les dits habitants à l'avenir et au dit Le Roy de recevoir des assemblées ayant pour objet les affaires d’églises, si elles ne sont préalablement indiquées en la manière ascoutumée et autorisées par la présence du curé et des marguilliers de la paroisse ; renvoie le nommé Lavergne de l'action contre lui intentée, mandons, etc.
“ Donné à Montréal, par nous juges susdits, l'audience tenante, le samedi, quatorzième août mil sept cent quatre-vingt-quatre."”
Les habitants de la Petite-Rivière ne se déclarèrent pour tant pas battus ; M. le Grand Vicuire Saint-Onge s'était déclaré en leur faveur, et sur sa parole ils continuaient à espérer même contre toute espérance,
M. Bertrand était tout dévoué à la cause de la Grande-Rivière, aussi le voit-on, le 4 octobre 1785, bénir très solennellement, en
présence de plusieurs prêtres, la première pierre de l’église qui se bâtissait sur le terrain du seigneur Duchêne.
Lies évènements semblaient se précipiter, les habitants de la Petite-Rivière Jetèrent lo cri d'alarme. Quelques jours avant la cérémonie, 1ls adressèrent une nouvelle requête à M. Saint-Onge, dans laquelle ils disaient : “ Il appert actuellement que toute “ Jeur espérance est renversée, ils disent qu’ils ont un pasteur qui ‘se fait étude de les abandonner, en quittant la paroisse par di-
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‘ verses fois pour aller à Québec pour confirmer la division gé- # nérale qu'il a causée dans la paroisse, etc, Il veut absolument “ que cette place abolie soit bonne, ajoutaient-ils, si les supé- “ rieurs spirituels se transportaient sur los lieux, ils auraient la “ satisfaction de voir: jeter et charrier l'eau avec des barriques à ‘mesure que les maçons emploient une petite place à jeter ‘“ promptement des rochons non-maçonnées dans les fondations.”
Dans un autre endroit ils disaient : ‘“ Pour les travaux qu'ila ‘“ auraient fuit inutilement, serait-il de droit de les abandonner ? “# Non. Ils regardent votre ordonnance (1) comme une chose sa- ‘“ crée, et ne se départiront jamais de leurs droits, ils se jettent “ entre les bras de votre bonté paternelle, etc.”
M. Saint-Onge répondit très favorablement à cette reqnéte, et les encouragea ainsi à poursuivre la lutte.
Le seigneur Louis Guax s'étant mis de la partie, on avait fait venir de Sorel un homme expérimenté qui avait décluré le terrain impropre à la construction d'une église. Puis le procès avait recommencé à Québec,
[Il n’y avait pas alors de bateaux à vapeur pour transporter de Montréal à Québec, et comme les voyages en voiture eussent coûté bien cher, on partait à pied, un sac de vivre sur le dos pour aller plaider à trente-cinq lieues d'Yamachiche.
La division qui existait entre les habitants se faisait sentir partout, Il y avait comme deux paroiss’s bien séparées, les jeunes gens d’une section ne fréquentaient pas ceux de l’autre ; on ne se mariait qu'entre gens du même parti, et les choses demeurèrent ainsi pendunt plusieurs années. Deux églises s’élevaient en même temps à quelques arpents de distance ; les cultivateurs s’en allaient paisiblement chercher de la pierre à la vicille église du coteau, ils se parlaient amicalement, s’entr'aidaient même pour charger les plus grosses pierres, puis chaque voiture prenait. sa direction, l’une portant la pierre à l’église du Grand Machiche, et l’autre à l'église opposée. Ce speetacle pouvait avoir son originalité, mais il était toujours extrêmement pénible.
Une première sentence favorable aux gens de la Petite-Rivière fut rendue par le Conseil législatif de Québec, le 5 mars 1785. |
(:) Il y avait donc eu une ordonnance en leur faveur alors.
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Nous constaterons, ici, le changement extraordinaire qui s'était opéré dans les esprits depuis le cammencement des hostilités, Les habitants de la Grande-Rivière, après avoir eu l'opinion gé nérale en leur faveur, ne pouvaient plus guère compter maintenant que sur leur curé, M. Bertrand, La position du pauvre prétre n'était plus tenablo, et dans le mois de juin suivant il fut transféré à la Rivière-du-Loup. Il y eut nne espèce d'échange, car le curé de cette paroisse, le Père Dominique Pétrimoulx vint desservir Yamachiche jusqu’à l'automne,
Ce Récollet, qu'on se plaisait à appeler le ‘ Petit Père Pétrimoulx ” était un bon vieux d’une affabilité naïve et de mœurs patriarcales, La tradition nous le montre disant sa basse-messe dans la maison d'un M, Milot, et faisant réciter les répons par Mme Milot elle-même, vu le manque de petits servants,
Cette maison où le Père Pétrimoulx disait la messe était située sur le bord de la Petite-Rivière, au côté nord-est, et sur le terrain appartenant aujourd'hui à M. Charles G. Lajoie, ex-M, P. Le bon Père allait probablement chanter la grand'messe au presbytère de la Grande-Rivière, mais nous n'avons rien de positif à ce sujet,