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Cependant, Mgr Denaut crut de son devoir d'appeler M. l'abbé Raimbault à un poste plus important, et d'utiliser son zèle et ses talents dans une paroisse plus populeuse.
A la St-Michel de l'année 1805, îl ^^ nomma curé de la Pointe-aux-Trembles de Montréal, pour remplacer l'abbé Girouard.
Mais, avant son départ de l'Ange-Gardien, M. Raimbault reçut de la part de Mgr Plessis une nouvelle preuve de l'estime dont il était l'objet Le 21 septembre 1805, ^î^ l'abbé Bois, l'illustre évêque élevait l'abbé Painchaud à la prêtrise dans cette même petite église de TAnge-Gardien où, quatre ans auparavant, il l'avait introduit dans la milice du sanctuaire. Grande fut la fête : nombreux clergé, affluence considérable de peuple, démonstrations les plus sincères, tout concourut à relever l'éclat du du jour. Quelles douces pensées, quels sujets de consolation pour M. Raimbault qui prenait encore plaisir, plus de trente ans après, à raconter cet événement. ** Et le lendemain, disait-il, l'abbé Painchaud chantait sa première grand messe et je faisais prêtre-assistant. Je prêchai, ce jour-là, sur les avantages de servir Dieu dès sa jeunesse."
Nous renonçons, continue l'abbé Bois, à parler du départ du digne curé de la paroisse
de l'Ange-Gardien. Il y avait été si heureux ! Les liens qui l'unissaient à ses chers paroissienSj parmi lesquels il comptait plusieurs de ses élèves, ne furent pas rompus sans douleur. Et ceux qui connaissent l'attachement que, de tout temps, les bons paroissiens de l'Ange- Gardien ont témoigné à leurs pasteurs, comprendront notre réserve."
Nous ne suivrons pas l'abbé Raimbault dans sa nouvelle carrière. Qu'il nous suffise de dire, qu'après avoir passé une année à la Pointe-aux-Trembles, il fut nommé, l'année suivante, 1806, curé de Nicolet et en même temps supérieur et procureur du nouveau Séminaire.
On ne pouvait faire un meilleur choix ; dès lors le Séminaire de Nicolet commença à jouir de cette réputation si enviable, qu'il s'est acquise parmi toutes nos maisons d'éducation. Qu'il nous soit permis de répéter ici, qu'en suivant fidèlement les traditions laissées par leur vénérable supérieur, les prêtres distingués du collège de Nicolet ont réussi, par leur piété, leur science, leur bienveillance et leur urbanité à former une génération d'hommes, qui non seulement ont excellé dans toutes nos carrières professionnelles, mais qui surtout se sont distingués, par leur attachement à leurs
anciens professeurs et leur respect profond pour le clergé.
Avant de nous séparer de la belle et douce figure de M. Raimbault, il nous reste à enregistrer dans ces pages, un souvenir que cet illustre curé a laissé de PAnge-Gardien. ly'abbé Raimbault avait une âme d'artiste. Il peignait et dessinait fort bien. De plus ce qui ne gâte rien, il était musicien et poète.
Nous empruntons à l'abbé Bois, sans en garantir l'authenticité, le passage suivant :
« Nous nous reprocherions, dit le bon abbé, d'omettre, en parlant des oeuvres de M. Raimbault, de faire mention de sa prose des SS.
Anges-Gardiens, qu'il composa, étant curé de cette paroisse. Cette fête, qui se célèbre le 2 octobre, il la solennisait avec toute la pompe possible. La prose que nous mentionnons fut chantée, avec l'autorisation de l'évêque, qui l'avait examinée soigneusement. En voici quelques strophes que nous avons copiées, il y a déjà bien des années, du livre du lutrin^ et qui nous a parue notée et écrite de la main de l'auteur.
« Quelques années après le départ de ce vertueux ecclésiastique de la paroisse, qu'il avait desservie avec tant de fruit, Monseigneur Piessis, y étant en visite épiscopale, fit chanter
cette prose à l'ofiSice du matîn ; il l'écoutait toujours avec complaisance.
La voici :