‹ Histoire de la paroisse de l'Ange-GardienChapitre 3 sur 35 · COPIE · texte numérisé non relu

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D'une ordonnance de mgr François de la val, évèque de pétréb, dans sa visite à l' ange-gardien, du 28 mai 167i, pour faire vendre une terre appartenant a la dite église.

Nous, faisant notre visite de la paroisse de l 'Ange- Gardien, les marguilliers et les habitants nous ayant représenté qu'en l'année mil six cent soixante et quatre, Ton aurait, au nom de la fabrique, acheté une habitation du nommé Nonny dit Larose, laquelle, la dite fabrique n'a pas été en pouvoir de payer, depuis sept ans, en était dû une partie : qu'ils voient d'autre part la nécessité extrême qu'il y a de com-

mencer au plus tôt à bâtir une église, n 'y ayant qu *un petit logement très méchant où la pluie et la neige peuvent gâter le tableau et tout ce qui est sur l 'autel ; qu'il est même très dommageable à ladite fabrique de garder l'habitation quand ils l'auraient acquittée, n'étant aucunement en pourvoir de fournir aux dépenses qu'il faut faire tant pour les défrichements dont on ne peut s'exempter pour découvrir les habitations voisines, que pour les bâtiments, clôtures et autres choses nécessaires : pourquoi, ils nous requèrent ordonner que la dite habitation sera vendue au plus tôt que faire se pourra : et que les deniers qui en proviendront, seront employés à payer ce que la fabrique doit de reste de la dite habitation. Ce qui en restera — les dettes de la fabrique étant payées, sera employé à commencer à bâtir une église. Nous» pour ces raisons, ordonnons, que la dite habitation sera vendue au plus tôt ; et ce qui en proviendra sera employé à payer ce que la dite fabrique doit de reste de l'acquisition de la dite habitation et le surplus aéra mis entre les mains de Monsieur du Douyt» prêtre procureur de notre Séminaire, pour être employé à commencer, au plus tôt qu 'il sera possible une église au dit lieu de l' Ange-Gardien. Fait le vingt-huitième jour de mai, mil six cent soixante et

onze.

(Signé) François, évêque de Pétrée.

Et ensuite, ajoute M. Asselin, il est encore écrit :

Le dit Sieur du Douyt, fera en sorte, s'il se peut, que dans le contrat de vente qui sera fait de l 'habitation, ci devant spécifiée, l'on retienne un arpent de

terre de front depuis la grève, jusqu'au bas de la première côte, au profit de la dite église : et en outre le pouvoir de prendre le bois de chaufFage de l 'ecclésiastique qui aura soin de la dite paroisse, et ce à perpétuité tant qu'il y en aura sur la dite habitation et que le dit ecclésiastique pourra faire pêcher sur l'arpent qui sera retenu, en la manière qu 'il voudra.

Fait le jour et an que dessus.

Signé en fin

François, évêque de Pétrée.

L'esprit éminemment pratique du premier évêque de Québec se montre bien dans cette ordonnance : il recommande d'abord de payer la dette contractée par les marguilliers. Puis, comme le site de l'église avait été mal choisi, il ordonne dé vendre la terre achetée sept ans auparavant, réservant un arpent de front depuis la grève jusqu'au bas de la première côte pour pouvoir y prendre le bois de chauffage pour le curé, précaution bien importante, vu la rigueur de notre climat. Enfin, il règle que le surplus provenant de la vente soit remis à M. Dudouyt, procureur du Séminaire, pour être employé à commencer au plus tôt que possible la bâtisse d'une nouvelle église. Cette décision si claire fut suivie à la lettre. Le 3 avril de l'année suivante, 1672,— dit M. Asselin dans une note qui est conservée dans nos archives — par acte

passé devant Mtre Voyer, notaire, les marguilliers Jacques Vézina, Jean Trudel, et Charles Godin, après requête présentée à Mgr PEvêque et permission obtenue à cet effet, vendùrent la susdite terre de l'église à René I^etartre pour la somme de 650 livres et avec réserve des bestiaux et ustensiles, en outre un arpent détaché de la dite terre, à partir de la grève jusqu'au chemin au bas de la côte, avec réserve du droit de pêche pour le curé et celle de prendre à perpétuité le bois de chauffage de la cure.

Dans le cours de Tannée 1672, on fit l'acquisition d'un nouveau terrain, celui de l'emplacement de l'église actuelle. Nous n'avons pu trouver aucun titre de l'achat de cette nouvelle propriété.

Comme ce fut dans le cours de la même année 1672 que Mgr de Laval fit son second voyage en France, où il demeura trois ans, son absence expliquerait le manque de documents dans les archives de l'archevêché de Québec à ce sujet.

Quant à la date de l'érection de l'église actuelle de l'Ange-Gardien, nous l'avons trouvée dans les archives de l'archevêché de Québec sur une feuille jaunie, à moitié déchirée^ laquelle, au premier coup d'œil, semble avoir été inutilement conservée. Elle contient, en

peu de mots, toute l'histoire de la construction de l'église et prouve qu'elle est un des plus anciens monuments religieux du pays.

L'écyriture est de la main de M, Fillon ; elle est presque illisible. Nous avons pu déchifErer ce qui suit :

. * Etant obligé de célébrer la sainte messe et de faire les fonctions curiales dans une pauvre chapelle en colombage, qui contient à peine la moitié de l'assistance, les jours de fêtes et dimanches considérables, nous convînmes dès 1674, de commencer la bâtisse d'une nouvelle église. A la fin de septembre, les ayant avertis de nouveau, la fête des SS. Anges Gardiens ; le lendemain, 3 d'octcbfe, ils s'assemblèrent environ dix ou douze habitants et ouvriers pour (? ? ?) sur la place de la roche (? illisible). »

Puis audessous on trouve écrit le détail des matériaux employés à la construction. Et sur le revers, de la même feuille, on lit ce qui suit : « Elle (l'église) a été commencée le 7 juin 1675, on y a célébré la première fois la Ste messe le jour de la fête de St-Barthélemy de l'année 1676. »

Nous voyons donc que l'église actuelle de l'Ange-Gardien date d'au delà deux siècles. Il est vrai qu'elle a été élargie en 1875, ^^^^ ^^ tond-point est resté absolument le même, on

n'y a point touché ; rien n'y a été changé, et cela grâce â l'intelligence et à l'énergie de feu Messire Grégoire Tremblay curé de Beauport qui, en 1875, P^^^ ^^ main la cause des paroissiens et en empêcha la démolition.

C'est un grand honneur pour les habitants xle l'Ange-Gardien d'avoir tenu avec autant de respect à la conservation de leur vieille église. Ils ont mieux compris que la plupart de ceux des anciennes paroisses du pays, qu'il y a un orgueil légitime de posséder l'un des plus anciens temples bâtis sous la domination française dans l'Amérique du Nord. Espérons qu'ils sauront longtemps sauver leur petite église de la fureur de nos iconoclastes modernes, qui veulent à tout prix détruire ce qui est vieux, pour avoir du neuf, lequel est souvent aussi laid que vulgaire.

On ne saurait trop louer le zèle de M. Fillon. Il réussit à bâtir en même temps, avec si peu de moyens, deux bonnes églises en pierre, celle de l'Ange-Gardien et celle de Sainte-Anne-de- Beaupré, ayant à desservir à la fois trois paroisses, c'est-à-dire toute la côte de Beaupré. Certes, ces vieux prêtres français étaient de rudes ouvriers évangéliques. Ils rivalisaient de zèle avec les célèbres missionnaires qui font la gloire des ordres religieux. Ces prêtres sécu-

liers, attachés au séminaire de Québec furent en tout point les dignes émules des Pères Jésuites et des Récollets.

Après la construction des églises de PAngei- Gardien et de Saint-Anne, vers la fin de l'annéç 1678, M. Fillon fut rappelé au Séminaire de Québec. Il signe son dernier acte à PAnge- Gardien le 3 novembre 1678.

Toutefois il continua encore à venir de temps en temps desservir les missions de la côte de Beaupré. Ce fut dans l'exercice de ce dernier emploi, qu'il s'est acquis un titre impérissable à la vénération et à la leconnaissance des habitants de cette contrée, car, comme on va le voir, il y sacrifia sa vie en venant leur apporter les consolations du saint ministère.

Dans le cours du mois de juin 1679, accompagné de plusieurs personnes, il partit de Québec dans un canot, pour aller, comme à l'ordinaire, donner la mission à la Baie St-Paul.

Chemin faisant, une bourrasque fit chavirer l'embarcation et le courageux missionnaire, après avoir sauvé tout le monde, périt luimême dans les flots. Son corps ne fut trouvé qu'un mois après ; on le transporta à Sainte* Anne-de-Beaupré et il fut inhumé le même soir dans l'église.

Par respect et par reconnaissance envers 1^

ptemier , curé de P Ange-Gardien, nous tenons à reproduire ici dans leur entier les notes qui nous ont été fournies à son sujet par le révérend ?ère lyamontagne, rédemptoriste, de Sainte- Anne- de-Beaupré.

Nous citons textuellement :

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