I^IV&E II
Donoona la dîphthongite o«, humus ae proDODçaît comme nous prononçons houmous ; ce mot joint au m^lNig^llus^ franciséy qui signifie Néel , nous donne encore Néelhoumous , et , par une altération qui se remarque dans un grand nombi'e d'autres noms, nous donne iV/Àotr, terre de Néel.
Ces deux étjmologîes son t satisfaisantes; cependant, nous donnons la préférence à la première, par Ja raison que nous trou-* vons dans beaucoup de ciiartes françaises de 1280, de 1286 et auti^es années du XI II« siècle^ époque déjà reculée, lesquelles sont consignées dans les cartulaires ées abbayes de Montebeurg^ et de Saint-Sauveur-le-Vicomte ^ le nom de cette paroisse exprimé|)ariVeaAoM , Nenu^ hou , et St. Joure de Neahvu , ce qui indique évidemment notre première étymologie pour quiconque a une teinture dé Tancienne prononciation des langues sep* tentrionales que nous avoosmentionnccs, et ce qui devient d'autant plus admissible que la langue latine,d*oùdéiûvc la seconde, quoiqu'employée dans les actes publics |
â2 HISTOiftB DE NErfOU.
ne fut jamais vulgaire en Normandie ,' surtout depuis l'invasion des Normands au X« siècle.
Mais dans ce cas , si le mot iWAoM signifie habitation de Néely il né doit pas signifier en même temps terre de Néel) pQur(j[uoi donc trouve^t-o» Nigeîli humus sur les anciennes chartes, ei non pas un mot vraiment latin qui désigne une demeure , silaterminaison^Uy ou à peu près, est plus ancienne, et si ceux qui ont employé k première fois Nigeîli humus pour désigner cette paroisse, avaient intention de lui laisser la signification de maison de Néelet ndn celle de terre deNéelqu'inâi^ quent les mots latins Nigeîli humus? A cela nous répondrons que , dans le moyea âge , on n'était pas délicat sur le choix des mots latins , et qu'on en fabriquait même à volonté; c'est ainsi que l'on trouve dans les anciei^nes chartes pecia mutonisy pour signifier- une pièce ou un morceau de mouton ; vouta^ pour signifier une voûte; roca^ pour signifier une roche ; granchia^ pour désigner ime grange ; brotagium ,
pour
IiVhB lî. 23
pottt signifier le droit de pâturage iforesta ^t/ûrestm pour désigner une forét^ et une tnultitude d*autre8 exemples que nous pourrions citer»
Cela posé, nous croyons ne pas nous écarter de la vérité en disant que le mot Kumusy qu'on prononçait houmous^ est la terminaison hou du nom de Néhou , laquelle terminaison était plus ancienne, et qu*on a voulu latiniser sans lui faire per« dre sa signification , et , comme il était d^usage en ce temps , sans se mettre beau*coup en peine si de pareilles fabrications de mots étaient ou notaient pas conformes aux règles et au génie de la langue dans laquelle on les faisait entrer.
Quoi qu'il en soit , cette paroisse tiré Son nom deNeel, dont elle fut Tapa-^ nage. A peine fut^il en possession de ce domaine qu'il jeta les fondemens d'un château-fort dont nous voyons encore les raines sur les bords de la rivière d'Ouve , entre les églises de Ste-Colombe et de Kéhou. Ce fut alors que ce domaine prit le nom de Néhouy dont nous avons donné
la signification. 3
i24 HISTOIHfi DE NEROU.
Alors, quoique la Normandie ne fut ps^â encore entièrement remise des secousses qui l'avaient agitée depuis près de deux siècles , les compagnons de Rollon com-^ mençaient à jouir en paix du fruit de la victoire. Aussi habile politique que gi^and capitaine, ce prince avait, au partage de la, province, rappelé dans leur patrie le petit nomSre d'anciens habitans fugitifs qu'elle possédait ; il avait encouragé les étrangers à peupler et à enrichir ses nouveaux états , par l'assurance d'une sécurité profonde et par la protection d'une justice exacte qui fait croître l'industrie : securitaiem omnibus gentîhus in sua terra manere cupientibus fetit; unwersamque, diù désertant y reœdificavit , atque de suis militibus advenisque refertam reslituit, (i) A l'exemple de leurchef, ceux qui avaient partagé ses périls et qu'il avait si large-* ment récompensés , voyant que le véritable moyen de devenir riches et puissans et de jouir avec plus d'avantage et d'éclat tlu fruit de leur conquête, était de se don-
(i) Uist. Normaxm. lib, a ; cap. 19.