LIVRE H
Normandie elle-même, ravagée parles incursions précédentes , était presque déserte : dià que désertant»
• On voyait encore avant la révolution, » aux archives du château de St-Sauveur, » une copie de la concession de ce do- » rxid\ne j couvert de bois et composé de ma- » raù et de terres sèches , situé en Cotentin^ »prés de la rwière d^Ouve^ donné à titre » ^honneur ^ avec obligation d'hommage » et de service militaire. Cet acte , écrit » en latin, comme tous ceux de cette épo- » que, était daté de Tan 913, que. fut » conclu le traité de St-Clair.
» Immédiatement après cette conces- » sioD, Richard jeta les fondemens du » château de St-Sauvcur. (i) »
On ne voii pas que pendant les premières années qui suivirent, Richard ait fait construire de maisons dans la paroisse qui nous occupe. Huit ans après, c'est-àdirë en l'an 920, il donna à son fils Néel
(i) M. dd Gertillo, Recbe»cSi08 sur le chat, de St-SauYOur.
l3 HISTOIRE DE NJÈHOIf.
(en latin Ni^elfus)y le territoire qui prit
le nom de Néhou. (i)
Nous n'avons aucune preuve que cette terre portât un nom avant la concession que nous venons de signaler. Celui qu'elle porte aujourd'hui remonte à cette épdqtfel
Si Ton examine quels étaient les peuples qui avaient habité et qui habitaient pour .
lors la Normandie y on verra d'abord qu'avant l'invasion des Normands elle était en la possession de ces peuples venus de Germanie ( aujourd'hui l'Alle- Ql^gne) , et connus sous le nom de Francs^ dont le langage, quoiqu'il se fût mêlé au latin que parlaient les Romains, dont ils prenaient la place , était le tiidesque ou ancien teutonique , d'où dérive la langue allemande. Les Saxons, qui avaientdepuis long-temps envahi l'Angleterre , avaient à-peu-prèsla même origine, et on retrouve dans la langue anglaise des traces ti^èsnombreuses de leur idiome; ou, pour parler plus juste , la langue anglaise elle-
(i) Arch. du chat, de St-Sauyeur et de Tégl.
de Néhou.
LITRE n. 19
même est ton le dérivée du teutonique.
Aux Francs , ou Français , qui habitaient notre province au moment des incursions des Normands, ont en partie succédé ceux qui en devinrent les maîtres en 912 , et qui étaient venus des bords de la Mer- Baltique | par conséquent du Danemark ou du midi de la Suède. Le langage que l'on pariait alors en Normandie devait donc é(re un mélange des divers idiomes de ces différens peuples. C'est donc particulièrement dans ces langues, formées du teutonique y qui dérivait lui-même du celtique y qu'avaient parlé les Gaulois avant la domination romaine j que Ton doit rechercher Tétymologie du nom de NéhoUi Or I nous trouvons que le mot allemand haus I les mots anglais home et house f la finale suédoise hem y le danois et norvégien huus^y que l'on prononçait hous y comme tous en conviennent, signifient maisoTiy habitation y demeurç , ou s'emploient pour exprimer le logis et le chez^ soi (1). La terminaison hou , du nom de
(x] Vby. YBtymolo^ioon de Malte» Brun , Vm citau
20 HISTOIRE DE NEROU.
Néhou , yient donc visiblement d^ là , et, jointe au nom de Néél , nous donne Neel-hou y qu'on retrouve encore écrit de cette manière sur quelques chartes anciennes y et qui signifie Aa^tVaftb/t de Néel, Il n'est pas difficile maintenant de yoir ccmiment^ l'usage des siècles suiyans abrégeant le mot , s^est formé le nom de Néhou,
Telle est y selon nous^ Toriginedu nom.
de la paroisse dont nous écriyons l'histoire. Avant d'entreprendre ce travail^ nous lui donnions ijneét^mola^ie un peu différente ; sur le pitis grand nombre de»
chartes latines du moyen^ ^ge qui nous restent touchant cette paroisse y et sui^ les. registres de TËvéché de Qoutancesy dea , XIII® et XI V^ siècles, connus sous le nom de Livre noir et de Livre blancy la paroisse de N éhou est désignée par Nigelli humus y ce qui, au premier abord, signifie terre | de NéeL \
Tout le monde convenant que dans le moyen âge , comme aujourd'hui encore en Angleterre , en Espagne et ailleurs, on prononçait la voyelle u comme nous pvo-