‹ Histoire de la paroisse de Néhou: depuis les temps les plus reculés jusqu'aChapitre 30 sur 64 · LIVRE YI. 8i · texte numérisé non relu

LIVRE YI. 8i

Mais il faut observer que dans sa première période y cette vavassorie fut simultanément possédée par plusieurs familles. Nous y en trouvons trois en i486, en 1491 et en 1 5oa : Jean de Pittebout , écuyer , Jean Travers, et un sire d'Auxais. Nous retrouvons cette vavassorie possédée en i634i i636 et 1672^ par les familles de Pitteboutet dePigache. £lle fut possédée après eux par Messire François- Léon or de Beaudrap-Douessey et resta dans cette famille jusqu'après la mort des demoiselles de Beaudrap-Douessey , desquelles elle a passé par héritage à la famille de Beaudrap de Sotleville, qui Ta revendue il j a quelquea années (i).

(1) Aveux et titres diters de la commune de Néhou.

IIVRE SEPTIÈME.

Nous avons j à quelque cHose près, rappelé l'histoire de rancienne baronnie de Nëhou et des trois baronnies nouvelles qui lui ont succédé. Il est temps de revenir à la grande inféodation de 1086 y laquelle emportait à elle seule le tiers du territoire de la commune.

Comme nous ^aurons souvent à parler de la famille du concessîonnairje de cette portion de la paroisse de Néhou , nous allons en donner une notion suffisante pour Tintelligence de ce que nous aurons à en dire. Nous observerons d'abord qu'il ne nous est resté aucuns renseignemens sur son origine. Le chevalier Guillaume, que ;ious voyons devenir en ioS6 vassal noble de la baronnie , obtenant d'un seigneur du nom de Reviers les terres qui formèrent son domaine, les appela terre d^ Reviers et pi*it lui-même le nom de Guillaume de Reviers ^ nom que portait le baron Richard , fils de Baudouip, avant

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de porter celui de VernoD qu'îl y joignit dans }a suite. Le chevalier Guillaume de Reviers fi t aussitôt bâtir sur cette nouvelle seigneurie un château qu'il nomma ia Beurrière, Ce nom fut bientôt ajouté à celui qu*^il avait adopté , et on désigna dans la suite cette famille par le nom de Ra^iers-de^la-Beurriêre (i). C'est de cette source quVst sortie la tige des Reviers ^ seigneurs de la Sagerie, dans la commune de Coudeville^ canton de Bréhal. Ce qui nous autorise à le conclure , c'fest Tiden* thé des armoiries: ceux de Néhou portaient rfVr à six losanges de gueules , trois,, deu.'9j un; ceux de Coudeville formaient une branche cadette et avaient brisé : ils portaient chargent à six losanges degueu^ fej, trois y deux y un (2).

■ Guillaume de Reviers-de-la-Beurrîère eut un fils nommé Richard , lequel eut vne épouse nommée Béatrix. Il en eut

(1) DctepÎTère , sur titres.

(2) Voy . la Recherche de Montfault, TArmorial de Nûrifi. et le dîctiônin. de L. C. Desboi»

et

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deux enfans, Guillaume et Baudouin. Ce Richard vivait encore en 1173. Ces sei-* gneurs possédaient la seigneurie d'Ain-> fréville : elle échut à Baudouin y après la.

mort de son père y et Guillaume eut la terre de Reviers à Néhou. Ce Guillaume mourut sans postérité et laissa pour héritiers Baudouin et ses descendaus. De ce Baudouin et de Luce f son épouse ^ sortit Guillaume , et audiiGviillaume succéda Richard (1).

Cet aperçu suffit pour mettre le lecteur à portée de se reconnaître dans les diverses citatioDs^ue nous aurons à faire des noms de ces seigneurs , qui^ par leur conformité ^ seraient de nature à jeter de la confusion dans Tordre des faits.

L'inféodation obtenue en 1086 par le chevalier Guillaume de Reviersr-la-Beui^ rière fut accompagnée de droits d'usages dans la portion de la forêt de Monroc restée au concesseur. Ces usages consis^ talent I suivant d'anciennes traductions

(i) Arch. de Néhou | Mém. sur la Roquelleipar Delepière , pag^ ao et a6.

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dâ tilrefl primitifsécrits en langue laiine, ft .^ dans un droit de gros chauffage (i) et de grosse réparation (a), a .« Dans un droit de pâturage , tel que pacage^ pânage (3) €t broutage. Ce dernier droit est accordé non seulement pour Guillaume de RevierS) mais encore pour ses vassaux, d.o Dans un droit de menu chauffage^ en mort bois (4) j en bois vert en gissant (5) , autre que chablis y et en bois mort en estant (6)^ Tous ces usages étaient percerables hors ventes et défend (7).

L*inféodation faite à Guillaume de la Beurrière fut , pour les seigneurs de Veriion y le prélude de beaucoup d'autres , soit dans la paroisse de Néhou^ soit ail-

(i) Gros bois à brûler.

(tl) Telles que celles de mabons, moulins et autres usioes.

(Z) La glandée.

(^ Les morts bois sont le saule, le puisne, le marsaiit , l'aune , le sureau y le genêt , le genièvre et l'épine.

(S) Branches tombées sur le sol,

^j Sec et debout , da latin start^

(^) TaiUU.

8f HISTOiKB B5 MBH6^.

Ums. La difficulté de mettre en cultitf^ des domaines aussi étendus qa» les leyesi^ jointe au |^oût du temps qui était d^avoic^ des vassaux, leur fit r^aidex les mfébda*^ tions ,,qui étaient alorB beavicoupeRnsage f, comme le seul moyen d^en tiset tm part»

avantageux « Oales voitdcoïc j ^¥oir ie-^ cours en 108.6 et danale» annjéeasuimantesw Ce fut alors que sortirent de leur baxon.-^ nie de Néhou, pour être tenuea ea féo^ dalité y les terres du Qoesnay ^ en GoUe-^ ville^ et ce qu^lsavaienideladipendaBLCQ* de Garnetot ^de Fontenaillesetd'Qllonde^ une partie de La terre qu- ils possédaient i AmfréviUe et à Orglandes ; toutes^^ leuc»

. tçrres de Besneville^ de laBonneviUe y de Magneville^ de Morville^ el beaucoup dVutresqull serait trop long de nommer^»

lesquelles terres ou portions de terrea étaient des dépendances d^ la baronnie ancienne de Néhou (i).

Quoique plusieurs de ces dépendances

fi) Meta, de Belepière, p. 4 ; Lîb. feod, Dominî régis Pbilippi, ap. lib. nig. Const.^ Arch. dé Né* houj chez M. de CouheiyiWe, et pénis nos.

i» la baroQQie ne Aissent qiie la moiti j^ eu la sixiàme partie d'un fief y. le bacoih Richard de YerooD et ses descendans^ qyd firent ces concessions ^n*y attachèrenlL pas moins, des. droits d^usages semblablea.

à ceux de Guillaume de Reyiers-^la-Beur^ sière,. leac^uels devaient être exercés dans; les forêts de N&ou« Certains usagers les.

obtinrent à titre gratuit |. ies:autres à titre» onéreux f. soll en argent , soit en corvées ;; mais ces droîtiftn!étalentexigibles;qiielor8< de Vusanc0\ Telle fut rorigine|decesnoni:t.

breux droits d'usages don ttoutealesforéta; de la paroisse de Nébou se sont trouvéeait maculées ;,et ^ s.'il faut louer ici la généro?^ site de la bienfaisante et opulente famille* de Reviers-^Vernon , il faut aussi recon-^ naître que c^est à cette prodigalité de con-^ cessions d'usages, dont une partie deati-*.

très se sont trouvés embrouUlés dans: la suite des temps ^ que L'on doit attribuercette série interminable de procès qui ontdécbiré la paroisse depuis plusieurs siècles^ Reprenons ce qui concerne rinféod^tion de la terre de Reviers-la-Beui;rière.

00 VlSTOiftS 0B VWOV^

Ledbokde laKamée,, de BouiUy ou du liude y uoe pacde de celui d« Danae^ idUe et autces , étaient aussi «prtis yeira laSode lia Miai^oo de la^ Béurciçre pour éti!e teuuseo féodalité par d'i^utpesfamiK ]»a. Mais ces inféDdaiiôQs n'étaient point accompagnées de la cciicessioo de dcoit^; de gi^os Qsages ^ elles Q*eD possédaient qijie' de pe(,i\s, dûs sur la portion de foi^êt i^es^ tée aw seigneui^s féodaux ». ç'es^Jt-^dijce àk li^ Maison de Ve^noo (i)«.Ges ooteau^ usa-^ ges.et ces pâturages se tx^ouyèrenteQcoce)^ eu moinK d.'uo,: siècle ^ éteints par la.

cessiou d\iJDe portjôu de 1a focét en pi:a«priéte: c'est ce qui amva en iSa^ poui?la Kaiué? % qui était alors çn bqis. $eule-^ méat quelques, ^neieud icassau^ii de ces sel-* gueulas ,^.qui pas^^eulbien tôtsous la tnou-« Tance de l'abl>aj:ed^MoQ^ebouçgj,à cause de la douatioi». que fit d'uue partie de l^t forêt k cemouastèireleseigaeuitdeKe'isieird*^ la-Beurrièr^eiQOQSerYireo^de^dtoil^ d»

pftturage.

(ij MéiQ. de Delepiite.

IIVEB TII. 91

n 7 avait à peine quatre ans qtie Ri»ehard des Moitier$ était en possession des terre y seigneurie et forétdelaRoquelle, que nous le voyons commencer à morceler cette grande terre. Ne voulant pas rester en arrière de ses prédécesseurs, il inféode di& fërens démembremens, afin d'en augmen* ter la valeur et les revenus et de se donner lui-même des vassaux. C'est ce qui arriva en 1256 et pendant les années suivantes.

Mais relativement aux droits d'usages, ce seigneur et ses ajrant-eause n'en conférèrent pas si largement que les autres seigneurs leurs prédécesseurs ) dans de pareilles occasions. Ils n'attachèrent qu'à seize chefs de Emilie de» droits de menus usages ; encore assujettissaient-ils en même temps ces concessionnaires à des rede« vances percevables lors de Vtuance (i).

Ces usagers vassaux de la Koquelle jouissaiient de ces droits dans la forêt de leur seigneur et dans celle de Montrond-la- Beurrière ou de Reviers^ qui , par dona<f

(ij ]tt4m. de Belepiëpe»

9d RISTOIR£ BB lIBIIOir.

tioD, appartenaii pour lors à l'abbaye de Montebourg (i). Il n^en trépas dans notre plan de donner de 4étaiU sur les procis qui ont eu lieu anciennement à Toccasioa de tous ces droits d'usages .La chose noua serait cependant facile ; nous avons entre les mains le relevé des pièces qui y ont rapport; mais la lecture de ces détaiU ne pourrait être que fastidieuse.

Reprenons la suite des possesseurs de la portion de la paroisse de Néhou , inféodée en 10.86. I^â famille de Reviers-la- Beurrière resta propriétaire de la terre de la Beurrière , dont nous avons parlé plus haut y et en jouit depuis: l'époque reculée de 1 086 jusque dans le XYll^ siècle ^ que les barons de TAngle eu firent l'acquisi'-tign. La dernière héritière de cette f -^ille s'appelait Perrette de Reviers. File porta dans la famille Le Mouton (héritage que ses ancêtres avaient possédé depuis si long^. temps: ce fut cette famille Le Mouton qui

Cl) Accord d'avril i3a8. C'était Ift fbrétqaî i'^Brtt appelée de^ttii Bûiê des Moines^

LivftEvin ^3

Talîëna. Ce firf noble jouissait du titi^ de prévôté: titre que possédait aussi la baix>tinie de rAngie. Le domaine de Dan>neville , qui était une partie de la terre de Reviers, était aussi investi de cette juridiction ; et les terres limitrophes de la forêt j lesquelles ont été fieflées ou vendues successivement à des particuliers, étaient, au moment de Taliénation I déclarées iC" nues sous la Préçâté de Dannewilié; clause ou formalité que les barons de F Angle | qui en sont devenus les acquéreurs, n'ont pas manqué de renouveler dans leurs pleiges ou dans les aveux qu'ils se faisaient rendre anciennement, soit pour Danne- Tille,soit pour la prévôté de l'Angle y soit pour celle de Reviers.

Le château que cette famille de Reviersla-Beurrière habita pendant long-temps était , comme nous l'avons dit , celui de la Beurrière , bâti à l'époque de l'inféodation de leur terre en 1 086 ou dans les premières années qui suivirent. On ignore l'époque de sa démolition , mais elle date de plusieurs siècles. Un mémoire du sel-

94 HISTOIEB JDB néhou.

gneur d'Harcoiut , baron de l'Angle i de ±665 ne parle que de ses ruines. L'empla* cernent en est «ocore aujourd'hui bien caractérisé: il forme une très-belle motte située dans un champ qui se nomme les Buttes, près de l'habitation de M. de La Grimonnière) et en face de la Cour de Magneville.

La conformité des noms de ces vassaux nobles de la baronnieanciennedeNéhoU) avec ceux des barons eux-mêmes , a sou<- Tent occasionné des procès dans la suite des temps. Pour y obvier, un arrêt du Parlement fut rendu, sur requête et sur titres, le i4 janvier i658, lequel ordon-* nait que dans la suite on désignât la fa* mille des barons par le nom de f^emon^ simplement , et celle de la Beurrière , par celui de Reviers. Cet arrêt signale aussi leurs demeures : il cite le château dont nous venons de parler , comme ayant été rhabitation des seigneurs de Reviers-la- Beurrière, tandis que l'ancien château de Néhou , bâti par Néel , fut constamment la demeure des seigneurs de Vernon , barons dudit lieu.

La

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