‹ Histoire de la paroisse de Néhou: depuis les temps les plus reculés jusqu'aChapitre 29 sur 64 · LIVRÉ VI · texte numérisé non relu

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que l«8 parties conviendraient d'experts pour en faire le partage, faute de quoi il en serait noiwaé d'office j sauf audit sei« gneur à conti*edire iesdits droits y s*il avisait que bien fût. Un arrêt du Conseil d'État) du 3o août 1729, fit opérer le can* tonnement, et le partage en fut fait en 1734 (i)- On lit dans ces titres que chaque usager a droit de se faire liquider sa part. MM. Le Pigeon, seigneiu*s de Magneville , prirent la leur dans la por^ tion qui borde le Valdécie; les autres usa* gers ont continué de jouir en commun.

La part du seigneur de Matignon est la terre qui forme aujourd'ui la ferme du Boscquesnay ; le reste y qui fut donné aux usagers , en extinction de leurs drois d'usages , est la lande qui pprte de même le nom de Boscquesnay.

Cette bai^onnie n'avait point de prairies dans INféhpu : nous avons dit que sa portion de marais était à Orglandes. On ignore si cet immeuble avait été grevé de droitt

(i) Titres de la commune de Néhou.

y6 HISTOIIUB DS IfiliOU.

d'usages. Il est probable qull en était ainsi | puisqu'avant 1694 les habitana d'Org^ades 7 envojaient paître tébra bestiaux de temps immémorial. Quoi qu'il en soit, en cette dite année, Madame Marie de BbOïbon , duebesse de Longueville, ayant fait proclamerdans la paroisse d'Orgiandes et dans les lieux circonvoisins que cette ten*e était à fiefFer , nne *députatîon des babitans vint à Brîcquebec , où se trouvait alors cette duchesse , et ils lui présentèrent requête*, tendant à être conservés et maintenus dans les droits d'usages ^ar eux prétendus dansce marais^ ou à obtenir une partie dudit marais en toute propriété. Cette demande ne fut pas d'abord bien accueillie parla princesse; elle leur prouva que non seulement elle était tréfbncière , mds encore qu'ils n'avaient aucuns des droits qu^îls prétendaient leur appartenil*; en sorte que les parties se trouvèrent sur le point de tomber en contestation et d'entamer un procès. Cependant , après ifae les habitans d'Orglandes eurent reconnu et àyoué véritable le sou-^

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tien de la duchesse de Loog^ville^ cette princesse octroya leur deiïiande. Les guerres de religion qui se firent pendant le Xyi^' siècle entre les catholiques et les Protestans, avaient occasionnébien desra* vages dans tout le Cotentioi etnotanuuent à Orglandes « où Ton trouve encore un cimetière de huguenots au village de Mar* teauville.Mais la Ligue, qui suivit et qui signala toute la fin du règne de Henri III| quoiqu'ajant occasionné moins de ravages dans le reste du pays, fut cependant plus fatale à cette paroisse. Il y eut à Orglandes , dans ces conjonctures j des troubles graves, et des manifestations d'espiît de parti tellement prononcées, que des familles entières lurent presque ruinées par malveillance. Ce fut en considération de ces malheurs , que la duchesse deLongueviile abandonna aux habitans la propriété de plus des deux tiers de ce morceau du domaine de sa baronnie (i).

L'acte de concession (qui en parle) fut

(i) Ces détails sont extraits des Archives du château de Bricquebee.

2^d ttlBtOïftË DE NEHOtr.

passédevant led tabellions de BricquebëC| le 3 5 septembre iSgi , et UorigiDal exîstii encore aujourd'hui. Nous Pavons nous^ même topië au notariat de Bricquebec pour les faabitans d^OrgUndes ^ aux fins de les maintenir dans la possession de ce morceau de marais qu^ont tenté de réveh->> diquer , comme dans tant d^autres com« munes y les conceâsionnaires ded préteh-»

dus droits dé la Maison d^Orléans. Peu d^années ayant la révolution ^ lé seigneur de MontmOi*ency avait vendu à dés par-^ ticuliers la portion que la ducbeâse de Longueville s^était réservée en i594) en sorte qu'en 1792 la ferme duBoâcquesnay a été la seule partie de la baronnie d^Or-* glandes qui ait été confisquées

Au haut de la forêt ou lande du tloâc-* quednay , se trouve la terre dite dé Gon* neyille , laquelle , au premier abord ^ sénn blerait avoir fait partie de la baronnie d'Orglandes. Cependant, elle en à toiH jours été distincte ^et nous croyons délrdi^ en parler ici , afin de n*âtre point obligé de revenir de ce coté-là. Ce nef* était bien

plitt

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plus considérable autrefois quUl n^est aujourd'hui. Outre la terre de Gonneyîlle proprement dîtè, il possédait au haut de la lande du Boscquesnay i5o arpents de forêt (i). Depuis le XII« siècle, cette terre était sensée hors le domaine de Néhou. Les seigneurs en avaient fait une vavassorie , c'est-^-dire un fief noble dépendant d'un autre fief. Or , c'était aux anciens seigneurs de Néhou qu'appartenait la seigneurie de Gonneville, au Val* de-Saire , et ce fut du domaine ou de la seigneurie de cette paroisse qu'ils firent diépendre la terre dont nous parlons, et qu'ils lui firent porter le nom de Vavas-sorie de Gonnevilîe ; nom sous lequel on l'a désignée autrefois dans les actes qui y ont rapport , mais qui s'est réduit au nom de GpBneçille tout simplement.

Nous ignorons combien de temps apr^ le XII* siècle les seigneurs de Néhou possédèrent la seigneurie de la paroisse de Gonneyille et par conséquent la suzeraineté

(i) Mém. de Belepiére,

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de la vàvassorîe dont il s^agit. Guillaunu de Vernon donna en ii52à 1 abbaye de Montebourg les dîmes de la paroisse de Gonneyille dont il était seigneur (i); mais ce qu'il y a de certain , c'est qu'il y a fort long-temps que cette seigneurie n'appartient plus aux seigneurs de Néhou.

Les Anglais appelaient petits tkanes ceux qui possédaient des terres de la nature de celle de Gonneville , et ils nommaient ces terres blochland ; mais les Normands leur donnèrent le nom de viovasseurs , et à leurs terres celui de vavassories. Ils n'étaient pas toujours gentilshommes, mais ils avaient droit de disposer de leurs terres ; et , à leur mort , elles passaient par succession à leurs héritiers, mais toujours avec la charge de rendre au suzerain l'hommage et le service ^2).

Les plus anciens vavasseurs de Gonneville que l'on connaisse sont les Pittebout.

(1) Cartul. de tttontebourg, f.o LXVIII.0 (^) Vies des Saints d'Alban Butler y trad. ptf Gi^desc^rd ^ lom. 3 ^ i»»x a ^ page 346 , noie.

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