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On a dû remarquer qu'à l*époquc de la coDcession de la terre de Néhou, en 91a, cette terre était inculte et couverte de bois. Par conséquent tous les établîssemens qui y ont existé pendant toute la durée du moyen âge et qui y existent encore , ont été formés depuis ce temps. Nous ne pourrions pas rappeler Tépoque où chaque partie dés terres de la commune a été défrichée y parce que nous manquons pour cela deé documens nécessaires. Mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'il y a deux et trois siècles , de grands démembremens, maintenant cullivés, étaient encore en bois. Tels sont, entre autres , le Buissonde-Néhou, ou Vente-à-Genêts, et la Bellegarde, la terre du Boscquesnay , le Belarbre* , la lande des Vaux, qui était limi-^ trophe de celle du Boscquesnay , les Esr 8arts,laRaméè et les Landélles; une grande partie de la Roquelle , de Bouilly et de DanncTille, les piarties closes des bois de St-Jean et du Parc, la lande du Hecquet et autr.es terres qu'il serait trop long d'énumérer. Ces défrichemens se sont succès-
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sivement faits en raison de raccroUsemayt de la population , qui n'était presque riea dans les commencemens , et qui s'élèye ixiaintenant à 2,700 âmes* Tous ces ter-* rains n'appartenaient qu'à un seul propriétaire dans le principe : on a vu comment la totalité a été successivement démembrée, et comment le domaine d'un seul seigneur estdevenu la propriété d'une multitude d'individus. Cette remarque convient non seulement à Néhou, mais encore elle peut s'appliquer à beaucoup d'autres communes.
Des portions de la foret ancienne et totale de la paroisse de NéhoU|laforétdu Parc et celle de l'abbaye deMontebourg, dont faisaient partie les bois de St~Jean et de la Corbière , avaient toujours resté dans leur état ancien jusqu'en 1800. La propriété en appartenait aux seigneurs, comme tréfonciers , en vertu d'héritage pour une partie , et en vertu d'acquisition pour l'autre : seulement les seigneurs, étaient obligés de laisser les usagers de la commune de Néhou et autres vassaux des
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baronnies j exercer leurs droits d'usages. II y avait eu anciennement ^ comme nous Pavons dit | bien des procès à cette occasion ; et, semblables ^ Thydre de la Fable , ils se succédaient Tun à Vautre j et renaissaient au moment où toutes les contesta* tiens paraissaient finies. Cet état de choses n*a cessé que de nos jours; encore est- il fort douteux si les derniers procès, à Toccasiondes droits d*usages,ontété faits. Quoi qu'il en soit , à la suite de la vente de la forêt de l'abbaje de Montebourg, une multitude d'usagers forclos y n'ayant point réussi à obtenir leur cantonnement de la famille des seigneurs de Querqueville, barons de FAngle, se déterminèrent à intenter un procès auxdits seigneurs | acquéreurs de cette forêt. La revendication que firent à cette occasion les usagers, les entraîna dans un autre labyrinthe dont ils ne sortirent qu'après de longs débats. Ce fut à cette époque que, recueillant de tous côtés leurs titres épars ou depuis long-temps oubliés, ils voulurent enfin disposer en maîtres des biens qu'ils pré-
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tendaient leur appartenir en yertu des anciennes concessions de droits d'usages.
Ce fut le 5 novembre 1 792 ^ que j pour n'être point pris pour attroupement , ils obtinrent du Directoire du département de la Manche la permission de s'assembler à cet effet, malgré le feu sieur Michel Laniepce , maire de Néhou , qui voulait déterminer la manière d'en régler les impositions. L'assemblée eut lieu le vingt novembre; mais le maire n'ayant point voulu s'y trouver , elle n'eut aucun i*ésut tat. Quelque temps après on fit une nouvelle nomination des maires , et le sieur Pierre Quettier remplaça dans cette fonc- .
tion le sieur Laniepce. Une nouvelle délibération fut faite , le a5 août 1793, sous les auspices du nouveau maire ; et cette nouvelle délibération fit prendre aux affaires une marche qui amena le dénouement des difficultés. Ce fut dans cetle séance que commença la carrière publique d'un habitant de Néhou qui a rendu son nom célèbre dans les fastes de ce lieu , qui a fait retentir un grand nombre de fois à
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cette occasion les tribunaux de Normandie , de la Mayenne et de Cassation, et dont le souvenir seconservera long-temps chezâcs compatriotes .Jacques-Christophe Delacour fut chargé cedit jour^ a5 août 1793 , de la cause des usagers , et autorise à intenter et à finir toute action dans leurs intérêts de communauté. Ce portefeuille ne conféra pas au sieur Delacour un titre purement honoraire. Les procès se compli(|uèrent étrangement entre les usagers j qui revendiquaient leurs droite d'usages , et les représentans des anciens seigneurs, qui prétendaient être tréfbnciers, ou propriétaires du fonds. En vertu de la délibération du 26 août, Jacques.
Delacour suivit tous les procès au tribunal de Valognes , devant des arbitres;!
Coutances , à Rennes , à la cour de Cassa* ' tion et à Laval, par retour de Cassation.
Enfin, après une nouvelle tentative des héritiers de M* de Querqueville auprès > de cette cour^ d'où ils furent rejetés |' l'agent de la commune de Néhou deman- ' da, le «5 fi-imaire an 8, rautorisation
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d'a99embler Iç^babitans pourdélibëi^erau sujet de leurs droits d'usages. Le 17 du même mois , les usagers se réunirent et nommèrent des commissaires, soit pour poursuivre leurs droits^ soit pour transiger définitivement avec les représentans des anciens seigneurs. En conséquence de celte délibération, fut arrêtée une transac* tion entre ceux-ci et les usagers , le i."^ pluviôse àp .$ ou 21 janvier 1800 , laquelle éteignit de ce côté-là toutes. les contestations (i).
Par cette transaction, passée devant M.® Queslin , notaire à Barfleur , certain nés parties des terraiiï^ litigieux furent abandonnées aux héritiers représentans de M. de Querqueville, baron de l'Angle , affranchiras de tous usages 9 et les autres parties furent abandonnées aux usagers en toute propriété,
(i) lies procès qui ont eu Ëeu depuia entre la manicipalité de N^hou et k sieur Jacques Dela^* coyr, synctic des uâgers, roulant sur une autre qi^esUon, nous avons cru dei(oir les passer sous •iUnce^ comme étrangers à m^Xfe sujet.
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Les parties qui revinrentâux héritiers de M. de Querqueville, M. de La Grimonnière et MM. de St-Remy et d'Hiesviile à cause de leurs épouses, çonsislaieût ea cinquante hectares dans le bois de St~ Jean et autant dans le bois du Parc, Ces propriétaires eédèrent, en i8i6, au sieur Félix Desmaresy leur portion de St*Jean.
Mais comme il leur en restait encore autant sur remplacement du bois du Parc y M. de St-Remj lui en céda le tiers , et le surplus est resté à M. deLaGrimonnière, tant en son nom qu'en celui de soû beaufrère, avec lequel il traita. Le sieur Desmares revendit sa part en 1821 à M. Levaufre , de Yalognes | qui Ta fiéfiée à des particuliers.
Quant aux bois^ qui se trouvaient aussi être un objet de contestation , ils furent vendus, et le prix en fut attribué pour les quatre cinquièmes aux héritiers de M.
de Querqueville , et pour l'autre cinquième aux usagers. A ce mojen , ceux-ci sont devenus pleinement pi*opriétairesde tous les terrains actuellement indivis ^ hormis
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toutefois le Boscquesnaj, qui a éli leur propriété depuis le partage de 1734. Ce»
terrains qui furent l'objet de la transaction de 1800, forment, pour les usagers^ à peu-près les quatre cinquièmes du total • Quant aux marais , nous en avons parlé à Tarticle de la baronnie de PAngle.
Les bois furent adjugés à MM. Gallieo^ Campîon, Gasiais et Dugaj, qui les firent abattre et exploiter sur le champ. On se rappelle encore le grand nombre de bûcherons, de sabotiers et de charbonniers étrangers que cette exploitation attira dans Néhou pendant les dix à douze ans de sa durée. Les sabots , les pelles et autres ustensiles, et le charbon furent les objets en quoi fut convertie une grande partie des bois ^ mais une grande quantité de pièces furent transportées à Cherbourg et employées aux constructions de la Marine*
Au reste, sans compter les dévastations nombreuses qui s'y faisaient sans cesse ^ une partie de ces forêts s^en retournait de caducité depuis deux ou trois siècles :
plus de trois ceots arpents de celle du Parc 8*an&otissaient chaque jour. Il s*y trouvait une grande quantité de chênes tellement vieux et tellement creux | que vingt et trente moutons pouvaient à Taise loger dans leur cayitë. En revanche ^ ils ne faisaient plus que végéter , et ne conservaient qu'une très^petite épaisseur de bois rougi sous la peau qui les recouvrait. Parmi les hêtres y il s*en trouvait un nombre considérable qui s'élevaient sans branches à une hauteur de i5 à ao mètres, et qui étaient de très-bonne qualité. Mais en général et pour la partie qui aurait eu le plus de valeur y on en faisait Texploi ta tion au moins deux cent cinquante ans trop tard. C'est ainsi qu'une commune jadis presque toute couverte de bois s'en est successivement trouvée dépouillée , au point que si nos aïeux , même ceux qui vivaient; il n'y a qu'un siècle, revenaient dans leurs possessions-, ils ne se reconnaîtraient pas même dans leur lieu natal^ au milieu de leurs propres foyers.
Nous n'entreprendrons pas de men-
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tionner le contiende chacune des grandes divisions de la commune de Néhou : noiis dirons seulement c[ue , d'après les dernières opérations du cadastre | les terres en culture et en prairies forment 3007 hectares ^ les bois^ landes ^ marais, terres vaines et vagues ^ en donnent 63 1 , ce qui forme un total de 3638 hectares > ou dixhuit mille cent quatre-vingt-dix vergées^ desquelles on fait déduction de Tespace occupé par les chemins publics^ rivières, étangs, ruisseaux et cours d*eauj; ce qui forme environ un cinquantième.
D'après la classification qui a été faite ensuite de ces terrains, il résulte que le prix moyen de l'hectare s'élève à quarantedeux francs dix-neuf centimes.
Les formations géologiques que recouvre le sol végétal influent beaucoup sur la stérilité et sur la fertilité des terres. Ce serait à ceux qui auraient étudié les rapports qui se trouvent entre ces forma tion9 et la terre qui les récèle , à faire des combinaisons et à tirer des conséquences. Pour nous, nous nous bornerons à iiidiquer en