‹ Histoire de la paroisse de Néhou: depuis les temps les plus reculés jusqu'aChapitre 50 sur 64 · LIVRE IX. l · texte numérisé non relu

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fondation de ces établissemens ) afin que révéque y souscrivil et les confirmât , comme il avait été convenu. Nous passons sous silence les bénédictions que Richard l^ue aux conservateurs de son église , et les anathèmes auxquels il voue ses destructeurs (i).

Quoiqu'il ne sok point ici fait mention deTéglise de Golleville, il est cependant certain qu'il y en eut une portion qui fut donnée , avec les dîmes et tous les rêve* DUS qui y appartenaient , à la collégiale, de Néhou. Sans doute que cette donation fut faite par u^ acte subséquent , parce qu'en i i5a où la collégiale de Néhou et les églises qui en dépendaient furcn t données à l'abbaye de Montebourg, une partie de l'église de St Martin de Goile ville et par conséquent des revenus, la portion annexée à la terre qui dépendait du fief de Vernon, ou ancienne baronnie de Né« hou , se trouvait comprise dans l'énumération des églises qui appartenaient à la collégiale. Cette portion de Tcglièe dç

(i) Apd. Cart. MontUburiji, fol. 7 et 67.

i48 HISTOIRE DE HÉHOe.

Goileville, est encore expressément cit^ • dans les confirmations imites par Tarchevéque de Roue» et Tévéque de Goutances des dons faits à l'abbaye par le seigneur de Néhou («). Ce qui vient eocoi^e à Tappui de ce qpe nous venons de dire y c*eàt que M. le cui^é de GoHe ville a fait clore il n'y a pas lon^-témpa un morceau de

(i) La terre du Quesiiay de GoUeviUe était «ne (li^pendaDce de la. barouuie de Néhou ; c^était à cause de cette terre que le seigneur de Néhou avait la disposition d'uùe partie des dîmes de GoUe ville, et par conséquent une partie du droit de patronage de Véglise de cette paioisse.

Le droit de patronage était de sa nature indivisible: néa.nBQoioft plusieur&le pouvaient tenir paf indivis : et , lorsqu'il s'agUsait de. l'exercer, cha~ cun avait sa voix j mais la pluralité dos su^vge^ l'emportait (Arr, du Parlem. de Paris, du ^Juillet i6o5 î Pontas , T.o Patronagn ).

Cependant les patrone pouvaient exercer leur ilMÎt alternativement , comme le prpuv% la Glose « par un« Constitution de Clément V et une aatre de Boniface YIIL Lorsqu'il y avait deux titres , ou plus, dans une paroisse, et qu'il y avait pîasîeurs patrons , chacun exerçait son droit à la mort du titulaire dont la nomûiatioB on présentatTon lui était «iévoluc. *

terraia sur remplacement des forots de Monroc en extinction de son droit d'usages; et ce droit , il ne l-exerçait qu'en qualité de chanoine de Nébou. M. le curé de Néhou y en possède le double , comme i*eprésentant le chanoine du baron et celui du premier vassal noble de la baronnie.

JdM . les curés de Rauvil le^la-Place , de Ste-Ck>lombe et de Colomby y ont des.

droits semblables , pu isq u'i Is son t de même les représentans des chanoines chargés jadis de desservir ou de faire desservir leurs églises 9 et que ces chanoines avaient des droits égaux..

On était alors à une époque où les seigneurs normands rivalisaient de zèle poùi* la construction deséglises et des monastères et oii, disent les historiens , on regardait comme perdu le joiu^ qui n'était pas consacré par quelque établissement religieux (i). Les seigneursde Néhoutravail-

fi) Unusquisque optimatiim certabat in pracdio sao ecclesias aedificare (WilL Gemet,,lib^ VI )>*^ txh utsibi pcriisse diem quisque opulentus existimet quam non aliquà prœclarà magniûcentià illuslret ( WilL Malmesb, ,deBeg. lib,^J,

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kient depuis long-terapsà augmenter et à enrichir une de nos plus belles abbayes y celle de Montebourg, de l'ordre de St Benoit y observance du Mont-Gassin (i) j qu'ils avaient fondée en 1090.

Richard et Baudouin de Meules , fik du comte Gislebert , avaient dirige , avec Roger, I«* abbé, les premiers travaux de ce monastère. Mais Baudouin de Reviers^ comte de Devon , petit-fils de Baudouin de Meules, fut celui qui s'en était le plus occupé. Le roi d'Angleterre Henri I*'^ étant mort en ii35 , deux concurrens^ Geoffroy

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(x) Le Mont-Cassin , situé dans k royavme de Naples , fat le principal établissement de St Benoit, t'est de l'obseryance du Mont-Cassin, dans Tabbaye de Montebourg, qu'est venu aux liabitans de ce lieu le nom de Cdsines et de Cassins, qu'ils portent dans une grande partie du départe • mcint. Cette dénomination , qu'on leur donne en mauvais sens , vient , comme l'on voit , d'une sainte origine. Avant l'an iSig, que fut consaci*ée l'é§|ise paroissiale actuelle de Montebourg^ les habitans assistaient à l'office divin dans l'égliso de l'Abbaye.

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Iroy Plafitagenct , aon gendre y et Etienne de Blois I son neveu ^ s'étaient disputé sa succession. Baudouin de Reviers était deveau en Angleterre un des plus grands ennemis d^Ëtienne. Celui-ci cependant Tajant emporté) prit à Baudouin ses principales forteresses et l'obligea de s'enfiiir en Normandie, où il vint se réfugier dans son château deNéhou (i).

Il s'y était beaucoup occupédeTabbaye de Montebourg. L'église de ce monastère gui, avant la révolution, était la pi us vaste et la plus remai'quable de la presqu'île du Gotentin , avait été achevée et en partie construite par ses soins (2). Elle fut consacrée^ en ii52, par Hugues d'Amiens, archevêque de Rouen , Rotrou de Beaumont ou de Neubourg , évéque d'Ëvreux,

(1) Uic.prior Hagulstad ,de gest. $tephaiil,apd, Twysden^col. 3k3 ; Beauties of England, Bevon. Worsley, Hist. of.the Ule of WigUt; et M. dtt Gerville, qui les cite dana son mémoire sur Vabbay» de Montebourg.

('x) Jd.,ibid.

l52 HISTOIRB DE NEHOU.

et Richard de Bohon , évêque d« Coula nces (i).

Cette dédicace fut des plus solennelles.

Henri, duc de Nonnahdie , qui peu après devint roi d'AngUterre sous le nom de Henri II 9 y était présent avec tous les abbés et les barons de Normandie (2). Mais ce brillant établissement, tout en prouvant l'opulence et la pieuse libéralité des seigneurs de Néhou, fut fatal à la collégiale fondée dans cette paroisse. C'était un usage alors que , le jour où se faisait la dédicace d'une église, tous lesseigneurs qui y assistaient fissent chacun une donation , soit en argent, soit en terres ou en privilèges, au nouvel établissement.

Guillaume de Vernon , fils de Richard fondateur de la collégiale, et baron de Néhou après lui , la transféra donc en ce jour à l'Abbaye de Montebourg avec les prébendes qui y avaient été annexées lors de sa fondation , et cela , comme il s'en

(i) Gall. Christ, j Neastria piaj Cartul. aMontisb.,

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explique lui-mcme dans sa charte de donation , afin que l'Abbaye fût enrichie et augmentée d'autant de religieux qu'on aurait remis de chanoines à ISéhou après le décès de ceux qui j étaient dans le moment.

Cette donation respire les sentimens de la plus tendre piété (i). Le seigneur la fît lui-même et la déposa sur l'autel delaSte Vierge , le jour même de la consécration de Féglise de l'Abbaye de Montebourg; et elle fut signée par l'archevêque de Rouen et par l'évêque de Coutances , qui la scellèrent de leur sceau.

Ainsi , par cette donation , passèrent à l'Abbaye la collégiale de Néhou avec la moitié de l'église St Georges et les revenus y annexés, les églises de Rauville-la- Place et de Ste- Colombe en GpUeville, la moitié de l'église de Çoloniby et la partie de celle de GoUeville annexée à la terre dépendante du fief de Yernon ou de la baronnie ancienne de P^éhou, avec tout

(i) Voyez la Note ^^, à la fin du rolum».

t64 HISTOIRE DE ICEHÛU:

les revenus qui y étaient attachés. Le donarteur y ajouta encore f église de Gonneviile au Val-de-Saire , avec le9 dîmes et autres revenus de cette église.

Le chevalier Guillaume de Reviers-la- Beurrière y dont la généposité etlabienfài'* sance ne le cédaient en rien à celles de soa seigneur suzerain , en fil autant lors de la translation de la collégiale de Néhou : il transporta également à TAbbaye deMon— tebourg et le canonicat que possédait son?

clerc de St Georges , et les revenus qu'il y avait attachés en iio5, par conséquent Fauire moitié de Téglise paroissiale de St.

Georges de Néhou (i).

Le pape Adrien IV, Hugues d^Amiens^ archevêque de Rouen y Richard de Bo-^ kon , évoque de Cou tances ^ Etienne d& Blois, roi d'Angleten^e et dac de Normandie , ainai que la |»ostéi^lté successive' dès de Vernon etd^s Reviers-ia-Beurrière approuvèrent cette translation (2).

Une ancienne tradition nous apprend-

* ■ ■! »i 1. ■ - ■ m il t I I II II I 1 ».

(1 ] Cartulaire a Montisb. , f.o 66« (a) /rf. , f.i» 54, 67, etc.

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que les çhatioines de Néhou ^ vraiment séculiers, répondirent bien mal aux vœux des fondateurs ^ et que ce fut là la raison pourquoi leurs prébendes furent transférées à M ontebourg. L^évêque de Coutances aurait même y d'après cette tradition , prononcé qu'on devait les regarder comme morts y quant aux effets de l'acte de translation ; et y qu'en conséquence , on ne devait pas attendre leur décès pour faire jouir de leurs bénéfices les religieux de l'Abbaye.

L'amour de la vérité nous impose Tobligation de montrer la fausseté de cette tradition. Elle devait sans doute son origine à une prétendue lettre de l'archevêque de Rouen à Tévéque de Coutances , laquelle est sans date , trouvée à l'Abbaye de Montebourg, et dont une copie existe aux archives de l'église de Néhou.

Cette lettre ne peut se soutenir contre la critique la moins éclairée. Hugues , archevêque de Rouen , y donne des avis à Aigare, évêque de Coutances/et lui laisse la liberté de prononcer la mort civile des

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chanoines de Néiiou i afin de mettre TAbbaje de Montebourg en possession de leurs revenus, qui lui avaient été donnés en il 52^ en présence de Richard de Bobon , évêque de Coutances ; tandis que révêque Algare j son prédécesseur , était mort en ii5i , un an au moins avant la donation dont il s*agit. Tout porte donc à croire que cette lettre est apocryphe et même supposée \ que les prébendes deNé^ hou ne passèrent à FAbbaye qu'après le décès des chanoines, et que ceux-ci ne méritent en aucune manière Tinculpatioa dont on les charge.

Dès-lors l'Abbaye de Montebourg fut chargée de la desserte de la paroisse de Néhou. La collégiale , quoiqu'ayant perdn ses prérogatives, continua à être desservie par le curé au titre du baron et par un autre prêtre. Ces deux ecclésiastiques la desservaient alternativement cha-cun leur semaine. Deux siècles après, les choses n'avaient pas encore changé: le livre blanc de l'Evêché de Coutances , rédigé vers i34o, sous Tëpiscopat de Louis

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