LIVRE IX
me ; la dirne des anguilles de la pêcherie qu'il désigne dans la charte de fondation sous le nom de Longa Roca j qu'on trouve nommée Lor^ue Bigne dans le partage de laSSy 177 ans plus tard, et qui désigne le lieu nommé aujourd'hui Romare (1) ; la dîme des pêcheries des moulins deColomby et du quart des pêcheries des moulins de Nëhouy ayec un emplacement de maison donné en franc-alleu dans le hourg dudit lieu , un logement dans le manoir des chanoines et vingt sous de rente en Angleterre. Enfin ^ il aumôna à la collégiale, pour cette prébende , la moitié de l'église de Colomby avec ,les aumônes et revenus appartenant à cette portion.
A cette 4>® prébende était attachée la fonction de secrétaire du seigneur fondateur et de directeur de ses domaines ;
(1} Le mot romare signifie mare de la roche, le mauvais latin longa roca et le vieux français longue bigne signiBent long rocher. Or, le rocher de. marbre bleu que l'on trouve aux environs de Romare s'étend fort au loin et traverse plusieurs paroisses.
l44 HISTQIRK DB NEHOU.
aussi, ceclianoine éla il auprès da seigneur dans ia pins grande intimité: dedi.^.^omnia rnea uidenda et custodîenda de clientihus meiscum dapemeo(i). ' * *•'"
' Après avoir déieiTniné le& revenus com* posant -chacune des prébendes dont il dota sa collégiale, Richard de Vernon attribua à cet établissement, pour lecommun usa** ge des chanoines y les dons et offrandes qui seraient faits à Téglise. Illeurconcéda ensuite, pour eux et leurs successeurs , des droits d'usages dans ses forêts de Monroc, consistant en droits de pâturage, de chauf* fage et d^aménagenient y c'est-à-dire droit de mettre des bestiaux à pâturer dans lesdites forêts , d'y prendre du boia, tant pour leur chauffage que pour la construction et la réparation de leurs maisons , comme il avait fait à ses vassaux nobles.
Le luminaire de cette église, ainsi que tous les objets nécessaires au culte , de7 V aient être entretenus de la dime du produit des redevances dues au fondateur
(i) Apd. Cart. Montisburgi.
lAVtbRlX. l4^
dans tout le bourg de ^éhou: eieulem ecrlesiœ quam constitui çoncessi in proprio dominio decîmam teloneide Casitello adlu" nen et ad necessaria ecclesia (jk).
Du consentement de Richard de Veiv non ) Guillaume de Reviers-la-Beurrière flon premier vassal noble ^ mû par un grand sentiment de piété ( commotus magna pietafe)y plaça également dans la collégiale de Notre-Dame y en qualité de chanoine, Richard, fils de Baudouin, son clerc de Si Georges de Néhou. Il lui aumôna pour sa prébende, non seulement la dîme des grains qui se récoltaient sur les fonds de son fief de Reviers-la-Beurrière , mais il lui donna encore des droits d'usages de chauffage, de b&tiinens et de réparations , dans ses portions de la forêt de Néhou, appelées Monroc etHaye*de- Danneville. Ces usages étaient à l'instar de ceux qui avaient été aumônes aux chanoines de Richard de Vérnon.Illui donna de mémç un logement dans le bourg
de Néhou.
(i) Apd. Cart. Montisbur^
l46 HISTOIRE DB MGHOU.
Il paraît que le 4" chaaoine de Richard de y ernoo éiaitplus distinguépar sa scien— ce que le commim des clercs à cette époque. Il rappelle constamment Raàulphus grammaticusj Raoul le grammairien. Ce seigneur ayant fondé à Néhou un établissement où l'on enseignait les langues , sans doute ^ le donna à la prébende de ce chanoine. Cette école fut , sur la demande que lui en avait faite Richard de Veruon, autorisée par Raoul , évêque de Coutances 9 de Ta vis de Gosselin et de Pierre , ses archidiacres, et à la recommandation de Henri !«', roi d'Angleterre et duc de Normandie. On ignore combien de temps a duré cet établissement* Voici le texte de la fondation: Hic supradictus episcopus^ laude Henrici régis Anglorum^ et meâ precej et consilio Goscellni et Pétri archi-diaconoTum suorvm, dedil mihi infeodo te^ • nere sckolas in Nigelli humo, Has schoias' concessi prœbendœ Radulphi (i).
Ho^nond , chapelain du seigneur , fiit chargé de porter à Coutances la charte de
(i) Apd. Gart. Montisburgi.