‹ Histoire de la paroisse de Néhou: depuis les temps les plus reculés jusqu'aChapitre 56 sur 64 · LIVRE JCI · texte numérisé non relu

LIVRE JCI

mouruten i757»Son successeur ftit Nicolas Le Flamand y auquel succéda en 1774 M • Jean-François Février > de la paroisse de La Meurdraquière. M. Février mourut en 1783, et fut remplacé par M. Joseph Viel , de Fres ville > mort en 1829.

Le premier Religieux vicaire-perpétuel deNéhou au titre du premier vassale noble de la baronnîe , connu sous le nom de curé pour la grande portion , fut un moine de Tabbaye de Montebourg , nommé Sapbo ; il fut nommé en Pan 1 180. £n Fan i200, il avait pour successeur un autre moine nommé Pierre. Nous ignorons répoque de sa mort et ' le nom de son successeur immédiat. Celui que nous retrouvons le premier après lui dans la desserte de la paroisse et à son titre, était encore un moine de Montebourg, nommé Frère Jean .[Il fut nomméen Tan 1288 et mourut en 1294. L'Abbaye nomma sur le champ pour le remplacer un autre de se»

Religieux nommé Béatrix , lequel , si toutefois il vint à Néhou, ne desservit pas long-temps cette paroisse ^ car nous

1 78 niSTpIRB DB H iao0.

le voyons ) dès cette m^i&e année ia94) remplacé par Denis» lequel étant devenu encore en cette année , chanoine de Coutances, résigna à Raoul Malter. Ce Dénia fut le premier prêtre séculier que l'Abbaye ait présenté à cette cure. Raoul Malter, qui devint curé en 1294 9 mourut sans doute vers i3i3| car nous le voyona en cette année remplacé par un Religieux bénédictin de l'Abbaye de Montebourg, nommé le Frère Pierre. En iSag, Dénia Le Coq, déjà curé de la petite portion, cumula les deux bénéfices, mais il fut r^nplacé l'année suivante dans la cure du vassal par Robert Lepissa , qui fut curé depuis i33o jusqu'en iSSj. En cette an« née^Théobald ou Thibault de la Haye lui succéda. Le premier qui vint après s'appelait Jean Le Moine. Nous ignorons Tannée de sa nomination et celle de sa mort. En i44^ j Nicole l'Eperon était pourvu de ce bénéfice, et en 1488, il était remplacé par Pierre Le Roy. En «524 9 cette cure était remplie par Yves Ernouf^eten i574parGuillaumedeTrou8^

•ej 9 qui mourut ^n i59i • En cette année, rÀbbaye y nomma Jacques Ferrier , fila dé Thomas j contrôleur des tailles à Va* lognes. Mais il résigna presque sui^le^ champ à Alexandre Levaast , qui lui-même fut remplacé en i583 par Bon de Montchai y prieur de St-Jean«<les-Bois , lequel cumula les deux bénéfices^Kïures en i58$ et mourut en 1619. Le successeur de Mes« sire de Montehal fut Julien Perrey, qui mourut en 1627 ®^ ^"^ remplacé par Jean Campion. En 1644 l'Abbaye nomma à sa place Pierre La Joye, curé de Monthuchotti qui mourut vers i655. Il eut pour successeur en cette année Gilles Denis „ docteur en théologie^ auquel succéda Guillaume- Antoine Dubois en i665^ Quinze ans plus tard , c^est-à^direen 1680,, Pierre Digne , curé de Lastelle , fut nommé par FAbbaye en remplacement de messire Dubois^ Il mourut vers 1706, En cette année TAbbaye nomma pour lui suc-* céder M. Pierre I^e Sauvage, mort en odeur de sainteté. M. Pierre Groult, de Cherbourg 1 1^ remplaça en 1756 > et re-

i8o HisrroiHB 0b iibhou^

vint mourir au milieu de sou U*oupeau y.

en i So6 , après ayoir supporté les rigueurs de Texil au temps de la ten-eur.

Depuis la mort de ce dernier ecclésia»tique y il n^ a plus eu qu*un seul curé à Néhou, comme cela est arrivé dans toutea les autres paroisses qui avaieui plusieurs titres avaat la révolution.. M. Tabbé Viel^, que nous avonadit être mort en 1829^ et qui desservit la paroisse conjointement avecBf . Groult jusqu'en 1806 , fut le pre^ mier qui, depuis la révolution ,. gouverna seul cette paroisse. Il a été remplacé ea 1829 par M. Jean-Pierre-Augustin Quetr tier, curé actuel. Mais comme cette paroisse est trop étendue pour que tous les &dèles puissent se rendre aux offices de Téglise paroissiale ,.11 y a eu depuis 1804» un ecclésiastique chargé de faire l'office dans une chapelle désignée sous le nom de Chapelle de Monrocj jusqu'en i8a3|^ que fut achevée la nouvelle église dédiée sous l'invocation de St-f acques.

Cette chapelle ^ avant la révolution , ne servait pas moins à çeeevoii* à.roffii:e àir^

Lrrtt »; «Si

tin les fidMeaqueréloignemeDtderëglise pai'oissiale en aurait souvent détournes.

Mais alSn de donner là-dessus des détails plus clairs y il est nécessaire de reprendre la chose de plus haut. La chapelle de Monroc » d'ailleurs ^ étant regardée com* me le lieu le plus vénérable de la paroisse et ajant été autrefois si utile, on nous saura gré d^en retracer Forigine et d*ea^ quisser son histoire.

On sait que vers la fin du XI® siècle commencèrent les Croisades ^ c'est-à-dire les guerres entreprises pour délivrer la Terre-Sainte du jpug des Mahométans« Ces guerres faites par les princes chrétiens contre les Infidèles } se firent à diverses TejHÔsespendantun espace de près de deux eents ans. Mais il arriva que beaucoup de ceux qui faisaient partie de ces expéditions rapportèrent la lèpre de la Palestine, oii cette affreuse maladie était commune.

Beaucoup même la gagnèrent en Europe^ en communiquant avec les lépreux. Pour recevoir les malheureux atteints de ce mal ^ on fonda en France un grand nom-;

i 8a HISTOIHB 0B If éHOU.

bre de maisons appelées Ladreries^o^ £^ prosêries ; et, pour cela^ on choisissait de prëfëreoce les lieux élevés , où Taiv ét^it i>lus pur« Telle est l'originedé la chapelle de Monroc (i). La bienfaisante famille de Reviers-Vernon s* était y comme noua avons eu l'occasion de le remarquer y déjà bien de&fois distinguée par ses libéralités en faveur des églises et dea monastères^ Elle ne pouvait reculer en présence de ce nouvel établissement à former en faveur

(i) Notrfr-Bame delà Bélîviande, à Rauville-^ la-Place y fut un de ce» hospices. I^epuis ptusieuiSL siècles, la chapelle est sous rîuTocatîon de la S M Vierge ; ma^ y dans le temps de& Croisades, où cll6 îxkt Ibndée, elle était dédiée à St Jacques et portait, le nom de St-Jacques de^ Hpreuxs Quand la lèpre a cessé d'e2,îster dans ce pays, les revenofl^ de cette chapelle ont été destinés à la nourriture et à ^entretien de dix à douze pauvres, qu'on lo^ gea d'abord près du Presbytère de Rauyille \, mais comme on ne voyait J»a^ bien la nécessité de maintenir là un hôpital y on finit par distribuer vxa^ pauvres les revenue de l'ancien établîssemenl ( Renseignemens communiqués f^r M*. Cupdsf^ eurà de RMtUinlU-la-Place)^

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delà religion et de l'humaDÎtëu Un de ces hôpitaux fut donc fondé dans le lieu toisin de la chapelle de Monroc^ sous le règne de Philippe-Auguste ^ et la chapelle qui fut construite en même temps devait servir d^oratoire à cette maison. L'hôpitai est depuis long-temps détruit, etpeut*^tre la chapelle le serait aussi , si sa destination religieuse ne l'eût mise à l'abri des ravages du temps. Elle fut, à la prière de Richard de Yernon , de l'agrément et du bon vou«loir de Roger, abbé de Moutebourg , dé« diée sous l'invocation de Si Jean , apôtre et évangéliste , au mois de juillet 132a , par Hugues de Morviile, évéque de Coutances , que l'histoire nous fait remarquer comme un des principaux bienfaiteurs des Léproseries^ sous les règnes de Philippe^ Auguste , de Louis VIII et de St Louis* L'acte de dédicace se trouve dans le car-* tulaire de l'abbaye de Montebourg, et nous en possédons une copie. Il y est dit que l'érection de cette chapelle ne pi^judiciera en rien aux droits des églises de* ^otre-Dame^de-Néhou, de St-Georges

i84 HISTOIRE DE NÊHOU.

de Néfaou et de Ste-Ck>lombe. Que le prêtre qui la desservira sera rétribué par les trois églises susdites , et qu'il seraobli* gé y si besoin est y d^aider aux curés de ces églises ) dans la desserte de leurs paroisses respectives.

On ignore combîèn de temps cette Léproserie a duré. Peut-être était-elle dès son origine une dépendance de THôtel- Dieu de St-Lo, fondé, ainsi queThospice de Goutances , par le grand évêque qui fit la dédicace de la chapelle. Mais on ne possède là-dessus aucuns renseignemens dans Néhou , et nous nous sommes assuré que le recueil des chartes et autres titres de l'Hôtel-Dîeu de St-Lo, où nous aurions pu puiser là-dessus des choses précieuses, a disparu depuis long-temi^s. Ce qu'il j a de certain , c'est que vers i34o où fut ré^ digé Tancien registre du diocèse de Goutances, connu sous le nom de Livre Blanc et dont nous possédons un extrait, un frère de rHotel^Dieu de Sl-Lo était tenu ' de desservir cette chapelle , et les fruits et revenus de son bénéfice consifllaient en blés et en offrandes.

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A répeque de la confection dû Lwre Mancy dans lequel nous avons puisé ce renseignement, les Croisades étaient pas* fiées depuis long-temps , et il est yraisemblable qu'alors la chapelle de Monroc , qui fut bientôt décorée dutitre de prieure et qui fut connue sous le nom de prieuré du Belarhre , servait , comme elle a toujours servi depuis , àrecevotr leshabitans de cette section à Foffice divin . Néanmoins , le souvenir de sa destination primitive n'était pas encore effacé ^ et ce fut sans doute pour le perpétuer qu'on y plaça sur la fin du même siècle ou au commencement du suivant, c'est-à-dire vera i4oo, une statue de St Roch , invoqué contre la peste et les maladies contagieuses. Cent cinquante ans plus tard, elle fut enrichie d'un monument bien autrement considérable , qui rappelait l'objet des vœux de ceux dont elle fut le refuge, lesquels, tout en cherchant à délivrer les Chrétiens du joug des Infidèles , n'avaient pris les armes que pour conquérir et arracher à leur puissance la terre qui avait

§86 fijESTOiu i^n MBUDir»

Jadis renferma le tombeau du Sauveur du monde h Ce monument i tout en pierre de Caen 9 représente Notre^eigneur que deux hommes descendent dans un cercueiU A sa gauche , se trouve St Jean Févan^ géliste) Joseph d^Arimathieettrois saintes femmes^ tous de grandeur naturelle. Il est digne de figurer dans une des plus belles églises , et, quoiqu*en restant en ce lieu il en rappelle ladestination primitive^ ce n*est pas sans un véritable regret que Ton voit ce monument dérobé à la vue des fidèles et relégué dans une chapelle maintenant abandonnée. Nous ne pouvons pas faire connaître celui ou celle qui l'en a dotée ^personne ne possède là-dessus de ren* seignemens^ maisnous pouvons dire avec assurance qu*il est du temps de la renaissance des lettres et des beaux -arts, c'est* à-dire du siècle de François I.^: des hommes plus savans que nous partagent notre sentiment à cet égard.

Immédiatement avant la fondation de*^ l'église de St-Jacques , on ne faisait pas dans la chapelle l'office d'une manière

aussi

LitKE XI. 187

&U68i absolue que dans Pëglise paroissiale et il est bien probable que de tout temps il en avait été ainsi. Nt)us retrouvons eu e£fet aux archives de Téglise de Néfaou ua accord fait le a4 août 1444) entre Guillaume Le V^rable , curé de Néhouy et rHôtel-Dieu de St-Lo , qui le pl'ouve assez clait*ement. Par cet acte, Pierre Vaul-.

tier , prieur du Belarbre y dontlacfaapelley comme cela n'était pas rare -alors, avait changé d e patron titulaire et était pour lors sous rinvocation de la Ste Vierge , reconnaît que les maisons, terre et jardia par lui occupés sont sous Tadministration spirituelle du curé } qu'en conséquence le prieur n'entendra point les confessions des paroissiens à l'extrémité et ne leur administrera point TExti'ême-Onclioa.

ni l'Eucharistie, sans la permission écrite du curé ; qu'il ne donnera point de bénédiction nuptiale , ne fera point de relevailles et ne baptisera aucun enfant ; maia qu'il bénira Teau et le pain à voix basse ^ qu'il pourra faire le pi^ne et annoncer les fêtes de la semaine. Quant auiprocea*

t88 HISTOIRE DE IfEHOV.

sioiMy il n'en fera pas même le Jorn* àei Rameaux ; il ne fera point de TénSrei ni le reste de TofEce de la Semaine sainte, ni l'oi&ce du samedi vigile de ia Pentecôte, mais dira la messe basse et sera le seul de sa maison exempt de sépulture à la paroisse; il percevra les offrandes qui se feront dans la chapelle, mais il acquittera la dime de ses terres et de ses jardins, excepté celui où est la chapelle , s'il n'y est cultivé du froment, de l'orge, du seigle ou autres grains de consommation.

Ce règlement a été observé jusque vers l'an 1710, que Thôtel-Dieu de St-Lo Vendit au baron de l'Angle le prieuré du Belarbre, la chapelle, les terres et autres dépendances. Depuis ce temps jusqu^à la révolution , la chapelle a été desservie de la même manière qu'auparavant par un prêtre attaché à l'église de Néhou , et envoyé à Monroc pour cela toutes les fois que tes besoins spirituels de la poptilation l'exigeaient. Depuis la révolution jusqu'^ la dédicace de l'église de St-Jac* ques , un chapelain spécial y a été attaché

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