FEU ONES
füt dans la bâtisse avec toute sa famille, lo tonnerre ne
leur fit aucun mal, heureusement. Il n'en voulait qu’à
la vieille rolique dont il fit une ruine complète. * Ce moulin allait par l’eau.
La guerre de 1812 enleva une centaine d'hommes à la paroisse de Saint-Augustin. Le sentiment guerrier n’était pas encore éteint dans le cœur de ces descendants des héros du siècle d’auparavant ; c’est pourquoi on accourait à l’appel de la Païrie en danger.
M. Jacques Jobin avait alors un peu plus de 4 ans, et il se x den encore l'incident suivant qu'il raconte avec plaisi..
Durant cette guerre de 1812, dit M. J'obin, j'avais comme 4 |
ans, et je me souviens d’un vieux qui demeurait pas loin de chez nous et qui était bien dévot. On lui avait emmené à la
guerre son garçon, le seul soutien de ses vieux jours. Le
dimanche, ce brave homme réunissait chez lui les enfants du cantor, pour prier le bon Dieu pour son garçon qui était à la guerre. Il disait que le bon Dieu écoute mieux la prière des enfants que celle dés grandes personnes.
‘Quand j'étions tous réunis, il nous faisait mettre à genoux, joindre les mains et puis il nous disait de prier bien fort (avec dévotion) et de répéter après lui. Il commençait alors une longue prière pour son garçon Pierrot, qui était à la guerre,
Après avoir prié bein fort pour son garçon Pierrot, le vieux nous faisait prie pour les garçons de ses voisins, aussi à la guerre. ‘ Allons, mes p'tits gars, disait-i], il nous faut prier pour Charlette & Charles et pour Prisquette à Prisque, afin que le bon Dieu les ramène avec mon gars Pierrot.” Et puis on priait après le bon vieux, qui, des fois, pleurait ; on répétait les prières qu'il disait,
h ! bien, Monsieur, le bon Dieu a eu pitié du hou vieillard: après la guerre, son Pierrot, un gros gaillard, bein hâti, revenait dans la paroisse avec Charlette et Prisquette, et puis pas un brin de mal ! j'vous dis que ça en fut une fête !
Foi touchante et naïve, confiance admirable de ces beaux jours en la Providence du bon Dieu, quel charme vous offrez à celui qui croit, et comme cos prières devaient aller tout droit au trône de celui qui a dit:
‘ À moins que vous ne deveniez Semblables à l'un de !
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DK SAINT-AUGUSTIN 327
ces potits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des Cieux. ” (1)
a paroisse de Saint-Augustin a eu, durant plusieurs années, des miliciens de 1812, qui recevaient leur paie ou pension du gouvernement. Il n’en reste plus un seul. Les deux derniers que la Mort a enlevés, ‘urent un M. Drolet, le pe du ci-devant curé du Cap- Kouge, et un M. Soulard.
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Quant aux événements de 1837 et 1838, aucun babitant de la paroisse n’y prit part d’une manière active, Il y avait bien les noms de Bureaucrates etde Patriotes que l’on se donnait ; mais rien de plus.
Connaissant déjà l’obéissance des paroissiens à leurs curés, il est facile de comprendre que le curé d’alors, M. Lefrançois, put les empêrier de prendre part à l'insurrection,