‹ Histoire de la paroisse de Saint-Augustin (Portneuf) [microforme]Chapitre 139 sur 147 · LES CHEMINS · texte numérisé non relu

LES CHEMINS

Il ne saurait y avoir de doute quantà l'établissement

du premier chemin de la paroisse, quoiqu'il n’en soit.

fait aucune mention dans tous les papiers consultés. On a dû avoir pour premier chemin celui qui se voit

encore au pied de la côte, sur le bord même du fleuve,

là où s'établirent les premiers colens et là où furent bâties les deux chapelles de bois et l’église de pierre formée en 1816.

Plus tard et petit à petit, à mesure. que les défrichements se firent sur 1a côte, on dut ouvrir des bouts de chemin qui ne se complétèrent que longternps après, comme nous allons le voir bientôt, Dans les commencements de la mission et de la paroisse, on se rendait en ville et l’on en revenait par eau, en été, et, en hiver, on devait suivre la glace formée sur le rivage. On a vu que, en 1733 la fabrique payait 5 livres à deux habitants chargés de ‘ ramener en ville M. le Vicaire dans sa visite. ”

Parmi la liasse énorme de vieux actes que nous avons pu consulter, nous avons trouvé les renseignements suivants au sujet des chemins,

Le 15 mars, 1731, Proclamation d’'Eustache Lanouillière de Boiscler, conseiller du roi et grand voyer en la Nouvelle-France, faite au sujet de 12 pont: sur le chemin qui passe le long du fleuve Saint-Laurent, dont 8 à la charge des propriétaires des terres sur lesquelles ils doivent 6e faire ; et quatre, savoir : celui du moulin banal, celui de la terre de Michel Poireau, un autre sur la Rivière-des-Roches, et le quatrième, sur la terre d'Etienne Doré, à la charge, construction et entretien, d'un certain nombre d’habitants nommés dans la proclamation. Le grand voyer ci-haut nommé ordonne de sortir le bois nécessaire à la construction de ces ponts, avec les dimensions voulues pour lambourdes, semelles d'étai, garde-fous, etc. Cette proclamation est signée de ï. le curé Desnoyers, P, Constantin, Jean iles Charles Tinon des Roches et de De Boiscler,

Joseph Gingras représente au grand voyer que lo pont qui À mt sur sa terre est très long et d’une trop grosso dépense pour être fait et entretenu par lui seul, Vu la justesse de cette représentation, le grand voyer lui adjoint d’autres habitants de l'endroit.

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DE SAINT-AUGUETIN 373

Le 3 et le 4 de juillet, 1738, plusieurs habitants, ayant représenté qu'un chemin leur est nécessaire, au nord du lac, pour sc rendre à l’église et pour aller en ville, en passant par la côte Saint-Ange ot Champigny, il fut tracé un chemin qui prit le nom de Aoute où Côte de la Ferté, et le procès-verbal en fut dressé an quantième ci-haut écrit,

Les habitants pétitionnaires avaient aussi représenté que, assez souvent, ils ne pouvaient se rendre en ville à cause de la rivière du Cap-Rouge.

Vers la mi-novembre de 1745, certains habitants de la seigneurie Bélair, appartenant aux RR. PP, Jésuites, et de la seigneurie de Fosseribault, appartenant à Mile Peuvret, demandent au grand voyer Lanouillière de leur marquer un chemin du roi, à partir du domaine des Pères à aller jusqu'aux habitations de Jean Lefebvre, Jean, Michel et Alexandre Trudel, de Fossembault,

Ils demandaient encore un chemin de descente pour se rendre à la route Bussière et Valin, afin d'aller à l'église ot au moulin de Saint-Augustin, ce dont ils étaient privés depuis 11 ans. Ce chemin est celui du trait-carré.

Tels sont les principaux chemins qui furent ouverts sous la domination française, y comprenant la côte et la route de la vieille église qui durent s'ouvrir, la première, peu de temps après l'établissement des

emiers colons sur le bord du fleuve et en bas de la alaise, ot l’autre, à mesure que le: défrichements se faisaient sur le haut de cette falaise ou côte,

Plus tard et après la eession du pays à l'Angleterre, on ouvrit In grande route publique allant de la paroisse vers Trois-Rivières, et d'autres chemins de moindre importance.

es voies publiques devenaient impraticables à certaines saisons de Te, vu le sol glaïiseux de la plus grande partie de la paroisse, Quelques-uns pénsèrent alors à faire mac-acadamiser les chemins ; mais, comme

il arrive presque toujours dans nos campagnes, tout ce ui touche au nouveau doit rencontrer de l'opposition. 1 semble étrange que l'on puisse préférer un chemin

casse-cou à une bonne voie carrossable; cependant,

cela s’est vu et se verra encore, tant est grand, en général, l'amour de nos campagnards pour l'ornière de la routine.

Après la naissance de bien des projets suivis d'autant d'échecs et de désappointements, le promoteur principal des chemins mac-adamisés, le Dr P. La Rue, crut, vers 1850, qu'il allait réussir dans les efforts qu'il faisait, dans ce sens, depuis si longtemps.

Le premier pas, dans cette direction, fut un règlement du conseil municipal, obligeant les contribuables à fournir 4# boîtes. de pierre cassée, ou $1.60. Cette

‘Mpremière démarche était due aux instances réitérées du

r LaRue, qui fut l'âme de ce mouvement.

À la proclamation de ce règlement, le mécontentement général fut si vit, si manifeste, que les conseillers crurent agir prudomment en rescindant leur mesure, et le projet tomba à l'eau au grand chagrin du Dr LaRue et d'un fort petit nombre d'hommes assez aveugles pour préférer de bons chemins à des voies qui défonçaient régulièrement le printemps et l'automne, et, souvent, aux grandes pluies de l'été.

Lors de l'octroi de la législature d’un million peur

travaux publics, le Dr LaRue revint à la charge, et il réussit à engager la municipalité à contracter un emprunt de $4,000 à être appliquées à l'amélioration et au mac-adamisage des principaux chemins de la paroisse ; mais juste au moment où le'’succès semblait certain, des influences occultes réussirent à faire manquer ce projet. Il fallut encore se soumettre à attendre une autre occasion plus favorable, et, en attendant cette occasion, on continuait de patauger, à briser ses voitures, morfondre ses chevaux dans les pots à brai des routes publiques. ;

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ration, et il s’empressn d'en faire part à M. le curé Milette,

J'ai trouvé, dit le docteur au curé, ie moyen de faire mac. adamiser nos chemins, si vous voulez me donner le concours de votre influence, Faites de ces travaux une affaire religieuse, et le succès est assuré ; voici comment,

L'état des chemins est tel que, chaque printemps, nous ne pouvons jouir de la grande procession de La Fête-Dieu, quoique nous ayons deux fort jolies chapelles de chaque côté de l’église, à une distance de quinze arpents l’une de l’autre. Pour cet objet, personne ne refusera de faire sa part, au moyen de corvées et ae pierre cassée, Les deux voisins des chapelles, Gilles Meunier et Ambroise Desroches, deux cultivateurs riches et plains de bonne volonté, étant exempts des corvées, mac. adamiseront leur chemin seuls et à leurs propres frais, L'exem.ple sera donné et il sera prouvé que ces travaux sont non. seulement possibles, mais à la portée de tous ceux qui ont un peu de bonne volonté.

M. Milette, qui souffrait presque autant que le Dr LaRue du mauvais état des ehemins, agréa ce projet, le mit vigoureusement à exécution, y contribua largement par ses démarches et de sa bourse, puis, dans le court espace d’une semaine, les travaux d’une vingtaine d'arpents se firent avoc zèle ot même avec enthousiasme,

Le problème était résolu par ces travaux prélimipaires de mac-adamisage : on était maintenant con-

vaineu qu’il était possible de'se faire de bons éhemins

sans se ruiner.

Peu de temps après cette épreuve, les travaux se poursuivirent sur presque tous les chemins, Le Dr LaRue, devenu député du comté de Portneuf, en 1867, obtint de la législature quelques sommes qui aidèrent aux habitants à mac-adamiser les routes. (1)

Au sujet des voies publiques de la paroisse de Saint- Augustin, voici ce que dit M. J.-M. Lemoine, daus la seconde édition de L'Album du Touriste :

Je ne puis concevoir comment les habitants dés paroisses voisines, qui ne macadamisent pas leur voie publique, peuvent

| (1) M, le Dr LaRue a 6t6 no.amé faonseiller législatif au mois de mars de 1885, :

se servir, sans remords, du grand chemin de Saint-Augustin. Les efforts constants des déux membres de Portneuf, pour améliorer les voies et chemins, et la position du membre local, le Dr P, Larue, auprès de la Province de Québec, «doit être une garantie suflisante que le macadam, la colonisation et le progrès se continueront vers les paroisses de l’intérieur, Sainte Catherine, Sainte-feanne-de-Neuville, Saint-Bazile, Saint-Ravymond, etc.

Aujourd’hui, l’on peut voyager, dans toutes les parties de la paroisse et à toutes les saisons de l’année, sans risquer de se tordre le eou, comme autrefois, et les paroïssiens n’en sont pas plus pauvres, saus com ter que les chevaux et les voitures s’en trouvent beauc up mieux.

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