‹ Histoire de la paroisse de Saint-Augustin (Portneuf) [microforme]Chapitre 97 sur 147 · PRE PTT RE L'HABILLEMENT ET LES COUTUMES, ETC · texte numérisé non relu

PRE PTT RE L'HABILLEMENT ET LES COUTUMES, ETC

Un poëte du 18me sièle, (Lamothe) l’a justement dit :

Du sage mal vêtu le grand seigneur rougit ; Et cependant l’un est un homme,

L'autre n’est souvent qu'un habit,

Nos Pères n'avaient pas l'amour effréné du luxe qui, malheureusement, caractérise la génération actuelle. On était plus humble, plus medeste qu’on ne l’est aujourd’hui, et l’on n'avait pas honte de porter les étoffes fabriquées à la maison ; au contraire, on 8e faisait un honneur et une gloire de les porter ; et, sous ces habits d’étoffe du pays, il y avait des hommes dans la force du terme, et de ces fommes fortes telles que les veut l'Evangile. S'il en eût été autrement, auraientils pu faire ce qu'ils ont accompli et laisser après eux et à leurs descendants un titre dont ceux-ci doivent s’honorer : “ Peuple gentilhomme ? ”

Oui ! nos ancêtres, sous leurs habits devenus trop grossiers pour nous, leurs descendants dégénérés, avaient toutes les qualités qui font le gentilhomme. Jamais, chez eux, hommes intègres, bons et polis, l'intérêt ou l'amour du luxe ne l’emporta sur la justice et les sentiments de l'honneur ; jamais la matière ne fit défaillir le cœur et l'esprit, comme nous le voyons si souvent de nos jours. Autant que la nature humaine (je n’exagère rien, l'Histoig est Ià pour le dire) peut parvenir aux splendours des vertus sociales, autant y

RS LA | CAE AU ANR

316 SOUVENIRS, LÉGENDES, ETO.

arrivèrent ces hommes forts d’un autre siècle, soutenus qu'ils étaient par le besoin qu'éprouvent certaines âmes privilégiées de graviter sans cesse vers la perfection. Ils ignoraient la tyrannie du luxe et la tyrannie encore plus terrible de la débauche, L'habitant, à cette époque reculée, était un époux fidèle, un père représentant Dieu dans sa famille aussi bien que le

: Créateur peut être représenté par sa créature, JLa

femme, pour lui, c'était sa compagne inséparable avec laquelle ïl marchaït, la main dans la maïn, jusqu’au

tombeau. Il avait besoin de ses soins, de sa tendresse,

de cet enchantement de toutes les heures que répand la femme chrétienne dans le sanctuaire de la famille.

Aussi, il fallait voir de quel respect, de quel amour les enfants entouraient les auteurs de lours jours, et avec quelle promptitude ils leur obéissaient !

Puis, lorsque les soins du ménage et de la ferme étaient devenus un fardeau trop lourd pour les épaules du père et de la mère ; lorsque était arrivée pour eux l'heure où l’on sent le besoin de se recueillir et de ge reposer avant d'entrer dans le repos de la tombe, on pouvait voir les deux vieillards, encore appuyés lun sur l’autre, recevoir toutes les marques de respect et d'amour de la part des enfants qu’ils avaient formés à la pratique de toutes les vertus chrétiennes et sociales. On aurait dit que leurs couronnes blanches, formées par soixante quinze ou quatre-vingts hivers, ajoutajent encore à ce respect et à cet amour.

‘“ Tes père et mère tu honoreras, afin de vivre longuement sur cotte terre, ” est de précepte divin. Aussi voyons-nous, dans les registres de la paroïsse de Saint- Augustin, un grand nombre de personnes mourir à un âge très avancé, et quelques-unes ont pu célébrer le centenaire de leur naissance. Il en a été mentionné un certain nombre en compulsant les registres : on en trouvéra les noms dans la première partie de ce travail : HisTOIRE ROOLÉSIASTIQUE,

Malgré sa proximité de la ville, la population de

bot ed fre mn

oO AD 09 © ©

, soutenus certaines ers la peruxe et la L'habitant, , un père en que le ture. Ja rable avec , jusqu'au tendresse, ue répand la famille.

quel amour rs jours, et ‘à le la ferme les épaules > pour eux ir et de ge tombe, on

et sociales.

8, formées , ajoutaient

célébrer le mentionné res : On en ce travail :

ulation de

DE SAINT-AUGUSEIN 317

Saint-Augustin forme une perche où l’on a conservé le mieux les goûts de nos Pères pour l'habillement, le genre de vie en général et pour le respect que l’on doit aux vieillards. Est-ce pour cela que les vieillards y sont si nombreux ? Ou est-ce parce qu'ils ont eu, eux-mêmes, lorsqu'ils étaient jeunes et ne pensaient as qu'ils deviendraiont vieux, un jour, ce respect pour es cheveux blancs, ainsi que pour le père et la mère, commandé par Dicu même ?

Les étofles de fabrique du pays sont encore en honneur dans cette paroisse ; le luxe y a pou d’adeptes, et c'est pour cela, sans aucun doute, que cette paroisse est une des plus riches du pays. On a bien abandonné quelques articles de toilette des ancêtres, comme la couette, qui était venue de France ; mais c'est ici qu'elle a régné le plus longtemps, et il n’est pas besoin de s'adresser aux Vieux pour nous parler de cet ormement indispensable à la toilette des aïeux, (1)

Quant à l'habillement, et des hommes et des femmes, il est resté, à peu près, ce qu'il était au commencement de ce siècle, et il en est de même pour ce qui regarde l’ameublement des maisons,

En un mot, en semble aimer à conserver, dans cette paroisse, tout ce qui a un cachet d'ancienneté, et qui voudrait dire que cela ne fait pas honneur à la population qui cultive ainsi l'amour du passé ?

L'auteur doit la plus grande partie des souvenirs et des légendes qu'il rapporte, à M. Jacques Jobin, habitant le rang des Mines et dont il a déjà été parlé.

Quelques mots de la généalogie de ce respectable

vieillard serviront de préambule aux ‘“ Souvenirs et légendes, ”

(1) Au Château-Richer, il y à une trentaine d'années, on voyait encore ja couette. Le dernier à la porter et mort avec, était Jean Huot, surnommé Jean mon mari, parce que sa femme ajoutait toujours : mon mari, quand elle parlait de ‘‘ son vieux. ?’

, vs , ” ” À LIRE NI CURE RUES CARS MIT EN EN NME NNLAE RAA CORNE ct domi F u PR ANANT fe d mure \ AA TD MDN ANRT CARE 1 GT 7 Lie mitraranentpve DA ON ARE AR A DANIEL

DE RC AIM NE EL a MAT 4 A! ” # l

818 SOUVENIRS, LÉGENDES, ETO,

Page 1