V.—FRANÇGOIS-XAVIER, marié en 1808 à Gertrude Amiot
VL.—FRrangois-XaAviER, né le 15 juin 1809 ; marié le 25 août 1835 à Esther Bilodeau, native de la Canardièro—décédé le 3 février, 1866.
Ce doit être Jacques, le quatrième de la génération, qui a émigré à Saint-Augustin, car on ne voit pas, dans les registres de la parôisse, son mariage avec Geneviève Laisné, tandis qu’on peut lire, à la date du 18 janvier de 1808, le mariage de leur fils Jacques à Louise Drolet,
Le 25 juillet de la même année, on voit le mariage de François (un autre des enfants de Jacques et le
ère de l'historien) avec Gertrude Amiot, C’est M. Vésina, alors curé de Saint-Augustin, qui a béni ces deux mariages.
Continuons de citer M. Casgrain :
L'aïeul de M, Gärneau était un riche cultivateur de Saint- Augustin : il avait conservé un profond attachement pour la France et un vif souvenir des gloires et des malheurs de la patrie, au temps de la conquête. ‘ Il se piaisait à raconter, dit M. Garneau, au commencement de son Voyage en Anglelerre et en France, les exploits de ses Pères et les épisodes des guerres de la conquête.
Mon vieil aïeul, courbé par l'âge, assis sur la galerie de sa longue maison blanche, perchée au sommet de la butte qui dominé la vieille église de Saint-Augustin, nous montrait de sa iñèin tremblante le théâtre du combat naval de l’Atalante avec plusieurs vaisseaux anglais, combat dont ii avait êté témoin dans son enfance, (1) Il aimait à raconter comment plüsieurs de ses oncles avaient péri dans les luttes héroïques de cette 6 e, et à nous rappeler les noms des lieux où s'étaient livrés une partie des vs combats restés dans ses souvenirs. à
A la mori de ce bon vieillard, reprend M. Casgrain, après
() Ce combat se Hivra en 1760, vis-à-vis de la Pointe<aux-Trembles,
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cette citation de l'historien Garneau, son fils aîné, Jacques, hérita du Lien paternel. Le père de M. Garneau, qui s'appelait comme lui François-Xavier, vint s'établir à Québec, où il apprit le métier de sellier, 11 épouse, en 1808, Gertrude Amiot-Villeneuve, de Saint-Augustin, et eut plusieurs enfants, dont l’ainé est celui qui fait l’objet de cette notice. Il naquit, comme l'indique l'arbre généalogique ci-dessus, ‘le 15 juin 1809, et fut baptisé le même jour.
Le vénérable curé actuel de Saint-Augustin et l'auteur de cette histoire ont été voir le site de ‘ cette longe maison blanche” où l’aïeul de M. Garneau montrait “ de sa maïn tremblante le théâtre du combat naval de l'Atalante, ” aux prises avec plusieurs frégates anglaises.
auquelin était le commandant de cette lutte héroïque.
Cette maison n'existe plus; mais, presque sur lo même site, on distingue facilement le fleuve à l'endroit où il fait face à la Pointe-aux-Trembles, de la maison même qui a remplacé celle de M. Garneau. Cette nouvelle construction et l'immeuble sur lequel elle eët bâtie appartiennent, aujourd’hui, à M. Télesphore Gaboury, qui en a fait l’acquisition, il y a 25 ans, de M. Garneau, et M. Garneau avait acheté d'un nommé Porreau.
Quant aux autres souvenirs se rattachant à l'époque du siége, îls sont vagues et peu nombreux. Les Vieux racontent seulement qu'ils ont entendu dire à leurs pères qui tenaient ces récits, eux, de leurs auteurs, que, vers cette époque, soit avant, soit après la prise de Québec, les habitants de Saint-Augustin étaient obligés de loger et d’héberger des officiers anglais et des soldats, quelquefois 4 ou 5 à la fois, suivant la grandeur des habitations et des commodités qu'elles pouvaient offrir, |
On pärle aussi dés femmes et des vieillards obligé de se cachér dans les bois à cette époque de malheurs et de souffrances inénarrables.
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324 SOUVENIRS, LÉGENDES, ETO.
Voici un bel et touchant souvenir des premiers temps de la paroisse. Je laisse la parole à M, Jacques i
Jobin. t
Dans les premiers temps de la paroisse, Monsieur, les gens 4 f: n'étaient. l'au tous riches et puis on n'était pas aussi fier a qu'aujour hui. A c’te heure, on fait des enterrements si beaux 4 q que c’est quasiment un plaisir de mourir ; mais, anciennement, 4 T c'était bien triste, allez ! C’avait l'air de la mort tout de bon.
D'abord, on veillait le Mort ou la Morte deux nuits sans 4 \ arrêter, et, à chaque demi-heure, on disait le chapelet pour le 1 e défunt ou la défunte, puis ‘ des pieds de Jésus Domine ” (1) 1! à à tout instant. p
L'heure du départ arrivée, il fallait faire la toilette du cadavre. Ah! par exemple, c'étuit pas des beaux habits « qu'on lui mettait comme à c'te heure. Oh ! que non. Il était 1 venu au monde, ce corps, avec pas grand'chose, et on le m mettait en terre avec pas grand’ chose non plus. Tout ce #4 F
qu'on faisait, c'était de l’envelopper dans un drap de toile du pays, (des fois, c'était la morte qui avait fait ce drap, sans se douter qu’il servirait à l’ensevelir) et puis tous les amis du % défunt ou de la défunte venaient, chacun son tour, piquer son ©! de épingle. Il y avait toujours beaucoup d’épingles, car, vous
savez, Monsieur, que, bien souvent, il faut mourir pour avoir n beaucoup d'amis. ÿ m Mais c'était pas tout. il fallait mettre le corps dans quelque 4 la chose pour le porter à l’église. ; vi Dans les premiers temps, il n’y avait pas de planche dans la 4 paroisse ; il y avait bien du bois porr en faire, mais les le moulins à scier le bois manquaient. Qu'est-ce qu'on faisait, 1 || Monsieur ?… On faisait pour cercueil, du tronc d’un arbre 4 en | taillé à coups de hache, une espèce de boîte brute en forme 4 ch ur dr et puis on mettait le corps là de“ans pour le porierà 4 dé ’église. F Plus tard, quand il y a eu de la planche, on faisait des ©: de cercuoils ; mais on ne les clouait jamais dans la maison: | É c'était sur le seuil de la porte du Mort et de la Morte queles se clous se mettaient. ; lac Dans ce temps-là, on ne se servait jamais de chevaux pour | pa porter ‘-* Morts à l’église : on devait les porter à bras d’hom- ! | mes sant de distance en distance ; et il. y en avait qui # . 3 lieues de l’église ; c'était pas une p'tite affaire,
sartout quand le corps était pesant, puis quand il y . de la neige jusqu'aux genoux, Mais ça se faisait, ot on x én Mmourait pas.
Sassememne ea
(1) Pie Jesu Damine, dona ei requiem.
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