‹ Histoire de la peinture au pays de LiegeChapitre 1 sur 71 · LIÈGE · texte numérisé non relu

LIÈGE

IMPRIMERIE DE LÉON DE THIER } RUE DU POT-ü’OR, 41

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L’étude que nous publions a été entreprise pour répondre à une question posée dans l’un des concours organisés par les soins de la Société libre d’Émulation de Liège. Présenté, — du moins dans ses parties essentielles, — au concours de 1871 , ce travail y reçut un accueil assez favorable pour nous portera continuer et à compléter nos recherches. Après avoir fait ce qui était en nous pour produire l’oeuvre la moins imparfaite possible , nous nous sommes décidé à lui donner une publicité plus étendue que celle des Mémoires de la Société d’Émulation, où elle est imprimée avec les autres Mémoires couronnés.

L’intérêt, qui s’attache à l’histoire des beaux-arts chez tous les peuples civilisés nous servira d’excuse.

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Cette histoire a été de nos jours l’objet de travaux importants , de recherches fécondes entreprises par les meilleurs esprits , et , à mesure que les investigations ont été portées plus loin, on a compris que presque tout était à faire ou à refaire. On a compris que beaucoup d’artistes de grand mérite, qu’une multitude de points intéressants dans le développement des arts étaient restés dans l’obscurité, et qu’en général les études préparatoires n’étaient pas assez avancées pour qu’il fût possible d’aborder avec succès la synthèse de l’histoire de l’art, fût-ce dans un seul pays et d’une seule école.

Nous avons le désir, en ce qui concerne la peinture dans l’ancien pays de Liège, d’apporter notre pierre à cet édifice de régénération historique.

Il nous a toujours paru d’ailleurs que rien dans l’oeuvre de l’artiste , — construction , statue ou tableau , — n’était plus digne de l’intérêt de générations qui se succèdent que le signe du génie particulier de l’artiste et la marque du caractère national.

A ce titre , il semble que, même dans les contrées où ce génie s’est développé avec moins de bonheur et d’éclat que dans d’autres pays privilégiés, il mérite encore d’être étudié , et que mettre en lumière les efforts et les travaux des hommes qui ont vécu et lutté dans les mêmes régions où nous vivons et luttons, n’est que faire, pour le passé, un acte de justice qui peut ne pas être perdu pour l’avenir.

En l’examinant à ce point de vue , il y avait de quoi s’éprendre de notre sujet. Aussi , pendant le cours d’années laborieuses où il ne nous a pas été possible de donner à l’étude du passé toute la place que nous eussions voulu lui faire; pendant des

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voyages fréquents où nous avions plus d’un but à poursuivre , nous n’avons cessé de noter tout ce qui pouvait répandre quelque lumière et ajouter un fait nouveau à l’histoire de la peinture sur les bords de la Meuse. Le sujet, en effet, demandait beaucoup de travail, car il était neuf, le terrain était inexploré. Après l’avoir longtemps poursuivi , avons-nous atteint notre but ? Nous l’ignorons ; il appartient au lecteur à en juger, de même qu’il appartiendra peutêtre à quelque travailleur plus favorisé que nous de reprendre et de parfaire l’étude que nous avons entreprise.

Mais , malgré notre désir de faire connaître , dans une principauté peu étendue, l’histoire de la peinture pendant des siècles trop méconnus, malgré cet autre désir de rattacher aux saines et religieuses traditions du passé l’art de notre temps , nous eussions reculé peut-être devant une tâche qui réclamait des loisirs et une science qui nous faisaient également défaut , si plus d’une fois nous n’avions été encouragé par l’espoir de combler une lacune et stimulé par des hommes dont les conseils nous ont porté à surmonter nos hésitations.

Mais telle est la marche inexorable des années et les sacrifices que dans leur marche elles ne cessent de nous demander, que, avant que notre travail ne pût voir le jour, plusieurs de ceux qui y portaient l’intérêt le plus sympathique déjà n’étaient plus. Parmi ces derniers , qu’il nous soit permis de citer ici avec un sentiment de reconnaissance M. De Wandre, président de la Société d’Émulation , le bienveillant fondateur du prix décerné à notre histoire, et Ulysse Capitaine , dont l’amour passionné pour tout ce qui

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touche à l’ancienne patrie liégeoise était, pour ses amis, un stimulant au travail. Non-seulement la collection de ses livres, de ses dessins et manuscrits nous fut souvent utile, mais ses encouragements affectueux nous ont soutenu jusqu’à la fin dans l’accomplissement d’une tâche qui offrait de nombreuses difficultés.

D’autres appuis nous sont venus en aide. Des renseignements nous ont été donnés, des documents ont été mis à notre disposition avec libéralité , et , dans de nombreuses collections publiques et privées, nous avons pu poursuivre nos recherches avec toutes les facilités désirables. Nous voudrions consigner ici, pour tous ceux qui nous ont prêté un concours si nécessaire , l’hommage de notre reconnaissance.

Cependant, parmi ceux auxquels notre livre doit le plus , il y aurait ingratitude à ne pas mentionner deux noms.

La reproduction graphique des monuments au moyen de planches est, pour tout livre destiné à faire connaître l’histoire des arts du dessin, un appoint éminemment désirable. Bien mieux que les descriptions, cette reproduction par le crayon fait connaître la marche du développement des arts , le caractère archéologique des époques , le style particulier des maîtres.

Nous avions le désir d’offrir à nos lecteurs ce complément si utile; M. le baron Kervyn de Lettenhove, pendant qu’il était ministre de l’intérieur, a bien voulu , par une allocation de son département , nous permettre de joindre à notre livre des planches en assez grand nombre pour qu’il soit possible de

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se faire une idée du style et de la composition des principales peintures décrites.

Ces planches sont exécutées de façon à faire , non un simple ornement du volume que nous publions , mais à donner la réduction la plus fidèle et la plus précise possible des œuvres des peintres liégeois. Il nous importait qu’il en fut ainsi : A une époque comme la nôtre, ou, à côté des recherches les plus consciencieuses et de livres d’un savoir profond , l’on a publié des écrits sur les beaux-arts oii l’histoire est faite à l’aide de théories plus ou moins ingénieuses , présentées parfois avec un luxe d’éloquence et d’imagination trop apparent, nous avons cru qu’il fallait chercher surtout à présenter les faits dans leur sobriété et les appréciations dans l’impartialité la plus complète. Le lecteur peut, en effet, tirer luimême les déductions lorsque l’historien lui donne la précision des détails. Ce que nous avons cherché dans le texte, nous l’avons voulu aussi pour les planches. Nous croyons avoir réussi dans la mesure du possible, et, quant aux procédés, il a été fait choix de ceux qui offraient le plus de garantie sous le rapport de la précision. Aussi l’exactitude des planches permettra au lecteur de contrôler en quelque façon nos propres jugements ( 1 ).

Si nous avons à remercier M. le baron Kervyn de Lettenhove du chef des planches de notre livre, nous devons à Mme la vicomtesse de Clérembault d’avoir pu étudier l’intéressante .collection de peintures,

(l) L’excellent procédé héliographique de M. Ch. D’hoy, artiste photographe à Gand , nous a été d’une grande utilité pour la reproduction exacte des dessins que nous avons recueillis.

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de dessins et de documents réunis par son père , M. F. Desoer, au château de Kinkempois. Parmi ces documents, il en est un qui avait une importance réelle pour nos recherches. C’est un manuscrit intitulé : Mémoire pour servir à V histoire des artistes de la province de Liège.

Nous avons reconnu dans ce mémoire inédit le travail du chanoine Hamal , le collectionneur patriotique d’œuvres d’artistes liégeois qui, à la fin du siècle dernier, avait réuni un nombre considérable de peintures et de dessins d’un grand intérêt , dont une partie a été acquise par la famille Desoer. Son manuscrit , qui renferme des détails nombreux sur les peintres du dix-septième et surtout du dix-huitième siècles , a été mis à notre disposition avec une grâce et une libéralité qui nous ont permis d’utiliser largement le travail de notre devancier pour les études que nous reprenions après lui. Nous nous faisons un devoir d’exprimer ici notre reconnaissance pour une faveur aussi précieuse.

En livrant nos recherches au public, nous émettons le vœu que , attirant l’attention sur l’ancienne école liégeoise plus que cela n’a été fait jusqu’à ce jour, notre livre contribue à faire remettre au jour les œuvres de nos peintres restées inconnues et pour la plupart dispersées à l’étranger. Nous recevrons avec gratitude tous les renseignements que l’on voudra bien nous donner à cet égard.

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