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ŒUVRES DU MAÎTRE EXISTANT ENCORE ACTUELLEMENT

Portrait du peintre. — L’artiste s’est représente à mi-corps , regardant le spectateur et tenant une loupe de la main gauche. C’est le type énergique et intelligent que reproduit la gravure

(i ) Mémoire pour servir à V Histoire des Artistes de la province de Liège , par H. Hamal.

figurant en tête de la notice de Lampsonius. A l’époque où ce portrait a été peint, Lombard pouvait être âgé de cinquante ans. Il s’est représenté vêtu d’une sorte de tunique noire, sur laquelle sont rabattus les grands cols blancs de la chemise. Le costume paraît fort négligé; la barbe et les cheveux sont abondants et incultes.

Ce portrait, de grandeur naturelle, est bien dessiné; d’une couleur chaude et vigoureuse, il est peint largement. C’est sans doute l’original d’un certain nombre de copies de plus petite dimension qu’on lui attribue également. Cette peinture, fort bien conservée, est la même dont parle Villenfagne comme appartenant au chanoine Hamal.

Bois : H., 78. L. , 63.

(Appartient à Mme la vicomtesse de Clerembault, qui en a hérité de son père, M. F. Desoer.)

La Nativité. — Esquisse assez terminée. La composition se divise en deux régions. Dans la partie inférieure, la Vierge Marie est à genoux devant l’Enfant Jésus, qu’elle pose sur une crèche. Derrière elle S‘ Joseph désigne de la main droite le Messie aux bergers qui viennent pour l’adorer. Dans la région supérieure apparaît Dieu le Père, entouré d’une gloire de six anges.

Cette peinture a souffert, notamment dans la figure de la Ste Vierge, et a été restaurée avec soin. La partie supérieure du panneau est trilobée et peut avoir été la pièce centrale d’un triptyque.

Bois : H., 86. L., 56.

(Appartient aux Hospices civils de Liège et se trouve à l’hôpital de Bavière. )

La S*e Cène. — Le Christ est vu de profil, et sa tête , entourée d’un léger nimbe, se détache sur une draperie verte. Le Seigneur est revêtu d’une tunique blanche et d’un manteau rouge ; il étend la main droite, et le moment choisi par l’artiste est celui où J.-C. dit à ses disciples : « L’un de vous me trahira. » S* Jean a la tête appuyée sur la poitrine du Divin Maître. Les personnages de ce groupe sont assis à une petite table , de l’autre côté de laquelle on voit deux autres apôtres. L’un d’entre eux, vêtu d’une tunique blanche, est debout, les mains croisées sur la poitrine, tandis qu’un autre disciple, plus rapproché du premier plan , est à genoux devant la table, dans l’attitude d’un homme qui s’apprête à recevoir la Ste Communion. Sur le devant du

tableau, quittant son siège et tournant le dos à la table, on voit Judas, s’éloignant la tête baissée, le regard oblique, serrant dans la main droite la bourse qui contient le prix de sa trahison. Sa tête, dont l’expression tient de la bête fauve, est couverte d’une épaisse chevelure rousse. Il est vêtu d’une tunique bleu foncé et d’un manteau rouge tendre. Toute cette figure est excellente d’expression et de couleur.

Au premier plan , on voit l’escabeau que le disciple infidèle vient de quitter et une grande amphore ; sur la table, devant le Christ, est un plat, deux pains et un verre contenant du vin rouge.

Contre cette première table , on en voit une seconde, placée en équerre , à laquelle sont assis les huit autres apôtres ; plusieurs d’entre eux expriment la surprise dans laquelle les jettent les paroles qu’ils viennent d’entendre. Cette partie du tableau est traitée fort légèrement, presque comme une ébauche. Parmi les têtes des apôtres, on en remarque une dont les traits rappellent ceux de Lombard lui-même; sur cette table, on voit un plat contenant un agneau. Plus loin sont deux serviteurs, dont l’un apporte un met ; enfin , au dernier plan , s'ouvre la perspective d’une colonnade avec quelques figurines peu distinctes.

Ce tableau, largement peint, est d’une belle coloration ; il est moins arrêté de dessin, et les têtes sont plus faiblement caractérisées que ne le sont d’autres oeuvres du maître. Le Christ a un profil antique et assez froid. Il est permis d’attribuer cette peinture aux dernières années de Lombard.

Elle est assez bien conservée et figurait autrefois à la chapelle du Cornillon; elle orne aujourd’hui l’autel de la chapelle de l’Hospices des femmes aliénées, à Ste-Agathe.

Toile : H., 2,15. L., 1,43. — Figures de grandeur naturelle.

(Appartient aux Hospices civils de Liège.)

Déposition de la Croix. — La sainte Vierge et saint Jean soutiennent le Christ mort, et au-dessus de ce groupe plane le Saint-Esprit sous la forme d’une colombe. Les figures, de grandeur naturelle, sont vues à mi-corps. Le coloris de cette peinture, dont l’authenticité nous paraît douteuse, est assez clair.

Ce tableau provient de la collection Krüger, de Minden, et a été vendu en 1854 à son propriétaire actuel :

(La galerie nationale de Londres. )

L’Adoration des Bergers. — Au milieu du tableau, l’enfant Jésus est posé sur un coussin placé sur le chapiteau renversé

d’un pilier cannelé. Au-dessus de lui , la sainte Vierge , les mains croisées sur la poitrine, est en adoration. A sa gauche, deux bergers, dont l’un est un vieillard à barbe vénérable, viennent contempler le Messie. Le plus vieux des bergers est accompagné d un petit chien noir dont il tient la laisse. A gauche , un berger plus jeune est en adoration, les mains jointes. Au-dessus de celui-ci, un bœuf allonge sa tête velue et son naseau luisant. Derrière ce groupe, on aperçoit un fond d’architecture et quelques branches d arbres qui se trouvent en-dehors de la construction.

Ce tableau est d’une couleur vigoureuse, mais plus faible de dessin que ne le sont les meilleures œuvres du peintre. Dans les têtes, on ne reconnaît pas les types ordinaires, ni l’énergie des caractères que l’on rencontre parfois dans les peintures de Lombard.

Figures de grandeur naturelle, vues jusqu’aux genoux.

Bois : H. , 1,13. L., 1,52.

(Galerie du Belvédère , à Vienne, où il est indiqué sous le nom de Lambert Susterman, Gennant Lombard.)

Tête d’un joueur de flûte. - Tête de profil, de grandeur naturelle, grimaçante et grotesque. Le musicien avance ses levres vers la flûte , au point de les mettre sur la même ligne que son nez crochu. De rares poils grisonnants couvrent la lèvre supérieure, le menton saillant et les mâchoires. La tête est couverte d’une sorte de toque brune, ornée de deux petites plumes jaunes. La chemise est ouverte sur le devant, ainsi que le pourpoint, laissant à découvert la poitrine de ce personnage débraillé. La tradition dit que c’est le portrait d’un fou nommé Filoguet, fort populaire à Liège du temps de Lombard.

Cette peinture est d’une couleur harmonieuse et d’un pinceau facile. Il en existe plusieurs répétitions ou copies.

( Provient de la collection du docteur Lombard et appartient au musée communal de Liège).

Bois: H., 52. L. , 42.

La Ste Cène. — Jésus-Christ est assis à la table pour célébrer la Pâque, au milieu de ses disciples. Devant lui est un plat dans lequel on voit des hosties. Le Christ est représenté au moment où il dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, l’un de vous me ” trahira. « S1 Jean, XIII, 21. Judas, que l’on voit sur le devant de la table , et qui , par un geste très-vif, se soulève de son siège , semble répondre aux paroles du Divin Maître. De sa main droite',

l’apôtre infidèle montre sa poitrine, tandis que la gauche, encore appuyée sur l’escabeau sur lequel il était assis , tient la bourse traditionnelle. Les apôtres les plus rapprochés du Christ paraissent seuls attentifs à ses paroles. Au fond , à la droite du tableau, un serviteur apporte une amphore.

Au milieu du fond, derrière le Christ, on voit une fenêtre ouverte donnant sur la campagne , et dans le lointain du paysage on aperçoit la porte d’une ville flanquée de deux tours massives , et , plus loin encore , une contrée montagneuse. Dans le chemin conduisant à la porte de la ville, l’œil découvre des figures microscopiques représentant l’entrée de Jésus- Christ à Jérusalem.

Dans le haut de la fenêtre , les châssis sont garnis de vitraux décorés d’ornements du style de la renaissance, et en-dessous de deux médaillons vides se trouvent deux cartels sur lesquels on lit anno 1530. Cette date est répétée sur deux plus grands médaillons en grisaille, couverts en partie par les figures des apôtres. Au-dessus de ces médaillons inférieurs on en voit deux autres, sur lesquels sont peintes des grisailles. Celle qui est à droite du Christ représente David au moment où il vient de trancher la tête de Goliath. De l’autre côté , faisant pendant à cette grisaille, est représenté Caïn tuant Abel.

La composition de ce tableau est claire et bien disposée; la couleur agréable et vraie. La tête du Christ, comme celles de plusieurs apôtres, manque de noblesse. Plusieurs figures ne semblent pas prendre part à l’action. Souvent aussi les extrémités y sont mal dessinées ; les mains du Christ , entre autres , sont trop courtes.

La date de cette peinture prouve qu’elle est l’œuvre de la jeunesse de Lombard, qui en a fait plusieurs répétitions avec de légers changements. Il en existe aussi une gravure de Henri Goltzius , offrant quelques variantes , notamment dans les accessoires, qui sont considérablement simplifiés. Traitée avec un burin assez ferme, elle est signée: A. Goltzius , sculptor et excud. A° 1585.

Ce tableau a été acquis en 1862 à la vente de la collection Weyer, à Cologne , et appartient aujourd’hui au

Bois : H., 60. L., 75. (Musée de la ville de Liège.)

La Ste Cène. — Répétition du tableau précédent, mais offrant quelques variantes dans les accessoires. La grisaille représentant Caïn tuant son frère est remplacée par Samson tuant les Phi lis-

tins. Les médaillons sont dénués de légendes. En revanche, les médaillons des fenêtres, dont le champ est vide dans le tableau qui vient d’être décrit, sont ici ornés de deux compositions peintes très-finement , représentant d’un côté Adam et Ève sous l’arbre de la Science, et, de l’autre, les deux mêmes personnages chassés du Paradis terrestre.

La date inscrite sur les médaillons inférieurs est: Anno 1531.

Le livret du musée de Bruxelles dit que le tableau provenant de la collection Weyer est une répétition ou plutôt une copie de celui-ci. Il suffit de lire les dates des deux peintures pour s’assurer du contraire.

Ce tableau provient , si nous ne nous trompons, de la galerie du cardinal Fesch. En 1857 , il a été vendu par Et. Leroy au

Bois: H., 62. L., 80. (Musée de Bruxelles.)

Les Israélites s’apprêtant à sacrifier l’agneau pascal. —

Un vieillard habillé de rouge pose l’agneau sur l’autel, tandis qu’un prêtre, vêtu du costume qu’on donne souvent à Aaron, étend les mains au-dessus de la victime. Différents personnages entourent l’autel; d’un côté les hommes, parmi lesquels on remarque un jeune homme coiffé d’un bonnet phrygien, et, de l’autre, un groupe de quatre femmes. La scène se passe dans un temple d’architecture italienne très-ornementé. Au fond, un riche portail dans le cintre duquel se trouve un médaillon représentant Jéhovah les bras étendus et soutenus par des chérubins, les pieds posés sur le globe du monde. Dans les écoinçons du cintre, on voit deux vieillards qui peuvent être des prophètes. Cette peinture est assez faible. Les types des têtes , le style des draperies et l’aspect général de la composition sont cependant bien dans le goût de Lombard; pour juger de cette peinture , il convient de se rappeler qu’elle avait souffert assez notablement , et qu’elle a été retouchée avec soin par le peintre Brüls.

De l’autre côté du panneau on voit encore les fragments d’une Annonciation peinte en grisaille.

Cette peinture est un fragment détaché des volets du beau retable de St-Denis , démembrés et vendus dans la première moitié de ce siècle. En dernier lieu, elle a fait partie de la collection du docteur Lombard, dont le fils l’a vendue au

(Musée de la ville de Liège.)

Bois : La partie supérieure arrondie ; dans sa plus grande H., 1,12. L., 0,80.

(l) TABLEAUX VENDUS AVEC LA GALERIE DE FEU S. M. GUILLAUME II DE HOLLANDE.

1° Une vision allégorique. — Sur une plate-forme, un saint personnage est représenté profondément endormi. La vision suivante lui apparaît: L’archange Michel, revêtu d’un riche costume de guerrier, est entouré de trois autres anges armés, dont l’un porte l’épée de la justice. De la plate-forme la vue s’étend vers un jardin; au loin on aperçoit une rivière avec un pont. Ce paysage offre un ensemble agréable et pittoresque.

Bois : H., 1,43. L., 58.

Passage de la mer Rouge. — Moïse, entouré des Israélites , après le passage de la mer Rouge , est poursuivi par Pharaon et ses troupes. Celles-ci sont sur le point d’être englouties par les eaux.

Bois: H., 1,45. L., 58.

( Ces deux tableaux formaient, sans doute, les volets d’un même triptyque.)

3° Les fléaux de Dieu. — Ce tableau, divisé en deux parties , réunit beaucoup de qualité supérieures. La partie de gauche représente un naufrage avec divers accidents. La partie de droite offre l’aspect d’une ville ravagée par la peste ; partout on voit des cadavres, des bières et d’autres attributs funèbres. Deux anges, dont l’un plane au-dessus d’une procession et dont l’autre se trouve au-dessus d’une tour, dans le lointain, semblent indiquer, par leur présence, que la colère céleste est apaisée.

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