‹ Histoire de la peinture au pays de LiegeChapitre 20 sur 71 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Les Élèves de Lambert Lombard.

Nous avons vu que les traces de l’école de Lambert Lombard se retrouvent dans quelques-unes des peintures murales dont on voit encore les restes dans les églises de Liège. De son temps, un assez grand nombre de peintres vivaient et exerçaient leur art dans le chef-lieu de la principauté. On a conservé les noms de Jean de Moeuse, Jean Lambert , Léonard Omis , Jacques de Libermé , Gilles Hardy (1) et Nicolas Quentin. A la fin du dix-septième siècle,

( 1 ) Il y eût encore un autre peintre de ce nom qui , à cette époque, vivait à Liège. On trouve aux archives de la province les traces de son existence dans un document dont voici la teneur : L’an 1537, le 9 janvier, Lambert Hardi fait un contrat avec Arnold Herlen, pasteur à Lousen (Loncin), par lequel le peintre s’engage à fournir à ce dernier un tableau représentant Saint-Hubert avec un cerf et deux bâtons pastoraux, dont l’un doit être peint simplement et l’autre doré. Le tableau devait avoir 5 1/2 pieds de long.

( Cri du Péron , n° 264 , 27 , 1537 , 9 juin. )

on voyait encore des tableaux de ces peintres à la cathédrale et dans d’autres églises. Leurs travaux ont disparu depuis.

A ces noms il convient d’ajouter ceux de plusieurs élèves de Lombard dont les peintures ont eu le même sort , ou du moins auxquels on ne peut, dans l’état actuel des études sur l’art , attribuer avec certitude aucune oeuvre connue. Il en est cependant parmi eux qui ont été trèsproductifs; mais lorsque l’histoire constate la perte de la plupart des œuvres du maître , il n’y a pas lieu de s’étonner si l’on ne retrouve plus celles des disciples.

Au nombre de ceux-ci Jean Ramey se distingua par l’analogie de sa manière avec celle du maître. On sait peu de chose sur sa vie. Il paraît être né à Liège , vers 1530 , et, dès son enfance , il fut mis à l’école de Lombard. Lorsqu’il commença à jouir de quelque réputation , il épousa Marie de Lymbourg , et bientôt on lui commanda des travaux pour plusieurs églises de Liège. En 1576, il fit une sainte Cène pour l’une des chapelles de la collégiale de Sl-Pierre. Ce tableau fut peint aux frais des héritiers de Jean Hubar, doyen de cette collégiale , pour servir d’épitaphe à son tombeau. Cette peinture passait pour être l’une des meilleures de l’artiste.

En 1585, Ramey fut élu doyen du métier des orfèvres, qui, à Liège , ne formait qu’une même corporation avec les peintres , les peintres verriers , les brodeurs , et en général , croyons-nous , avec les artistes et les artisans dont la profession avait pour base l’étude du dessin.

Beaucoup de peintures de Ramey semblent avoir passé pour l’œuvre de Lombard, et ont été vendues sous son nom. Toutefois le dessin du disciple n’eut ni la correction ni la fermeté de celui du maître , mais , comme lui , il avait de l’invention et un sentiment très-juste de la couleur. Ses travaux sont exécutés sur panneaux préparés à la colle, ce qui a compromis la durée de plusieurs d’entre eux.

Lorsqu’il était déjà dans un âge assez avancé, en 1599, il fit un tableau représentant la conversion de saint Paul pour la collégiale de ce nom. En 1602 , il exécuta pour la même église une série de douze médaillons représentant les

douze apôtres de grandeur colossale. Ces tableaux étaient suspendus aux colonnes de l’église et y figurèrent jusqu’à la révolution française.

A la fin de sa carrière, il fut appelé à Paris pour orner de ses peintures le palais du Luxembourg , à ce que l’on assure. En revenant au pays natal, il tomba malade et mourut sur les frontières de France, dans les premières années du dix-septième siècle.

A la cathédrale S‘-Lambert, dans la quatrième chapelle du côté méridional, on voyait de lui un Christ au jardin des Oliviers ; il avait également dessiné les vitraux placés en 1597 dans les chapelles de la collégiale de S‘-Paul.

Page 1