‹ Histoire de la peinture au pays de LiegeChapitre 21 sur 71 · RAMEY · texte numérisé non relu

RAMEY

Les travaux de ce peintre sont devenus fort rares , et ce n’est qu à la suite de recherches persévérantes que nous avons retrouvé les tableaux suivants:

L Adoration des Bergers. — Au centre de la composition 1 Enfant Jésus est couché nu sur des langes. A la droite du spectateur, la sainte Vierge, agenouillée, les mains croisées sur la poitrine, est en contemplation devant son divin fils. Elle a la tête couverte d’un voile blanc ; elle est revêtue d’une robe bleu-verdâtre et d’un manteau rouge laque. Du côté opposé, un berger s incline profondément devant ce groupe. Derrière la sainte Vierge, on voit deux autres bergers, à genoux, dont lun tient une sorte de musette à la main. Enfin, au centre de tout le groupe, mais au second plan, un vieillard, qui, dans l’intention du peintre, représente S* Joseph, semble montrer le Messie aux visiteurs de l’étable de Bethleem. Fond d’architecture.

Fig. de grandeur naturelle.

Bois : H., 1-20. L., 1-70.

Se trouve à l’église de Ste-Marie-des-Lumières , en Glain , près Liège.

Ce tableau , largement peint , est de beaucoup le meilleur que nous connaissions du maître. L’enfant Jésus est, à la vérité, assez médiocrement dessiné ; la tête notamment est trop petite ; mais la peinture est d’une couleur transparente et forte dans

les ombres, vraie et très-heureuse dans les lumières. L’artiste a rendu avec beaucoup de talent la variété des carnations, et le profil de la sainte Vierge est non-seulement modelé et coloré avec une habileté remarquable , mais il y a même un peu d’expression, qualité qui fait trop défaut dans les autres têtes de ce tableau. Les draperies sont intenses de ton et trèsharmonieuses.

Ce tableau , qui appartient probablement à la meilleure époque de l’artiste, a malheureusement souffert. Les ais du panneau tendent à se disjoindre, et au bas il y a de nombreuses soufflures. Dans l’un des coins se trouve , presque oblitérée , la signature de : Ramey.

La Résurrection de Lazare (1). — A la droite du spectateur Jésus-Christ, revêtu d’une tunique grise et d’un manteau couleur laque rouge, se tourne vers le centre du tableau en élevant légèrement la main pour ordonner à Lazare de sortir de sa tombe. Celui-ci apparaît levant la main droite vers le ciel; il est soutenu au bras gauche par un apôtre, dont la tête rappelle le type que les artistes donnent d’ordinaire à S'-Pierre. Derrière ce groupe on voit un juif se bouchant le nez, suivant l’épisode traditionnel de ce sujet. Devant ce groupe, Madeleine, couverte en partie d’un manteau bleu, -la main gauche sur la poitrine , regarde avec impassibilité cette scène ; elle est suivie de Marthe, dont les yeux sont dirigés hors du tableau. Plusieurs figures d’apôtres se voient autour du groupe principal.

Sur le premier plan, du côté opposé au Christ, on voit émerger du cadre, à peu près à la hauteur de la ceinture, un homme en surplis, tenant les mains jointes, dans lesquelles se trouve un rosaire. C’est un prêtre, évidemment le donateur du tableau. A côté de lui, une autre tête, également un portrait, mais cette fois un laïc, est peinte dans des proportions infiniment inférieures à celles de toutes les figures de la composition. Il porte la moustache et la mouche au menton et de larges cols couvrent les épaules. Cette petite tête paraît ajoutée après coup. Le tableau est peint largement, facilement, un peu mollement ; il est d’une couleur harmonieuse. Le dessin en est lourd; les têtes sont généralement vulgaires, d’une absence complète de sentiment et d’expression. C’est une œuvre appartenant à

(i) Évang. selon S* Jean, XI, 43, 44.

l’époque de la sénilité du maître , comme le constate d’ailleurs la date qu’elle porte.

Cette peinture a souffert ; dans beaucoup d’endroits, elle s’est soulevée et le fond de craie s’est écaillé. La tête du donateur, notamment, est entièrement perdue.

Sur une pierre, près la tombe de Lazare, on lit distinctement :

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