GÉRARD GOSWIN
Gérard Goswin est né à Liège, le 20 juin 1616.
Il apprit le dessin dans l’atelier de Gérard Douffet, s’adonna à la peinture de fleurs et de fruits, et alla de bonne heure se perfectionner en Italie. S’étant fait connaître avantageusement à Rome, il fut chargé de décorer les salles de plusieurs palais de cette ville. De Rome il se rendit à Paris , où ses peintures, traitées d’une manière large, facile et naturelle, furent également fort appréciées des amateurs. Sa réputation fut si grande qu’on le chargea de donner des leçons de dessin au dauphin, qui , plus tard , devait devenir Louis XIV, et si le peintre, alors encore jeune, avait voulu se fixer définitivement en France, une brillante fortune lui eût été assurée. Il fut reçu membre de l’Académie de Paris lors de la fondation de cette institution , en 1648 , mais ni les distinctions ni les commandes ne purent lui faire oublier le pays natal , et bientôt Goswin revint à Liège, précédé déjà par une sorte de célébrité.
De retour dans son pays , il y continua ses études et ses travaux. D’un caractère naturellement doux, généreux, charitable, ajoutant à ces qualités un esprit cultivé et des
manières polies , Goswin fut accueilli avec distinction par les meilleures familles de la principauté. Les mécènes liégeois se disputèrent le plaisir de donner de l’emploi à son pinceau distingué. Les seigneurs des États du pays de Liège , les princes Ferdinand et Maximilien-Henri de Bavière, l’honorèrent de leur protection et le firent travailler dans leurs palais à de grandes tapisseries dont le style convenait parfaitement à la nature de son talent. L’amour de l’art et de la réputation, plus que l’intérêt, dit-on, l’attachaient au travail.
Il fit ainsi un très-grand nombre de peintures, qui presque toutes ont disparu.
Tout en travaillant , Goswin cherchait à s’instruire ; il connaissait l’histoire , la fable , l’architecture ; il causait agréablement et en érudit de toutes choses , et surtout de celles qui se rapportaient à son art.
Il épousa Élisabeth Nicolaï lorsque déjà il avait atteint un âge avancé, et il perdit sa femme, le 8 mars 1673, après qu’elle lui eût donné deux fils.
G. Goswin est mort le 12 janvier 1691 , et il a été enterré à l’église de Sl-Remi, à laquelle il avait légué deux importants tableaux de fleurs qui s’y trouvaient encore lorsque la révolution supprima cette église.
DIEUDONNÉ DELMONT.
Cet artiste est né à Sl-Trond, en 1581. Ses parents, qui vivaient dans l’aisance , n’épargnèrent rien pour lui donner une éducation solide et des connaissances variées. Il fut mis de bonne heure en rapport avec Pierre-Paul Rubens, devint son élève et son ami tout à la fois, fit avec ce peintre célèbre un voyage en Italie, et y demeura de l’an 1600 à l’an 1608.
Delmont n’étudia pas seulement la peinture pendant sa jeunesse ; il possédait plusieurs langues et connaissait la géométrie et l’astronomie. Il fut employé à la cour d’Espagne comme ingénieur, et, en récompense de ses services, il obtint plusieurs distinctions. Il s’attacha plus tard au duc de Neubourg, auprès duquel il demeura longtemps. Le duc,
voyant que Delmont avait un génie remarquable pour la peinture, l’encouragea largement et le nomma chevalier.
Delmont ne cherchait point à produire vite, mais il donnait beaucoup de soins à la composition comme à l’exécution de ses tableaux. Aussi ceux-ci sont-ils généralement achevés avec amour. Rubens lui-même se plaisait à faire l’éloge du goût élevé de son ami, de la noblesse de ses conceptions et de la correction de son dessin.
Delmont est mort à Anvers, le 25 novembre 1644, regretté généralement à cause des charmes de son esprit, de ses connaissances multiples et des qualités de son caractère. Dans cette ville, où il a passé la plus grande partie de sa vie, on voit encore un certain nombre de ses toiles. A la cathédrale se trouve la Transfiguration , et dans la sodalité des jésuites deux grandes compositions : J.-C. portant sa croix et l'Adoration des Mages . Il avait représenté le même sujet pour la chapelle d’un couvent de religieuses, à Anvers.