ALEXANDRE HORION
Alexandre Horion appartient au nombre des peintres qui ont joui d’une assez grande réputation au pays de Liège, et
(1) Horion ou de Horion ; on trouve son nom écrit indifféremment avec ou sans la particule.
dont il serait difficile aujourd’hui, non-seulement de juger le mérite , mais même de citer quelque travail existant encore.
Il était fils de Jean de Horion et semble être né vers 1590. On ignore quel fut son maître. Il a fait quelques tableaux d’église, mais son véritable genre était la peinture de portraits. Il obtint la vogue sous ce rapport , et en peignit un si grand nombre, qu’au dire de ses biographes, il finit par s’acquérir une grande fortune. Ce qui est certain , c’est que, l’office de maître peintre de la cité étant devenu vacant par la mort de maître Pierre Pietkin , la ville l’accorda le 15 septembre 1626 à Alex, de Horion, « renommé et fameux en l’art de peincture , » et le Conseil de la cité lui donna ces fonctions « pour jouyr de tous droits, émoluments, honeurs, proffits, gaiges, livrées et s.allaires audit office spectants (î). » C’est, sans doute , en sa qualité de « maître peinctre de la cité » qu’il fit pour la ville quelques menus ouvrages qui ne paraissent pas absolument du ressort d’un maître « renommé et fameux en l’art de la peincture , » et auxquels les comptes communaux de la cité de l’an 1655 à 1656 consacrent la mention suivante : « A Alex. Horion, peintre, pour ses ouvrages, moulures et peintures des armes des bourgmestres, 50 fl. »
Il avait peint pour l’église du couvent de Ste-Claire, à Liège , une toile représentant la Résurrection des Morts ; il fut enterré dans cette église , auprès de son œuvre. Il a également exécuté un autre tableau pour l’église paroissiale de Sl-Servais.
De Horion avait épousé Élisabeth de Meers, appartenant à l’une des familles les plus honorables de la ville. Il lui laissa toute sa fortune, et, de son côté, sa femme fit placer une pierre sépulcrale sur le tombeau du peintre, ornée de ses armes , avec l’inscription suivante :
(î) Recôs de la cité, de 1626 à 1627, fol. 45, verso.
Nous devons la communication de cette note â l’obligeance de M. S. Bormans, sous-archiviste de la province, dont les persévérantes recherches ont déjà répandu la lumière sur beaucoup de faits relatifs aux artistes de l’ancien pays de Liège.
Alexander de Horion, civitatis Leod. pictor, et Elisabetha de Meers, conjuges amantissimi , Mariae Franciscae , suae unicae filiae, subitanea morte , 16 martii 1649 , prématuré , (ereptae?) hoc monumentum posuerunt , sub eodem resurrectionem in Christo suo tempore expectaturi ; obiit ille 30 may 1659, haec 16 aprilis 1668.
De Horion est donc mort le 30 mai 1659. Dans l’opinion d’un amateur distingué de la fin du siècle dernier, le chanoine Hamal, les portraits d’Alexandre de Horion étaient ressemblants, bien dessinés, mais manquaient d’animation ; ils étaient ordinairement entourés de bordures et d’ornements qui leur donnaient un aspect particulier. Ce collectionneur possédait un tableau représentant la sainte Famille et un portrait de ce peintre. Il est à regretter qu’on ignore aujourd hui ce que sont devenues ces deux peintures.