‹ Histoire de la peinture au pays de LiegeChapitre 56 sur 71 · JEAN LATOUR · texte numérisé non relu

JEAN LATOUR

Cet artiste est né à Liège, en 1719 ; il étudia le dessin et la peinture auprès de J. B. Coclers. Lorsqu’il se crut suffisamment préparé, en 1740, il partit pour Rome et y travailla pendant cinq ans à l’école de Hyacinthe Corrado. De Rome il se rendit à Naples, et, après y avoir passé quelque temps, il revint à Liège. Il y fut bientôt connu; son talent fut goûté, et il remplit les églises de ses ouvrages.

S’étant rendu à Spa en 1760 pour y faire les portraits de plusieurs étrangers qui fréquentaient cette ville d’eau, il fut

mis en relation avec quelques seigneurs anglais , qui le décidèrent à partir avec eux pour Londres ; il y demeura pendant six ans, occupé à faire des portraits et d’autres peintures. Puis il se rendit à Paris , mais il y fit peu de séjour , ayant été appelé à orner de ses peintures l’église de Moislains (évêché de Noyon) , en Picardie. C’est là qu il mourut, le 21 juillet 1782. Il doit être cependant revenu à Liège entre l’année 1760 et celle de sa mort, car on trouve, dans les églises de cette ville , des tableaux datés de cette époque.

Jean Latour était peintre et sculpteur ; doué d’une remarquable fécondité , on retrouve de lui un très-grand nombre de peintures, dont le mérite se tient toujours entre les limites d’une honnête médiocrité , limites qu’il ne dépasse ni en bien ni en mal. Aussi les spoliations dont les églises du pays de Liège ont été l’objet se sont-elles généralement arrêtées devant ses tableaux. Les commissaires de la République française les ont laissés à leur place, jugeant qu’ils ne valaient pas les peines d’être emportés , et lorsque les monuments qui les contenaient n’ont pas été détruits , les tableaux de Latour ont été respectés. Voici l’indication de quelques peintures que fit Latour pour les églises de la ville de Liège:

A la collégiale de Sl-Jean-1’ Évangéliste , il a peint dans la voûte une Assomption. A celle de St-Martin , un tableau d’autel dans l’une des chapelles. Il représente S1- Jean Népomucène, en présence du roi Wenceslas. Au-dessus de ce groupe on voit des anges tenant la palme du martyre. Ce tableau , d’un dessin convenable , d’un pinceau facile et d’une couleur peu brillante , est signé : Latour inv : et pinx

Les figures sont de petite nature.

Dans cette même église se trouve un autre tableau du peintre représentant : la bienheureuse Ève et S^- Julienne en prière. — Dans une chapelle de l’église S‘-Martin, il a fait en stuc la Résurrection.

Pour le maître-autel de l’église St-Pholien , il avait peint le Martyre de ce saint.

Le Martyre de S^-Marguerite pour l’église dédiée à cette sainte.

A Sl-Jean-Baptiste, dans une chapelle, la S1*- Trinité , et un tableau dans la chapelle baptismale. Pour S^Remacle , la Décollation de S^- Jean-Baptiste.

Pour la collégiale S‘-Pierre , quatre grands tableaux , dont les sujets étaient tirés de la vie de l’apôtre. Dans la nef de l’église se trouvaient deux autres tableaux de Latour , représentant le même apôtre guérissant les malades et délivrant un possédé.

A St-Michel , deux petits tableaux placés dans le chœur ; au couvent des Augustines, dites du Beauregard, le tableau du maître-autel représentant la S^-Trinité. Aux Prémontrés , aux deux côtés d’un autel , deux toiles représentant le Sacrifice d' Abraham et celui de Melchisédech. Au couvent des Célestines, deux grands tableaux; aux Frères Célites , les tableaux du chœur, etc. , etc.

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