HENRI DEPREZ
Henri Deprez est né à Liège , le 6 février 1720.
Peintre d’histoire et de portraits, cet artiste était doué d’une fécondité extrême, mais en même temps d’un talent médiocre. Il fut élève de Renier Panhay de Rendeux , et , après avoir acquis chez ce peintre tout ce qu’il pouvait en apprendre, il partit pour Rome en 1746, en compagnie de l’abbé Rendeux, qui était aussi artiste.
Arrivé à Rome, il se mit sous la discipline de Hyacinthe Corrado, et, après avoir étudié sous sa direction pendant cinq ans, il retourna dans sa patrie, où bientôt il fut surchargé de travail. On l’employa surtout dans les églises; une simple nomenclature de ses travaux suffira pour faire comprendre combien il a été laborieux.
Pour l’église St-Pierre, il a peint les Adieux de S[-Pierre et de S^-Paul, et un tableau dont le sujet n’est pas mentionné destiné à servir de pendant. Pour l’église des Prémontrés , deux toiles de petite dimension, qui furent placées au fond de cette église. A l’église du Séminaire, il avait exécuté les peintures de la voûte du sanctuaire. Aux églises de S1- André et
des Augustins , il a fait les peintures murales de la coupole et de la voûte. A l’église Sl-Séverin , il y avait deux toiles de lui dans le chœur. Au monastère de Robermont, deux tableaux placés dans le chœur de l’église.
Au Val-Benoît , trois tableaux placés dans le chœur.
Au couvent de Ste-Agathe , le tableau du maître-autel . A celui des Carmélites , près la porte Sl-Léonard , plusieurs toiles. Au couvent des pauvres Clarisses , un Christ en croix pour le maître-autel. Aux Carmes déchaussés, la Mort de Ste-Thérêse , et deux autres tableaux placés dans le chœur. Deprez a également beaucoup travaillé pour l’abbaye de Moulin, près de Namur, pour le Val-Notre-Dame, près de Huy, au Val-Dieu, à l’église de dons, etc. Il a également peint le plafond du Vaux-Hall, à Spa ; une foule de portraits et un certain nombre de tapisseries pour les particuliers de la ville de Liège et de la principauté.
Henri Deprez a fait école ; il eut pour élèves F . Racle , Joseph Wiart et Henri Collinet. — Il mourut le 7 brumaire an VI (28 oct. 1797.)
ENGLEBERT RENDEUX.
Était fils de Renier Panhay de Rendeux et de Gertrude Demeure. Né à Liège en 1719, il reçut des leçons de dessin de son père. Il partit pour Rome , en 1746 , avec Henri Deprez , comme nous venons de le dire dans la biographie de cet artiste , voulant perfectionner en Italie son double talent de peintre et de violoniste. Malgré son goût pour les arts, il reçut les ordres et embrassa l’état ecclésiastique , ce qui ne l’empêcha pas cependant de développer son talent musical, de composer plusieurs opéras , et de prendre des leçons de peinture chez Joseph Vernet.
Pendant plusieurs années , il fut chapelain du baron de Breteuil , ambassadeur de l’ordre de Malte à Rome et grand dilettante, donnant des concerts dont Rendeux était le directeur.
Plus tard , l’abbé artiste passa au service du prince
Berzonico , sénateur romain , ayant son palais au Capitole. Rendeux voyageait souvent avec le prince , et , pendant son séjour à Rome, il prenait plaisir à orner de peintures de marines les murs du palais princier.
Englebert Rendeux est mort à Rome , le 31 décembre 1777. Il était bénéficier de S‘-Lambert.
PAUL-JOSEPH DELCLOCHE.
Fils de Pierre Delcloche, peintre, est né en 1728 (?).
Il apprit le dessin de son père ; après ce premier enseignement, il se rendit à Paris auprès de son frère, Perpète Delcloche, professeur à l’Académie. Il revint à Liège, en 1747 , et ne tarda pas à s’y faire une certaine réputation dans son art. Le maréchal de Saxe, Maurice, lui commanda deux tableaux représentant les batailles de Raucour et de Lauffeld. (La bataille de Raucour eût lieu le 11 octobre 1746, et celle de Lauffeld le 2 juillet 1747). Après avoir terminé ces deux peintures, Delcloche alla les présenter au maréchal, qui accueillit favorablement le peintre et rémunéra généreusement son travail.
En 1753 , le prince Jean-Théodore de Bavière nomma Delcloche son peintre en titre et son conseiller. Il l’employa à orner de peintures son palais. L’artiste fit pour son protecteur de nombreux travaux, entre autres, le portrait équestre de ce dernier, accompagné de dames et de seigneurs de sa cour , et un S1 George pour sa chapelle. Il fit également des attiques et des tapisseries pour la salle des États de Liège , ainsi qu’un certain nombre d’autres travaux.
Delcloche exécuta pour les églises de Liège plusieurs peintures. Il y avait deux toiles importantes de lui dans le chœur de l’église S4 Jacques , dont les sujets ne nous sont pas connus. Dans les chapelles se trouvaient deux tableaux représentant la mort de S1 Benoit et celle de Scolastique. Pour l’église des Dominicains, à Liège, il avait peint un S1 Thomas d'Aquin et la mort de S 1 Louis. Il y avait également bon nombre de ses œuvres chez les particuliers , à Liège.
Delcloche est mort fort jeune, en 1755(7). Il possédait une collection de tableaux dont la vente fut faite en 1769.