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LES LELOUP

Il y a eu également plusieurs artistes de ce nom. Remacle Leloup , né à Spa vers l’an 1797 , peignait le paysage et a fait un grand nombre d’études aux environs de Liège; son nom est connu par les gravures , vues de villes et de châteaux, qu’il a exécutées pour les Délices du Pays de Liège; il est mort vers 1740; son fils Antoine a fait des dessins de paysage au lavis. Joseph Leloup , également né à Spa, a peint, en 1728, dix grands paysages à l’abbaye de St-Laurent, étoffés de figures par Fisen. Il a fait aussi des paysages pour le réfectoire des Croisiers, à Liège.

MARTIN AUBÉE.

Il était fils de Jean Aubée et de Marie Marguerite Lambotte ; il est né à Liège, en 1729. Fort jeune encore, il montra du goût et quelques dispositions pour la peinture, ce qui décida son père à le placer à l’atelier , alors fort suivi, de J. B. Coclers. Après avoir étudié quelques années chez ce maître , le jeune Aubée se rendit à Paris, où il s’appliqua à la peinture d’histoire sous la discipline du professeur Béton.

Il n’y réussit guère, et, ne pouvant atteindre aux hautes régions de l’art, il se mit à peindre de petites scènes de genre qui avaient la prétention d’être humoristiques et qui souvent ne sont que triviales. Il revint à Liège, où il se mit à peindre à peu près tout ce qui pouvait lui procurer quelques ressources : de petits tableaux meublants, des

dessus de porte, des tapisseries, des chasses, etc. Il réussit passablement à peindre les animaux, notamment les chiens.

Lors de l’institution d’une Académie de dessin , fondée par le prince Velbruck en 1778, Aubée fut nommé, en même temps que L. Defrance professeur à cette Académie. Dans ses peintures, Aubée semble se poser en rival de Defrance ; il traite à peu près les mêmes sujets , et cherche à y mettre le même genre d’esprit, mais il ne fut, en somme , que l’imitateur assez malheureux de son collègue de l’Académie, lequel, de son côté, se montrait peu flatté d’être assimilé à Aubée (O-

Lorsque le pays de Liège fut agité par les troubles de la révolution, en 1792, Aubée, qui avait conservé des relations à Paris, alla s’y fixer, emmenant sa femme et ses enfants ; il continua à y peindre de petits tableaux de chevalet, qui trouvaient des amateurs , et il se fit de la restauration des peintures une industrie dans laquelle il excellait. Il mourut à Paris, en 1806.

RECHERCHES ET INDICATIONS SUR LES TRAVAUX ü’ AUBÉE.

Quoique ce peintre ait été productif, ses travaux sont devenus assez rares au pays de Liège. Comme sa manière offie , malgié son incontestable infériorité, assez d analogie avec celle de Defrance, on a attribué à celui-ci bon nombre de tableaux d’ Aubée. Pour mieux donner le change, on a plus d’une fois effacé la signature d’Aubée pour y substituer le nom de Défi ance. Voici l’indication d’un certain nombre de toiles exposées en 1791 et pendant les années suivantes à la Société d Émulation de Liège. On verra, par le choix des sujets, que 1 artiste s est essayé dans plus d’un genre :

Un Fumeur et un Homme qui tire de la bière.

Une Boulangerie.

Venus conduite au bain par V Amour.

Des Enfants jouant.

Deux peintures en grisaille , imitant des bas-reliefs.

(i) V. à cet égard Mélanges historiques et littéraires , par M. DE VlLLENFAGNE, p. 64-

L'intérieur d'une Brasserie , avec des ouvriers occupés à leur travail.

L'intérieur d'une Boucherie , pendant du précédent.

Saint Pierre délivré de la prison par l'ange.

Un Portrait.

Décollation de Saint Jean-Baptiste en présence d'Hérodiade.

Une Forge de Cloutiers , et son pendant, représentant une Fonderie de Fer.

Un Paysan venant suborner un Procureur, avec son pendant, représentant la déclaration d'amour d'un Procureur.

Le Déjeuner en famille.

Un Marché aux Poissons, et son pendant, un Marché aux Volailles.

Des Botteresses faisant des hochets, et son pendant, des Botteresses et des Porte-Hottes se rafraîchissant au cabaret.

Une Recrue ivre prenant congé de sa belle, et son pendant, le Retour du Soldat.

De ces différents tableaux, seuls les deux pendants : « Botteresses et Porte-Hottes se rafraîchissant au cabaret, et les Botteresses faisant des hochets, » nous sont connus. Ce sont des panneaux de 48 de hauteur sur 54 , d’une assez bonne couleur, mais dont la composition est niaise, le dessin faible et le pinceau mou. L’une de ces peintures porte la signature : Defrance fecit, mais elle y a été ajoutée il y a peu d’années par un peintre restaurateur dont le nom nous est connu. La signature d’Aubée se trouvait autrefois sur la plaque du tombereau qui se trouve dans le tableau des botteresses pétrissant la houille.

Ces deux tableaux appartiennent actuellement à M. le juge Bonjean.

Nous connaissons encore un certain nombre de peintures d’animaux de cet artiste, entre autres plusieurs toiles qui autrefois ornaient les dessus de portes et la cheminée d’un salon : Chiens arrêtant des perdreaux, des faisans, des lièvres, une chasse aux canards, tels sont les sujets qu’Aubée a traités, sinon avec un talent remarquable, du moins avec une certaine intelligence de la physionomie et des mœurs des animaux. Le mérite de ces peintures sera mieux compris par les chasseurs que par le véritable amateur de l’art. Ces peintures appartiennent à Mme veuve Bidlot.

Il existe encore du même artiste une toile représentant un chien de cour blanc de forte taille. Son collier est armorié; la

physionomie de l’animal est bien saisie et la peinture est faite avec soin. C’est évidemment un portrait. Aussi l’artiste l’a-t-il signé :

M. AVBEE FECIT 1789.

Toile : H., 1,17. L., 1.

(Appartient à M. l’avocat Henkart, à Liège.)

JOSEPH DREPPE.

Joseph Dreppe est né à Liège, le 30 septembre 1737. Il était fils de Jean-Noël Dreppe, graveur de cachets, et d’Élisabeth Herdothe.

Ayant donné des marques de son goût pour l’étude des arts, Joseph Dreppe fut placé, à l’âge de 15 ans, chez Jean Latour pour y apprendre le dessin ; au bout de six ans d’apprentissage, en 1758, il partit pour Rome, où il fut reçu à l’école de Placido Constanzi. Plus tard, il se mit sous la discipline de Pécheux, qui, ayant vu une esquisse peinte par Dreppe, y trouva beaucoup de fougue, et lui proposa de fréquenter son atelier. Le jeune artiste liégeois accepta joyeusement, et auprès de son nouveau maitre il fit de rapides progrès, s’exerçant surtout à composer avec rapidité sur toutes sortes de sujets. Il est à regretter qu’il ne montra pas autant de persévérance pour achever son travail qu’il avait de facilité dans la conception.

Après avoir 'continué ses études à Rome pendant cinq ans, fréquentant tour à tour les ateliers des peintres en renom que nous venons de citer et dessinant dans les musées les statues de l’antiquité, il revint s’établir à Liège.

A Liège , Joseph Dreppe travailla beaucoup pour les églises, pour les amateurs, et, comme la plupart de ses confrères, il exécuta des tapisseries pour les habitations des particuliers assez riches pour payer ce genre de décoration. Il a fait aussi un grand nombre de dessins à l’encre de Chine et à la plume , qu’il composait avec une promptitude surprenante et une vivacité extraordinaire. C’était malheureusement presque toujours des allégories d’un style ampoulé , dont les figures s’abandonnent à des

gestes exagérés et par trop dramatiques. Ii a aussi exécuté un certain nombre de gravures.

Parmi les travaux qu’il fit pour les églises de Liège, on citait la voûte de l’église des Prémontrés. Il a peint un certain nombre de tableaux pour les églises des Pays-Bas. Il aimait à peindre des marines, et y réussissait assez bien. Au nombre des tapisseries qui existent encore de lui , on en voit une dans le salon d’une maison de la rue du Pot-d’Or, à Liège , où se trouvent actuellement les bureaux du journal la Meuse . Elle est d’une couleur chaude et peinte avec beaucoup de sûreté et d’entrain.

En 1781 , Dreppe obtint l’accessit du prix proposé par la Société d’Émulation de Liège pour l’embellissement de la ville. Il a gravé deux paysages d’après les dessins de Malomont, artiste-amateur; la fontaine de la Ste Vierge, place de Vinâve-d’Ile, d’après J. Delcour, un tombeau élevé à la mémoire d’Élisa Draper, et d’autres . petites planches.

Atteint de paralysie , Dreppe mourut , le 29 mars 1810 , à l’âge de 73 ans.

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