‹ Histoire de la peinture flamande et hollandaise. ComplémentChapitre 3 sur 91 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Ce livre a été rédigé sur le sol où ont vécu les grands peintres, dont je raconte rhistoire et apprécie les travaux. Il aurait beaucoup perdu à être fait ailleurs. La présence d'un peuple et de continuelles relations avec lui expliquent mieux ses goûts, ses talents, ses ouvrages que les meilleurs commentaires. Je voyais sans cesse les figures, les habitudes, les logis, le ciel et la lumière , les champs et les bois , les lacs et les fleuves, les prés et le bétail, les dunes

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sauvages et le morne océan qui doivent à son génie une seconde existence. J'écoutais parler autour de moi Fidiome que proféraient ses vieux artistes; les mêmes orages grondaient au-dessus de ma tête et les mêmes pluies tiraient de ma croisée d'aussi tristes murmures. En parcourant la Néerlande, j'ai sans doute habité plusieurs fois quelque ancienne demeure gothique, avec son pignon dentelé, ses nombreux vitrages, ses élégantes sculptures, où ils avaient jadis cherché un asile pour la nuit, et le chant du carillon, saluant la jeune aurore, m'a éveillé comme eux aux premières lueurs du matin.

Mon séjour dans les Pays-Bas m'a procuré un autre avantage. On a publié, en Hollande et en Belgique nombre de volumes concernant l'histoire du pays, où règne une exactitude fort louable, et dont la plupart sont inconnus au-delà des frontières : les titres mêmes de ces ouvrages ne se trouvent pas dans les catalogues des bibliothèques publiques : on ne peut donc soupçonner leur existence, encore moins profiter des

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renseignements qu'ils donnent, si on ne réside sur les lieux : nous les avons cités au bas de nos pages. Ils nous ont permis d'éclairer la peinture, à l'aide de l'état social, politique et industriel, mieux qu'on n'y a réussi même en Allemagne, quoique l'Allemagne ait fait pour l'histoire de l'art néerlandais, sinon plus que la Hollande, au moins beaucoup plus que la Belgique. C'est ce qui nous a inspiré notre dédicace et le projet que nous réalisons.

Peu s'en est fallu cependant qu'il ne demeurât inexécuté : une pareille tache nous effirayait. Pendant une période d'un siècle et demi, où la Belgique n'a pas vu naître mi grand peintre et aurait dû consacrer ses efforts À l'histoire de l'art national, un seul homme a osé l'entreprendre : il s'évertua quinze ans et fit un ouvrage pitoyable. Ces sortes de livres, qui exigent de continuels déplacements, sont d'ailleurs trop dispendieux pour quiconque ne possède pas une brillante fortune. Nous n'en aurions donc jamais tracé une ligne, sans l'appui d'un homme supérieur, aimant sa patrie d'une

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