‹ Histoire de la peinture flamande et hollandaise. ComplémentChapitre 69 sur 91 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Je»B HeinllBs.

Caraclère général des travaui de Hemling. — Détails de sa manière. — Ses plus anciens lableaui — Châsse de Ste Ursule.

C'est une règle éftemelle de la poésie et de lart que Tun et Vautre , après ayoir vaincu les premiers obstacles , déploient tout-à-coup une hardiesse illimitée , passent de l'indécision et de la craintei aux excès de la force. Ils marchaient naguère en tâtonnant, comme dans une avenue souterraine; maintenant ils se redressent avec fierté, comme s'ils apercevaient une subite lumière et que les profondeurs du ciel, les plaines ondoyantes , la rutilation des vagues et l'immensité des bois leur causassent

ù» HISTOIRE DB LA PEINTURE

un TÎf transport. La littérature, l'afrehitecture, la sculpture et la peinture commenoent par l'énergie et la grandeur, aussildl qu'elles peuvent aecomplir des OBuvres immortelles. C'est le»f premil^r ébfti , le premier usage d'une Uberté eotiqmse sur leur faiblesse ^ le premier éveil de ledr Imagination et le premier essai de leur viguemr ; eHes aspirent à l'infini, tentent Vimpossflïle et eourent au but de leur espoir avee un enthousiasaK fAéné. Puis leur véhémence s apaisé, leur fougue ise cakne, leur iVresse se dissipe : dlcs entrent d'un air'réSéehi dabs leur seconde période. Bien dea 'épreuve ont^été fUtes, bien des chûtes ont signalé d^aadaeiètaseS''eriireprisea. Elles méditent^ calculent • ledrs ' 4à^jéos , restreignent leur mnbkmi; elles né ifeMent*|>lu» sortir delà sphère lancstief et ptMtefSRttg^ l^èHéhrf' dans la aône da subhiAe: parvenues à Tt^ nr&r, elles se contentent de la beauté, flarmooîë, jiiMfegt' des proportionB, fomes pures et briUssiies , ' voA l'idéal qui ^qHkt devant lenrs yéùx. Ce' iféik pm\t firmament cpi'dks fèvent, rtuna le jarlin'^ Aéftces. L'inqpîmtion, f|ni d'ahaid imnâaib ka pht|^ poétiques, a modéré an vininan et ert'mi pendescendue. £Ue baisse eneofe, eBep6msnH»saffetmHf, la beauté m^de et virgpnale ae -ttonve leHn^nème peu à peu délaissée; la giAee, Veqirit^ la-finease, réléganœ devi^mnent la liasila qna l'onde-ntiBint , sans la firanchir. Le mouvement oontinnay ksflala se dérobent toujours ; le» moyens les^phm groasiers.

FLAMAiM>R ET HOLLANDAISE. 52t

les efiGols les pkis vulgaires, les passk^ns les plus matérieUes envahisMeat alors le domaine de Varl et le conon^Mnit jusque. dans ses profondeurs. Amsi chez leB^uicioiis nwis- tojoiIs se sueeéder le terrible et dramatique Esehyk, rharmonieui SojAoele, Télégant^ l'adroit Euripide, le kseif Agatkon; Homèare oeoupe les plateaux éknrés du {ioSme épiqfue, le doux Virgile nous apparaît à nu-d^, le subtil et ingénieur Lneaso bnlfe au-Klessons de lui » Pétrone .et. Apulée «beminent an bas de la mon* tagne. La littérature italienne naos offfe un speetade analogue : die a pow aube première le gtoie du Aante; puis ne lèvent la sobre imagination du Tas^e ^ le goût délioaide T Arioste t la v^rve railleuse de PuVbî tt'de Bemi; les obseènes productions de Marini formait le soir de oe beau jour, âoir plein de, viston&délîranâes. Miehel Ange pnébède de même Rapbael, Bapbaël précède Gcrrège, et edui-ci ex-> pire avant la naissame de Luca Giordano, sur^ nommé k. faiseur, talent vulgaire et impudique. Le vudeComeiUe^ le sage Radine, le spirituel Voltaiire et le handî Beaumarchais signalraLl; en France des périodes équivalentes dans l'art du théâtre. G>0mie 1 oiseau de Paradis^ 1 mtdUgente de l'homme cst saye d'abord aet fiarœs; puis elle prend son vol, pleure au milieu de l'éther, descend peu à peu lorsque sa vigilenr l'abandonne , et ne. touche la terre que pour mourir. Elle a seulement le don de renaître et monte plusieurs fois vers le cieL

332 HI^TOIAfi IM UÂi miHVCtA

ttnë rd^lfcmdmneqtalejiLc^tVtfnt^dEl énftidnàinaMetlàefit'pillird'étievgie^q^e^detli^mife; leordesi sin, leur coloris , teiir itratàit itt ifauar motttedptMp pt^ô^miDetit imegrffnderferineiévce «iiiil(fHnÉnl)tDut de^'arilsie» «obil^stiiis. L^attraili^>la ipa^eilfiur maiiJ» q^Mt'm'Merl des^occ»it9ilS' Lei9»aiiles'sàdwiipias titi^'te'bMii; Tel n^estipos^Hemliti^v.leA^Mrgib 4e Ywft 'flamaiid. Bsptit iuwirt etidaoii)iDolpIe)fitrû<Mh' t€«i^fedf, il 9<hm$i l'idéal ipouv^HbiiBemUaUe au jeune Tobk ^ooné'par^uirwi^v'il ^L'iukUam ^us sa conduite une douce vieloire et i^'qsl^iiNdi^jà tine^ péiîtleuse fianeèerlagr^ceii'ii ^narld4ns>^ cducho; hli«i'0eltoyé'ioatraisf9S(faTcfunv{sa9SrVei^ poset à^laniert et san» Vénerver* »^beit 99r^40iMiit ^tetivè'le soufire silrtetoucheuxt -^^ ir inM|>ir.,| ' é9en astre chavtriant^n'éelalretpatfleiliriflBgeaffCliik di^'itiollés lueurs. L'ftiabile dîsd^IelajjBikua'ifctitdîé qdè Jeàtv Van •BydL'&eftifeniiB»fiuiteéf|tt elifippayi duit le'nti^'tftee! «ne^tsciettcb;*" aTcq) uMtir^iinMB phid' grandes. Le^-nenfbtes oténi^paînl lide^iialiî^ greur inopportune r loi ohaiisi.sdiitTfilieiiioiilfiiM* délées. LetBaptètte du^Chrisl^-Ttepii^ ibà'petiiàéÊfm A^BrtÉl^l ct'k'trQnème-iiiiniMuhhlMiipM tuarflfi chAise' deiSie. ' l}irSQle'iie<pertiiel|tent pas$id»t'«é^ qtierièb dduteices progvèsi Il'aidiÈpbjéida^i»lrC9éeutic^'dts'knàins avtaaiid'liibileléiqtte tlea^^dtux frèfm ;'fl lenr e9l:snp6neuar djpnndîirii^tftraie^ijail»- Ix^ et tH9 1)ii^d*: on' ne saiitoM) vèir^bioR dé phris

FbAyA^m et ituLHAfYirÀifi;. ^

Ifrjilermj l^fjdigil«s)lseiil|aii»€9)A)d(M'ejai<0jr^i«i'<^ •qinf<^flÉleot àfttat«ré(laa;fi»pwtet. . . r.i .^, MtfJ in.

blesii ikiiiiénagBil'étQflb^ éparglir^ klï>pUa.«JU^.pAfT «hpbgèBiiieifcuoeoiBlleiitipQmtiSOua Vic^rmetpw^ «k liliortc^stiimQjfilBifaiix -goAtt^^nejKiiin AraUTel dans od^laesi^ôntiircdde» Vaii£^d^.«rd0.lQum 61ènr«s^ .'ildilcluruBppèrtiQaAit»pQintJ'eii;pnipr^ Ce 0>t(8t,^«8

tdâbwt^ 'Çar il'amîlaB «t mnli pan . la : ptodif aUtéc il nfse'id>iibonl( trép fpéniblemdofc : de ses^ sre^nouraes ^il^r<iide^ pamleaiieiiipla^f lavao iMdir$lîoni,i; avec 'tttfii^toéf^ aw d9al|^i«8 1 floati H^gfmlaa ^. isonutra^irail pradent: il se bonik»Btt^tiâfAriiéMHaMreuQuolqi|69 4tte€âp;|ttnvifedtf npeifoi^t r quf^iiM'gmt^ ijâ^ttheM' fiauideeiifleitiieai At^ irCkosoi^ UiniabuMî <ffii|^plÉs lafrdrdeéi^iumiis^floNqti'tleA aakrlouitTf^ o^Htiiifaitmv qaiL sQ'liiA80}<dQ^ilai«ttass0ifefc.qiiArla MiwiéléirèakqiaiiLcB ^Métoatts^-dt .Ymirl^kiini|e -fMialisefit^dbntitiiniléft^do lai sç^lptan^^M rognée À mvtièpOf(h^ QiKlselrDiaYfiiiiaBft'Qdflô^ct^ tenlèine)!!!))- ^laiM* liJfper|3olii|iiûule»>mè»Mfigf ^atiea^ iais^éine ipHiluaio« dai fiifi4 Coftimb lAvellitectiàvttv>i9Uer(dé|dlinaitl alovs; mpîdammt^ «Heiéti^t 4(firtvéek oe<t âge ilfa â'iâdceiapuiaiétowffft le^ftriiwjyiil, éùr>le»^^mcwi*ââ suac^aagaatt,! iàè%nwmi i^t «miX- 4eht ië fondsuLe gaAiMque^eila déaoden0e. J^riflftit

toutes les lignes , cachait tontes 4e9 formes gênent les sous une éruption d^enjolmments; on ne voyait plus que les coquetteries -du dàtail^etrcnisèmMe perdait sa grondeur. La - statuaire contemporaine tombait dans les* mêmes défauts^ datis les mêmes eicès: la draperie vient « tie< • bous: en aftdr une preuve. Le goûtdéliedtdD HemUng-le' préserva de ces erreors:* il amobsdrit les. étoffes, d« •ses déwiftciers ^ en 'supprima is»! btisuretetr le papillotement; il se larisia' bien quelquefois «Éitsêfaiorivèrs Tancienne coutivnie, / mais > il t Apctçut atk désigna la bonne rbute, cette voie eaovéaliéù-.maneliftient les artistes grecs, ok dRapkaëlcbeminafpliMhtfsd) <

Son amour de^ la beatift^'ScyliralHk CttCQiiè'>d«is TexpresMon de sesffigures^etdakiftlsMaîrièhè dont il reDdoertaineB.actîoii8^ q^aiéhoquenbles sens^liirC' ligion ohrélieiine n'^est. paslpourslui ia^deaMine du sactttce, mafisi:une loi eonsobnlaietitÉiie prafcnfnnf de bokdieur. Il eiritles tvaoe8ideiB0gîeride'.Bhign, son pèt« inteSeotuél, ett< qm^nousavonsitigriaié ces tendances; On ^ut méne^lire'^piHkeat moins amtève. n ne peint pas, eonlMe Jèrtn V«ttAf<^ideiis quekpiési ouwages , ' VevailalMHi ' fairiatiquef • de' la piété; ilalmpe mieux vue détotiOd'tnuiquUe^ nne patiente espérance. La Cm se piéseoleè luiKMSune une blonde Vierge du «Iford, -au sain calme) «ux ;feuit bleus y qui porte sur la tètC' une couronne' de fleurs et plonge en souriant la vue dans l'infinr. Hemling a peint quelques martyrs: de semblaUes

molib devaient cépugner à son ame délieâile .ûi îe présume que -tes taUeaux lui auront été comiaandés. lia Hu -toutefois éluder arec adresse les circbnstances les pins repoussantes. Dam une chapelle de F égUsie i^St. Ritnrrev ai l»oiiyBifii> m itreùFe, uni.panlxeaa>q[Uftfigura>l«iiTi«rt.de' St. Erasme. Le confe^ semr, élèii^u^fsiiBiQneiplandhe, ffouffino «ne torture époui?anlable;r on lura iettdu;lft peau du ventre ^ on *ai saisi l'ëxlréinitèdii leo^ intestin et deux bourreaux ^dèvîéeot 8bs:9nlniînes»à.l«bde d'an tonrnîquel; On nepoat^«ère oonoevo&rd'idéc plus- atroce; mais oailMne- la blessure esi trte^tile,' le ooeoum fort propre, 1^ que pas uB^iputèe de sang ne brs robgibroel àAreUxsuppliee ne cause poimt d'horveur.» L'iattitiade îet le ^visage < dû* patient H»ntribjient à Vôloignerril^neisaiiiébat potnll dansîtes^aigoisses du détfsapoir, • dans' ba. crises dune ijatolévable daulaurrA comprâme 'sea toUrnaenta», leur oppose la^rpîété^ la ii^gn0tionv>«t ne perd point sOn calme ongéliquft (Le* Jfaf7#^flV de Sii JB^^fyie^ qu'on vaît dans VégfisiDSt^iSauyeur, à Bruges,, atteste la naiéaie (finMse et- le siièm& goût. On va écarteler Vapôtre -i les» Uena entmirenâ ses membres, les cèicyaux aantr prèis et a'éfauaeeat , maie il est Picore intact et reaseot les premières secousses ; plus tard œ semit un'apeGtackreftroyaMe, que, le peintre a voulu nous épargner. Le ctnrps maigre et nerveux du Saint résiste : sa figu«e «e contracte , il ouvre la bouche et jette des eris, mais il lève au ciel des rc*

joncher le sol de frêles débris, Çes.|Çd|Ci^t$rf(S]prpu-

▼eqt (}up HeipUfig,, )Qré^ywr»aiMftîl(mTl#ut4«iM|^ qjdi préoèden): rbiver^, liuUe m$oia «Ic^tiiufWiMfe dai^s M P^éerlande^ wnuaQ ^ gioâml >diiafttei?|if y» humfd^ç : leuCi^taM>^hère^mcaDSt9uM#«jeubeflQinifa longues, cbalc^ur» pour ^'éfîliw^^ii ppnr m fa.«r« Mfda alors , quelle, grâqB i3B:?èt l9,iui|iAml Iied^wtiiideteite^ nent pl^s tr^ui^parpu^, ft im- phéBiMiiièM^ doBi j'i^orç res$encei, leur coq>iiwni|ipi^tedm»id&ttèproduire les images commfvdQ pnwAlAÎrmriif Icwp wc« face se çhapgis en lii^rtnoyij^tii «tafelwii^ JUegi fijwiy*^ gnesspnt plpngéçs dun^s unp jsortft de. fSfiitgmBBWat t Vair vaporeux «t tranimm^,8çi||bto bMrl»âli«'inéfl2tt chir : çnp'eplkendplua m fmd d^iboisiqveiltf eiani mélf^acpUq^e des ^ivqstQt kumurdp» «wncRiM.

br^apt^l^ief n^tés^. X'hfnwM d» .«b^mils qifç d,'ii)yi$iblp9 génii^. Arw

claii-i^f*qs..I^ fQrèt.jqp^p,a<.mfQieî«w «ttii&ktpliW' magic|U(ç, .Ai^. p'ég|ile.réc)«t 4e} s^ Uintoimiawi v couleur $ius^ flatteuse pou^. Tc^il q[a««(|llQ dfc lii.Yèr,-*. dure ej( cl^owe ,^prè^, qo«gme i la . ftoraiteâ , |paff Je souvç;:^n o^f(o^n«i^un Qni y K^roAwlûs.tiuailoe» des fruiii9,i|iûrs ; la lui)[iièr^.bVip4^ ti obMdbipMaii avoir mûri .aussi bi^n qu!emi,.Elle #<tat kwoifnaéei » avec les feuilles, qui en g(urd«iit l^ •Iwa; anagnîfique^^ Jauoes' en. dessus» blaiibchesi purrâftsaouai dan» le peuplier, . elles; , frissoni^oft .q| . fàMfVgfiM «Dmne une r^be d'pr et d'argent. Le.frèae.bl4iiiîA>Mqufdt. ques espèces ont de s^glants reflets ^ tek- que ïé-

Fable\àt le coudrier. Le hêtre, qui a conservé toute

w.parttre^ déploie dans lesh airs un manteau d'une $<Mitlif6'«pulënoe. L'orme rèehé et TÎyàce défie teul W pf eimèties^ attdkite4 dés gelées nocturnes. £t les chfamiiis GoavertA- de feuillages sonores, comme ils eBohantiBnl k) i^egârd attentif? Comme la vue se perdidafis leurs brumfeux détour^ ! Comme la saison qÉ«<meupt nous adresse de touchants adieux! '-

Il est remarqaaiblé Atissi que les'peintres brugeois n&'se Sent point eonl^ntéss des aspects de la llandre. Us»'>t|«Q^ilJde» paysages^yariés, pleins de rocs, dcnûMffieesr^'acéktents. Ce n'était pas près d eux qu'ils>ènfitr<^u valent les mod^es, mais plus loin, ddns.feplBiSftfjdeLiéged au^là. Ib allaient dbnc pvdbQUemeiitj^ faitv^des études. Ki les Van Eyck , nliBw^gihr de^mjgé» , ifii Hemling , n'ont strictement et'fiUdknètPitVieptoduît les grands pâturages de là Néoilqildie« > Ses* <i tes plus {rittoresques leur convenaiestrmiettii^ il fout descendre jusqu'à F^ul Pbtter,iJeaal Fyt, Beycliem, Wouwerman, Hobhèma, Grajie» c|t Temers^p^ur voir le pajs imité. Une recbevoheâdéale «Mftrebalançait encore le principe de Iwt jflàm^nd et ne le laissait point tomber dans un enifiiriiaie aiisolu. L'^amoUr exclusif de la vérité ne roiiqp»0ta<[ne par la suile. On put alors admirer ces^viMBlea'peinflureB ^ où- se déroulent les grandes plaimostde la'Néerlande. Je ne sais s^il existe un plus calme spectacle i Tous voué trouvez au milieu d'une prairie; une herbe longue, épaisse et molle, con-

550 mSTUflRR DE LX FCI^TITIIH

sfêlléic dû*iMârgU6rites, foHne une-raippe devant Tiôus;' D«s 'KgilQd de sables; ^csliotiq<aBta'd>auiBes TOitteifkt'Vhoti«m;- uti'fosM pleliid-'eait, Ibrdfedk itlëiithe et'de cig;uë; achève* Tencéiiile.'^iel^.làLdt b^y^ lâches broutent 'siteneieù^meiitoa ndnkiëDt AHreo^ nonchalance. Les rayons^ AbUqties *dii'seleîl efieiirQnt lai 'terre. Nombre ceièssale'des'tvodost en raye le v^i tapk. Nul smfAe', nul miinÉurei; auebn de ces bruits éteriniels Ifui'grdndent^dans Ie6<faa»i Tout 'respire la ^liludeietlàpoix.'' < '■.« -m ^ .i- , . Les deb de Hemling , comme cctti de Jeafa Vaa ^yck , manquent aviâsi'deTÉrilié^tpiaUd ibi Ita^àam^ pBre>«u< fifrmament dea Pa^s-Ba^i Ust'sont cUnn 1^ haut d'un bleu hmté i q^i pfiKkif meshre i^ue rFon di»eénd Térs l'horiran; la oèuleur, près^dclailemi en* cst^d'un blano tIF. l^'aflÎBte, veprËsentri maàiée peu^de nuages qu'il esdaje'de^^peindrâ M^sembb aVoîr Vécu dan» >une>atlliti9pkèire'iaalléffablef Com^ ment expliquer cette anomalie, cheBunnhoÉiHie du'septentrion , en butte. aux> èrëged^lc la-Elandl^e? N'«9t-ce*poinf enoève le résaltaldé' somidêaMpsine? Les teihpôtes duNprd, bienleîn'de'lui'pfrttjirr/akie beauté, sedHMitniient à'iut' eoknmenln' 'défailli d<! la' nfttunre et IV vèirait de plas doux olimati. > inr ^ t •'Son odIoHs n'est pasmoiiksidëàl^ue sMi^poo/oes erpréssÎDns et ses paysages.* Il a moills. Gk<fot|cie iquë cdiki du chef deri^eelé ^ mais plm de tea^4té«/pbnFde douceur. Helnling^ oherohe ayant* tout le^ompâiiaes agrélibles: quoique ses tons toeoux'îsoienUttrcM-vîfity

janaift ila œiseinulacitt^'et use h^fiA^ml^ ^tattm!^

nériusi domÛDe ireiisenidiile. Après quatife^clesiife

«hvâb^îls ne isonlpius devenu» Qbmmrs;rletai9kfi9

kurlar-Jai!^ )la 'feoMbeur quih avaietit^dart^rlo^

tdifsrifdktf pemirei «OaiToit de hli au MU9ée d||^u^

uore^ujle petftd Arnianontioii ; les fenêiws de>la

ahainbre sont ouyertos, et ron distingua un pagraHlg^

àvlainé par inilneura dvsoir^ qui «ayeloppenl ^Ça^

loBènt'Iaîodloliibeidu St. Esprit: on ne peut exd*

miner ces rayons rân^ Irâfisport j cardes tE«nia»«h

sont dfolie ibcanté 'oanerveillsirieiét itHUeible. Les

QQMleaA lée (Uenilicq^ préisenteiit >au' reste la :pLuft

grandie taiiétè.! Poiikr k per^eotive y > il * l'eoiéeulf

miàuMjçuei Jean Vaml Egrek; 'Sea terrams lietseteblent

pa0f)lii (estarpéf y-seé' fonds :pâlisaenl > davtiniagely

ooohme to'réehiinc,'*r'îilter|>ositk)n'de lair^ Il & cor^

tàmeoieiit fadtiaoeomplir/des progrès ^ la peintMnnQ

eèm'â pasIseulsaentreQHeiHi le8.noinbt*eu9L legSide

aeajdoftinoiera. "» . • •< • imi

iluiJiiiânièrè^iit A oonipdfte>èinnQnoeeiicore»unb

amefbélîqiie.. Ntaâ'dvom signalé.la tendance na^

nrimidca peintres' modeimes, cepenehant.tàfi^ureil

Vurw aptèa ^1 autre les scènes dt^veraesi d'.ufie .grandfl

action. Chaoniie xJfm akrs»uiii.<iduble^îtilirèty el

comme 'taUcan'ôsblév et oomme "suite d'Un pricé-

deut épisodk . ^Réuttiesir' dles ibnnent luncr bisloîce »

atanti^n défaut,* fsoBiiiîIiea et 'sa fin t 6ni croit Urer

vnttf épopée oa^unte légende. Aucpn' artiste n'a-plus

cfUe'Hcililin^aifeolionné cet enehainemenl. Ou 'il

33i HISTOIRE DE LA PEINTURE

exécutait des séries ^t tlibleatrx,' oti'îl peignait sur le même les-drconfiltances 'multiples d'un fnh , dans Tè^di^e chronolo^que. Céiaitturi drame qui s'ariimdtt Mus -son ptndeau , des élreé'qui Vitryiî'eàt et nettiplisëai^nft leui^ destinée. Il n'eut pas TdoTu 'mettre au jour lin simple fragment dd [foëine, ni en

briser le lien romanesque.' ' . i .

Quelques' jufAes -que solMI les'indièatioiisprècé* déMed , nous devons ll^s réstrèitidre M les Uiniler, peur ks' rendre plu» -vraie» eiloét^r ^k'ièéek HtHeint par Hemling n'est pas un idérf* 'absolu^ j il né Cherche point la beauté suprême librèM(eM>él'inèoiid}tiormellènaent , à' la maliièrk 'd^U'âGôId^lkâfiaiM^t de l'(icùte'iti»lieniie.'<|tiMïdirkd<*trfv« dë1>Mteindré, c'e^t par «ioe)^ti. 'iA iiiableMé dè^èeif (îi^ures dst'teltftlvé^ plu9pui« quo' le.9iat<liéte0'&lifeàutldkv il l'est moins) epm les* artistes MôiMtdnaiitf. ^'tAtes eonser veut toujours ull jpeti de^ ta' Vttlj^rilè^igéi'tf aniqUQ et nitorlandaisér.' l>it.hommë;'^^^né bbtlnaittirilipùiftCseiDayeaux! et ($ti»Mtoy<tMu^i' ifhe ptéM, ane^ éiégMacé -sans éiiaMks'; èéttfit'>A6^ppeinte, tl «t'égale rri les'An^élijC0;^'4è^Ffafiaa,'ni les Péruginv ni les^Ëtienney ni leA 'GuUlMrrâeV'iii les Eapka)s4. La ménagère' petiee di^s^^Vi^' ^ibnd nombre de Bes^femme», de^^es-' saintes* et 'de ses vietg^*, les fèndadoflei |i*mteMs tianuMt^tftiiiTètet à9^ ff/nvêà (^elqiie Imime^mpMiato tcMijoUM»Mn regard de monter jusqu'au* finnameM*. Ilëstle'plns délicat des peintres de Bruges; miiissa nature sep-

flaîundje: et juou^\ndaise. 353

tentripnale appççantissaiiU malgré lui son vq),. et il planait 4aps wie région m^jeime, au lieu 4q pcen- ()re les Hères l^pr^ q^i distipguexit les. r^î» de Tair . ,. Q^çlq^i/espuirr^gp^ de.Hqmling oflxent unejparliqulai^t^ MiWfO)^ mais qui n'est ppint sansi pr^ioâdçi^tis. VfiS' lecteur^ n'ignorent peut-^e paB que le célèbre Poussin avait mal aux ]feux. l^es^ bor^sde^es paUjpières fêtaient gonflés^ rouges et dépoury us de çijy^^ V pil£(fc(Hnment i\ ^ est représenté kiirxaêoM^idajfLs lej'^rljii^aifl; ^pspendu au LouvrOi Or, il.av^tisans dpi)t;e,Qiilîppt.ti«o:ii|V6i; ic^armante cettq diUc^^ité, ou 4v;n^ip/i pariHe plu^la x;roire telle et par > y . faire- .1^', V¥€i^ Gi^ ' «piHl f ai de wir ; o est qu'il l'a eominuniqu^è'iipiusis^sipcprspnnages, satns emeeptioiiL : ihfiOf^etit tousfUJQi? ojlhthoAiaie ehroi»iquë„ dont ,lepoinil^«if}es ^(or^ésiJ On tr^ouverait malmsémcnt .un efftit plus'OMi^w de l*amour*pi!opr€$,> ou un sigi^e j>lK»>réti} 4e( naï^e ilInçÂon. £h bienJ^ k^ studieux UcpBQJing.a faiti ppreuvedlune.égate sîinplieîAé. Sa, yue.idîsti^ite^.ses yei#x légèremeuit hagî^rds signàfentiun bon npmbre. des figures qu'ili^ modelées sur ses panoeaux : opi ti-guve" eaa elles la liièïne expression: de têvcrie* La grande. Ste» Uraide débout à llextrémité de la ehâsae, Fenfant jésus^qpe la Yieifge. tient dans ses bras à FexJtrémité ^nvestse, le St. JEtasmo qui occupe le volet droit' du triptyque dont le milieu représente son mast^ne, un, dos, apôtres de la Cène dans Végliae de StMPierr,e,.^;ioiivain^ en sont des preuves indubitables. Le dernier

55i tnSTOTRE M LA PCINTCRR

a de^pluB un« gmiMte simiUtndei avec TaRrl^tb. On p6«prairt feîrc u^^ de ce DaT«KMèf6«poor'dèCi3i%ni* Tïéi^ ai €piek{ue9 {miduolions loi ap|Mkt4ieinieiil< -ou

fiont d'ime* Âiitre nMitt. • * •*

Parmi les tableaux de Hemling «pii imm^^^tp^ tMft, le premier da<os IWdre chnMicJogiqutt^iesi celui de M- Aders, ^ue T^n rc^^de oomiaei lèifM*»' tmit dtt peintre hii-mème: il nous^a serri^ dè^m sa figure ' et a donné lieci aux reqiaTques dont nmib vcnom d'entretenir le poblic.- Sur un- coin dupbnneau se trouTe le chiffre I462*'0r^ o^ilime ie per* sonnage senible avoir dépassé hitiientaiaey^ ce mor^ ceaa confirme notre opinion rdati vemetit «à «la date de sa naÎBsav^e. il a les cheveus d'anJnran^claitel porte une souquenille dont la > manche- drattèueRt fendue; un bouton véunil les deux Mrd»d«tsr0^. Une espèce de oalotte grecque al}rite>âÉ[ tété; Ofeia dil que c'était là le c^Vume deèp ^malades JSoifpiÊs dam rhâpital St. Jean ^ Mais>8i'Heiiili«kg^leutiM^ 50in des«religieMX qu'en l'année t477vxl'ne4krmit pas 6tre vâtude la sorte -quinze ans plpstât.!! ne peut avoir été infirme toute sa vie et^ parqué* sans ce^se eninre lès murs du charitable asjle; ConaallBi la tradition,* rien de mienx, mais nlen'abi|8èii.pas( Ce vêtement d'ailleurs habillait a» quinuàmetaiàek une foule de personnes, qui n'étaient nit j^lesaces^.

« Pages 304 et 50;$.

* Passavant , k'uastreite dêurvh Eitjfhnd und BêlgitH ; p.*i{»e'94.

lù indiig|c»lQs ;. on b.veUtOMve^uff.nii grand. m^iiibre clQ}Aabkatia4(|>av exemple sur le porirait d'AjaAoT iidlo de I Itti»$e^ie. ^ue vonforoiq le Musi^ d'Avii vers. Il faut donc bien j reconiiajir?, u^^. np(4dq . (die r-i^fioqiie* * '< ' >i II >'!i.'j

. Eu 147'7f iM^tm assiste peigiut , («e^ H>iiile \9î9it 8M(d)ili£Myii^ lia Sibylk dwt nous avoHs parlé .plu^ bàuV'v pub il /eosAiœnçft »la «cbàsae >die ^e l}rsMte4 ¥iNAiiU lég^of}«< qu/il}f!a détouMe : . * - >

1 1 Sfiicè tampft là ^ a^lid le iràja^ d'Aleuiddrb-Siivère^ ij|ii/|pidn€ft!.irè$-ertimdM< «noiitmé Théon^tOy \dvait daoa kl Gmnd0-BrQlagiie4|Lui et «^nâpouee éMM^nt «bilE «mAdèlesi de .reirtu ^ dieui^ petite ichérubiAs 3i^n« tache; 'conwike t lei» vois /Ot. le^ireilies^ opiu o^neni 1^ cemAffij lUs )»[ainiflient beaucoup:, *ii^aiigeaÂ9nt,,,bu7 vaienitjetiadiiiUe^ et; f aidaient» 469 ?prompwdeis stotif meAtakS)! Mais «qbelqife. ligues qu'elle» sfi^sont) ellosi ne -^.kfliicondiiQsaieort: point lau- but dq^leitys vfBU& ? >1qs <iiBiû9tsà flâne» 4^ laipriocQ$$0 fdf^praiMt toitjdurs-.slérilcisu^ Le monarque ^Mpirsâ^^.gémi^^it elr oTyiCOmpiienait nan* Let eiel^ qui • protège ^tef unîona;fÉQopde»^ eùt-pitié de leur dpulQur.:.!^. in^in^ aetiendba) d'une. fille; que Ton appela. Ur^u^*. « S^ parfsntev'dit>,M.( de^Keveirbergi chercbèireiiit . Ibirç? bau88eD:iréolai:disB Dba(rmQ$ naîii$a^t8.de;iSf^ «per-» iioimet^.paff les knjom delà sag^^^el l'^xewplcdf^ vertus. » Elevée d'une manière si larmovantc, elle

devait faire des progrès rapides, qmoiqiie la. doqtaÎM du progrès ne fut point encore jareiMtée. ^^e «w<h tra bientôt les plus aimables penehantael ^^9^4éh Tcloppa comme une bonne graine i > non^f^a^wreite même auteur. Les deux é|poux icaccQurçir^lt IfflKil promenades , pour lui yerser hf raj/cm rf'wW^Wil^ cieusè tendresse. Enfin, elle c allait 9e|)fiiimi4f^fQNt seizième printemps , lorsque dégà t^^a. ^ep ffegifds des lies britanniques étaient ^ép, imr ,«j|)f^ l^vim qui dominaient dans leur enoè^iat^, brîgyqifn^MHP' l'honneur de s'altier à la fille de tjlJV^Pm?^! "^^i^î^ la fille de Théonote cueillsttt des pi^HSI^^f^ /Qf^fdiMt, sait au loin le duvet d^ son sqyiflle viig^f)^! fL phnm. tait des chansonnette^. . ,f|i.,ii rtn 'f*

Le roi des Pietés n'entendait poijiA 4|$ çtfDfç^pmnUl^ là. f II avait appris tout ce qu'il iaqt popit aup^ltlrf tir les peuples, au lieu de .régnçr ^uriemt, i%f4tr voulait que sori fils Conan devint Ifi miri 4§{ IllMta* Uràile. Le jeune barbare était trè9-ciiAl^;.i)ff#lMii. « cherché au loin des modèles daM.V|irt^4e

ner pour }e bonheur dea peuples* » Méprit dévote s'en était bien aperçue, miiil'.elW semblant de ne pas 7 prendrf g9jrde«S«Aad#Mli>u» trouvait cela bizarre et se.mettait ^pleuimi gyM^I il était seul. Agrippinus,' l'auteur d^riH^ J0«ir9y loi dit d essuyer ses jeux, qu'il pliait enffoj^r » 4|inN|B-* der la main de sa céleste amie. « Je les lumwnxffri de leur couper le cou , s'ils rcfusenVy ajfut4^l-il«. C'est le meilleur* mojcn pour réussir.. >^ ,(jùWH %m/Â

FLAMANDK ET IIOIJ.ANDAISE. 3.T7

joT(^u\ eiYibrdjisa ^n noMc père et attendît In réptm^, Wâi» tli^iilc Ti*étaît pas facile à mener ; elle jliifti t|ii'éHe- ttoûlafît résler' filTé cl que, si on ï'cnnutuSt ëntoiN? , elle irait faire un lour sur le iontitmw. 'Le ^soùvèfàh^ Hcs Kcles maugréa, lempêta. «alfi4 tien iWlénîr; là jeune personne vexée ordonna Aft'pffftphrbrbe* malles.

■'IJlSH Jr'iiv^it à celte époque en Angleterre une MtfdDfl^ a%6ndkhce tie vierges. On n'en avait point ilW<!ére'tù *o*l 'M ^fïind nombre, el elles n'ont plus JÉifii4i# dejMS^ lofs été 'ai bommunes. Onze mille se p^eti«Vcfft'poùi*'iiiîvrela princesse, toutes de bon alé(j hèÉ )pà)M^ At M. de Keverberg ne laissent aucun doute à cet égard. • L'Incarnat de la moii(»ttté^tày t^àiV lé«' jdueA dé ces irbarmantes » aventilt#M!^. Oft^ {)dtifVat de linge, d'habits, de hourrlllife, èl*l'Wn /etribarqua. Je n'ai pas le courage dë^diAir pkîMlty k<s^diettx. < Bientôt mille groupes édhftiiito d'HfAolnbr&bl(&^ appas s'élancent sur les niliMUaito^ de jèufies él tendres vierges manient, connue ^la^- irtspirAlton , la voile , et dirigent ïa HUMMtavtt»; elles semblent surpasser en cipérience les "^Hmt lÊBÊMùrmifltir. Tirant de bb^d avec audace , ettm ^C^gfteAIflii'iAf^emt^r; et se jouent des ondes Rg^léeft. -tia ^nt dès mains blaiiches Comme la neige et éw dbigW âe i^o^se, qui subjuguent le plus terrible èlémefit. h Clles arrivèrent ainsi au bras du Rlim niNiliné !r W&hal, dont dles remontèrent le cours , pCHi!<sèes par df*s vents propices. Elles n'a-

ï. II. 22

vaient plus besoin de toucher leurs rames , tant les haleines du ciel éia ien t complaisantes<Elles se mirent donc à chanter des psemineset des litanies. Les pois* sons accouraient de toutes parts, troumnt la innsique agréable. Les insulaires bretons avaient dès-lors la manie des voyages, comme de noire temps: il ne faut donc pas s'étonner de œ qu'une prineessc anglaise, SigiUindia, régnait sur la ville de Cologne. Or, un songe lui avait annoncé la visite de se» compatriotes ; elle alla donc afo-devant d'eUos , pour leur faire honneur, et se trouva sur le port, quand elles arrivèrent. Elle reoonhut dans la princesse • un charme qui n'est que l'apanage de la grandeur unie à la vertu '. > Quoiqu'il ne fût point aisé de noor» rir une semblable troupCf eUe. les festoya de* son mieux, et les douces vierges^ repues et satisfaites, conçurent le projet de s'installer chez idle. Cologne était menacée de la famine; heureuseoient le Sei» gneur, qui conduisait toute cette «ffairev eut pitié des habitants. Il dépêcha vers Ste. Ursule un am^ bas9adeur cèkête, qui lui ordonna de se mottreen route et d'aller voir le pape. EUs instvuiail les jeunes filles de ce qu'elle avait entcnidu t c A Rome , à Rome, partons, obéissons! '« crient les>ijilvé|ndes voyageuses. Elles remontent sur leurs ^efs, Ip vent souffle , Bâle apparait au loin, t Etonnées de-la ra-

1 Cette réception est la prenirèiH! cîrctMistaiice peinte «lor la clià<sc. * l r\uiu, princex^e britauttit/ue, par M. De Keverbcrg.

pidité de leur eouvse, elles restent immobiles sur leur séant. » Enfin elles descendent, mangent un moffceaUf^pruis continuent leur expédition: ajfnnt abandonné lems naf?ires,< elles entreprennent de passer. les. Alpes, êan^auoune répugnance 'ê$ a9ec Ai&irsM^ . Pendant teut le trajet, dles n'eurent ni iaim ,. ni soi£, et demearirent tvès'-prepres , sanis se nettoyer: île eid leur acoaiTda cette faveur. Elles arrivèrent -ainsi dans la oapilcle du monde chrétien et se • pnftsentèrent devant le pape. Cekii*cfi était d'origine anglaise*/ il descendit de sa - chambré pour vecevotr^la Sainte^ qui. leva sur lai /er piuê beau» p§wt:idm monde* Umvita;9es.oni{8 mille oompatrio* tesfà pi^endre lentlféi: 6'était le moins qu^l pouvait faîre^* nmantrpas leur affrir un banipiet. Le thé OBpendànt fine^leur^suffisait* point et elles mirent à sM.kBsilâtels.^dû la tille; 'Le sénafe s en émut; « il ordcHitiaiàtla vcnatsk cpiitter 'l'ItaUe arec toutes' ses fxm^ pagnesi i s M / De Ke? eribeng prétend que l'augmentation :du>pDir des vivres ne fut-pas la cause réelle .de. lenr ■banfmsiwment. c Sons les apparences de la SGÎtticitade {A>ur kiâsobiistance du peuple, le sénai> diV-il, cacha des intentions ainistres. » Cette opimon- paradoxale) demande à être prouvée: on ne l'adoptera point v si i'on considère) que les péronnelles « ay anè <fait la route à: pied, devaient avoir un extrême appétit. Le. p^pe trouva ce décret peu galant çl même peu honnête. 11 les invita donc de nouveau à une soirée , leur exprima ses regrets

340 UISTOUIE m LX PÇLXTURK

et.lçur dit qfic 1^, cid lui cgn^na^^lî de partir avec eU)Ç8, Les, viçrgf»,pad^qvies. furent enc^iantées dç ^ r^pIutioQ: Ursule même allï jusq^i'ài bai^r son frowl , yéaérabk. Xg ,pon,Ufe^ jacçompt^n^ cfe *w illu^trçs .coUç^borateurs^. dam le» travoif^ jfppff^ lùpifê , A'acliemiiiajdpnc vers lc3 Alpçs. h, ^^ ^ cio remonta sur .k&jnayirea, et Vw desceijMfit Jfii RJujo» Dqppis.le départ des voUeç yag^boodes^ Qdp(;iie était toinbéf^ entre lea in^ifStdi^. id^tires» quî avaient t^^ SxgiUîi^dia; J^ei^ l>ar!^i;ç9 1^ ^^^içsndaient» eU^mépie^ pour . les .oqârc. J)J!;s qu'c^l^es fmi;nt,à portée, >ils lejor LanQèrentui;i(-,^^lei,d/?^:^qh^^^i, le? gênaient beaupqp .çtJenr.|d^p)^xjW]/^^ Aw^. flècbes siACçèdent \t^ lapc^ i^t Ip ^^y^^lfis^tfgr^^^ faille ki^maine dèooupeatl€)s,yie.rj;^,9^fiçn]^t^r On perfore 1<b piipe aus^i ^ç^.qlle.lf^,9^^r^.,Q^e^^^s, bourrqau!^ fout des.cqpti?ç9, d?i?,i^ ^nlffi,jf[f^^ïiHf^ mai:$,les.Tert|ieu9es filleules r^p9p9Sf!r^t«^][^ mf^l|ijcfglr tent , se dépendent , ^t ii)Leuf epVtQ^tes.p}u;^p^;^^în^ yiçrges, Ursule, qu'on avait rarflée.ppui: le. ch^Ç,,^ 111^99 tr,e I aussi rebelle; on la mçl,,mi^pie,^n,|)^t^ devant un arobsr» qui 19 perce di'uxitçillèc)^^, JUl^niin , le pW» horrible des êtres , é|ii;QUve une, jçiç

féroœ, çn se voyant $i> bien yei^gé. ; r: ,: n,../, . Telle est Thistoire édifiante $uf. laquelle up. -je-

su.U^t a. publié dcux^v.olmncs in-folip\ EUcj.a^n-

* Ht jésuite ^e iidtumait Crombacli ; son otnrage pAruC k €bto^he ttt 1G47, 90119 le titfe 9uîvant; ^iVd et wîartfrmlm S irtuimet êù* ciitrutfi mnfhcim niUlia f'irffiftuin^ etc. » i

FLA>rANDE ET HOLLANDAISE. 5^1

spîré'â M. Dc'Kevcrbcrg un poëinc en» prose, dont «loiis avohsi cité 'des ettrdits fidèles et qui nous a émplftché de là p^ehdre au sérieux. Nous allons changea de ton pour examiner l'œuvre du peintre.

Sut Je premier compartiment de la châsse , la vîUe de ( ologric dessine son brillant ]f)rofil. Une porte crénelée se dresse au botd des flots : derrière la porte, la cathédrale et St. Géréon s'^élancent Vers le ciel et dominent' Tes toits gothiques. Dans le fleuVe rationnent les navires^. Ursula débarque; imé' de ses codi^agnes relève son manteau; Stgillindis lui' prend Ids i3ràs pour la soutenir! Les marins Va^^lcèfént à descendre 'lès valises. Au second jilan, les fenêtres toutes grandes oii vertes d'une màlsdii tiûu^ montrent Théroïne dans son lit, une vierge ](>riant près d'elle et un ange qui apparaît à Stë/ Urkûïe Lès tiionuraéiits sont peints avec une fermeté, uïie préôisiôn admirables. 'Les femmes drit bleri le type du Nord, des cheveux' blonds, des sôurbib â' peine marqués, de grosses joues, des pommettes" sàîllântes. Les fronts se développent largement, selon le goût dirétien. Plusieurs voyageuse^ bânt t;oiilëes à la chinoise : les' cheveux se trouvent réunis sur le' ha ut de la tête et retbmlieht en forme dé étîniferc.

Lé deuxième tableau a pour sujet l'arrivée à Bèilé. Une porte;. qon^uit^ ;sur le rivage, .dQ haujtes égli* ses, une gtatide voûte et^ dans le lointain la oime des Alpes blanchie par lîi neige, composent le

fond. Deux navires occupent le premier plan: l'eau du fleure qu'ils ombragent se eolorede nuances pro* fondes, qui étonnent lés yeux. Les jeunes fiiles quittent leurs embarcations t le manteau 'd'hermine que porte Ste. Ur^le la fait remarquer entre toutes. De longs chereux flottants^ voitenl les épaules de quelques-unes. Plus toi»; «lies suivent! la route qui condoit aux montagnes* La verdure des arbres tient le milien entre le feuilla^ éparpillé ée là première époque et les masBea Kouffiies- de la seconde. Cet indlèe prouve que 1» ahâsse a été pdnte par Hemling dans une période de tranaitiGn , on sa manière se modifiait, sans amAr encore atteint sa plénitude. * ' ' :

Le troisième tableau nous offre le pape reeef atat la pieuse légkm. Il -s'est avancé -jusqu'ans marches extérieures de l'église, ^l' dehors du péristyle. L'onction et la bienveilknoe rayonnent sur sa figure noble et douce ï il est admirablement dessiné, vêtu et posé^ La charmante pèlerine s'agenouille devant lui ; elle porte un costiime de la plus rare élégance; un filet d'où ^es cheveux- s'éehapjfient en ondes dorées convre le haut dé sa tète ; pardessus le filet tremble un léger Voile. Son corps, sa taille, son visage, tout en die séduit lesyeui. Le pape pirend les deux mainâ dt la gradieusë fille dans sa main gauche et la bénit de Id droite: Derrière elle se pressent ses compagnes , doilt le cortège se déploie dans une longue rue; les dernières

FLAMANDE ET HOLLANDAISE. 5iô

n'ont pas encore franchi les portes de la ville. \ droite, sous les premiers arceaux de l'église, des néophytes reçoivent le baptême par immersion. Plus loin, au fond du temple, Ste. Ursule communie. L'édifice lui-même est un petit cheM'œuvre. Pour les figures, ce sont les plus belles de toute la châsse; la dimension eo étant moins bornée, le talent du peintre a pu s'y exercer à Taise. Bien des tôtes semblent des portraits et sont caractérisées d'une manière étoritiantc.

Nous vojonâ ensuite la pieuse cohorte cheminant vers Bàle, sur le dernier plan du quatrième tableau. Sur le preiRter, le pape et les vierges se confient aux ondes turbulentes du Rhin. Le chef de l'église descmd dans une barque, puis, tout à coté, il a déjà pris place: il lève la main pour bénir, assis entre deux cardinaux, à la poupe du flottant véhicule. JLa reine se tient à la proue , pleine de dévotion et les mains jointes. Sa figure et celle des autres martyres me semblent avoir été retouchées : le type en est d'ailleurs moins noble et moins élégant.

Le supplice des onze mille héroïnes occupe la cinquième et la sixième miniatures. Deux aichers tirent sur elles des bords du fleuve : une des saintes cache son visage dans ses mains, une seconde a le bras percé d'une flèche. D'autres barbares les frappent du glaive et de la lance, t Elles tombent, dit le livret, tout de même comme pendant la moisson les épis dorés sont abattus sous la faux tran-

5U Hl^lXIiHE DE LA PHNTl HK

iilmateiduiinoissomieur/ > Dnesî'beHé phraise^noo^ diapeme^de phis longs commentairé^i On F(^narqUè ^«rtout pbrinirles rierges celle qu'un |Mil€fn toeishr^e une large épée romdin^: Ursule la tient mttuMrtUr dansées htm. Les détaib de db draktie SDnft'peini^ donuç tnanière tragiquement miIve.Le meurtre 4è la prificesse forme à loi* seul un tableau» -Delio^l devant un «roher qui Tajusle^elleattetHlilaiflfeclé terrible, maisons Vintrépidité qu^dft aimérail A^ioi voir. Elle éemble dèfaMlant^, oai* un db^aliiirpM^ le htHÈ tierrière* eUe pour là soutenir' ^^'duif*!^ (à bouche) eomme si elle jetait' des cri»; etaitlénne perdu sa beauté préf^édente r lé lypé >de '34q f^iêHg^ est lourd,' coTMnuu;'déSteigrèahlé.''l'h>fS'>lkirbiMi l'èxaiMincmtd'un air triait, âvèé 4« '^ui#e'tiuî4)là bëiiéhe: unpetHlétriérlà regidréé'âUf^'. iétfWpèà bëSoii/y de 'dire que les perMcMèu^rs pbHsiewi<)é'bè»^ tum^ Aiilitaii^ eh usagé étf'tèmps^^I{miItf|;li'''M Le^extréihitési de l* ehfts^<ednriiehnëii|id'aii«^ images. L'une nsprésentè Stè. UtsAle''d^iiMitV''atei milieu d'tine ehupélle gmfaiqtie)^ elle' pi^^iiieiidins sa droite^a^ Aèche t|m ^^caus&^a ni0i<lttolbnf|3r^ ël de la gauehe écarte les borcb'de'son nuantiati: Soub ce large palUum ,- on aper^ît <diit ,pbtilcs'^4étlfales^i qui ont à peine la lUoilié de*^ tàîllet '^ce Mnt M généreuses filles tonduitès pkreliè en 'AUeioflign^: ( lommc on le voit , Hemling a expliqué la légende de la. E^foii la plu^ v4iisQmud!)le.\ U, n a ppin^ prodigue les vierges et n'a jkis cru au nonVbre fabul^sui

%l. Mi. yAwi ont p^^ra t)}giiiiier.k^jorMe|^ii3rgff»ii»tv

4ctftc.du..ii|f.«ièQle^ publié dorimremoni periBintcriin i9f)W* ce- )tijUr€t »: Calendat^vi^'Ctlomun^^^a»^ mnh.' fi^moQtre. qu« ^n wUN^pcvtatkui . est jwftiè^ (Aii<jf.()it: li»,l&.dQ$ qiili9ttde@i}de tt^^reoribreyJEèlei dt' $il.J9ilaitQi«:Qt des ouu) tieirges 3aiiile«.y Vvsulds ÎH*¥:m ^ Grogoî îa^ Pino» ^ Alairthev Sauk ^ BitttiiAto, SfOirfiMf, Salum». GL^I^k^i, li^all«die, GeiU énumé^ i-mî^n iQOiltiissq .plm^Ia niQmdfei |^i^'Qi».'4outei^ iU^ op^Qineotp^quiQ'rwfienvi^Xéf^^ Ste^ Ursvlei à Col-

à^ ml égal d )^ iban ibocwici m'^rait» poiniL d^ jsuptsHlu

. , , JU iiii«g^rfl%Mii n<iii$ vooen^ | d^ fMrlorf jrdpn&aebte t^ tjpfi flatu wd lYulgaÂmy J^ Ute^ ceûlte.d'iiA Itan» dm» da>p»r})^Qt4e i;ukNi&|.e^.}ai9Qy Je^.fvQUibtujk: lQs.«fw))U|es^ MiH^rplflinfi'd^ obaîr^.Iei^ fli^Ui^U pÂle«« Ua jwjk ^Mfleuffd^ (ètei ^iQjpeu lpMQh«9Maio^poçtlIlk la.tïnéditElUon^ h^ dî^UaatÎQiit Va-nmi lowa^i rdç

grandes tempes » une jolie bouche coinplèleiit la figure.

li autre pignon aurmoate une Vierge ^ tenant son fils dans ses bras, au milieu d'une chapelle identique à la précédente, La m^re du Crucifié a de plus beaux traits que Ste. Ursule : nous voyons en elle le type flamand délicat. HeniUng a élégamment disposé ses cheveux : elle s'^re à nous dans une attitude eicellentet pleine de laciJUté,.deaato* rel, sous un xnantcau rouge drapé «^<X2 gcâce et d*un éclat surprenant. Le Qirist.fl^tle peules regards ; son visage bouffi semble moins appartenir à un enfant qu'à un hocmne sur. le x€tûipr.:^ner4îbcvelure blême et elair-semée n'atténue, passée défaut. Ses yeux. sont louches et distraits» .'comme. ceux de Ste* Ursule et de Hemling lui-oaÊpne;. Dans sa main gauche, il lient la pomme, symbole denotre chute, et dans la droite une pensée, emblème de l'esprit, auquel nous devons notre salut.

Sur le toit de la diâsse, ^o trouvent peintes la glorification de Ste. Ursule , que- Dieu le Père couronne en présence du Fils et du St. Esprit^ et sa béatitude, au milieu de ses compagnes, dont le chef de l'église et son vicaire grossivsseat la troupe. Des anges font de la musique à droite et à gauche de ces deux scènes. L exécution ne vaut pas ceDe des tableaux inférieurs : le ton rougeàtre des chairs ne séduit nullement la vue '.

( Ceux qui iront puiiil vu ce CaincHS reliquaire pcuvcut cousullcr

FLAMANDE ET HOLLANDAISE. 5i7

Dans les grands jours , lorsqu'on montrait la châsse au public attentif et dévot , Pierre Fourbus était un des premiers spectateurs qui accouraient; il restait !à des heures, devant la gracieuse merveiDe, et ne se lassait point de Tadmirer: tant ces figures charmantes possèdent un doux magnétisme!

La Belgique fut sur le point de les perdre : en 17d4, lés commissaires français se présentèrent à l'hôpital pour enlever son plaà bel ornement, t La Chfidse! la Châsse! t demandaient-ils à grands cris. Les religieuses ne comprirent point, car ce chefd œuvre est nommé dans le pays La Ryve. Elles dirèMiJu'eltes ne possédaieht point l'objet réclamé : leur accent , leUl* visage exprimaient l'étonnement et rîgnoratice. Convaincus par cet air de bonne foi , les déléguéd de la république s'éloignèrent. Plus tard, vers "ISIO, la supérieure du couvent rejeta des 6ffred brillantes : c Nous sommes pauvres , ditelle , mais les plus grandes richesses du monde ne nous ientej'ont point. » Noble exemple [ que devrait suivre tout homnie qui ahne, on a la prétention d'aimer sa patrie!

1^6iivfâ|^ âiiivtmtr fjt €késse'fie Ste. VUuh gravée an' trait par ' (Uhark* Qt^kenu^ d! Après. J^^n Jittnim^i avec Urt^ par (htape Delepierre et Juguste Voisiu; Bruxelles 184L

KiO HISTOIRE DE LA PEINTURE

Si. Jean se tient à genoux doTont lui , exhaussé par une éminence : il a pri9 de l'eau dans le creux de sa main et la répand sur les cheveux du Christ , d*où elle tombe sur sa joue ; mais cette eau diaphane et œs gouteleites brillantes ne déparent nullement sa figure^ Oelle de Jean est osseuse, gtUTe, énergique, pleine de caractère et magnifique d'expression. Le bras qu'il lève mérite de nombreux éloges : on ne peut rendre la chair avec plus de vérité. Aû-dcssns d'Emmanuel plane la cèlbmbe, au «dessus de la colombe apparaît Dieu le -pète , etMrdntîé dé petits anges qui ont la forme d'enfants tobt^ nus.

Le volet gauche représente lé donateur, \aiféé un admirable St. Jean l'ëvangéliste. Derrière eut ké'dè^ ploie «n magnificpie paysage : deux' ihditîdbS'^'y rencontrent , l'un tlemande* sa route à l'îauti^. '

Le vofot de droite nous mtmtrd \à donatrice ,' jMie femme d'un âge mur« ayant quatre pi^îles fillé^^'près d'elle et pottent un somptueux chapelet. Ati-dessias d'elles , on voit Ste. Claire , et (Aus loin 'cette épaisse forêt ddnt nous aton» déjà parié. '

L'extérieur des vanteaux nous tnét' Mu^ Xtà yeutt d'une part, la Vierge et son fih, leqctel tiéht Un raisin; elle est pleine de noblesse et dé modestie, supérieurement posée et drapée; de l'autre nùe femme agenouillée , avec une petite iillè; tbdtfes deux ayant pour protectrice Sic Madeleine. Ce sont trois tètes de la plus grande beauté. Cette femme devait être la sœur de la donatrice , car il y a entr'elles

FLAMANDE ET HOLLANDAISE. .Tifl

possède lacadémie de Bruges. Un radicui paysage occupe le fond des trois panneaux ; sur le dernier plan brille la ville sainte» dominée par une colline où se dresse un château gothique. A droite végète une forêt sombre , à gauche , des arbres épars , des rochers, des buissons couvrent le sol. Mille fleurs charmantes, spécifiées avec une attention extraordinaire , brodent Vherbe verte et lustrée de reflets dor. Au mihcu coulent les eau^ limpides du Jourdain. Pour premiâié soâile,.oii'détouvrc àrextrémilé de la perspective St. Jean qui eiidoctrine la multitude, assis sur une pierre moussue. Dix neuf personnes de tout âge et de tout sexe forment son auditoire : quatre autres viennent le grossir. Quoique également vraies , il h y en a pas deux qui se ressemblent, .^u sfecpnd plan ». le proph^ète fia désert • m9P(r^,(KQ¥'Mi^tTi&v^ Ma missÂoDi iPlusipiès An spte()taieur^ J^us- sort ' de la ' forél 'obscure , "àk- le liéi¥é^ toute autour des chênes sa tige souple et hardie* Il marche «l'un air pensif vers le fleuve sacré : plusieurs apôtres le suivent respectueusement. L'acte essqitjjilfiiQiJlt pa^ s'^qçftmpUr , Uj pir^iK^uiir.lm4itfniwii:jJtTç . lp,i»jp|têpx€;; p» ^f .vpiA Ipus.le^d^nx. fly pr'Ch mierpjiaflïi ljçÇJiri8t.est|nu, sauf.Jç'^niliçM^fl^coirps*» et H'onde .béniç ,l^i fl^Wl^ j jwqu>^vx, . f^^o^^tlf^tn^^ chaut sa Jpi^c, ^^Ip, jQuQb^c^.dQUçPief,ré||l^qhi^.i mm unpq\i pfti5çjns|p.,,il jpintJç^.WW^axç^ iW,.priÇtfQ»Kd repi^fU^flOpMt., . Uni i^nge, ^^fi. .^gurQ{^(iUvûr9l(4« «l couYert d'.vn^e ch^pç.étf n|)eUAntÇ'PQrte;;9tMii>oost)UiNuo.

Si Ëioi une tète de moine , qui exprime la réflexion et charme les yeux pir son caractère de grandeur. Des TÎolettes, des mélilols, des marguerites , des fleurs de tout genre étoilent le sol.

Je ne déerirai point les vantaux, malgré leur exodlence. Celui de gauche i^re un paysage d'une beauté incomparable. On y voit un châteUenie gothiqpe , des fossés pleins d'eau , des chaùmite«s, des touffes d'arbres, qui décourageraient les peintres les plus habiles.

On peut en dire autant d'un triptyque de la collection Boisserée , dont le milieu représente ladoration des liages. La chaste mère du Sauveur est assise dans le vestibule d'un splendide monument qui tombe en ruines ; des colombes voltigent sur sa tête , miUe plantes fleurissent près d'elle. Les mo> narqucs de l'Orient se prosternent devant le messie. Quel que soit l'attrait de cette, peinture, elle est éclipsée par les tableaux des deux aile<.

Sur le premier l'on découvre St. Jean habillé de toisons, remarquable par sa dignité, par son air sérieux , et portant dans ses bras un agneau blanc comme la neige ; il regarde devant lui , au bord d'un ruisseau qui se fraye un chemin à travers l'herbe et les fleurs. On croit entendre le murmure de ses petites vagues limpides, on distingue les poissons folâtres, qui se détachent sur le Ht sablonneux et les cailloux bigarrés. Un lys dresse sa tète virginale près de lanachorète. Tout le tableau est plein d'allusions

ennot«'ff«idlii'la»lia«»re ée rhoriHônr/dtt ViVtfiMtë krfaièreh'iéfafepiirles champs, faaiâ eeoxksi nergenV dans les teintes roses d^un ^rëpusculé tnagniffffiie!, dont h[i|^AeiftdéttV ptiemêt lé plw beau |o^r. A ifiôté dacséUMirery n^nvoit tm alcymi perohé éuTah'fràg^ nietfit)de-roi$', el l^n^lgûorepas que les oiseaux dé' wtte^espèo&aniûrofïeealf des'teiiips:sans nuages. Dbns^ le^f uisicp« i pK» 4it 'bord ,• une petite couleuvre ^uir ' un lézard qui court sur la berge. La nature enfSèfë s amale'dl M)pl^\xit , «eomiAepotir'fèter la Teiduè du

u^nv'¥mMeitM9X i^ileflM briflailt-des trols^^rt-' HfiMER^fVondbibacdlpque de l'adUé- précédente Vest obui|;te^eik«i '^Umà fleure , qui' voute* d<i' tàtid êë IfticamitafÉleienif Apecitaieiir, OÉflfedetfx ligilèéVIêr hattlosiirilcheiv'êtriMOii]ffe piiesqoe t6Ut tetabteaùv Sto €3irtstoplibiinqrelie>aTei*pekië au dt^eu^du èm*' rant ; vêtu d'uiie trté^ dei pourpré ^ dirtafilareléVé lebbdbdsv&Pini^é M!irle»tMmte d'afrbfe-qui'Uii sérTcle faftto>Bi>îl TOgardèiyj^iifant m^rvelHMnis Ué coitfKirë-' nfini<t»»t<^)»n4M sr frèkr rtfociiMe d^iiii tel poidi.l6oil mpreésion ' dTéfénntttdnt ,- de* bietivdl^ laàmj de ffranébisev eidte' uïi • t^f 'itffétlêt: llti mi^ Um db taigiéeoienfantSne; le Christ, t*eprèsënUS à l!Age''.d«|troi8'ttqsv^pé(»sède'ime]ti(àie gvaiidëUr ?• ^nèiniadtitp édioiirë èa? léte brillant^,' 'H lèVé*'k* mciq <âioiti9 • Tevs* 46'^ oiel, ' prUiloAçailt kfs> psfrble^ dffainatit{ues'ik>>la'légemfe *: < Tu porte» lé mattrè

oU HISTOIRE DE LA PEINTURE

du inonde, t L'ermite , qui a entendu le bruit des Rots , sort de sa grotte et se penche au bord des rochers avec sa lanterne '. Il Va allumée un peu Ttte, car le jour n'est pas fini : le soleil se couche dans le lointain , sûr les eaux du fleuve, qu'il inonde de lumière : chaque vague étincelle , tout est pompe et magnificence.

Ce panneau frappe, séduit tellement les curieux, même quand ils n'ont pas un goût prononcé pour la peinture, que beaucoup de personnes, l'ayant vu à Munich une seule fois, oublient tous les autres chefs-d'œuvre que renferme la pinacothèque et ne gardent au fond de leur mémoire que le souvenir de cette image éclatante. Bien des années se sont enfuies , bien des jours ont passé sur ma tête , avec leurs sombres nues , leurs tonnerres ou leurs doux rayons, depuis que ce tableau a enchanté mes yeux : eh ! bien , dans ce moment je le vois encore , il est là , présent à ma pensée; il y brille de toute sa fraîcheur et de toute sa magie.

Les dix morceaux , qui forment l'histoire de St. Berttn, éveillent aussi l'admiration la plus enthousiaste. On se demande comment un homme a pu créer ces merveilles, sans autre aide que son génie , sans autre moyen que son pinceau. De tels prodiges vous réconcilieraient avec la nature humaine, si Ton ne se rappelait qu'ils sont l'œuvre d'une organisation d'élite et d'une âme exception-

^ Johannu Schopcnhaurr.

ndle , en butte aux injustices de la foule. Quoiqu'il eu soit, on éprouve ce glorieux étonnement que l'art doit toujours exciter pour . obtenir ses plus beaux triomphes. Ses ouvrages ont alors quelque chose de surnaturel et inspirent Tidée d'un monde accompli. Les divers genres se prêtent à cet effet ; il n'en existe pas où un talent supérieur ne puisse vous affranchir des bornes du réel. Une fleur de Van Huysum , un chenal immobile et radieux d'Aï* bert Cuyp, en atteignant l'extrême frontière de Ta*dres^ possible , éveillent le sentiment de l'infini.

Tout en louant le mérite de Hemling, nous sommes contraints de lui ravir une production fameuse, que l'on a énumérée jusqu'à présent parmi ses travaux* C'est l'autel portatif de Charles-Quint, dont le roi de Hollande a fait l'acquisition. Un panneau central et deux volets le composent : le milieu offre aux regards la descente de croix. La Vierge porte le corps du fils de l'homme sur ses genoux : elle le presse dans ses bras et s'incline vers son front, comme pour lui donner un funèbre baiser. Une vive douleur l'accable , des flots de larmes tombent de ses yeux. A sa droite, Joseph d'Arimathie , plein d'affliction comme elle , soutient la tête du rédempteur avec un coin du linceul. A gauche , St. Jean plus ferme parait vouloir les consoler. On aperçoit au loin derrière eux le Golgotha et la ville de Jérusalem.

Le volet gauche représente la Nativité : dans une

35« inSTOIRE DE LA PEINTURE

chapelle, sous un dais magnifique, la Vierge est assise , vêtue d'une robe blanche et d'un manteau de même couleur. Son divin fils, posé sur ses genoux , semble heureux d'occuper cette douce place. L'éclat de la jeunesse et le sentiment de la maternité embellissent la figure de la noble israetite* Près d'eux St. Joseph se livre au sommeil ; ses traits portent l'empreinte de la fatigue et de la vieillesse. * Le Christ, victorieux de la mort, apparait à sa mère sur le second Volet. Marie, agenouillée devant un prie- Dieu, y dépose son livre d'heures; die se tourne vers son fik , l'étonnement et la joie remplissent son ame, des pleurs d'émotion baignent ses joues. Le Christ lui montre ses plaies encore saignantes, mais une vie forte et majestueuse anime sa figure ; il est drapé avec noblesse dans son manteau. Par une porte ouverte, au fond de la salle, la vue plonge dans le lointain : on y admire un paysage, où se trouve peinte la résurrection de l'homme-Dieu ; un ange l'accompagne; trois soldats reposent sur l'herbe; à quelque distance, les saintes femmes se dirigent vers le tombeau.

Ces trois sujets sont environnés d'un encadrement gothique, ayant la forme d'une porte ogivale: au bas , s'élèvent des statues ; dans les voussoirs sont figurées toutes les actions du Christ. L'opulence de ces morceaux d'architecture dépasse ce que l'imagination peut inventer de plus riche.

Le pape Martin V, offrit ce triptyque au roi Don

FLAMANDE ET HOLLANDAISE. 3u7

Juan , deuiième du nom , qui le mit dans son ora* toire. Le prince le donna , comme nous lavons vu , à la Chartreuse de Miraflores, située à une demi lieue de Burgos. Don Antonio Conca , ayant feuilleté les archivesdu monastère, y lut le passage latin quenous avons cité plus haut ' et que nous allons traduire : cEn 1445 , le dit roi fit présent d'un oratoire très précieux et très pieux , contenant trois tableaux , à savoir : la nativité de Jésus-Christ , sa descente de croix , que l'on appelle autrement sa cinquième angoisse , et son apparition à sa mère après sa résurrection. Cet oratoire avait été peint par maître Rogel, grand et célèbre artiste flamand \ »

Charles-Quint l'emporta dans ses voyages : il erra comme la tente du monarque d'un bout de l'Europe à l'autre; C'était devant cette chapelle en miniature qu'il s'agenouillait durant ses expéditions , qu'il ouvrait son ccéur au maître des rois , le priant de calmer ses chagrins, de dissiper ses inquiétudes. Albert Durer eut occasion de l'adniirer : c Pendant mon séjour à Bruges , dit-il , on me conduisit dans le palais de l'Empereur, qui est d'une extrême magnificence et là je vis la chapelle par Rogier ^. » Après la mort de Charles-Quint, le

< Page â66 et â67.

Don Antonio Conca, detcrhione odeporica délia Spoffnof, Parma, 1793; tome 1«% page 33.

' En allemand Rndîger. Hcliqaien Fon llhrcc^i Durer xeinen vvrehrern «jetreiht.

triptyque fut rendu à la Chartreuse, où il demeura sans subir d'autres épreuves jusqu'au moment de rinvasion française en Espagne. Le monastère fut détruit et le tableau allait périr dans les flammes, lorsque le général d'Armagnac le sauva. M. Nieuwenhuys Tacheta de la famille d'Armagnac et le vendit par la suite au roi de Hollande. Le temps l'a traité avec une rare clémence : les panneaux sont encore enfermés dans leur boite primitive ; la serrure seule date de notre époque '.

Le tableau de Rogier, avec des ailes de maitre Hans (Jean Hemling), qu'on voyait au xvi* siècle, dans le cabinet de Marguerite d'Autriche, devait être une imitation ou une reproduction de ce travail. Au milieu, le Christ mort reposait dans les bras de Notre*Dame. Le grand peintre se fit aider par son élève, en traitant une seconde fois ce sujet pour lequel il semble avoir eu un goût particulier.

Aux descriptions que je viens de faire, je devrais peut-être en ajouter d'autres. Beaucoup de panneaux, dont je n'ai rien dit, portent la lumineuse empreinte du talent de Hemling. Tels sont le Mariage mystique de Ste. Catherine d* Alexandrie , la Cène de l'église St. Pierre à Louvain , VAdùrati(m^ des Mages que possède l'hâpital St. Jean, l'admirable Vie de Jésus conservée à la Pinacothèque, la tète du Sauveur qui orne la même collection , plu-

* Description ffe f«t paierie du rai fie Hnllande , jiar Nicu^cnhuys..

sieurs tableaux réunis en Hollande chez S. M. Guillaume II, en Prusse dans le Muséum, ou que le hasard a disséminés ailleurs. Le courage me manque pour entreprendre cette tâche. Que sont de vaines paroles, image d'une image, près d'aussi étonnantes créations ? Les mots ne sauraient lutter contre la peinture : ils demeurent vagues, froids et blêmes , quand on s'efforce de les rendre précis et colorés. L'historien avoue son impuissance; le lecteur se fatigue des pâles esquisses, dont il distingue à peine le trait. Qu'il aille donc lui-même devant ces compositions brillantes , qu'il en goûte le charme profond , la douceur intime : nul autre hommage ne vaut celui-là, nul attrait n'égale celui d'un chef-d'œuvre et personne ne loue aussi bien les artistes que les enfants de leur génie. \

Talileaax de Jean HemUiic.

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