‹ Histoire de la peinture hollandaiseChapitre 21 sur 47 · I-IG. ^.J. • JOOSr CORNELISZ DROOCHSLOOT · texte numérisé non relu

I-IG. ^.J. • JOOSr CORNELISZ DROOCHSLOOT

Le Portrait du peintre. (Cibinct de Tauteur.)

que, consacra, lui aussi, son pinceau aux kermesses et aux scènes pavsannes. Nous savons qu'il passa sa vie à Utrecht. En 16 16, il se faisait recevoir dans la gilde de cette ville; en 1624, il en était chef homme; en i638, il devenait doyen de Thôpital Saint-Job, et il vivait encore en 1666. Le musée de La Haye possède de lui deux tableaux qui font connaître sa facture un peu sommaire. Son auto-portrait, dont nous donnons ici la reproduction, nous fait connaître ses traits.

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Quant aux Molenaer, ils sont au nombre de trois : Barthélémy, Nicolaas ou Claes et Jan Miense Molenaer. Le plus habile et le meilleur de tous est le dernier. Il sut, dans une gamme très sobre, mais fort savamment graduée, représenter des intérieurs de paysans et des scènes de la vie rustique. Sa couleur est chaude et claire, son dessin spirituel, sa touche pleine de verve et d^animation. En outre, on trouve en lui un vif sentiment des convenances et son esprit est de bon aloi. Tout en gardant une saveur très-personnelle, il tient cependant de Steen, de Brauw^er et d'OsTADE.

Nicolaas interpréta des scènes d'un caractère un peu plus relevé, des vues de villes, quelques incendies. Sa peinture est moins transparente, dans des gammes moins chaudes ; ses personnages sont moins spirituels ; un de ses tableaux, au musée de Rotterdam, représentant une Blanchisserie, est un. bon échantillon de sa manière. Quanta Barthélémy, nous ne savons rien sur lui.

A cette compagnie nombreuse et bien fournie de peintres qui consacrèrent leur temps et leurs soins aux joies rustiques et aux intérieurs modestes, l'Ecole hollandaise peut opposer un autre groupe, non moins nombreux, d'artistes aussi bien doués, qui choisirent leurs sujets et leurs types dans les rangs élevés de la société et se firent ainsi les peintres attitrés des salons et des boudoirs.

A la tête de ce nouveau groupe il faut placer Gérard

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Terburg. Né à Zwolle en 1608 et mort à Deventer en 1681, Terburg ou Terboch (car s^il est plus connu sous le premier de ces noms, c^est le second qu^on rencontre le plus souvent au bas de ses tableaux), Terburg, disons-nous, reçut ses premières notions de peinture dans la maison paternelle même, et, jeune encore, quitta la Hollande pour parcourir PAllemagne et Tltalie. Se trouvant à Munster en 1646, au moment où fut signé le fameux Traité, il réunit dans un seul tableau, demeuré justement célèbre, les portraits de tous les plénipotentiaires du Congrès. Ce tableau excita une telle admiration par la ressemblance de chaque figure et par la vérité de Pensemble, que l'ambassadeur d'Espagne emmena son auteur à Madrid, où Terburg devint rapidement le peintre à la mode. La vogue qui s'attacha à ses œuvres fut bientôt si grande que, craignant Panimosité que ses succès excitaient parmi ses confrères espagnols, Terburg s'enfuit, passa à Londres, habita Paris pendant quelque temps, et finalement retourna dant son pays natal. Après avoir séjourné à Haarlem, il alla s'établir à Deventer, où il se maria. Son grand talent, sa fortune, ses hautes relations lui attirèrent l'estime publique ; il fut nommé bourgmestre de sa ville d'adoption et mourut en 1681, sans laisser de postérité.

Les tableaux de Terburg appartiennent « au genre», dans l'acception la plus exacte de ce mot. Rarement ils comprennent plus de trois personnages, souvent ils n'en comptent qu'un seul; mais, par la vérité de l'aspect, par l'exactitude du costume, par le soin qui préside à l'exécution des accessoires, ces petits tableaux deviennent de véritables pages d'histoire. Par fois le

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peintre élargit son cadre comme dans cette Paix de Munster, dont nous parlions à Pinstant, ou encore comme dans cet autre tableau qu'on voit à l'hôtel de taille de Deventer et qui représente le conseil communal tout entier. Mais c'est surtout par des compositions moins compliquées qu'il s'est rendu célèbre, et sa réputation n'est que justice, car ces petits ouvrages sont, pour le plus grand nombre, de véritables chefs-d'œuvre.

On ne sait en effet, ce qu'il faut le plus admirer en lui, ou de son dessin d'une correction merveilleuse, ou de l'étonnante harmonie de sa couleur, ou de la finesse de son exécution, qui n'a cependant rien de sec ni de léché. Animé au plus haut point du sentiment du pittoresque, il évite la monotonie dans un genre qui semble cependant singulièrement borné, et par quelques tons vigoureux il sait communiquer à sa composition une chaleur de coloris qui accentue la lumière fine et douce dans laquelle baigne l'ensemble de son tableau.

A tous ces points de vue, on peut donc le considérer comme le créateur d'un genre dans lequel plusieurs maîtres après lui se sont distingués, mais où il est resté au premier rang et n'a été dépassé par personne.

Smith, qui a catalogué son œuvre, compte quatrevingt-dix tableaux de lui. Dans ce chiffre relativement élevé (étant donné le temps qu'il a fallu au peintre pour parfaire chacune de ces œuvres exquises) ne sont pas compris les très nombreux portraits que Terburg a semés le long de son chemin. On voit que l'artiste était à la fois preste et laborieux. Nous nous bornerons à indiquer seulement les principaux d'entre ces petits chefs-d'œuvre, ceux qui sont les plus connus.

i6i HISTOIRE DE LA PEINTURE HOLLANDAISE.

Le Louvre possède cinq tableaux de Terburg, en y comprenant la Leçon de lecture de la galerie La Caze.

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fie. 4.4. GÉRARD TERBURG.

Militaire offrant des pièces d'or à une jeune femme. (Musée du Louvre.)

Les quatre autres sont : la Leçon de musique (n" 527), le Concert (n° 528), V Assemblée d'ecclésiastiques (529),

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et enfin un Militaire offrant des pièces d'or à une jeune femme (526), pure merveille qui a obtenu les honneurs du Salon carré. B3n Hollande, le musée de La Haye possède le Portrait du peintre, debout, tourné de trois

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