FIG, 59. JAN VAN GOYEN
Vue sur la Measî. (M isée d'Am3terdam.)
et à ses eaux une transparence incomparable, pendant que sa gamme, d'une sobriété en quelque sorte rudimentaire, va du vert pâle au roux clair et se cantonne entre ces deux tons. Le Louvre possède quatre tableaux de VANGoYEN,et on en rencontre dans presque toutes les grandes galeries de l'Europe, sauf au musée de La Haye. L'uniformité des motifs empêche que nous
ip-t HISTOIRE DE LA PEINTURE HOLLANDAISE.
en donnions ici une nomenclature. Van Goyen, du reste, a beaucoup produit; il mourut en 1666 à Page de soixante-dix ans, n'ayant pour ainsi dire pas cessé de travailler un seul jour. Ses élèves furent nombreux ; parmi les principaux, on cite Steen, dont nous avons déjà parlé et qui épousa sa fille; Nicolaas Berchem, dont nous parlerons bientôt, mais qui ne Timita guère. Par contre, il eut pour sectateurs Salomon Ruysdael, Simon DE Vlieger et C0ELEBIER, sans qu'on sache exactement si ces peintres ont reçu ses leçons.
On ne connaît rien de la vie de Coelebier. Son nom figure sur les registres de Haarlem; on est donc porté à croire qu'il est originaire de cette ville et qu'il l'habita. La seule chose certaine, c'est qu'il pasticha les tableaux de Van Goven au point de faire illusion, à une certaine distance. Mais, de près, on s'aperçoit bien vite que sa touche e^-t lourde, épaisse et sans originalité.
Simon DE Vlieger, au contraire, se rapproche du maître par l'habileté de son pinceau, par la finesse de son dessin, et s'en éloigne plutôt par le coloris, du moins dans sa seconde manière. Né à Rotterdam en 16 13, on dit qu'il fréquenta d'abord l'atelier de Willem van de Velde le Vieux, et c'est peut-être bien là qu'il apprit à représenter, avec'une délicatesse incomparable et une étonnante vérité, les personnages dont il anime ses compositions. Mais la manière large et simple de Van Goyen ne tarda point à l'attirer, et, pendant quelques années, il imita les belles pages si magistralement rendues par le vieux maître. Plus tard, il varia davantage sa palette et, sans perdre de son charme ni de son sentiment de la nature, il se montra coloriste plus varié et plus accompli. Le
Louvre possède de lui une Marine par un temps calme; au musée d^Amsterdam, on voit deux de ses plus belles pages : les Régates et le Combat naval sur le Slaak (ce tableau est daté de i633) ; mais son chef-d'œuvre est au