‹ Histoire de la PerseChapitre 19 sur 32 · RÈGNE DE SÉLEUCUS III , CÉRAUNUS · texte numérisé non relu

RÈGNE DE SÉLEUCUS III , CÉRAUNUS

Séleucus III, qui succéda à Séleucus II, fut surnommé ta Foudre, comme par une malveillante allusion à sa débilité; il

:\n I.A PERSE.

l'iil un jirince faible et iiinhidil; il ne régna que deux aiUK'Os, fit

une cxpcdilioii vers le nioul Taurus, et niourul empuisoiiné. 11

avait un parent nomme Acliaeus qui le défendit et le vengea; il

remit fidèlement la couronne au frère du prince Dieu défunt : ce

frère se nommait Aniiochus; il a reçu de l'histoire le surnom de

Grand.

RÈGNE d'aNTIOCHIS UI, LE GUAND.

Antiochus III, parvenu au trône en l'année 226, resta trop longtemps sous l'intlnence d'un Carien nommé Ilermias, dont la mauvaise administration avait excité l'insubordination de plusieurs provinces : le roi vit un jour soulevés contre lui, Molon, satrape de la IMédie, et son frère Alexandre, satrape de Perse; Achîeus lui-même, enflé d'orgueil par ses succès, aspirait ouvertement au trône. En même temps, Antiochus avait résolu de reprendre la Cœlésyrie sur Ptolémée, roi d'Egypte.

Les rebelles obtenaient des avantages signalés; Antiochus 111 renonça à l'expédition de Cœlésyrie pour marcher sur le Tigre où ils se fortifiaient , mais l'impéritie de ses généraux trompa son espoir; la Babylonie et la Mésopotamie furent occupées par l'armée des satrapes infidèles. Le roi prit en personne le commandement de ses troupes, repoussa l'ennemi , reconquit le territoire qu'il avait perdu, pénétra jusque dans la Médie, et ses ennemis, perdant enfin tout espoir de succès, se donnèrent la mort. Le roi n'avait réussi qu'en s'écartant des conseils dont l'obsédait le Carien Hermias ; Antiochus permit, un matin, qu'on assassinât ce redoutable ministre; sa femme et ses enfants, innocentes victimes de sa mauvaise administration , furent lapidés par les habitants d'Apamée!

Reprenant ensuite ses projets sur la Cœlésyrie, Antiochus le Grand, poussé d'abord par des succès marquants, échoua ensuite malheureusement à la bataille de Raphia. Le roi d'Egypte remporta une victoire complète; le roi de Syrie ne dut son salut qu'à une [)rom[!le fuite (l'an 218 avant J.-C). Pendant son heureuse campagne dans la Syrie, Antiochus avait soumis les Juifs qui jus-

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qu'alors, comme toujours, formaicit uuo population à part, vagabonde au sein de la société générale des hommes. Leur religion, qu'on pourrait dire médicale et diététique, et certains principes ou préjugés moins dignes de tolérance, les en séparaient profondément. Antiochusne respecta point, comme il le devait, ces principes ou ces préjugés. 11 pénétra dans l'arche sainte où il vit une statue de Moïse assis sur un âne, monture honorable dans ces contrées; il viola l'autel de propitiafion en y faisant immoler un porc, aspergea les Juifs présents avec le sang de cet animal immonde, particulièrement en horreur aux Juifs; il les contraignit d'en manger la chair; il souilla leurs livres sacrés, éteignit le feu qui devait brûler éternellement dans le temple.

Antiochus le Grand ne s'occupa plus (jue d'Achœus; il dirigea toutes ses forces contre les rebelles enfermés dans Sardes; il y pénétra, affama la citadelle, et, un traître aidant, il s'en empara; Achseus mourut de la mort des rebelles malheureux.

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