CHAPITRE SEIZIÈME
imerventlon rie la Russie, rie la France et de l'Angleterre dins les affaires de la Perse. Règne et mort de Felb-Ali-Stliab. Mùhanimed-Scliati, roi rognant.
Aga-Mohammed formait des projets contre la Boukarie, lorsqu'il apprit que les Russes avaient passé l'Araxe et occupé une portion de l'Aderbïdjan. L'impératrice Catherine mourut en ce même temps (I796j, et les dispositions du gorivernement russe à l'égard de la Perse furent changées ou plutôt ajournées. Aga envahit la Géorgie au printemps suivant; il y trouva une mort ignoble. Pour quelques fautes légères, il avait condamné à mort deux de ses domestiques; ils le poignardèrent sous sa tente pendant* son sommeil. Aga-Mohammed fut un des plus habiles et des plus féroces monarques de la Perse, joignant ainsi la dissimulation à la cruauté. Son corps était de chétive apparence, mais son regard irrité était terrible. Il vécut soixanlc-lrois années. Sa vie entière ne fut que l'histoire d'un monstre à forme humaine, que la crainte dcDicu ou la considération deshommesnedélournèrentjamaisd'un crime ; et tout cela se passait dans la Perse , unie déjà à l'Euroiic par de journalières relations, et au xvni* siècle ! Le droit public des nations ne pourrait-il pas contenir (pielqucs dispositions contre de pareils monstres, et le code général des lois de l'humanité n'csl-il pas, comme la justice elle-même, antérieur et supérkîur
à tous les autres codes? Le meurtre est-il donc de droit naturel pour l'autorité qui ne redoutera ni des juges, ni l'opinion, ni l'histoire?
Le corps du roi mort fut livré aux insultes de ses ennemis; l'ambition rivale des chefs amena l'anarchie; mais un parti se forma en faveur de Baba-Khan, désigné par Aga-^Iohammed. Le prince se rendit à Téhéran , y trouva des adhérents dévoués parmi les principaux officiers, écarta facilement les compétiteurs, et fut proclamé roi sous le nom de Feth-Ali-Schah , reprenant ce dernier titre qu'aucun souverain n'avait osé se donner depuis Nadir.
Les inclinations du nouveau roi le portaient à l'ordre, à la justice et à la paix. Les premières années de son règne furent paisibles; mais la Perse démembrée avait un mauvais voisin, le colosse Russe; il s'établit sur les bords de la mer Casjjienne, et la Perse chercha en Europe une diversion contre celte invasion européenne. Les hostilités commencèrent entre les deux États limitrophes, et les Persans furent battus en 1803. La France parut alors sur la scène comme alliée de la Perse; Napoléon résolut de la protéger. Ses vues sur l'Inde anglaise étaient arrêtées depuis longtemps; la Perse devait lui en ouvrir le chemin. Romieu y fut envoyé par la France, et y mourut en 1805; Amédée Jaubert lui succéda, et parvint, après mille dangers, au camp du schah , à Sultanieh, en l'année 1806. Enfin le général Gardane déploya à la cour de Téhéran le titre d'ambassadeur français; promit des secours contre la Russie, et plusieurs officiers français de sa suite instruisirent les troupes persanes à la manœuvre et à la disci[)line. La paix de Tilsit, entre la France et la Russie , fut signée en i 807. La France ne put dès lors promettre cpi'une intervention amicale pour faire restituer à la Perse les provinces dont la Russie s'était mise en possession. Feth-Ali-Schah dut attendre patiemment les eflets de tant de promesses.
L'Angleterre ne demeura point paisible témoin de ces arrangements. Afin d'affaiblir rinfiuence franco-russe sur l'esprit du schah, elle envoya au[)rès de lui sir John Malcolin, déjà repiésentant de la compagnie des Indes auprès du roi. De retour de
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son voyage, cet agent de l;i cuinpiiLiiiic lui doimii le ronseil de s'emparer del'ile de Kischmisch, dans le golfe Persi(jne, alin de dominer dans les provinecs riveraines dn golfe. Mais le cabinet tie Londres dépêcha un ambassadeur en titre à Téhéran, sir Harford- Jones Bridges, qui réussit facilement i\ entraver les négociations du général Gardane. Feth-Ali-Schah ménagea la France, et pour affaiblir l'effet du départ du général, qui se relira , il le lit accompagner par Asker-Khan, revêtu du tilre d'ambassadeur de Perse à la cour im|)éi iale de France. Il y avait dans celte délerniination du schah plus de politesse ou de dissimulation que d'espérance ou de cordialité; le roi de Perse fut persuadé qu'il ne devait attendre que de l'Angleterre une utile intervention à l'égard de la Russie. Sir Gor Ouseley- remplaça sir Bridges, en 1811 , apporta au roi de Perse la promesse de subsides considérables, de l'envoi de vingt-cinij pièces de canon; et l'instruction des troupes persanes dans la taclique européenne, commencée par la France , fut continuée par l'Angleterre.
Par ces déterminations successives, l'Angleterre défendait ses vastes possessions dans l'Inde; la Perse seule les séparant de la Russie, l'influence russe à la cour de Perse pouvait en effet devenir un poste avancé contre l'empire britannique de l'Inde. La Perse tire de cette circonstance, et de sa position géographique, toute son importance actuelle. Elle dépérit journellement par les deux influences qui se combattent encore moralement siu^ son jiropre terrain. Le jour viendra où elles se le disputeront les armes à la main : la compagnie anglaise des Indes orientales ne fait plus d'autre commerce que celui des royaumes; le cabinet russe s'est habitué à les [»rendrc par les traités ou par les cosaipies. La Perse lui échappa en 1813; ce fut l'Angleterre qui négocia ce tiailé entre la Perse et la Russie; elle sauvait un ami d'un grand jiéril. Le concours de l'Angleterre dans son intervention en apparence bénévole, était égoïste de fait; mais il fut très-utile à la Perse; toutefois la paix ne fut pas de longue durée : l'exécution même du traité russe ralluma la guerre.
On ne s'entendit pas sur les nouvelles démarcations fixées
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comme limites des deux Kttifs; les Russes (ranchèreut les dilTicultés en occupant tout le territoire en litige. 11 touche à la Géorgie pour les Persans, et au territoire d'Érivan pour les Russes. Abbas-Mirza , fils de Fcth-Ali-Schali , gouvernait l'Aderbidjan; il l'ut informé qu'à l'occasion de la mort de l'empereur Alexandre, le prince russe IMcnzikoff était envoyé à la cour de Perse pour faire part de ce grand événement, et aussi pour arranger le différend relatif à la limitation des frontières. Ressentant rinsulfc faite à la couronne de Perse parla Russie en s'emparant de vive force du tcrritoii'c contesté, le prince Mirza donna à son père le conseil de ne recevoir le prince russe qu'après l'évacuation de ce territoire; mais ce conseil ne fut pas suivi. Le prince russe fut reçu avec de grands honneurs à la frontière persane; Abbas-^Iirza luinuMiie le traita magniliquemcnt à Tauris, suivant les intentiorjs du roi son père. Lorsqu'arrivé à la cour de Perse les ministres lui demandèrent de communiquer ses instructions, l'envoyé moscovite répondit qu'il n'en avait reçu aucune de son souverain. Néanmoins il repoussait toute concession provisoire qui pouvait ouvrir la voie d'un arrangement délinitif : il n'était, ce semble, autorisé qu'à recevoir la soumission de la Perse.
Un phénomène social apparut alors dans celte portion de l'Asie courbée depuis tant de siècles sous le joug du despotisme. Une opinion publique se forma et se mrinifesta avec assez d'ardeur pour que le despote fût obligé d'en tenir quelque com[)te. Le • clergé persan et le peuple s'émurent hautement de l'humiliation (pie l'impassible parole de l'envoyé russe déversait sur leur roi ; ils demandèrent de la venger par la guerre. Le concours des mollahs en faisait une guerre de religion. Feth-Ali-Shah so rendit, quoiqu'à regret, au vœu public; il dissimula avec l'envoyé russe, et celui-ci quitta le camp de Sultanieh le 20 juillet 18-20. Lorsqu'il traversa de nouveau Tiflis, les Persans se donnèrent le tort de manquer à tous les égards qui étaient dus à l'envoyé d'une puissance encore amie. Ses courriers furent arrêtés, ses dépèches enlevées, ses gens insultés ou massacrés. Un tel début de la vieille Perse en diplomatie, montrait qu'elle était encore
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dans l'enfance do l'art qni règle les rapports entre les sociétés civilisées, et proclame cpic leur première loi est de respecter la vie des hommes.
A Érivan, le prince russe fut mis en prison; l'envoyé britannique le prit sous sa protection , et sur ses pressantes remontrances un firman royal, apporté par un major anglais, ordonna de remettre l'envoyé russe en liberté. Ces circonstances avaient jeté le prince Menzikoff dans des dispositions fâcheuses à l'égard de la Perse. Lorsqu'il rendit compte de sa mission au tzar, la guerre était déjà déclarée entre la Perse et la Russie.
Abbas-Mirza commandait en chef l'armée persane; elle était composée de douze mille hommes de troupes régulières, de quelques compagnies d'artillerie à pied, de plusiem^s centaines de déserteurs russes et d'un ramassis de trente à quarante mille hommes de toute origine, [)illards plutôt que soldats, plus redoutables aux villages persans qu'aux soldats russes.
L'armée russe était cantonnée sur le versant méridional du Caucase; elle se composait de trente-deux mille hommes d'infanterie, douze cents cavaliers, six mille cosaques et deux batteries d'artillerie.
Le serdar d'Érivan commença les hostilités; il s'empara de Karakelissa. L'entrée de cette ville avait été minée par le chef russe; le feu y fut mis trop tôt, la mine éclata sans occasionner de dommages : un peu plus tard, le corps persan y aurait péri.
Abbas-Mirza passa l'Araxc à la tête de ses troupes, enleva un détachement de cosaques, surprit un régiment qui perdit (puitrc cents hommes lues, un lieutenant-colonel, huit officiers et (|Matre canons furent pris. Il envoya Mohammed-Mirza son fils sur la route de Tiflis avec dix mille hommes , et ce jeune prince coinbatlil avec succès le premier cor[)S russe qu'il rencontra. Enfin les deux armées se trouvèrent en présence le 2 septembre 182G; la bataille s'engagea aux environs de Schamkhar, près de Titlis, et les Persans furent complètement battus. Les Russes poursuivirent leurs succès, entrèrent dans Gandja , ville nommée aussi Éiizabeth[)ol, d'où les Persans se retirèrei»t après avoir massacré
les Arméniens! qui s'y trouvaient, et vendu aux Kurdes, leurs tributaires, les Allemands, hommes et femmes, qui eomposaicnt une colonie fixée dans le voisinage de la ville. Ainsi , en l'année 1826, les Persans, quoiqu'en rapport avec l'Europe, vendaient comme esclaves, aux Kurdes leurs voisins, les chrétiens allemands, et massacraient les chrétiens arméniens! A la nouvelle de ces brigandages, Feth-Ali-Schah s'informa secrètement si les femmes allemandes vendues étaient belles; il apprit qu'elles étaient laides. « Eh bien! répondit-il, que les Kurdes les gardent! » Ce roilà n'était peut-être pas plus avancé en humanité qu'en diplomatie.
Abbas-Mirza voulant réparer le désastre essuyé par son fils Mohammed-iMirza, marcha vers Tiflis. Il réunit quarante mille hommes, moitié de troupes régulières, soutenues i)ar vingt canous de campagne. Le 25 septembre , il rencontra l'armée russe commandée par le comte, depuis prince Paskévitch, bien postée à cinq milles d'Élizabethpol. Abbas-Mirza l'attaqua résolument; mais la grosse artillerie des Russes enfonçait ses rangs; une charge ne put pas rétablir ses affaires; l'armée se débanda, et la réserve s'enfuit sans combattre. Abbas, délaissé par ses troupes, chercha aussi son salut dans la fuite ; son trésor fut pillé par ses soldats, qui se dispersèrent. Le général Paskévitch poursuivit ses succès, mit le siège devant la ville d'Abbas-Abad. Felh-Ali- Schah et Abbas-Mirza accoururent pour la défendre; mais les Russes s'avancèrent à leur rencontre, les défirent, enlevèrent des drapeaux; la place capitula. Tauris fut prise dans le même mois (octobre 1827). Là, le clergé mahométan et les habitants notables célébrèrent l'entrée des Russes, pendant que le peuple pillait le trésor du prince Abbas-Mirza, gouverneur de celte ville.
Après un pareil échec, la Perse devait demander la paix : Abbas-Mirza, au commencement du mois de novembre, cul ime conférence avec le général Paskévitch.
Des témoins oculaires disent qu'il était impossible de décrire la noblesse, la grâce et l'alfabilité du prince persan. Ses traits étaient parfaitement réguliers; ses yeux grands, vifs et péné-
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trants; ses dents très-belles; so» teint était- brun et paie; sa barbe longue et très-noire. Dans son costume tout était simple, excepté son poignard, orné des plus belles pierreries; son cheval, un des plus beaux du monde, était enharnaché avec la même magnificence. La vue d'Abbas-Mirza laissait une impression indélébile dans l'esprit de toutes les personnes rpii l'approchaient. Ceux qui rentouraienl étaient d'une intelligence fort inférieure à la sienne : c'est là le désavantage des princes qui n'enseignent rien à leurs sujets, que l'obéissance passive sous peine de mort.
Abbas-Mirza conclut la paix; Feth-Ali-Schah refusa d'abord de ratifier le traité ; une nouvelle démonstration militaire desKusses changea promptement la résolution du schah. Le traité fut signé à Tourcmantschaï, le 22 février 1828, par le général Paskevitch et le conseiller Oberskorf pour la Russie, par Abbas-Mirza pour les Persans.
Le schah avait en vain prolongé la négociation par les ruses et les propositions les plus insidieuses ; le peuple môme se fatiguait de cette incertitude, et les khans de l'Aderbidjan étaient favorables aux Russes. Le général Paskevitch avait donné trois jours pour tout délai, quand Abbas-Mirza se décida à souscrire le traité.
Selon l'usage, il y était déclare qu'il y aurait à l'avenir paix et amitié perifétuelle entre la Russie et la Perse; mais la Perse cédait à la Russie les provinces d'Erivan et de Nakhitscliévan, cession accompagnée d'une indemnité de 80 millions de roubles, et de la libre navigation dans la mer Caspienne, même avec des bâtiments armés. Quant au prince royal Abbas-Mirza, les Russes le reconnurent comme héritier présomptif de la couronne de Perse, et l'assurèrent à sa descendance *.
Peu de temps après, la Russie envoya complimenter le schah sur la conclusion de la paix : I\l. Griboyedoff fut chargé de cette mission diplomatique, c'est-à-dire ([ui s'étendait à tout ce qui, dans la Perse, touchait pour le présent et pour l'avenir aux inlé-
* L. Dal>oux, la Verne, pag. J.'i'J cl 388.
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rets de toute sorte de l'empire russe. Les intérêts religieux, servant comme toute autre chose aux spéculations diplomatiques, n'en étaient pas exclus. L'envoyé russe demanda donc de faire entrer dans les provinces russes tous les chrétiens arméniens qui se trouvaient dans la Perse. Cette prélention excita d'abord quelques troubles à Kasbin ; à Téhéran, M. GriboyedolT renouvela sa demande en y comprenant les Géorgiens; et sous prétexte de religion, des individus de l'une ou l'autre origine, qui s'étaient faits musulmans, et qui avaient commis des vols ou des meurtres, se réfugiaient dans la maison de l'agent russe, et y trouvaient protection. Cet agent alla encore plus loin en faisant amener chez lui des hommes ou des femmes qui n'invoquaient point son autorité. Deux femmes arméniennes, arrêtées ainsi de force, parvinrent à s'échapper, et ameutèrent le peuple musulman de Téhéran; les mollahs l'excitèrent de toute leur influence; la maison du résident russe fut attaquée. Six Persans furent tués par les cosaques qui la défendaient; l'émeute réunit bientôt trente mille personnes échauffées d'un zèle religieux contre les infidèles qui massacraient les vrais croyants; .Feth-Ali-Schah envoya aussitôt deux mille hommes de troupes, commandés par un de ses fils, pour protéger l'envoyé russe ; un des secrétaires d'ambassade et deux cosaques fm^ent sauvés ; tout le reste du personnel de l'ambassade fut tué; M. Griboyedoff mourut d'un coup de pierre qu'il reçut à la tempe. Le schah lui-même fut obligé de s'enfermer dans la partie fortifiée de son palais, tant la fureur populaire s'irrita du secours que le roi avait prêté aux étrangers! L'imprudence de l'envoyé russe avait engendré tous ces malheurs.
La situation de la Perse fut dès lors très-difficile ; trois opinions puissantes luttaient ensemble dans les conseils du gouvernement; le schah inclinait à la guerre, Abbas-Mirza, au con- ' traire, à calmer les mécontentements de la Russie par des prévenances et des marques plus efficaces d'affection; et ses frères, privés de toute chance de parvenir à la couronne par le traité russe qui reconnaissait comme seuls héritiers légitimes
Ui LA PERSE.
Al)i)as-Mirza et sa descendance, espéraient (in'unc nouvelle guerre avec la Russie conipromellrail la faveur dont leur frère aîné jouissait auprès de cette grande puissance. D'un autre côté, la Turquie ne demeurait pas étrangère à tout ce qui se passait ; elle désirait la guerre des Persans contre les Russes qui s'occuperaient moins d'elle ; la Perse espérait aussi secrètement dans l'alliance et le concours de la Turquie. Les négociations, les influences secrètes, les intrigues diversement intéressées se croisaient en tous sens sur le même terrain. La Russie entretenait habilement toutes les inimitiés; on préparait la guerre en se donnant des gages de paix: Abbas-lMirza se déclara à la fin. Par ses ordres, son fils, gouverneur de Khoï, fournil des vivres à l'armée russe; les excursions en Arménie furent sévèrement réprimées et les chefs qui les avaient conduites rappelés à Tauris; les Kurdes, tributaires de la Perse, reçurent l'autorisation de prendre du service dans les troupes russes.
Mais la mort inopinée d'Abbas-Mirza vint compliquer encore la situation politique de la Perse ; son père lui survécut peu de temps, et mourut à Ispahan vers la fin de l'année 1 834.
Si son règne eut quelque éclat, ce fut moins par le mérite personnel de ce souverain que par l'importance des événements : Feth-Ali-Schah ne peut figurer dans les annales du monde que dans un rang assez obscur : l'histoire de la Perse en butte aux entreprises de deux grandes puissances de l'Europe, est une grande page de l'histoire des temps modernes; mais les faits y tiendront plus de place que les hommes.
D'ailleurs ce grand drame n'est pas fini* : on parlera encore de la Perse dans l'histoire de France, d'Angleterre et de Russie : Dieu fasse qu'on en parle longtemps!
Mohammed-Schah, fils d'Abbas-Mirza, succéda à son grand- 'père : les actes de son règne lui marqueront sa place dans l'hisluirc de notre temps!
• Ct'tte rédaclion de l'ilistoirc dt' Porse remonte à l'année ISMî.
(Ao/c (le l'edilcur.)