‹ Histoire de la PerseChapitre 29 sur 32 · LES CADJARS OU KURDES · texte numérisé non relu

LES CADJARS OU KURDES

Aga-Mohammed-Khan triomphant amena sur le trône de Perse la dynastie des Cadjars ou Kurdes; il en fut le chef.

Il était fils de Mohammed-Hoseïn ; il fut fait eunu(|ue à l'âge de six ans par l'ordre de Adil-Schah, successeur de Nadir. Détourné des orages du harem, il se livra aux inspirations d'une ambition sans frein : on lui attribue, dès sa jeunesse, le projet de conquérir la couronne de Perse. 11 vécut sous plusieurs règnes et se conduisit avec une rare prudence; captif, il se livrait à l'élude; libre, if observait les hommes; animé d'une haine profonde contre les Zends, qui le qualifiaient de meurtrier de son père et de voleur

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de son patrimoine, il dissimula longtemps avec Kcrlm-Khan, cl ne pouvant lui faire d'antre mal, il coupait clandestinement ses plus beaux tapis avec un canif. Il en eut ensuite quehpie regret, lorsque ces riches tapis lui appartinrent; il se reprochait alors de n'avoir point prévu l'avenir. Kérim le traitait d'ailleurs avec la plus grande bonté. Ce fut à la mort de ce klian que Aga-^Iohammed se déclara pour la première fois (en 1779), et s'empara du JMazanderan; il était âgé de trente-six ans. D'autres chefs s'étaient engagés dans son entreprise (1780); la ligue tunpie se formait ainsi; les Afschars s'unirent avec les Cadjars, mais ils restèrent mutuellement indépendants. Aga-Mohammed fut bientôt le chef des (]ey)\ tribus par l'assassinat du trop conliaut Kérim-Khan.

Ce crime lui rendit plus facile l'accès au trône; la plus grande anarchie qui régnait en Perse, où tous les gouverneurs de province affectaient rind(q)cndance, favorisa aussi les V(cux d'Aga- Mohammed. Par ses efforts il avait cependant, et dèsl'année 1794, rangé sous son autorité plusieurs provinces morcelées de la Perse, l'avagée par quarante années de guerres et de crimes et dans les(iuelles trois dynasties de rois avaient été englouties.

Aga-!Mohanmicd avait cinq frères lorsqu'il parvint au trône; trois d'entre eux, redoutant le caractère jaloux et dissimulé du nouveau roi, quittèrent la Perse; le quatrième, qui ne fut |)iis aussi prudent, eut les yeux arrachés; le cinquième, Djafar-Kouli- Khaii, avait secondé Aga dans la coiiquétc de la couronne. Néanmoins Aga la transmit à son neveu Baba-Khan, et pour prévenir la compétition de son frère, il l'attira astucieusement à la coui", le lit assassiner et se fit apporter son cadavre.

Les Turcs habitants des [)laincs situées autour d'Asterabad avaient commis des excès dans cette ville: Aga -Mohammed exerça contre CCS tribus les plus horribles vengeances. Il enleva un grand nombre de femmes et d'enfants qui furent réduits en esclavage ou gardés comme otages : pour échapper à cette déplorable condition, plusieurs femmes se donnèrent la mort.

liéraclius, gouverneur persan de la Géorgie, se donna à la Russie; Aga-Mohammcd arriva rapidcinciit devant Tillis avec

(jiiornnle mille Iionimcs (I70ii); Iti ville fut prise, sarcagéc ; les églises clirélienncs furent rasées, les prêtres égorgés; seize mille jeunes captifs furent emmenés à la suite de l'armée!

Après ces succès, s'il est permis de donner ce nom à tant de brigandages, Aga-Mohammed permit à ses courtisans de le couronner; il ceignit le diadème, prit le cimeterre royal consacré par le premier des Sofis, relevant ainsi comme prépondérante la religion des schiites, qui est restée celle de la Perse.

Aga marcha ensuite sur le Khorassan, et alla à Mesched sous le prétexte d'une dévotion; là demeurait l'infortuné Scharskh, descendant de Nadir-Scliali , et aveuglé lorsqu'il perdit son trône. Ce prince apporta ses hommages au roi, qui lui demanda toutes ses pierreries. Sur sa dénégation, il le mit à la question , et le malheureux vieillard, près d'expirer à force de tortures, remit le magnilique rubis qui avait orné la couronne d'Aureng-Zeb. Il mourut bientôt après.

i.U l.A PERSE.

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