‹ Histoire de la persécution religieuse dans les diocèses de Quimper et de Léon de 1790 à 1801Chapitre 2 sur 51 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

ÎjC livre (|ui paraît,à l'heure présenio, aurait dii éire écrit, il y a soixante ans : il eut été plus complet , car l'auteur aurait pu recevoir, clans leurs détails, de la bouche des témoins oculaires eux-mêmes, les laits qui le coiiiposent.

Tel que nous le publions aujourd'hui, ce livrfi nous semble oflrir do l'intérêt, tout incomplet qu'il est.

Le mari» qui, au lendemain d'une tempête, s'en va sur la grève recueillir les débris d'un navire naufrajîé peut facilement en réunir une assez graiule quantité pour construire un nouveau bâtiment, avec lequel il affrontera derechef les périls de l'Océan.

Mais si cet homme attend plusieurs mois, avant de se mettre à la recherche des épaves de son vaisseau, il n'en trouvera presque plus, emportées qu'elles auront été ou brisées par les (lots do la mer. . .

Que si cependant, arrivant en quelque sorte à ta denii^rc heure, il recueille <;â et là ce qui reste sur la plafie, enfoui sous le sable et dans les grottes profondes, pour en faire lui navire, peu considénible, il est vrai, mais apte à la navigation, ne devrait-on pas lui savoir gré, quand même, de son œuvre ?

Tel est le travail que nous avons entrepris. Semblable, si nous osons le dire, à ce marin, nous sommes venu, longtemps après la tourmente révolutionnaire, qnérir cà et là les éléments épars de

'histoire de la persécution religieuse dans notre )ays.

Ecrivant près d'un siècle après les événements ]ui ont signalé cette époque, beaucoup de docunents inédits jusqu'à ce jour ayant disparu, ou ^tant enfouis dans la poussière des bibliothèques 3ubliques ou particulières, il nous a fallu, non 5ans peine, y rechercher ceu)f qui avaient échappé ui naufrage : nous les avons réunis et assemblés, le manière à former un tout suffisant pour attein- Iro le but que nous nous sommes proposé dans ^etto étude : montrer ce que fut chez nous la dévolution de la fin du siècle dernier pour l'Eglise catholique ; ce que furent le clergé et les fidèles, m présence de ses persécutions.

Pour rester dans la vérité historique , nous ivons écarté avec soin de . notre livre les faits )lus ou moins romanesques racontés par nos hroniqucurs de la campagne, plus soucieux d'anusor (|uo d'instruire... Tout ce que nous y relaons, nous l'avons puisé aux sources les plus auhonti(|UOs qui sont :

h Los notes do M. l'abbé Boissière, secrétaire lo Mt)nsoigneur de Saint-Luc, Evêque de Quim- )iM\ témoin do tout ce qu'il raconte ;

Si" Los archives de l'Evéché et de la ville de .>uimpor ;

•i" Li^H ouvrages dos auteui's qui ont écrit sur o sujot ;

4** léVH lottit>K ou notes des familles ou des tMuniunautés.

Après avoir consacré quelques pages à une «tioc Hur M. labbé Iloissière, à cause de la part n|u»rlanto i|u'il a dans la composition de cet ou- ^^ii^\ puist]UO cest à lui que nous devons les

dociimeiits, nous commençons par I vit! (le Mu[ispii<i)eiir de Saint-Luc, cerile [\iir sou llilèle secrétiitrc : nous lavons fait imprimer (elle i|u« nons l'avons trouvée maniisci'ite, nous bornaut à couper certaines plirases trop lonLjues et à remplacer certains mots impropres ou vieillis. N'oii.s aumms pu y ajouter (jnelquos développements et donner un peu plus.de couleur à la l'orme, mais nous avons pensé qu'il était prélérablo <le iiowi en tenir au texte original.

Nous y avons seulement Joint ipielques nolew Dl plusieurs pièces concernant la protestation de rEvù<|uc et du clergé de O'ùmper contre la Constjlution'civilo du clergé, etc.

Nous devions cette explication à nos lecteurs.

Nous le savons à l'avance : plusieurs trouvcrtuit <|ue nousHVons omis de mentionner des actes importants connus d'eux, relatifs à des localités, à des familles, à des personnes...

Nous répondrons d'abord : riiistorien de liails, tels que beaucoup de ceux qui entrent dans la (rame de notre œuvre, peut les ignorer, sans être accuaé de négligence : ils sont inédits et seulement dajis la mémoire d'un petit nombre ; puis, s'il les connaît, pour rester dans son rôle d'IiistoricUj il ne doit les relater qu'avec réserve, de vraiatc de tomber dans la légende ou le ruman.

An reste, pour éviter ce reproclie, nous avons lait appel à lobligeanco de tous ceux qui pouvaient nous tbumir des renseignements : il n'a pas déi>endu de nous que les trésors cachés nous tussent ouverts.. . Que les possesseurs avares de ces trésors, qui les ont gardés pour eux, ne se plaignent donc pas; s'ils prêtèrent produire eux-mémos leurs richesses an grand jour, rien de plus légi-

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time ; nous leur avons donné Tesemple ; bous itenotm heureux qu'il fût suivL

Au su/plus, l'écrivain ne peut pas tout dire ; il doit fsàs'oir se borner^ sous peine de se peidie dans des détails excessif et de deveoir fastidieux,, suivant ce proierbe :

Le «acrei d'eùBuyer est celoi de umi «fire.

Il n'était [las facile d'échapper à ce défaut dans le récit d'événements qui se ressemblent presque tf>iis : puissions-nous n y être point tombé !

A cause des difficultés que présentait notre ouvrage, nous comptons sur l'indulgence de dos lecteurs : nous avons tenté un essai que Ton pourra compléter plus tard.

Nous remercions ceux de nos confrères et les autres personnes qui ont bien voulu nous apporter leur concours, en nous communiquant les dormments qu'ils avaient entre les mains : ils auront ainsi contribué à une œuvre qui^nous Tespérons, no sera pas inutile à la sainte f^glise.

Aussi bien, n'était-il pas opportun, à l'heure actiiollo, de montrer, d'un côté, ce que furent les partisans de la Constitution civile du clergé, c'ost-à-dire les ennemis de l'Eglise catholique; — <lo l'autre, ce ((uo furent les prêtres et les chrétiens fini la repousseront, c'est-à-dire les seuls vrais s(M'vi((nn\s de cette Eglise ?

Kn 00 inonjont où des écrivains prennent à liuîhi^ (Ic^ ^ioridor les évôciucs et les prêtres cotistitalinnnch, \k)\\v déverser le blâme sur les prélalM ol los prcMros n^boilcs au serment, n'étaît-îl pas bon <1(^ n^ndn» aux uns et aux autres leur vériluMo phvsiononiio, on blâmant et on plaignant 1rs pn»niirrs, on loiiant o\ on exaltant les derniers?

Kn ce moment: oii ces -écrivains oaeni appeler les l'^voiiuos intrus, qui ont joué lo rôle le plus ilésastreux dans notre pays, tes pcrson/tnlifés len plu* pures (le la liévoluti&n ffançaîse, les sauvoure de la patrie..., n'était-il pas bon do prouver C|u'ils on furent la honte et les perturbateurs, tandis que les prélats fidèles à TËglise en seront loujours la gloire et les meilleurs soutiens?

En ce temps de faiblesse morale et d'amoindrissotnent des earactères, n'était-il pas utile de mettre sous les yeux les caractères fermes de nos pontifes, do nos prêtres et des simplesclirétieus qui, pour obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes, savaient tout souffrif : la persécution, les cachots, l'exil et la mort ?

N'était-il pas bon, également, de rappeler la faiblesse do quol(iuos-Lins, pour nous en pré- BCn'er nous-mêmes ? Si l'exemple des soldats courageux porte au courage, l'exemple de ceux ([ui ont failli ne doit-il pas nous prémunir contre notre propre laiblosse ?

En résumé , un triple enseignement ressort do notre livre :

1. l/Ètatue peut porter atteinte à la constitution de l'Eglise, sans rencontrer une résistance qui ne doit pas céder même devant Téchafaud ;

2. Nous devons nous proposer d'imiter la force desconlesseui's de la foi ;

3. Nous devons nous garder de la défection de ceux qui la traliirent.

Plaise à Dieu ([uc ce soit le fruit que l'on relire do la lecture des pages qui vont suivre.

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