‹ Histoire de la persécution religieuse dans les diocèses de Quimper et de Léon de 1790 à 1801Chapitre 3 sur 51 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

Dominiqae - Uenri - Aleiaodre Boissiére était né à Rennes. Lorsqie Monsieur l'abbé de Saint-Luc fut nonuné à TéTéché de Qnimper {jndi 1 773), il voulut s'attacher ce jeune ecclésiastique, tiont il avait déjà connu et apprécié les qualités. Chargé plus tard du secrétariat de levéché, M. Boissiére ne tarda pas à conquérir Testime* l'affection et la confiance des prêtres du dio^rése. dans les délicates fonctions qu'il rem|)lit pendant di\-huit ans et que son titre d étranger rendait plus dciicates encore.

riein d intelligence et d'activité, il était d'un puissant MWMirs pour son évét|ue dans Texpédition des affaires. Son aptitude pour l'administration et l'énergie de son caraciérv le firent nommer vice-promoteur diocésain (I). O'une solide piété, il était pour tous un sujet d'édification.

Après la mort de son évéque, il fut signalé à la haine dos révolutionnaires, comme ayant été le confident el Kami d un prélat qui n'avait pas craint de flétrir publiquement les mauvaises doctrines.

yV \jt pi\>moleur. suh-ant k^s canonistes, a |K>ur office princitial de iMiimit%rp devant le tribuialecciésiastioue les crimes qui en relèveot Il esU oharKè de dèfendiv la discipline de l'Eglise, d'arrêter les vices et If» jvanSalnt du rieifé. De pius^ Il a pour mission de soutenir, en jusiK'f . les dn>ils du fisc eccUsiastique. c'est-à-dire tout ce qui, «tans loitlre temporel, recarde le bien et l'intérêt public de TCglise. On \oil immediaitMoenl Vlmportanoe de ces fonctions : elles deman- «leni nn homme Inslntil dans la science du droit canonique, un iHHnme d enerisie et au-dessus de tout respect buroain.

"A l'occasion du décret de l'AssemMée nationalft, du 13 Avril l'9U, qui refusait de recuiinaitro la reli|;ioa calliulique poar ladûminatile, etc., il signala déclaration par lai|nellc Monseigneur de Saint-Luc et le Chapitre [>rote5taicni do leur aitacboutetit inviolable à l'Égliâe Romaine, la seule vraie, et de leur obéissance à ses décisions, demandant qu'il fiH décrété que la religion calholiijue seule est la religion iVÉlnl: qu'elle seule tioit y jouir d'vii culte public et aulorisiK II avait signé, an mois d'Octobre de la même année, la proteslaliân contre la nomination d'un évcqne schismatique et la Constitution civile du clergé. Il refusa toujours le serment... Malgré toutes les menaces qui lui furent faites, il répondit qu'il mourrait plulùl que de iraliir son (levuir.

Afin de ne pas voir, de ses yeux, le siège qu'avait honoré et illustré Monseigneur de Saint-Luc, souillé et avili par an évèque intrus, 31. Uoissiére se retira au cbftleau do Bot, .ippartenant au comte de Saint-Luc. ancien président à mortier du parlement de Rennes, et frère de l'évêque défunt. Il ne vécut pas longtemps en pais dans cette retraite.

1^ château du liol(l)irétait pas il'ailleurs, en ce temps de désordre, un asile sur, car c'était la maison du bon Dieu, la maison de la piété, de la charité, do l'attachemenl â l'Église H à tous les bous principes. Aussi, k^ jeudi saint 17!)!. vers les sept lieures du matin, des soldats nationaux envahissent le château : ils arrêtent N. (le Saint-Luc et M. l'enanros, son chapelain. H. Boissiêre parvint à s'échapper par les jardins; puis il se cacha dans les bois où l'ontit, à plusieurs reprises, Ji>'inl lie Li |iaf«iss(.> de Quînifrc'li. prfs du

d'inutiles recherches pour le trouver. Revenu au Bol, trois ou quatre jours après avoir échappé aux mains des patriotes, il y demeura jusqu'au retour du comte de Saint-Luc qu'on avait conduit en prison, mais qu'on n'osa pas condamner cette fois.

Enfin la famille, voyant les dangers incessants qu'on y courait, quitta cette résidence : de son côté, M. Boissiére, ne croyant pas prudent d'y rester, se retira au bourg d'Elliant, chez le frère de M. Penanros, prieur commendataire de Saint-Herbot. Il avait du reste luimême son prieuré du Moustoir sur cette paroisse.

Malgré tous les dangers auxquels il s'exposait^ M. Boissière trouvait le moyen de sortir, quelquefois, de sa cachette d'Ell:ant,pour venir à Quimper conseiller et fortifier les communautés religieuses contre les tracasseries et persécutions d'Expilly, nommé par le département évèquc du Finistère. Il fut surtout le conseil et le soutien des Dames de la Retraite dont Mademoiselle Victoire de Saint-Luc faisait partie. Déjà il avait rendu de grands services i ces dames, en prenant, dans diverses circonstances, les intérêts de leur communauté : notamment il les avait défendues victorieusement, en 1778, lorsqu on s'empara de leur maison.

Arrêté à Elliant avec son compagnon, le prieur de Saint-Herbot, dans la nuit du 4 Juin 1792, il fut conduit avec quatre autres prêtres au château de Brest. Il resta renfermé dans cette forteresse jusqu'au* jour où il fut déporté en Espagne, c'est-à-dire jusqu'au 12 Août 1792.

Nous avons de lui un grand nombre de lettres écrites de sa prison de Brest à diverses personnes, surtout à la famille de Saint-Luc, du Bot. Ces lettres faisant connaître la manière de vivre des pauvres prêtres prisonniers à

m«ftl"«l'la façon donl on les y traitait, nons les plihlierons ;i la tin de ce livre : elles nous feront aussi ■umtiattrc le car3i'l(!-rc (]p leur auteur.

Tninâporlé .en Espagne avec les autres compagnons lie sa captivité, il y resta jusqu'au retour lIcâ émigrés fu France. Revenu à Quimper, après le concordat du pape l'ie VII avec Napoléon 1°', il reprit ses fonctions de swn'îlaii-e de révèclié, et fut nommé en même temp:« «chanoine tilnlaire de l'église cathédrale, le Ti Déceinbrc l«0.'t, par Monseigneur Claude André (1).

Ploficurs lellrds écrites h. M. BoissitVe, à son retour tl« IVmigralion. par les pr(ïtres les plus haut placés du •lioc(>st', témoignent de l'estime et de l'alTectiun dont il jouissait dans tout le pays. Nous citerons, en particulier, h l'appui de ce que nous disons, une lettre de M. Tabbé Floyd. ancien vicaire général de Mgr de Saint-Luc el recteur de Vlusquellec. Ce vénérable prôlre avait émigré à Jersey: il devint, après la nouvelle circonscription des iliocèses, chanoine de la cathédrale de Saint-Brieuc.

Voici ce qu'il écrivait, le 21 Février ISft.l : « Monsieur,

« 4'apprends avec plaisir que vous vous êtes déterminé «1 à rentrer dans votre patrie, et à y reprendre la place * que vous y occupiez avec autant de zèle que de m succès, avant notre révolution désastreuse. Je félicite « Iti prélat qui a eu le bon esprit de vous attirer auprès « de lui el de vous coulier la partie la plus embarrassante « do ses fonctions, bien persuadé que voas la remplirez « avec satisfaction, tant pour lui que poui" le vaste " diocèse dont il est chargé et dont vous aviez précédem-

tlt In&taltâ vsmme ^.vèqae. ilt- Quimper, le 30 Jailtet 18011. MotiwinruT Andn* ne liémll de wn év^hA dans te mois iJc Mars I80;i, Il nii iliirs ponnii d'un cunonlcal à ijaint-Denls.

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